- il y a 8 minutes
Avec David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes Publics
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NewsTranscription
00:00L'invité politique, Jacques Tardose.
00:058h29 à l'écoute de Sud Radio, l'heure du grand entretien politique.
00:09Aujourd'hui, Jacques, vous recevez David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes Publics.
00:13Bonjour David Amiel.
00:14Bonjour.
00:15Commençons bien sûr par les chiffres de l'INSEE dévoilés hier, et ils ne sont pas bons.
00:18L'INSEE ramène sa prévision de croissance pour 2026 à plus 0,4 contre plus 0,7.
00:23Est-ce que c'est également les chiffres que vous avez ?
00:26Le ministre Roland Lescure aura l'occasion aujourd'hui, ministre des Finances, d'actualiser les prévisions de croissance.
00:33Donc je ne vais pas lui enlever la primeur de ces années.
00:37C'est une mauvaise nouvelle pour les finances publiques ?
00:38Évidemment, quand la croissance baisse, c'est une mauvaise nouvelle pour les finances publiques.
00:42Ça a un impact sur le déficit, mais ce n'est pas une raison pour relâcher l'effort budgétaire.
00:46Au contraire, c'est une raison de l'accentuer, parce que ce qu'on voit dans le même mouvement,
00:50c'est que les taux d'intérêt augmentent très fortement.
00:53La France emprunte désormais à plus de 4,4%.
00:57Il faut se rendre compte de ce que ça veut dire.
00:58Ce sont des taux qu'on n'avait pas vus depuis la crise financière.
01:01Et plus préoccupant encore, la France est la dernière élève de la zone euro en matière de taux d'intérêt.
01:06Et tout ça nous oblige à poursuivre les efforts budgétaires.
01:10Les crises successives ne peuvent pas servir d'alibi à relâcher l'effort.
01:13Au contraire, elles doivent nous pousser à l'intensifier.
01:15Moins de croissance, donc moins de recettes fiscales.
01:17Combien de milliards de recettes fiscales en moins pour l'État ?
01:19On aura l'occasion là aussi dans les prochains jours d'actualiser l'ensemble de ces chiffres.
01:22L'essentiel, c'est de tenir la dépense publique.
01:25Et c'est ce que nous faisons depuis le début de l'année,
01:26avec des mesures d'annulation de dépenses qui avaient été prévues dans la loi de finances initiales,
01:31mais qui ne sont plus possibles au vu de la dégradation économique.
01:34Alors on se dirige clairement vers de nouvelles économies avant la fin de l'année.
01:37Des coups de rabot à venir, y compris cette année ?
01:39Il y aura encore effectivement des baisses de dépenses publiques en cours d'année.
01:43Ce matin même, 500 millions d'euros ont été annulés au sein des ministères,
01:48en demandant à l'ensemble des ministres concernés de continuer à faire des efforts,
01:51tout en demandant évidemment de pouvoir financer des aides indispensables face aux crises,
01:58je pense évidemment en ce moment aux agriculteurs.
02:01Alors vous confirmez également, parce que c'est l'un des sujets de préoccupation des Français,
02:05qu'il n'y aura pas de nouvelle aide à la pompe pour les Français qui souffrent
02:09et qui tirent la langue quand ils doivent faire le plein ?
02:12L'aide au carburant qui avait été annoncée au printemps est ouverte jusqu'au 30 septembre.
02:18Je pense évidemment à tous les Français qui prennent leur voiture pour se rendre au travail,
02:22pour emmener leurs enfants, pour vivre tout simplement.
02:25Mais nous sommes dans une situation budgétaire extrêmement difficile.
02:28Et pour ne pas que ça se traduise par une avalanche d'impôts pour les Français,
02:31effectivement nous devons avoir des aides qui sont temporaires.
02:34Mais on ne touche donc pas à la taxe.
02:36C'est-à-dire que Michel-Édouard Leclerc dit par exemple qu'il faudra un plafonnement des prix à un
02:40moment donné.
02:41Je crois qu'il n'en est pas question, ça a été dit en tous les cas par Bercy ces
02:45dernières heures.
02:46Vous de votre côté, vous ne touchez pas à la taxe, à cette part que prélève l'État.
02:52D'abord il faut être très clair, l'État ne gagne rien sur la hausse des prix du carburant.
02:56Beaucoup l'ont dit au début de la crise, on voit d'ailleurs depuis que tous les chiffres le démentent.
03:00Pourquoi ? Parce que les prix augmentent, mais évidemment la consommation baisse.
03:04Et quand la consommation baisse, les recettes qui sont assises sur la consommation de carburant reculent aussi.
03:12Quand on compare ce que l'État a perçu depuis le début de l'année par rapport à l'année
03:16précédente,
03:16avant la guerre d'Andel 3 d'Hormuz, il n'y a aucun bénéfice pour l'État.
03:20Au contraire, on voit par contre tous les impacts qu'a la croissance sur les recettes fiscales.
03:23Vous-même vous interrogez dessus.
03:24Mais sur le prix du carburant lui-même, David Amiel, lorsqu'on paye notre gasoil 2,40€ au lieu de
03:30le payer 1,80€,
03:31même si ça remonte, il y a une part qui est plus importante et qui est prélevée par l'État.
03:35Non, parce que vous parlez là de la TVA, mais le principal impôt qui pèse sur le carburant,
03:40c'est ce qu'on appelle la TICPE, la taxe sur la consommation des produits pétroliers.
03:44Et elle baisse beaucoup et les deux se neutralisent pour les comptes publics.
03:48Alors, on le voit bien, la perspective, c'est le budget 2027.
03:52On se pose la question de savoir qui va passer à la caisse.
03:56Est-ce que les retraités ont du souci à se faire ?
03:59Les efforts devront être partagés.
04:02La situation budgétaire, je le disais, est extrêmement difficile.
04:05Il faut impérativement réduire le déficit public.
04:08On était à 5,1% de déficit en 2025.
04:11Il faut évidemment qu'on continue à le réduire.
04:14Et pour ça, ça impliquera d'avoir un budget honnête.
04:17Et un budget honnête, ça veut dire un budget qui, effectivement, implique des efforts et des choix.
04:23Et vous parlez de la question des retraités.
04:26Souvent, les politiques n'aiment pas en parler.
04:27Vous savez pourquoi ?
04:28Parce que les retraités sont très nombreux et qu'ils votent beaucoup.
04:31Mais justement, on n'a pas le droit de mentir aux retraités.
04:35L'indexation de l'ensemble des retraites sur l'inflation, ça coûterait plus de 6 milliards d'euros l'an
04:40prochain.
04:41De ces 6 milliards d'euros, on n'a pas aujourd'hui le premier euro.
04:44Alors, il faut dire les choses.
04:46Ou bien, on augmente toutes les retraites à hauteur de l'inflation.
04:51On indexe 100% des retraites à hauteur de l'inflation.
04:53C'est possible, ça implique une chose.
04:54Ça implique de supprimer l'abattement à 10% pour frais professionnels à l'impôt sur le revenu dont bénéficient
05:00les retraités.
05:01Ou bien, on dit, on augmente, on indexe qu'une partie, les plus petites pensions, par exemple à hauteur de
05:08l'inflation.
05:08Mais ça implique de baisser très fortement l'abattement à 10% pour frais professionnels dont bénéficient les retraités à
05:15l'impôt sur le revenu à l'euro près.
05:17Mais celui qui vous dit, celui qui vous dit qu'il peut augmenter, ne serait-ce que les petites pensions
05:22à hauteur de l'inflation,
05:23sans réformer à l'euro près l'abattement de 10% pour frais professionnels,
05:27celui l'amant ou bien fera exploser le déficit public.
05:29David Amiel, pour que ce soit bien clair, ça veut dire que la piste qui est envisagée, c'est plus
05:33l'abattement de 10% pour frais professionnels qui pourraient être revus ?
05:36Ce qui est certain, c'est qu'il faudra choisir entre les deux.
05:39Il ne peut pas y avoir de demi-mesure, ce serait mentir aux retraités.
05:44Le Premier ministre arbitrera entre les différentes options.
05:47Il y a une chose qui est certaine, on ne peut pas avoir de demi-mesure.
05:50Et toute indexation, même partielle, des pensions sur l'inflation, devra être financée par une baisse à proportion de l
05:57'abattement à 10%.
05:58Et si jamais on voulait indexer toutes les pensions sur l'inflation, ça impliquerait d'aller jusqu'à la suppression
06:02de l'abattement à 10%.
06:03C'est clair. S'il y a des indexations, à partir de quel niveau de pension pensez-vous que ce
06:08serait raisonnable ?
06:09Il y a eu des chiffres qui ont été cités.
06:11Vous-même, vous aviez évoqué la ligne de crête de 3 000 euros, d'autres ont dit 2 500 euros.
06:17Quelle serait l'idée la plus raisonnable, selon vous ?
06:21Tous les débats en la matière sont évidemment difficiles.
06:24Et donc c'est la raison pour laquelle il faut aussi trouver l'équilibre, j'évoquais,
06:26entre la question de l'abattement, la question de l'indexation des petites pensions.
06:30Je n'annoncerai pas ce matin un seuil.
06:32L'essentiel, c'est d'avoir vraiment ce principe-là.
06:34Il n'y a pas aujourd'hui 1 euro pour augmenter les pensions de retraite à hauteur de l'inflation.
06:39Évidemment, il ne s'agit pas de les baisser, je parle de l'augmentation.
06:41Et donc tout ce qu'on fera en matière de pensions de retraite devra être financé par des réformes de
06:45l'abattement à 10%.
06:46Mais vous êtes clair, ce matin au micro de Sud Radio, David Daniel, ministre de l'Action et des Comptes
06:50Publics,
06:50vous nous dites qu'il y aura un choix à faire entre l'abattement de 10% et la désindexation
06:56des plus grosses pensions.
06:57Tout à fait.
06:57On est clair là-dessus.
06:58Tout à fait.
06:58Et le choix n'est pas encore totalement arbitré, mais on se dirige vers ce choix-là.
07:03Exactement.
07:03Merci d'avoir précisé ce point.
07:06Alors, il y a eu un autre point qui est en débat aujourd'hui, c'est celui des arrêts maladie.
07:15La durée d'une première prescription est plafonnée à 31 jours.
07:20Est-ce qu'on peut la raccourcir encore, cette période-là ?
07:23La période, non.
07:24En revanche, il faut pouvoir continuer à faire des économies sur les arrêts maladie
07:30ou plus exactement, d'éviter l'explosion des arrêts maladie qui se poursuit.
07:35C'est un travail auquel la ministre de la Santé, le ministre du Travail sont entièrement dévoués
07:40avec les organisations syndicales, avec les organisations patronales.
07:43Il y a évidemment la question du contrôle aussi des arrêts maladie qui est importante
07:48parce qu'il ne s'agit évidemment pas de jeter l'opprobre sur les personnes qui sont malades
07:53et qui ont bien besoin de pouvoir être indemnisées.
07:55Donc, le travail se poursuit sur la question.
07:57Est-ce que vous pourriez envisager de toucher au délai de carence qui est actuellement de 3 jours ?
08:01Il y aura des débats, mais je le dis aujourd'hui, la concertation se poursuit autour du ministre du Travail.
08:10Je n'ai vraiment pas d'annonce à faire en la matière.
08:11Ce sont des questions d'ailleurs qui dépassent entièrement le budget 2027.
08:15Concernant le crédit d'impôt recherche aujourd'hui, qui nous coûte près de 8 milliards d'euros par an,
08:21est-ce qu'on peut imaginer qu'il soit lui-même raboté au moment où on cherche 30 milliards ?
08:27D'ailleurs, j'en profite pour vous reposer la question, David Amiel.
08:30On recherche 30 milliards, mais c'était avant les mauvaises prévisions qui ont été annoncées hier.
08:35Est-ce qu'on cherche encore 30 milliards ou plus ?
08:37C'est pour ça qu'on aura l'occasion d'actualiser les prévisions macroéconomiques et donc celles des finances publiques.
08:41Mais vous m'interrogiez sur le crédit impôt recherche.
08:43Le crédit impôt recherche, il sera sanctuarisé parce que c'est extrêmement important dans la bataille industrielle que nous menons,
08:49dans la bataille pour la compétitivité de l'économie française, de ne pas sceller du terrain.
08:54Regardez tous les jours, on voit la déferlante de l'intelligence artificielle, on voit les innovations qui explosent aux Etats
09:00-Unis, en Chine.
09:00On ne peut pas pénaliser nos centres de recherche en France.
09:03D'une façon plus générale, pouvez-vous nous dire et nous redire et nous garantir d'une certaine façon qu
09:07'il n'y aura pas de hausse d'impôt pour financer tout cela ?
09:10Parce qu'on voit bien, avec les mauvais chiffres d'hier qui ont été annoncés, c'est que les 30
09:14milliards, ce sera peut-être 35 ou 40 milliards.
09:17Vous aurez l'occasion de préciser le chiffre un petit peu plus tard.
09:19Mais je repose ma question, est-ce que les Français aujourd'hui peuvent avoir la garantie qu'il n'y
09:23aura pas de hausse d'impôt ?
09:24Le but précisément des économies que nous engageons, des économies difficiles, on vient d'en évoquer certaines,
09:30c'est d'éviter une avalanche d'impôts sur les Français des classes populaires, des classes moyennes, des travailleurs.
09:36Il y aura en revanche un débat sur les niches fiscales, parce que, vous en conviendrez avec moi,
09:41personne ne comprendrait qu'on demande des efforts importants aux Français, à l'ensemble de la population, aux retraités.
09:49On en parlait sans demander aussi un effort aux plus aisés.
09:53C'est la raison pour laquelle j'ai proposé au Premier ministre des réformes de certaines niches fiscales qui bénéficient
09:58uniquement aux plus fortunés.
10:00Et là aussi, on aura l'occasion de pouvoir rendre les arbitrages prochainement.
10:04On parle par exemple des ruptures conventionnelles qui, aujourd'hui, pourraient être revues ?
10:09On parle de choses différentes.
10:13D'abord, il y a une réforme des ruptures conventionnelles qui a été portée par le ministre du Travail,
10:18qui va maintenant livrer ses fruits.
10:19C'est important aussi, parce qu'on voit bien que c'est un outil qui est utile,
10:22mais c'est un outil qui a pu aussi être dévoyé.
10:24Mais c'est une question différente de celle de la justice dans l'effort dont je parlais,
10:28qui, pour le coup, est une question de bon sens.
10:30On ne peut pas demander des efforts à l'ensemble des Français en en exemptant les plus fortunés.
10:34Il ne faut pas le faire en pénalisant la compétitivité.
10:35Il ne faut pas le faire en pénalisant les entreprises.
10:38Mais on peut le faire en réformant certaines niches fiscales.
10:40C'est ce que j'ai proposé au Premier ministre.
10:41Je repose ma question peut-être un peu différemment.
10:43Est-ce que vous allez revenir sur ces exonérations qui s'appliquent aux ruptures conventionnelles ?
10:47Donc les licenciements, les retraites pour les plus hauts revenus.
10:51Est-ce que ça, ça fait partie des pistes envisagées ?
10:55La vraie question qui est posée, c'est celle des ruptures conventionnelles de manière générale
10:58et parfois des abus qui peuvent y avoir.
11:00Là aussi, les travaux se poursuivent pour voir comment on peut les endiller.
11:04Alors, Sébastien Lecornu dit qu'il n'y aura pas d'impôts nouveaux.
11:07Mais il ne parle que d'impôts nouveaux.
11:10Il y a les impôts existants.
11:12Est-ce que sur les impôts existants, il pourrait y avoir une répercussion et une augmentation ?
11:16C'est ce que j'évoquais à l'instant.
11:18Il n'y aura pas de création d'une nouvelle TVA, d'une nouvelle CSG.
11:23Enfin, que sais-je.
11:24C'est ce que vous évoquez un peu là.
11:25Ça n'empêche pas que quand il y a des niches fiscales qui sont détournées,
11:29où il y a des abus, qu'on puisse évidemment les réformer.
11:32Alors, David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes Publics.
11:34Voyons quelles répercussions il pourrait y avoir sur le Parlement.
11:38Parce qu'il va falloir le voter, ce budget.
11:40Les socialistes, aujourd'hui, ils sont en campagne.
11:42J'ai envie de dire qu'ils vous ont fait un petit cadeau il y a un an.
11:44Ils n'ont aucune raison de faire un cadeau cette année.
11:47Vous êtes confiant sur le vote de ce budget ?
11:49Je pense qu'ils ont quand même une grande raison de pouvoir discuter et de négocier avec nous.
11:55C'est le sens de l'État.
11:56Parce que s'il n'y a pas de budget pour l'année prochaine,
11:59ce n'est pas un problème pour le gouvernement, c'est un problème pour le pays.
12:03Parce que le déficit public explosera, l'économie sera extrêmement sévèrement affectée.
12:09Les données sont publiques.
12:10Ce n'est pas le ministre du Budget qui le dit.
12:11C'est le Conseil d'État et l'Inspection Générale des Finances.
12:14Tout est en ligne.
12:14Sauf que vous dévoquez les regrettes.
12:15Soutien aux agriculteurs, soutien aux entreprises, commandes militaires, etc.
12:19Tout cela s'effondreur.
12:20Donc, il faut que tous ceux qui ont à cœur les intérêts du pays
12:23puissent se mettre autour de la table, puissent travailler à un budget.
12:27Je pense évidemment au Parti Socialiste.
12:29Je pense aux Républicains et je pense au Bloc Central.
12:31Et puis ensuite, il y aura une élection présidentielle pour régler les grands désaccords idéologiques.
12:35Et rien n'empêchera d'ailleurs celui qui gagne l'élection présidentielle au mois de mai
12:39de pouvoir, s'il le souhaite, faire un budget rectificatif à l'été pour corriger ce qu'il souhaitera.
12:44Mais David Amiel, les socialistes, ça risque d'être un casus belli.
12:47Pour eux, vous allez toucher aux retraites.
12:48On l'a bien compris.
12:50Mais les socialistes ont eux-mêmes fait des réformes courageuses.
12:54Je pense à la réforme de Marisol Touraine.
12:57Je pense à des mesures qui avaient été prises sous le quinquennat de François Hollande.
13:00Et à nouveau, tout cela est réversible.
13:01Puisque tout cela pourra être, après l'élection présidentielle, modifié par celui qui la gagnera.
13:06En revanche, ce qui serait irréversible, c'est d'envoyer le pays dans le décor.
13:10Yael Brown-Pivé plaide pour l'adoption du budget par 49-3.
13:14La présidente de l'Assemblée, en l'absence d'un compromis, si ce compromis n'arrivait pas.
13:19Est-ce que vous pensez que ce serait la voie prioritaire ?
13:24C'est une voie évidemment possible.
13:25On l'a vu ces dernières années.
13:27Il a été utilisé à plusieurs reprises.
13:28Mais ce qui compte aujourd'hui, c'est de pouvoir, au plus vite, avoir une discussion avec la gauche républicaine,
13:34la droite républicaine et le bloc central, autour de, au fond, ce qui fait quand même nos convictions communes.
13:40C'est-à-dire la nécessité de pouvoir réduire le déficit public
13:43pour éviter de mettre le pays dans le mur,
13:46de pouvoir laisser à la campagne présidentielle le soin.
13:50Sachant qu'avec le 49-3, il y a un vrai risque de censure.
13:52Et que tout le monde est en campagne électorale.
13:55Mais c'est pour ça que la question de la méthode, elle est secondaire.
13:59Ce qui compte aujourd'hui, c'est l'état du pays.
14:01On ne peut pas, parce qu'il y a une campagne présidentielle,
14:04se dire on s'en lave les mains de l'impact sur l'économie,
14:07on se lave les mains de la situation financière de la France.
14:10On peut envoyer tout ça dans le mur.
14:11Et je peux vous dire, je pense que ce serait un très mauvais calcul
14:13pour ceux qui sont candidats à l'élection présidentielle,
14:15parce que je ne vois pas comment on peut aller expliquer aux Français
14:18qu'on souhaite présider un pays,
14:19quand, dans le même moment, on ferait tout pour le déstabiliser.
14:22Est-ce que la meilleure solution, ce ne seraient pas les ordonnances
14:25qui vous permettraient de faire ce que vous souhaitez,
14:28d'assumer les décisions,
14:29et d'éviter, pardon, un nouveau psychodrame à l'Assemblée ?
14:33Mais, dans tous les cas,
14:35l'Assemblée nationale a tous les moyens constitutionnels
14:39de pouvoir renverser ou pas un gouvernement,
14:42de pouvoir amender un budget.
14:43Il n'y aura pas, il n'y a pas, je le dis,
14:46d'échappatoire à la nécessité de forger un compromis.
14:49Et ce compromis, il doit être fait entre la droite républicaine,
14:51la gauche républicaine et le bloc central.
14:53Ce n'est pas facile, ce n'est pas facile de faire des compromis,
14:56ce n'est pas facile de le faire en période de campagne présidentielle,
14:59mais c'est encore plus nécessaire.
15:00Et à nouveau, les désaccords idéologiques,
15:02ils seront tranchés au mois de mai prochain.
15:03Ce ne serait pas plus simple quand même avec les ordonnances.
15:05Mais, je vous le répète,
15:08il n'y a pas d'échappatoire à la nécessité d'avoir un compromis,
15:10quel que soit l'outil constitutionnel que vous évoquez.
15:12David Amiel, vous restez avec nous,
15:14vous êtes ministre de l'Action et des Comptes Publics.
15:16Dans la deuxième partie, vous réagirez à l'actualité des réseaux,
15:18la question d'un auditeur,
15:19et vous pourrez également développer votre carte blanche
15:22autour de la facturation électronique.
15:24A tout de suite.
15:30David Amiel est l'invité de Sud Radio ce matin.
15:33David Amiel, vous êtes ministre de l'Action et des Comptes Publics.
15:36Dans la deuxième partie de cet entretien,
15:38vous allez réagir à l'actualité des réseaux sociaux de Benjamin Glaze dans un instant.
15:42On aura la question d'un auditeur.
15:44Et puis, vous allez développer votre carte blanche,
15:48puisque nous proposons que vous puissiez développer un thème de votre choix.
15:52et vous avez choisi de parler de la facturation électronique
15:55qui, en effet, inquiète beaucoup aujourd'hui les chefs d'entreprise et les artisans.
15:59C'est à vous.
16:01Sur la carte blanche ?
16:02Sur la carte blanche, c'est à vous.
16:04Il y a même le petit chrono qui vous accompagne.
16:06Très bien, excusez-moi.
16:07Je voulais effectivement utiliser ces quelques minutes d'abord
16:10pour rassurer ce qui concerne la facturation électronique.
16:14Évidemment, il n'y aura aucune sanction pour aucune entreprise
16:18avant la fin de l'année 2026,
16:20parce que c'est un changement qui prend du temps.
16:22C'est un changement qui est à l'œuvre,
16:23puisqu'on a aujourd'hui 70% des entreprises qui déclarent la TVA
16:28qui sont rentrées dans la démarche,
16:30qui ont adopté une plateforme de facturation.
16:31C'est au-delà de ce qu'on anticipait au vu des exemples des pays voisins.
16:35De combien ?
16:36Pays voisins qui ont pensé allait être plusieurs points en dessous.
16:39Pays voisins où la réforme de la facturation électronique a très bien marché.
16:42Je pense à la Belgique depuis le début de l'année.
16:44Je pense à l'Italie.
16:46Et tout cela est au service de notre économie.
16:48Parce que derrière, ça veut dire quoi ?
16:49Ça veut dire moins de paperasse.
16:51Ça veut dire moins de délai de paiement.
16:54Ça veut dire une simplification pour les entreprises
16:57qu'on a observées, je le dis, dans les autres voisins européens.
16:59Mais évidemment, la transition...
17:00La transition, bien sûr !
17:02Une chasse à la fraude qui permet de détecter mieux la fraude à la TVA
17:05sans aller précisément embêter l'immense majorité des entreprises
17:09qui respectent les règles avec des contrôles tâtillons,
17:12des demandes incessantes de documents.
17:14Tout ça, grâce à la facturation électronique, il n'y en aura plus besoin.
17:17Donc c'est une réforme très efficace.
17:18Mais évidemment, le passage, il prend du temps.
17:21Il faut de l'accompagnement.
17:22D'ailleurs, je remercie beaucoup les organisations patronales
17:24qui soutiennent cette réforme, sont très mobilisées.
17:26Les experts comptables, les banques, les chambres de commerce...
17:29Tout ça doit nous permettre d'accompagner progressivement chacun.
17:32C'est pour quelle catégorie de profession que c'est le plus problématique, j'imagine ?
17:36Les artisans, ceux qui sont peut-être seuls face à leur ordinateur
17:39et qui n'ont pas forcément l'habitude de fonctionner comme ça ?
17:42Mais c'est d'ailleurs pour cela que, pour les plus petits artisans notamment,
17:46il n'y a pas d'obligation aujourd'hui d'émettre des facturations électroniques.
17:51Il y a simplement une demande de pouvoir les recevoir.
17:53Et je le dis avec beaucoup de temps.
17:54Et c'est la raison pour laquelle, évidemment, il n'y a aucune sanction
17:57pour aucune entreprise avant la fin de l'année.
17:59Ça valait le coup d'être précisé.
18:01On va passer à la question auditeur.
18:04Puisque c'est aujourd'hui un auditeur qui veut vous interroger, je crois,
18:07sur la problématique des buralistes.
18:09On l'écoute.
18:11Bonjour M. Amiel.
18:12Moi c'est Romain, buraliste à la Tour du Pain en Isère.
18:15Je souhaite vous poser une question par rapport aux taxations et au prix des cigarettes.
18:20Est-il possible d'avoir un moratoire par rapport à toutes ces taxes
18:24pour le futur ?
18:25Car nos commerces sont en difficulté et en péril.
18:29Voilà.
18:29Merci à vous.
18:31Question de Romain, donc, à vous, M. le ministre.
18:33Oui.
18:33D'abord, j'en profite à travers l'auditeur qui m'interroge
18:37pour saluer l'ensemble des buralistes.
18:40Parce que ce sont des commerçants courageux
18:41qui traversent des années, je le sais aussi, difficiles,
18:45particulièrement liées à la contrebande aussi,
18:47qu'on voit à la fois de pays étrangers,
18:49de cigarettes hors circuit, etc.
18:51J'aurai l'occasion d'y revenir.
18:52Il n'y a pas, dans le budget qui sera déposé,
18:56de nouvelles hausses de la fiscalité.
18:58En revanche, effectivement, il n'y a pas de gel par rapport à l'inflation.
19:01Donc pas de moratoire.
19:02Ce que certains ont demandé.
19:04Donc pas de nouvelles mesures, mais effectivement pas de gel.
19:07En revanche, il y a un renforcement considérable des moyens de la douane
19:11dans le prochain budget,
19:13notamment pour pouvoir lutter contre la contrebande de cigarettes
19:16qui coûte extrêmement cher à notre économie,
19:18qui d'ailleurs est dangereuse pour la santé des Français
19:20et qui, évidemment, déstabilise profondément le réseau.
19:22C'est une concurrence déloyale, d'une certaine façon.
19:24Exactement, c'est une concurrence déloyale pour tous nos buralistes.
19:27On va passer au regard sur les réseaux sociaux de Benjamin Glaze.
19:32Benjamin, vous nous avez rejoint.
19:34Vous avez souhaité reparler de cette polémique soulevée
19:37par la ministre Aurore Berger.
19:38Reparlé, en tout cas, on continue d'en parler énormément sur les réseaux sociaux.
19:42Cela fait suite à des propos qu'Aurore Berger a tenus
19:44au sujet de la thèse du grand remplacement.
19:46Une thèse qui nous vient de l'écrivain d'extrême droite, Renaud Camus.
19:49Ce dernier assure que les Français, dits de souche,
19:51sont en train d'être remplacés par une population étrangère non européenne
19:55et ce, avec la complicité des élites.
19:58Mercredi, sur CNews, Aurore Berger a indiqué,
20:00alors qu'elle était interrogée pour dire si cette thèse est raciste ou pas,
20:03elle a dit « je ne pense pas que ce soit une théorie ».
20:06Et donc, sur France Info, hier, la ministre chargée de la lutte contre les discriminations
20:09a été invitée à préciser sa pensée.
20:11Je crois que ce sont, je considère que cette théorie est une théorie mensongère,
20:15qu'elle est fausse, qu'elle attise les peurs,
20:17qu'elle ne se base sur aucune donnée statistique.
20:19Parce qu'en fait, au départ, ça devrait être des éléments statistiques.
20:22Est-ce que, oui ou non, la population française,
20:24qui est déjà diverse dans sa composition et dans son histoire,
20:27est-ce que, oui ou non, elle serait remplacée par des populations venues de l'étranger ?
20:31C'est faux et c'est mensonger.
20:34En revanche, comme on m'interrogeait sur la question de la liberté d'expression,
20:38est-ce que quelqu'un, demain, sur votre antenne, a le droit de défendre cette idée-là ?
20:42Je crois que ça fait partie du combat politique.
20:44Je crois que ça fait partie de la liberté d'expression.
20:46À gauche, on s'indigne, mais également dans votre camp.
20:49Monsieur le ministre, sur Twitter, Priska Thévenot l'interpelle directement.
20:53Elle indique que le grand remplacement n'est pas un débat,
20:56c'est une théorie complotiste, écrit-elle,
20:58qui a motivé des attentats terroristes.
21:01David Amiel, est-ce que vous condamnez tout d'abord les propos d'Aurore Berger
21:05ou est-ce que vous soutenez votre collègue dans cette affaire ?
21:08Non, mais je crois qu'il faut revenir à l'essentiel.
21:10Le grand remplacement, entre guillemets,
21:14c'est une thèse à la fois absurde, ignoble,
21:17qui alimente évidemment la haine raciale dans notre pays.
21:21Donc moi, je suis un membre du gouvernement,
21:24je suis élu comme parlementaire à l'Assemblée nationale,
21:27je la combats politiquement,
21:29je la combats idéologiquement,
21:30elle ne dit pas autre chose.
21:32Elle dit que c'est de la liberté d'expression,
21:34en gros que la thèse du grand remplacement
21:36a sa place dans le débat public,
21:38dans les médias, c'est ce que vous pensez vous-même, David Amiel ?
21:40Je pense qu'il faut combattre cette thèse
21:43partout où elle est exprimée, c'est le sens même.
21:45Y compris dans les médias.
21:47Évidemment qu'il faut, quand on est élu,
21:49généralement au combat, ou bien verbalement,
21:53ou bien sur les marchés, ou bien dans l'Assemblée nationale,
21:56ou bien au Sénat, ou bien dans les médias.
21:58Donc évidemment qu'il faut pouvoir le faire.
22:00Après, il y a une question judiciaire,
22:02qui est une question différente.
22:04Ça, il appartient aux tribunaux de le trancher
22:06en fonction des propos précis qui sont tenus.
22:10Mais il est évident que politiquement,
22:11idéologiquement, culturellement, il faut les combattre.
22:13Et je ne crois pas qu'Aure Berger ait dit autre chose.
22:14Non, mais elle a eu raison de dire cela, en tout cas.
22:17Je trouve surtout qu'on a affaire à une fausse polémique,
22:19si vous me pardonnez.
22:20Parce que ce qui compte, quand on est responsable,
22:22c'est de savoir ce qu'on combat politiquement.
22:24Et en l'occurrence, il n'y a aucune ambiguïté
22:26sur le fait que ces propos doivent être fermement condamnés.
22:29David Amiel, on voit bien qu'on est en campagne électorale,
22:31puisque tout le monde s'est jeté sur les propos d'Aurore Berger.
22:34Pour vous, il n'y a pas de sujet.
22:35C'est-à-dire que, évidemment, vous n'êtes pas d'accord
22:38sur cette thèse, et vous nous l'avez expliqué.
22:40Aurore Berger dit la même chose.
22:41En revanche, vous nous le redites ici, à ce micro,
22:44ça fait partie des thèses qui doivent être combattues,
22:46j'ai envie de dire, politiquement, de la part de votre camp.
22:48On est bien d'accord ?
22:49C'est l'évidence même.
22:51C'est tout le sens, d'ailleurs, du combat
22:52que nous menons contre l'extrême droite, de manière générale.
22:54Et donc, je traduis, c'est une fausse polémique,
22:55selon vous, David Amiel ?
22:57Ce que je dis, c'est qu'il faut combattre l'extrême droite
22:59partout où on le peut, politiquement.
23:01Ensuite, il y a des choses qui relèvent de la justice,
23:03c'est au tribunal de le trancher.
23:05C'est une fausse polémique, selon vous.
23:07C'est ça la question.
23:08Qu'est-ce qui relève du combat politique ?
23:10Qu'est-ce qui relève des tribunaux ?
23:11Moi, je m'exprime sur ce qui relève du combat politique
23:13et ensuite des juges, pour trancher sur le plan judiciaire.
23:15Merci infiniment, David Amiel,
23:17d'avoir été notre invité ce matin.
23:20Vous êtes ministre de l'Action et des Comptes Publics.
23:22On imagine donc que les journées sont très longues en ce moment
23:25pour l'élaboration de ce budget 2027.
23:27J'espère que vous aurez l'occasion de revenir à ce micro.
23:31Très belle journée à vous.
23:32Dans la prochaine heure, on reviendra précisément
23:35sur à la fois le budget et les annonces
23:39que vous nous avez faites ce matin
23:40concernant les retraites, monsieur le ministre.
23:43Et puis, bien sûr, on évoquera également la polémique
23:45autour des propos d'Aurore Berger.
23:47A tout de suite.
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