- il y a 2 heures
S comme Santé c’est le nouveau rendez-vous qui prend soin de vous. Autour de reportages et en compagnie d’invités spécialisés, retrouvez l’actualité médicale avec Moselle. Un programme issu d’une collaboration entre Moselle TV et La Semaine.
Dans cette édition, présentée par Uranie Tosic et Marjorie Beurton, retrouvez François Braun, conseiller au CHR, ancien Ministre de la Santé et Dr Laure-Émilie Rebstock, gynécologue-obstétricienne, responsable du centre de sénologie Bel-Air.
Au sommaire :
Vaccin antigrippal, recherche médecin généraliste et hôpital privé ELSAN
Artémis, un centre de sénologie simplifié et flambant neuf à Thionville
Se ré-approprier son corps après un cancer
Du tatouage pour panser les blessures après un cancer
Dans cette édition, présentée par Uranie Tosic et Marjorie Beurton, retrouvez François Braun, conseiller au CHR, ancien Ministre de la Santé et Dr Laure-Émilie Rebstock, gynécologue-obstétricienne, responsable du centre de sénologie Bel-Air.
Au sommaire :
Vaccin antigrippal, recherche médecin généraliste et hôpital privé ELSAN
Artémis, un centre de sénologie simplifié et flambant neuf à Thionville
Se ré-approprier son corps après un cancer
Du tatouage pour panser les blessures après un cancer
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00:09Générique
00:16Bonsoir et bienvenue dans Est-ce comme santé ?
00:19Mois d'octobre rose derrière nous.
00:21Mais nous avions envie ce mois-ci d'évoquer le cancer du sein
00:25qui reste un sujet de santé publique toute l'année
00:28à travers différents reportages et invités.
00:30Vous en avez l'habitude.
00:31Avant de détailler tout cela, un petit tour de table.
00:35Bonsoir Marjorie.
00:35Bonsoir Erani.
00:36De l'autre côté de la table, François Braun, comme d'habitude.
00:39Bonsoir.
00:40Chaque année, environ 4500 nouveaux cas de cancer du sein sont constatés
00:44dans la région Grand Est.
00:46Il reste d'ailleurs la première cause de mortalité par cancer chez la femme.
00:50D'où l'importance, on l'imagine, du parcours de soins, n'est-ce pas docteur ?
00:52Bonsoir.
00:53Bonsoir.
00:53On en parlera plus en détail avec vous.
00:56Je rappelle que vous êtes responsable du centre de scénologie à l'hôpital Bel-Air
01:00à Tionville et gynécologue obstétricienne.
01:03Et vous allez donc nous détailler tout cela.
01:06De quoi va-t-on parler également ?
01:07Au programme également, Erani, nous irons mouiller le maillot
01:10avec l'association Cœur de Coco qui, depuis 2021, propose une section sport adaptée
01:15pour les femmes ayant eu un cancer du sein ou encore sous traitement.
01:20Et vous verrez qu'elles se donnent à 100%.
01:22Oui, ça sera dans quelques minutes.
01:23Et puis, quand l'art vient penser les blessures des femmes malades,
01:26on va s'intéresser à ce tatouage qui vient reconstruire le sein après un cancer.
01:32Et nous ferons un petit focus, vous verrez, sur l'une de ces spécialistes.
01:37Voilà pour notre sommaire.
01:38Eh bien, c'est parti.
01:44Et on fait d'abord un rapide tour de l'actualité santé sur le territoire
01:48avec cette campagne de vaccination contre la grippe qui continue pour la 28e édition.
01:53Alors, vous pouvez, rappelons-le, vous faire vacciner en pharmacie.
01:56De son côté, le CCAS d'Amnésil participe activement
01:59et propose une vaccination gratuite le mercredi 27 novembre.
02:03Ce sera la salle Maurice Chevalier dès 17h30.
02:07Inscription du 29 octobre au 22 novembre.
02:09C'est aussi la période pour se vacciner contre le Covid.
02:13Et au rayon petites annonces, recherche médecin en urgence à Saint-Avolte.
02:18Depuis le départ à la retraite de l'ancien généraliste,
02:21les habitants du quartier prioritaire La Carrière peinent à se faire soigner.
02:26En attendant de trouver un remplaçant,
02:28la municipalité a pris le bail du cabinet médical
02:31pour y installer des permanences de téléconsultation.
02:35Une autre réflexion est donc engagée, celle de créer une maison de santé.
02:39Et vous avez peut-être suivi notre émission spéciale à Mézières-les-Messes,
02:44lundi 27, 28 octobre, pardon,
02:47pour la pose de la première pierre de l'hôpital privé Elsan.
02:51Un chantier colossal de plus de 150 millions d'euros
02:53et qui, à terme, permettra la création de 800 à 1 000 emplois.
02:57Ouverture aux patients prévus dès septembre 2026.
03:00En revanche, l'ouverture de l'établissement de santé
03:02prévue à Eches-sur-Alzette est repoussée à 2033.
03:06C'est un hôpital qui aura un service d'urgence ouvert 24h sur 24
03:10et qui sera accessible aux frontaliers.
03:13Autre ouverture plus récente, celle du centre de scénologie
03:17à l'hôpital Bel-Air de Thionville, le centre Artemis.
03:20Un lieu plutôt unique.
03:22On retrouve quoi comme équipement, comme fonctionnalité, docteur ?
03:26C'est un lieu dédié à la prise en charge des maladies du sein.
03:30Ça va du diagnostic, donc, dès la mammographie de dépistage
03:35à la consultation d'annonces, quand il y a une annonce de cancer du sein.
03:40Et s'ensuit la prise en charge future du cancer du sein.
03:44On commence souvent par la chirurgie, puis les autres traitements éventuels,
03:51chimiothérapie, radiothérapie, et aussi tout ce qui est autour
03:53de la prise en charge médicale, les soins de support, infirmières d'annonces,
03:58psychologues, kinétithérapeutes, toute la prise en charge de A à Z
04:02pour les cancers du sein.
04:03Il est dit simplifié, d'après ce que j'ai pu lire.
04:06Ça veut dire quoi, concrètement, un parcours simplifié,
04:08quand on parle de cette maladie-là ?
04:10Déjà, que ce soit un lieu, un seul lieu pour toute la prise en charge.
04:14Ça en simplifie grandement le parcours, disons.
04:22Et un accès rapide, surtout, à la prise en charge du cancer du sein.
04:27Donc, avec un rendez-vous, déjà, de mammographie accélérée,
04:32la biopsie s'ensuit dans les quelques jours, si besoin,
04:36avec un résultat histologique dans les sept jours.
04:40Puis, la consultation chirurgicale.
04:42Donc, là, la nouveauté, c'est le parcours rapide.
04:46Mais il ne sera opérationnel que courant novembre.
04:48C'est bien ça ? Et avec quel équipement ?
04:50Alors, ça commencera le 18 novembre, avec un tout nouveau mammographe
04:54qu'on a reçu, haute technologie, et très ergonomique
04:57pour la prise en charge des patientes, et notamment les patientes
05:00à mobilité réduite, ce qui est assez nouveau.
05:03Docteur Repstock, vous voyez des femmes, forcément.
05:05Il y a 61 000 cancers du sein qui sont diagnostiqués par an.
05:081 % sont des hommes.
05:10Est-ce que, sur le Thionville, sur le secteur Mosellan,
05:13vous voyez des hommes au cabinet ?
05:15Oui, bien sûr. J'en ai déjà pris en charge 5-6, je pense,
05:21des cancers du sein chez l'homme. Donc, ça existe aussi.
05:24Ils sont surpris, je suppose ?
05:25Tout à fait, de venir en gynécologie avec des femmes autour d'eux,
05:29des femmes enceintes, des femmes de tout âge.
05:32Mais ils sont aussi pris en charge, comme les autres.
05:36François Brun, c'était devenu une nécessité d'ouvrir un lieu comme celui-ci
05:39sur notre territoire ?
05:40Oui, c'est une nécessité d'avoir ces parcours rapides,
05:45ces parcours simplifiés, parce que les chiffres ne sont pas très bons
05:48en Moselle. Les besoins de santé de la population,
05:51en particulier en termes de dépistage, je crois que c'est ça qui est aussi
05:53très important, on va en parler, mais nous ne sommes pas très, très bons
05:57dans la région et au niveau national. Il y a beaucoup de femmes
05:59qui vont avoir un cancer du sein et qui n'ont pas pu bénéficier
06:03du dépistage. Alors, ces prises en charge sont plus tardives,
06:06d'où encore l'importance d'avoir des circuits courts et rapides,
06:08de tout concentrer au même endroit.
06:10Vous vous attendez à beaucoup de venues, à beaucoup de patientes ?
06:13Oui, parce que c'est vraiment une problématique.
06:16Toutes les patientes qui viennent nous voir en consultation
06:20sont très gênées par le fait qu'elles n'arrivent pas
06:23à obtenir de rendez-vous. Elles doivent appeler, rappeler, se déplacer,
06:29sans avoir gain de cause. Donc, l'ouverture du centre va faire
06:31beaucoup d'air à tous ces rendez-vous en attente.
06:35Ça veut dire aussi, peut-être, que vous n'aurez pas que
06:37de la patientelle mozélane ?
06:39Oui, il est possible que ce soit d'ailleurs, tout à fait.
06:43Alors, prenez-vous aussi l'aspect prévention en compte.
06:45On parlait de dépistage. Plus il est précoce, mieux c'est.
06:48On le sait pour la guérison, la rémission. Dans ce service-là,
06:51comment vous prévenez ces risques de cancer ?
06:55Alors déjà, de leur dire qu'il faut venir aux mammographies dépistage,
07:02bien entendu, donc de 50 à 74 ans, tous les deux ans,
07:05voire même avant en fonction de leurs antécédents personnels ou familiaux,
07:09mais aussi le dépistage, l'autopalpation.
07:12Donc, on les oriente, on les guide pour qu'elles apprennent
07:15à le faire elles-mêmes de manière mensuelle.
07:19En parlant d'autopalpation, justement, vous avez ramené un autre invité.
07:23Tout à fait.
07:24Un buste en silicone qui nous a été gracieusement prêté par la Ligue contre le cancer,
07:28qu'on remercie chaleureusement, parce que vous montrez en consultation
07:32comment faire cette autopalpation, qui peut être faite à n'importe quel âge, finalement.
07:37Et c'est un mode de découverte aussi du cancer du sein.
07:40Il n'y a pas que la mammographie.
07:42Par la patiente elle-même ou leur compagnon.
07:44Ça nous est déjà arrivé d'avoir un diagnostic par le compagnon des patientes.
07:48Donc déjà, c'est de regarder ses seins.
07:50C'est la première chose.
07:51Dans un miroir, en position neutre, en levant les bras.
07:56D'essayer de trouver soit une rougeur, soit un aspect de peau d'orange,
08:00une rétraction du mamelon, une rétraction au niveau de la peau.
08:03Et ensuite, de palper avec la plus grande surface possible.
08:06On utilise d'habitude les trois doigts du milieu.
08:08Et on essaye de palper, cadran par cadran.
08:12On fait tout le tour, finalement.
08:13Tout le tour, sans oublier, derrière la réole.
08:16On fait une pression pour voir s'il y a un écoulement.
08:18Et aussi, sous les bras.
08:20Et qu'est-ce qu'on doit sentir, si jamais il y a quelque chose ?
08:22Une boule de masse, quelque chose de nouveau.
08:23Quelque chose qu'elle n'aurait pas avant.
08:25Parce que le sein, ce n'est pas complètement lisse.
08:28C'est graduleux.
08:29Mais elles-mêmes connaissent le mieux leur corps.
08:32Et elles sauront savoir s'il y a quelque chose de nouveau.
08:35Et on s'alarme quand ?
08:36Est-ce que, par exemple, si on a une plus petite poitrine, on a un profil moins à risque que
08:40s'il y en a une grosse poitrine ?
08:42Effectivement.
08:42Plus il y a de glandes amères, plus il y a un risque d'avoir un cancer du sein.
08:45Et plus c'est difficile à palper, aussi.
08:47Au-delà de l'aspect physique, est-ce qu'il y a d'autres facteurs de risque à prendre en
08:51compte quand on parle du cancer du sein ?
08:53Familiaux.
08:54S'il y a des antécédents dans la famille, de cancer, du sein, de l'ovaire ou parfois autres.
09:00Et puis on engage de toute façon à consulter une fois par an, quoi qu'il en soit, son gynécologue
09:04pour toutes les patientes.
09:06On va continuer sur ce thème.
09:08On va peut-être ranger notre buste pour la suite de cette émission.
09:11Merci beaucoup encore à la Ligue contre le cancer pour ce prêt.
09:15Alors, est-ce qu'on peut encore parler de tabou autour des cancers du sein ?
09:19Parce que vous parliez d'épistage de plus en plus de patientes.
09:22Est-ce qu'il y a encore un tabou, les gens qui sont réfractaires, à aller consulter ?
09:27Oui, ou à faire les mammographies de dépistage, parce qu'on a peur, parce qu'on a peur d'avoir
09:32mal, peur du diagnostic.
09:34Il y a plusieurs choses qui peuvent nous limiter.
09:41Mais il faut quand même y aller.
09:44Il ne faut pas s'escap' et venir, parce qu'on s'en fait souvent une idée qui n'est
09:50pas réelle et qui n'est pas vraie.
09:52Et plus on détecte tôt, encore une fois, plus on a des chances d'obtenir une guérison.
09:57Et moins les traitements vont être lourds aussi.
10:00C'est surtout ça.
10:01Est-ce qu'il y a des groupes de parole à Thionville ?
10:03Parce qu'on dit toujours que si on garde en soi, on s'omatise finalement.
10:06Est-ce qu'il y a cette possibilité d'avoir de l'expression collective ?
10:10Alors, collective, il y a les dames de cœur, l'association des dames de cœur, qui fait beaucoup pour nos
10:15patientes et qui propose beaucoup,
10:17sous forme de groupes de parole ou d'activités physiques ou de sophrologie.
10:21Il y a beaucoup de choses qu'elles proposent.
10:23Et après, nous, on propose toujours un suivi psychologique pour toutes nos patientes.
10:27C'est important de proposer une pluridisciplinarité, c'est ça, pour ces femmes-là.
10:33Marjorie, tu voulais aussi terminer cette première partie en évoquant le brocoli.
10:37Exactement.
10:37Alors, dis-nous tout.
10:38Parce que j'ai été surprise sur cette émission.
10:41Alors, je me suis dit, je vais quand même leur demander, est-ce que l'alimentation, est-ce que le
10:45microbiote va favoriser ou pas la prévention du cancer du sein ?
10:49Et en me documentant, j'ai trouvé, si, si, que le brocoli a des pouvoirs.
10:53Alors, il s'agit d'un crucifère qui fait du bien aux fanères.
10:56Les fanères sont les extrémités, cheveux, ongles.
10:58Mais, 23 études montrent que consommer du brocoli au moins une fois par semaine réduit de 36% les risques
11:05de cancer, dont le cancer du sein.
11:07Et qu'en fait, ces substances peuvent convertir une barrière protectrice anti-cancer au niveau du microbiote.
11:14Docteur Braun me regarde.
11:16Vous voulez du brocoli au repas ce soir ?
11:18Il va y avoir un roche dans les grandes surfaces.
11:20Je mange du brocoli régulièrement, ce n'est pas un problème.
11:23Il y a surtout des choses aussi qui sont favorisantes pour le cancer du sein.
11:26On parle pas assez du tabagisme, qui est un des facteurs de risque aussi.
11:30Donc, peut-être lutter prioritairement, si je peux me permettre, contre les facteurs de risque.
11:35Et puis, effectivement, si ça peut faire du bien, et manger de façon équilibrée, de toute façon.
11:39Oui, pas que du brocoli. Je pense que sinon, il risque d'y avoir d'autres problèmes.
11:43Mais c'est noté.
11:44C'était plutôt pour dire qu'il y a aussi un suivi de l'alimentation.
11:46Tout à fait. Et ça en fait un facteur de risque à l'obésité, la sédentarité aussi.
11:51Tout à fait.
11:51Sur pas mal d'autres pathologies, d'ailleurs, on a l'habitude d'en parler sur ce cas.
11:54Dans tous les cancers. D'une façon générale, dans tous les cancers, on va retrouver le déséquilibre alimentaire comme un
11:59des facteurs de risque.
12:00Merci en tout cas pour ces premières indications.
12:02Vous restez avec nous encore jusqu'à la fin de cette émission.
12:05Là, nous allons parler sport et santé.
12:12C'est vrai que c'est une question qu'on se pose souvent quand on a une pathologie.
12:15Comment reprendre le sport ? On en a déjà parlé sur ce plateau.
12:19Quels sont les sports qu'on va peut-être recommander en post-traitement après un cancer ?
12:23Plus que simplement le sport, c'est déjà de l'activité physique.
12:26Quand on parle de sport, les gens ont un petit peu peur en se disant, je ne vais pas faire
12:29du sport de haut niveau.
12:30Mais avoir une activité physique qui va de la marche jusqu'à des choses très surprenantes.
12:34Et en particulier dans le cas du cancer du sein, qui peut être le jeu de rugby à cinq, par
12:40exemple.
12:40Où les mouvements du thorax facilitent la cicatrisation, les mouvements qu'on fait avec les bras.
12:45On a la chance d'avoir en Moselle deux clubs qui sont déjà habilités pour faire ce sport santé, ce
12:50rugby santé.
12:52Dont dans le post-cancer, qui sont Metz et Saint-Avold.
12:55Mais d'une façon générale, cette activité physique, elle marche en prévention primaire, c'est-à-dire pour éviter d
13:02'être malade.
13:02Mais elle marche en prévention secondaire et tertiaire, c'est-à-dire pour éviter des complications, stabiliser sa maladie et
13:08améliorer la récupération.
13:10Oui, aujourd'hui aussi, la cure thermale est des fois prescrite.
13:15Mais est-ce qu'on peut la prescrire en post-cancer ?
13:18C'est possible aussi. Alors ça, je n'ai pas trop...
13:21Oui, il y a un renouveau un petit peu de la cure thermale.
13:24Il y a d'ailleurs eu la semaine dernière, je crois, un congrès franco-marocain à Nancy sur la cure
13:30thermale.
13:31Et il y a le mois prochain un congrès international sur la cure thermale.
13:34La cure thermale est quelque chose de très ancien, puisque ça remonte, on le sait, aux Romains.
13:38La région est particulièrement concernée par cette cure thermale.
13:43Alors il y a des études qui sortent maintenant, scientifiques, de haut niveau, sur l'intérêt dans un certain nombre
13:48de pathologies.
13:49Et beaucoup d'études sont en cours, vont montrer qu'effectivement, ça fait partie un petit peu de tout ce
13:53qu'on appelle les soins de support qui peuvent aller autour.
13:55Nous avons fait une émission d'ailleurs sur les soins de support. Je vous invite à les regarder.
13:59Vous avez raison, elle est très bien.
14:00Donc dans tous ces soins de support, il y a aussi la cure thermale.
14:04On parle aussi souvent des associations qui gravitent autour de ces patientes.
14:10Justement, il y en a beaucoup qui proposent du sport adapté, précisons-le, pour les femmes en rémission ou encore
14:16sous traitement.
14:17C'est le cas de Coeur de Coco depuis 2021 maintenant.
14:20Ces femmes nous ont accueillies très chaleureusement lors d'une séance et vous allez voir, elles ont la pêche.
14:34Une ambiance studieuse, mais surtout bienveillante.
14:38Car après un cancer, la réadaptation demande de l'écouter du temps.
14:43Lancée en 2021, cette section de gym adaptée par l'association Coeur de Coco n'a pas mis long feu
14:49avant de trouver des participantes, comme Béatrice, ici depuis trois ans.
14:54On apprend à se réconcilier avec notre corps et avec notre esprit.
14:58C'est toujours un réel plaisir de venir ici tous les samedis matins, parce que quand j'en sors, je
15:03me sens très très bien.
15:04J'ai récupéré toutes mes capacités physiques grâce à la gym adaptée.
15:10Donc tout cela, au bout du terme, c'est un bénéfice énorme.
15:13Et sans parler du bienfait moral, évidemment, on rigole beaucoup, on travaille efficacement.
15:18Mais c'est une ressource d'énergie incroyable.
15:21Alors, le but, c'est pas faire des petits rebonds. C'est que ta jambe. Voilà.
15:25Sur leur ballon, pour renforcer leurs muscles, ou en pleine chorégraphie de zumba pour le côté cardio.
15:34Ces femmes font du sport à leur rythme et surtout selon leur capacité.
15:39Alors, c'est véritablement adapté dans le sens où certaines personnes, par exemple, ne pourront plus du tout lever le
15:44bras,
15:45suivant les impacts chirurgicaux qu'il y a pu avoir.
15:49Et donc, un mouvement va se décortiquer de plusieurs façons.
15:52Pour justement permettre à tout le monde de le faire, et de le faire en toute sécurité et en respectant
15:57son propre corps.
15:58Un aspect sportif, mais surtout de la cohésion et du soutien entre ces femmes, qui vivent des épreuves difficiles.
16:05Une osmose qui s'est créée dès la première année entre des personnes très différentes.
16:10Et qui finalement se sont retrouvées dans une cohésion et dans une amitié, je parle vraiment d'amitié forte,
16:15qui s'est créée avec des temps forts hors de l'association.
16:18Il ne faut pas hésiter parce que le sport, ça permet de libérer l'esprit et ça fait confler le
16:24moral.
16:24On ne parle pas de maladie et franchement, on rigole bien.
16:30Même en réémission, les traitements peuvent encore être lourds.
16:33Et nombreuses sont celles qui profitent de ces séances pour reprendre le contrôle de leur corps,
16:38sans jugement et dans la bonne humeur.
16:46Je vous avais prévenu, elles avaient la pêche tout au long de la séance.
16:50Alors une cagnotte en ligne et une boîte à dons étaient ouvertes tout le mois d'octobre,
16:53permettant de récolter près de 3 000 euros.
16:56L'association, sachez-le, réitère cette opération chaque année.
17:01Cela a déjà permis l'investissement de certains équipements pour le confort des patients,
17:05à savoir un casque de réalité virtuelle pour dispenser des séances de sophrologie
17:09pendant la chimiothérapie.
17:11Un deuxième casque va d'ailleurs être acheté.
17:13Et puis l'année passée, ils ont financé six mois d'intervention d'une esthéticienne
17:17auprès des patientes, le tout pour le service écologique de l'hôpital Bel Air à Tionville.
17:23Marjorie, tu avais une question sur la chimiothérapie ?
17:25Exactement, les chimiothérapies, on sait que c'est médicamenteux
17:28et qu'il faut forcément drainer, donc il faut transpirer.
17:31Aujourd'hui, on a Moselle Mouve qui répertorie des spécialistes du sport santé
17:36qui vont nous aider.
17:37Est-ce que vous leur demandez, les filles là, elles ont bien dansé, bien bougé,
17:41de transpirer justement, pour drainer ?
17:45J'avoue, ce n'est pas ce que j'ai l'habitude, mais en tout cas d'avoir une activité
17:49physique régulière.
17:50D'accord.
17:51Avant le traitement, pendant le traitement, après le traitement, ça a démontré une efficacité claire
17:56sur le pronostic dans la littérature scientifique.
17:58D'après les témoignages qu'on a régulièrement, c'est souvent le premier pas vers une association
18:02aidante qui est difficile.
18:04Est-ce que vous, vous faites le lien aussi en consultation ?
18:06Alors, c'est toujours difficile parce qu'on a énormément d'informations à donner,
18:10surtout en tant que chirurgien.
18:12Il y a l'annonce, la prise en charge chirurgicale, donc ça fait un maximum d'informations en très peu
18:19de temps.
18:20Et c'est plutôt les infirmières d'annonce qui font ce relais là, vers les associations
18:24et vers l'activité physique adaptée.
18:26François Brun, il existe des coupons de sport pour les enfants quand ils s'inscrivent dans une association.
18:31Est-ce qu'aujourd'hui, l'État aide aussi financièrement les dames ?
18:35Oui, l'État aide sur différents programmes.
18:38On parle de Moselle Mouve parce que la Moselle a fait un effort, le département a fait un effort particulier,
18:42au-delà même de celui que fait l'État, par le biais de l'Agence régionale de santé,
18:46qui a le programme prescrit Mouve pour l'ensemble de la région Grand Est.
18:51Ce qui est important dans ces programmes, c'est que c'est vraiment mettre le pied à l'étrier.
18:55Ce ne sont pas des programmes qui sont prévus pour vous suivre pendant des années,
18:58mais pour vous mettre le pied à l'étrier de cette activité physique,
19:01pour ensuite aller vers un club sportif,
19:04puisque les clubs sportifs doivent être le relais finalement de toute cette activité,
19:07d'où l'importance d'avoir aussi dans les clubs des personnes qui sont formées à cette activité physique adaptée.
19:14On se rend bien compte que le sport est finalement un vrai pilier dans la vie de ces patientes-là.
19:18Comment est-ce que vous le mettez, vous l'abordez cette question en centre ?
19:23Est-ce qu'il y a certainement des personnes avant leur maladie qui n'étaient pas sportives,
19:26ou en tout cas qui étaient peut-être plus sédentaires ?
19:29Justement, en leur expliquant que ça peut avoir un impact sur leurs pronostics,
19:33j'avoue que c'est très parlant pour les patientes,
19:36diminuer les effets indésirables des traitements,
19:39ça peut être un facteur motivant pour les patientes.
19:43Le sport facilite aussi la libération de ce qu'on appelle les endorphines.
19:48Quelque part, on fabrique sa propre morphine,
19:50donc ça diminue les douleurs, et puis on se sent mieux.
19:53Quelque part, on devient un peu addict à sa propre activité physique,
19:58et c'est quelque chose qui est bien,
19:59parce que justement, ça améliore le pronostic de toutes ces pathologies.
20:02Nous voilà déjà presque à la fin de cette édition.
20:05Pour conclure, place à notre dernière rubrique autour du travail et de la santé.
20:14Mais ce mois-ci, nous n'allons pas parler, comme à notre habitude,
20:17d'adaptation du rythme du travail pour les personnes atteintes d'affection longue durée,
20:22de sport en entreprise ou de toute autre mesure pour améliorer le travail,
20:27mais bien de celles et ceux qui travaillent autour du bien-être des patientes
20:31atteintes d'un cancer du sein, comme par exemple les tatoueurs.
20:36On ne voit plus en fait le mamelon.
20:39Atteinte d'un cancer à l'âge de 27 ans, puis d'un deuxième à 30,
20:43cette femme, qui préfère témoigner à visage caché, a subi une mastectomie.
20:47Quand on a un cancer du sein, on perd de sa féminité.
20:52Le sein, ça représente chez la femme quelque chose de très important.
20:57C'est compliqué au quotidien de se regarder dans un miroir, psychologiquement et physiquement.
21:0325 ans plus tard, la quincagénaire décide de se réapproprier son corps grâce à la dermopigmentation,
21:09une technique qui permet de recréer une aréole et un mamelon en trompe-l'œil à l'aide de pigments.
21:14On fait de l'ombrage, on va créer un effet réalisme avec la lumière, avec le blanc.
21:21On ne fait pas du trait ou quoi que ce soit.
21:25Il y a des petits traits, mais généralement c'est juste pour faire les petites alvéoles qu'on va reprendre,
21:30qui vont créer les mêmes alvéoles qu'on a autour du mamelon.
21:34La surface reste plate, qu'on soit d'accord, je ne crée pas un relief réel,
21:38mais lorsqu'elles vont se regarder, elles auront cette illusion d'un volume,
21:43comme s'il y avait toujours une aréole mammaire.
21:46Une séance d'une heure, quelques retouches et des dégradés de nuances auront suffi pour effacer la dégradation de la
21:52maladie.
21:52On a gagné en estime de soi.
21:55C'est beaucoup plus facile après d'avancer.
21:57On se regarde autrement dans le miroir.
21:58Là, on peut se regarder avec le sourire, même s'il reste encore pas mal de cicatrices.
22:04Mais on se retrouve enfin femme.
22:06On retrouve le côté féminin, ce qui est très important.
22:10Et au quotidien, c'est énorme.
22:13Avec ces touches de couleur, ces femmes peuvent enfin mettre un point final à un chapitre douloureux de leur vie
22:19et aller de l'avant.
22:22Que pensez-vous de ce travail-là qui se démocratise de plus en plus ?
22:26Les reconstructions des seins, ce n'est pas toujours simple.
22:29C'est plusieurs étapes chirurgicales.
22:31Et ce n'est pas toujours la demande des patientes.
22:33Donc l'alternative du tatouage, on ne peut que le favoriser, en tout cas.
22:36Est-ce qu'il y a une partie qui est prise en charge par la sécurité sociale ou pas ?
22:42Pas ma connaissance.
22:43Est-ce que ça serait peut-être une question, une solution peut-être envisagée pour que ça se démocratise ?
22:50Oui, c'est une solution qui est tout à fait envisageable.
22:53Même si les problématiques de budget de la santé sont un peu compliquées en ce moment, ça ne vous a
22:58pas échappé.
22:59Mais effectivement, on a été amené à réfléchir avec une association, d'ailleurs, au niveau national,
23:04qui avait une exposition photo itinérante, justement, avec des femmes qui avaient été opérées,
23:10qui montraient leur cicatrice, qui montraient justement ce qu'on pouvait faire avec.
23:12Donc oui, il y a encore des progrès à faire de ce côté-là, bien sûr.
23:16Grâce à vous, les perruques sont remboursées.
23:18Donc pourquoi pas, grâce à vous ?
23:20Grâce à l'État et grâce aux députés qui ont voté cela au niveau de la loi de financement de
23:27la sécurité sociale de 2023.
23:28Oui, c'est tout à fait normal, ce type d'indication.
23:32Tous ces soins de support, c'est pour être mieux.
23:35Pour être mieux, quand on a été opéré, c'est retrouver confiance en son corps
23:38et se redonner confiance dans l'image que l'on peut avoir de soi.
23:41Donc tout cela y contribue et c'est très important.
23:45Merci beaucoup d'avoir participé à cette émission.
23:48On arrive au terme de ce numéro, Est-ce comme santé ?
23:51Merci d'avoir été autour de cette table pour parler du parcours de soins autour des cancers du sein.
23:57Si vous venez d'arriver, pas de panique.
23:58Retrouvez l'émission d'intégralité sur notre site Moselle.tv.
24:02Et puis tout au long du mois, vous retrouverez cette émission en rediffusion.
24:06On se retrouve bientôt pour de toutes nouvelles thématiques.
24:09En attendant, prenez soin de vous.
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