00:02Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Jacques Cardoz.
00:06Et Jean-François, bonjour.
00:08Bonjour Jacques.
00:08Vous avez souhaité aujourd'hui nous parler de Gabriel Attal.
00:13Gabriel Attal, dites-vous, il est au centre des réflexions finalement.
00:19Oui, c'est un malentendu Attal.
00:21Gabriel Attal, vous le savez, veut être président de la République,
00:24mais avec qui au juste ?
00:25C'est là que ça commence.
00:27Prenez son grand rival, Edouard Philippe,
00:28qui propose aux candidats de la droite et du centre de se parler avant la Toussaint,
00:32pas pour choisir le champion, mais pour se mettre autour de la table,
00:35dire qu'est-ce qui nous rassemble, avant de découvrir.
00:38Il sera trop tard ce qui les sépare.
00:40Gabriel Attal, vous le savez, a dit non, pas maintenant,
00:43que chacun fasse sa course, le meilleur gagne,
00:45c'est au fond très macroniste,
00:47et il se loge là le cœur du problème.
00:49Gabriel Attal veut incarner l'après-Macron en rupture,
00:52mais avec le logiciel de Macron.
00:54Partir seul, bousculer les partis, imposer sa personnalité,
00:57demander ensuite aux autres de le rejoindre.
01:00Sauf que nous ne sommes plus en 2017, ça ne marche plus.
01:03Et surtout, et surtout, il y a Bruno Retailleau.
01:05Le leader des Républicains, Attal veut rassembler la droite et le centre,
01:08mais il ne veut pas vraiment de cette droite-là.
01:11Eh oui, le candidat de Renaissance,
01:13qui a pourtant durci le ton, nous l'avons entendu sur le voile,
01:16sur l'immigration, trouve son rival LR un peu trop conservateur.
01:19Bruno Retailleau, lui, rend d'ailleurs la politesse,
01:22pas question de participer à une réunion de macronistes entre macronistes,
01:27martèle le président de LR,
01:28qui ne pardonne pas à Attal d'avoir appelé à voter Mélenchon
01:32pour faire barrage au RN aux législatives de 2004.
01:34Voilà donc cette famille politique assez extraordinaire,
01:37elle se cherche un candidat unique parmi des prétendants
01:39qui ne veulent même pas se parler.
01:41Ça, ça ne marche pas, c'est le malentendu.
01:43Pendant que Gabriel Attal regarde vers Édouard Philippe,
01:46un autre candidat, il faut le dire,
01:47qu'Attal fait mine d'ignorer,
01:49vient lui disputer de l'autre côté son électorat,
01:52c'est Raphaël Glucksmann, ça c'est l'autre problème.
01:55Attal et Glucksmann qui semblent, dans deux cas opposés,
01:58ils parlent aux mêmes gens, les sociodémocrates,
02:00les pro-européens, les modérés,
02:02les anciens électeurs de Macron,
02:03issus du PS du centre,
02:05les chiffres sont parlants, Jacques.
02:06Regardez le tout dernier Opinion,
02:08où c'était hier soir,
02:09vous avez Édouard Philippe à 15%,
02:11comme Jean-Luc Mélenchon,
02:12ces deux-là, ils peuvent être au deuxième tour,
02:14face à Marine Le Pen qui caracole à 34%,
02:16Raphaël Glucksmann, 9 points,
02:18Gabriel Attal, 8,
02:19si vous les additionnez ces deux-là,
02:21ça marche ça, on peut les additionner,
02:22c'est les mêmes électeurs,
02:2417%, voilà qui change la perspective.
02:26Oui, et vous nous dites donc ce matin
02:27que Gabriel Attal, quelque part,
02:29il est pris en étau.
02:30Oui, à sa gauche Glucksmann,
02:32il lui dispute une partie des sociodémocrates
02:34et des anciens macronistes,
02:35à sa droite Édouard Philippe,
02:36lui dispute les modérés, les libéraux,
02:38et plus à droite encore Bruno Retailleau
02:40lui ferme la porte,
02:41le « et en même temps »
02:42qui avait fait le succès de Macron en 2017,
02:44ça ne marche plus,
02:46ce sont les héritiers du macronisme
02:47qui risquent de se faire siphonner
02:49des deux côtés à l'envers,
02:51c'est là le malentendu Attal.
02:53Vous savez, Gabriel Attal,
02:54il veut devenir le champion d'un centre
02:56dont le logiciel a changé,
02:58le curseur va-t-il
02:59de Raphaël Glucksmann
03:01à Édouard Philippe,
03:02d'Édouard Philippe à Bruno Retailleau,
03:04on pose la question tous les matins,
03:05vous vous rappelez,
03:06à tous les candidats à la présidentielle,
03:07ou est-ce que l'espace s'arrête
03:08à ceux qui ont gouverné avec Emmanuel Macron ?
03:11Ce malentendu Jacques empêche
03:12la primaire de centre-droit,
03:14ça n'existera pas,
03:15ça ne peut pas marcher
03:16avec ce personnel-là.
03:18Écoutez bien,
03:19Gabriel Attal,
03:20il a de l'énergie,
03:21il a un dénéniable talent
03:23de débatteur,
03:23on ne va pas dire le contraire,
03:24ses détracteurs l'accusent,
03:26oui,
03:26de ne faire que de la com'
03:27avec sa campagne
03:28des mille bistrots,
03:29la bière à la main,
03:30qui risque de faire de la mousse,
03:32il faut le dire,
03:32mais ils font tous de la com'
03:35des frites au bling bling,
03:36ils en font tous,
03:37on ne peut pas lui reprocher ça
03:38à Gabriel Attal,
03:39il veut tuer le père,
03:40Emmanuel Macron,
03:41mais on conserve la méthode,
03:43le style,
03:44voire l'illusion,
03:45croire qu'il suffit d'être le meilleur
03:47pour que tout le monde
03:48finisse par vous suivre,
03:49en 2017,
03:50ça s'appelait
03:51le dépassement,
03:52en 2027,
03:54le 27,
03:54cela pourrait se transformer
03:55en effacement.
03:57Merci pour cet éclairage
03:59Jean-François Aquilly,
04:00on vous retrouve bien sûr
04:01tout à l'heure à 9h,
04:02Jean-François Aquilly,
04:03que l'on peut podcaster bien sûr,
04:05et puis,
04:06vous le savez,
04:07on vous retrouve également
04:10tout le week-end
04:11avec l'actualité
04:12qui ne s'arrête jamais
04:13sur Sud Radio,
04:14et je sais que vous avez
04:15de nombreux invités
04:15très intéressants,
04:17à tout à l'heure Jean-François,
04:18à suivre.
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