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  • il y a 19 minutes
Avec Olivier Schiller, chef d’entreprise, vice-président du METI (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire)
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##C_EST_A_LA_UNE-2026-09-11##

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Transcription
00:02Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoz.
00:06Vous nous écoutez d'Avignon, de Grenoble, de Toulouse, de l'île de Rennes et c'est un plaisir de
00:10vous retrouver des quatre coins du territoire.
00:12Soyez les bienvenus dans le Grand Matin, il est 7h12, c'est l'heure de votre rendez-vous témoignage.
00:17Alors tous les indicateurs sont mauvais, consommation, investissement, inflation et le chômage qui grimpe, ce sont les nouveaux chiffres de
00:23l'INSEE qui l'indiquent.
00:24Donc cette contre-performance contraste évidemment avec la reprise des autres grandes économies de la zone euro qui elles vont
00:30un petit peu mieux.
00:31Dans ces conditions, le projet de loi sur la transparence des salaires en entreprise est-il une priorité ?
00:36On pose la question à Olivier Schiller, il est chef d'entreprise, vice-président du mouvement des entreprises de taille
00:42intermédiaire.
00:43Bonjour Olivier Schiller.
00:45Bonjour.
00:46Pour vous, clairement, cette loi n'arrive pas au meilleur moment.
00:49Je la plaçais dans le contexte des indications qui nous sont données hier par l'INSEE.
00:55Oui, vous avez raison, la conjoncture est compliquée avec une concurrence féroce des Américains et des Chinois.
01:03Donc dans ce contexte, on souhaiterait que les pouvoirs publics français et européens soutiennent les entreprises.
01:10Et en fait, c'est un petit peu le contraire qui arrive.
01:13Alors, sur le fond, évidemment, on est tout à fait favorable à l'égalité salariale entre les hommes et les
01:21femmes.
01:22Mais comme d'habitude, en partant d'une bonne idée, l'Europe a accouché d'un monstre du bureaucratique
01:28qui est totalement inadapté à la situation des entreprises, notamment des ETI.
01:34Alors, cette directive constituerait une charge supplémentaire de 8 milliards d'euros.
01:39C'est ce qui est estimé pour les entreprises françaises.
01:42C'est vraiment ce chiffre-là ? Pourquoi ? On a du mal à comprendre.
01:46Alors, en fait, il faut partir de chaque entreprise.
01:49Nous, ce qu'on a estimé, c'est que pour une entreprise qui fait 150 millions d'euros de chiffre
01:53d'affaires
01:53avec 600 salariés, les coûts de mise en place de cette directive seraient compris entre 300 et 500 000 euros.
02:02Alors, pourquoi ce chiffre important ?
02:04Parce qu'en fait, l'entreprise va être obligée de peser chaque poste.
02:09C'est-à-dire qu'il y a beaucoup d'emplois différents dans une entreprise.
02:11Il y a de la production, il y a du contrôle qualité, il y a de l'administration, de la
02:17finance, etc.
02:18Donc, il faudra peser chaque poste et ensuite mettre des critères de correspondance entre les différents postes
02:26pour dire, tiens, il y a telle catégorie, ça correspond à tel emploi, telle catégorie, tel emploi, etc.
02:31Donc, c'est quelque chose qui est extrêmement lourd à mettre en place,
02:34que les entreprises ne sont pas du tout à même de faire par elles-mêmes.
02:37Elles vont être amenées à faire appel à des consultants.
02:40Ensuite, il faut adapter les systèmes informatiques pour gérer tout ça.
02:45Et donc, l'ensemble de ces coûts, oui, ça a été estimé à peu près à ce montant-là,
02:50ce qui est totalement délirant,
02:52quant à une de la situation dans laquelle les entreprises se débattent aujourd'hui.
02:55On a vraiment, c'est l'expression, on a pris un marteau pour écraser une mouche.
03:00Il y avait un indice, dit Indice Pénicaud, l'ancienne ministre du Travail,
03:04qui avait mis un indice qui était très facile à calculer
03:07et qui, effectivement, a permis à l'égalité hommes-femmes de progresser dans les entreprises.
03:11Ça fonctionnait bien, on aurait dû se contenter de continuer à travailler avec cet indice.
03:16Oui, alors le problème, c'est que c'est une directive européenne, en réalité,
03:20et que là, c'est une transposition dans la loi française.
03:23On aurait pu faire différemment en conservant l'ancien système
03:26qui aurait pu être moins lourd, c'est ce que vous nous dites ?
03:29Alors, ce que je dis d'abord, c'est qu'en amont,
03:32il aurait fallu effectivement empêcher au niveau européen
03:35que cette directive soit votée.
03:38De la même façon que la CSRD, qui était aussi un délire.
03:44Mais ça, c'est un peu tard, maintenant c'est fait.
03:46Non, parce que, vous voyez, au niveau européen, il y a une directive dit omnibus,
03:51c'est très bureaucratique tous ces termes,
03:53qui consistent à amender le reporting sur la partie environnementale, notamment,
04:02pour la rendre un peu plus légère.
04:05Mais ce n'est pas l'objet du débat, l'objet du débat, c'est la transparence salariale.
04:08Je pense que là aussi, c'est quelque chose qui est totalement disproportionné.
04:12Et nous, ce qu'on demande au niveau du métier, c'est de dire,
04:14bien sûr, ok, on est d'accord sur l'égalité homme-femme,
04:17c'est absolument nécessaire en termes salariales.
04:20Mais changeons ces directives pour l'adapter, en tout cas, à la taille des ETI.
04:27Oui, à un moment où, évidemment, en plus,
04:29les entreprises réclament un allègement, d'une certaine façon,
04:33des charges pour se donner un peu plus d'air et essayer d'embaucher.
04:36Parce que c'est ça, la priorité, pour terminer.
04:39Oui, bien sûr, on est dans une situation complètement schizophrénique,
04:42où l'État n'arrête pas de nous dire, on simplifie, on simplifie, on simplifie.
04:46Mais la réalité, c'est qu'en permanence, il y a des nouvelles normes françaises,
04:52des directives et des règlements européens qui viennent peser sur les entreprises
04:56et qui diminuent leur compétitivité,
04:58alors même qu'elles sont dans des situations souvent difficiles aujourd'hui.
05:01Olivier Schiller, chef d'entreprise et vice, président du Métis,
05:04merci infiniment de nous avoir partagé votre sentiment.
05:07Et si cette information vous fait réagir, commenter, interpeller,
05:10eh bien, vous pouvez le faire au 0826 300 300
05:13et n'hésitez pas à réagir sur notre page Facebook,
05:16sur YouTube et sur les réseaux sociaux de Sud Radio.
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