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Depuis les années 1980, les ultra-riches ont vu leur patrimoine bondir et leurs impôts baisser, jusqu’à être moins taxés que les plus pauvres. Ce documentaire décrypte les rouages d’un phénomène planétaire et suit le combat, de plus en plus rassembleur, de millionnaires et d'économistes pour davantage de justice fiscale.
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00:16Dans cette station de ski en Suisse, se retrouvent chaque hiver les hommes et les femmes parmi les plus puissants
00:22de la planète.
00:32Un club très fermé, mêlant argent et pouvoir.
00:40Est-ce qu'on t'a déjà invité alors que tu n'étais pas le bienvenu ?
00:44Non.
00:45Moi oui, et c'était vraiment affreux.
00:52Qu'est-ce qu'il a dit ?
00:53Allez vous faire foutre.
00:55Ah ok, allons nous faire foutre.
00:57On a une personne avec une bancage de taxe de riche.
01:05Marlène Engelhorn connaît bien ce monde.
01:09Elle est l'une des héritières d'une grande famille d'industriels de la chimie, dont la fortune s'élève
01:13à plusieurs milliards d'euros.
01:24Ce 15 janvier 2024, Marlène Engelhorn vient à Davos pour dénoncer les dérives d'un système qui ne profite qu
01:32'à une toute petite caste, la sienne.
01:35Je représente ici une grande partie de la population qui n'est pas d'accord avec le fait que derrière
01:39ses portes closes, et à l'encontre des principes démocratiques,
01:43le monde soit partagé entre les ultra-riches comme moi, les 1% les plus fortunés, et quelques élus.
01:53Le combat de Marlène pour plus de justice fiscale ne fait que commencer.
02:01La fortune des milliardaires a augmenté trois fois plus vite en 2024 qu'en 2023.
02:06La fortune des milliardaires a augmenté de 34% alors que 5 milliards de personnes se sont appauvries à travers
02:13la planète.
02:20Le Brésil qui préside le G20, le Brésil s'est adressé à un économiste français spécialiste des inégalités, Gabriel Zuckman.
02:28Alors il fait le bilan, il y a 3 000 milliardaires dans le monde, leur richesse est estimée à plus
02:33de 14 000 milliards de dollars, selon le magazine Forbes.
02:36Gabriel Zuckman dresse un constat frappant.
02:39Il y a un problème de spirale inégalitaire.
02:43Si les gens qui sont déjà extrêmement riches peuvent se soustraire à l'impôt,
02:49mécaniquement, leur richesse va augmenter plus vite que celle du reste de la population.
02:54Pourquoi les milliardaires sont-ils accusés de payer si peu d'impôts ?
02:59Ils investissent des millions pour économiser des milliards d'impôts.
03:03C'est leur stratégie depuis le départ.
03:07Un constat partagé par une nouvelle génération d'activistes,
03:11des personnes fortunées qui, de Paris à Washington, en passant par Bruxelles et Londres,
03:17dénoncent les privilèges dont ils bénéficient eux-mêmes.
03:21Quand on me demande comment verrouiller le système, je dis « commence par la fiscalité ».
03:25Alors que la pression populaire ne cesse de croître,
03:29une nouvelle génération de millionnaires veut mettre fin à cette inégalité.
03:33Sont-ils des idéalistes ?
03:35Ou à l'avant-garde d'un mouvement plus large pour plus d'égalité fiscale ?
03:41Vous, les Français, vous avez fait une révolution en 1789.
03:45C'était à propos des impôts.
03:46Une fiscalité injuste peut entraîner des cataclysmes et des révolutions dans les sociétés.
04:23Donc là, j'ai vraiment l'outil le plus basique qui soit,
04:27où je fais quelques trucs, mais où je ne veux pas retomber dedans.
04:31C'est vrai que ça peut devenir une addiction,
04:33mais moi, quand j'ai arrêté, je n'ai pas touché une action pendant un an.
04:37Je n'ai pas ce...
04:38Mais bon, je sais que je peux retomber dedans.
04:41Je ne sais pas, oui.
04:51Guillaume Rambourg a fait fortune à la City de Londres,
04:55un monde dans lequel l'argent est une drogue dure.
05:01Aujourd'hui, à la retraite,
05:03il se réfugie chaque hiver dans son riad marocain
05:05pour profiter de la douceur du climat,
05:08très loin du stress des marchés financiers.
05:14J'ai énormément aimé ce travail, ce de performance.
05:17C'est comme un sport de haut niveau.
05:19Tous les jours, on gagne ou on perd.
05:21La performance, elle est là, tous les jours, toutes les semaines, toutes les années.
05:26On est obligé de se remettre en cause tout le temps.
05:29J'étais vraiment dans le dur.
05:30J'avais lancé mon fonds au mois de mars 2012.
05:33Guillaume Rambourg était le gérant d'un fonds d'investissement
05:36de 12 milliards d'euros d'actifs,
05:38une activité qui lui permettait de gagner
05:40plusieurs dizaines de millions d'euros par an.
05:43Il évoluait alors dans le monde de la haute finance
05:45où la fiscalité était une obsession.
05:48Il y avait l'introduction en bourse de Facebook.
05:50Tout le monde en parlait.
05:51Assez vite dans ma carrière,
05:52quand j'ai commencé à gagner de l'argent à Londres,
05:55j'ai été approché par pas mal d'avocats fiscalistes
06:00qui, les uns après les autres, me proposaient
06:04des façons, des loopholes, comme on dit là-bas,
06:08pour payer moins d'impôts.
06:10Pour moi, c'était un nouveau monde.
06:13Mais j'ai découvert que c'était assez commun,
06:17en fait, pour les gens qui gagnent beaucoup d'argent,
06:19d'essayer de se soustraire à l'impôt
06:21ou d'essayer de réduire l'impôt.
06:24Donc c'est là que j'avais un désaccord
06:27ou des principes fondamentaux différents.
06:31Donc c'est pour ça que j'ai toujours payé mes impôts,
06:34même si de temps en temps, ça paraissait un peu pénible.
06:37Quand on paye 5 millions, quand on paye 10 millions d'impôts
06:39en une année, ça fait un peu mal.
06:41Mais donc moi, c'était des conversations.
06:43Je me sentais pas complètement à l'aise.
06:45Et les quelques fois où j'ai donné mon avis,
06:48où j'ai dit, moi, je paye tous mes impôts,
06:49j'ai fait aucune astuce,
06:51les gens me disaient, soit il est un peu naïf,
06:57soit il nous raconte des salades,
06:58et c'est pas vrai,
06:59il ne peut pas nous dire quelles astuces il utilise.
07:02Donc c'est un sujet presque structurel,
07:05presque permanent.
07:12Exciting developments, the G20 as leaders come together
07:16in Brazil to discuss a groundbreaking proposal
07:18implementing a global minimum tax on billionaires.
07:22It's a crucial step towards tackling tax evasion
07:25for the ultra-wealthy.
07:27I'll take down the Guardian.
07:30Et donc cette mesure de 2%,
07:34ça équivaudrait à 250 milliards de dollars par an
07:39s'ils ont taxé les 2756 milliardaires connus
07:46qui, ensemble, ont une fortune de 13 000 milliards de dollars.
07:51Déjà presque des prises de décision majeures.
07:54majeures.
08:13À Washington, en avril 2024,
08:16pendant les réunions préparatoires du sommet du G20,
08:18une idée originale fait son chemin dans les couloirs.
08:23Une taxe de 2% sur le patrimoine des milliardaires du monde entier.
08:28Elle émane d'un économiste français
08:30considéré comme l'un des plus brillants de sa génération,
08:33Gabriel Zuckman.
08:37Cette proposition est négociée au plus haut niveau des délégations.
08:41En coulisses, le ministre français de l'économie et des finances,
08:45Bruno Le Maire, soutient discrètement la mesure.
08:56Mais c'est surtout le Brésil, pays organisateur,
09:00qui a mis cette question à l'agenda politique international.
09:29Le Brésil, quelques mois avant de prendre la parole,
09:33à prendre la présidence du G20,
09:34m'a contacté pour me dire simplement
09:36« Bon, nous, on aimerait mettre des nouvelles idées dans le débat,
09:40faire de notre présidence quelque chose d'utile
09:43pour pousser des idées fortes, nouvelles. »
09:45Et quand ils m'ont demandé,
09:48je leur ai répondu « D'après moi,
09:49c'est de s'attaquer au problème de très faible taxation des ultra-riches. »
09:52Et donc, je leur ai dit « Il faut travailler sur ça. »
10:02Depuis la création du G20 ou même du G7 en 1975,
10:06pas une fois ces ministres des Finances,
10:08qui se rencontrent plusieurs fois par an,
10:09n'avaient évoqué le sujet.
10:11Et là, le Brésil, avec sa détermination,
10:13Fernando Haddad, Lula,
10:16ont réussi à arracher cette déclaration,
10:19se communiquer, et la machine est lancée.
10:40Jusqu'à récemment, ce problème n'était pas connu.
10:43Il n'était pas connu parce qu'il n'y a pas de statistiques publiques officielles
10:46et cette opacité a commencé à se dissiper.
10:50Dans plusieurs pays, grâce à des collaborations de recherche
10:53qui ont été mises en œuvre entre des chercheurs
10:56aux États-Unis, en France, aux Pays-Bas,
11:00en Italie, en Suède, en Norvège, au Brésil, etc.
11:03Et les administrations fiscales de ces différents pays.
11:06Et partout, c'est la même image d'ensemble.
11:10En s'appuyant sur des données fiscales jusque-là inaccessibles,
11:14des équipes de recherche dans plusieurs pays
11:16démontrent un même phénomène.
11:22L'impôt est progressif jusqu'à des niveaux très élevés de revenus,
11:26mais au-delà d'un certain seuil, le taux d'imposition baisse
11:30et finit par converger vers son niveau le plus bas
11:32pour la catégorie des milliardaires.
11:37La proposition de Gabriel Zuckman cherche à corriger cette anomalie.
11:46Une proposition qu'il formule au G20
11:48entourée de deux prix Nobel d'économie,
11:51l'Américain Joseph Stiglitz et la Française Esther Duflo.
11:56Merci beaucoup, Tommaso, et merci beaucoup à tous de vous pour être ici aujourd'hui.
11:59So, look, I think there is a growing recognition
12:04that our tax systems fail to tax the super-rich wealth.
12:11The reason for that is when you're super rich,
12:13it's easy to structure your wealth
12:15such that this wealth is not going to generate a lot
12:17or even any taxable income.
12:19This is a global phenomenon
12:22and it requires, ideally, a global solution.
12:27The proposal, to be very clear,
12:29is that there should be a minimum tax on global billionaires,
12:32that's 3,000 individuals.
12:34They should pay an income tax
12:36at least each year the equivalent of 2% of their wealth.
12:40It could raise a lot of tax revenues,
12:43$250 billion annually.
12:45The main obstacle is that the people involved,
12:48you know, they will fight
12:49because that's the one tax that actually works for them.
12:58La proposition de Gabriel Zuckman
13:00s'attaque à un narratif puissant
13:02qui domine la pensée économique
13:04depuis un demi-siècle
13:06et qui prétend que taxer les riches
13:07ralentit la croissance
13:09et décourage l'investissement.
13:14Un narratif né aux Etats-Unis
13:16au tournant des années 70,
13:18dans le pays le plus riche du monde,
13:21cette doctrine va devenir la clé de voûte
13:23du projet politique d'un homme
13:24qui va marquer son temps
13:26et l'économie mondiale.
13:28Tax. Action.
13:32Ronald Reagan.
13:35With our budget cuts,
13:37we presented a complete program
13:38of reduction in tax rates.
13:40Again, our purpose was to provide incentive
13:43for the individual,
13:44incentives for business
13:46to encourage production
13:47and hiring of the unemployed,
13:49and to free up money for investment.
13:53Our bill calls
13:55a 25% total reduction
13:57over three years.
14:07A la fin de mes études de droit,
14:11j'ai commencé ma carrière
14:12dans la fonction publique
14:13sous l'administration Nixon
14:15en 1969,
14:17lorsque le Congrès a adopté
14:18la plus importante réforme fiscale.
14:2220 ans plus tard,
14:23je suis revenu au ministère des Finances
14:25sous l'administration
14:26de George Bush père
14:27et j'ai participé
14:29aux négociations de 1990
14:30qui ont abouti
14:32à l'accord budgétaire.
14:34Je suis un témoin
14:35des débats sur la fiscalité
14:36depuis plus de 50 ans maintenant,
14:39soit pratiquement
14:39toute ma vie professionnelle.
14:43Au niveau national,
14:45tout a changé
14:46lorsque Ronald Reagan
14:47est devenu président.
14:49À son arrivée,
14:50le taux d'imposition maximal
14:51était de 70%.
14:53Quand il a quitté ses fonctions,
14:56il était de 28%.
15:00Les économistes néolibéraux
15:02sont devenus incontournables
15:03parce que l'inflation et le chômage
15:05étaient au plus haut
15:06dans les années 70.
15:09Ils affirmaient alors
15:10que pour stimuler l'économie,
15:12il fallait accorder
15:13des réductions d'impôts
15:14aux plus riches.
15:16Laissez les rates de taxes,
15:18ils disaient,
15:19et laissez l'économie
15:20devenir l'enjeu
15:21de nos rêves.
15:23La vérité est,
15:24le pensée conservateur
15:25n'est plus plus
15:26ici sur la droite,
15:28c'est le mainstream maintenant.
15:33Nous sommes où nous sommes
15:35parce que nous venons
15:36le contest d'idées.
15:38En fait,
15:39dans les dernières décennies,
15:40tout à l'heure,
15:41quietement,
15:41mystérieusement,
15:43le Parti républicain
15:45a devenu
15:46le Parti d'idées.
15:48Nous sommes devenus
15:49le Parti
15:49des plus brillants
15:50et dynamiques
15:51jeunes minds.
15:52Je les souviens
15:53un peu plus d'années
15:54avant,
15:54roulant
15:54en coulant
15:55des curves
15:55sur les napkins.
16:03Arthur Laffer
16:04est devenu
16:05quelqu'un de très important.
16:11mais à l'époque
16:12où il a dessiné
16:12sa courbe,
16:13ce n'était qu'un
16:14obscur professeur
16:15d'économie
16:16de l'université
16:16de Californie du Sud.
16:23Il collectionnait
16:24les perruches,
16:25les tortues
16:26et toutes sortes
16:26d'animaux.
16:28C'était un homme
16:29très excentrique,
16:30mais depuis,
16:31il est devenu célèbre
16:32et très riche.
16:34J'ai eu beaucoup
16:36de chance
16:37tout au long
16:37de ma vie.
16:38J'ai remporté
16:39beaucoup de victoires
16:39avec Reagan
16:40et puis avec
16:41Margaret Thatcher.
16:42On a gagné
16:42là-bas aussi.
16:44Mais j'ai subi
16:44quelques défaites
16:45aussi.
16:46J'ai perdu à Cuba.
16:47Mon candidat est mort
16:48là-bas et Fidel Castro
16:49a survécu.
16:50Ils sont toujours là.
16:52Et je suis très optimiste
16:53quant à la présidence
16:54de Trump.
17:07L'histoire d'Arthur Laffer
17:08incarne le grand tournant
17:10antitaxe de la fin
17:11des années 70
17:12qui s'est propagé
17:13à travers le monde.
17:17Son histoire
17:18se serait construite
17:19autour d'une courbe
17:20dessinée sur une serviette
17:21en papier
17:22lors d'un déjeuner
17:23devant deux conseillers
17:24de la Maison-Blanche,
17:25Donald Rumsfeld
17:27et Dick Cheney.
17:32Je dînais avec
17:35Donald Rumsfeld
17:36et Dick Cheney
17:37une fois par semaine.
17:40Et apparemment,
17:41j'aurais dessiné
17:42la courbe
17:42sur une serviette
17:43en papier.
17:44Et là,
17:45eureka !
17:46Ils ont vu la lumière.
17:47C'était parti.
17:50La courbe
17:50de Laffer
17:51tente de démontrer
17:52qu'en augmentant
17:53les impôts,
17:54l'État peut voir
17:55ses recettes fiscales
17:56baisser.
17:57Il en tire la conclusion
17:58qu'à l'inverse,
18:00en baissant les impôts,
18:01on peut augmenter
18:02les recettes fiscales.
18:03Cette théorie
18:04va être présentée
18:05comme étant
18:06une démonstration
18:06scientifique incontestable.
18:08Pourtant,
18:09cette courbe
18:10n'indique aucun seuil
18:11chiffré
18:11à partir duquel
18:12cet effet Laffer
18:14se produirait.
18:17L'objectif de votre courbe
18:18est de déterminer
18:19quel est le seuil maximal.
18:22Non, ce n'est pas vrai.
18:24C'est un débat intéressant.
18:27Mais si votre courbe
18:28ne montre pas ce seuil
18:29et qu'il n'est pas possible
18:30de trouver ce seuil,
18:31alors votre courbe
18:32ne démontre rien.
18:34Non, non, non,
18:35ce n'est pas vrai.
18:36La courbe est très pertinente,
18:38même dans la moitié inférieure.
18:39Elle est très pertinente.
18:41Le point de bascule
18:42survient lorsqu'il devient
18:43évident que si vous
18:44augmentez les taux d'imposition,
18:46vous n'obtiendrez pas plus
18:47mais moins de recettes.
18:49Dans ce cas,
18:49pourquoi vouloir
18:50augmenter les taux d'imposition ?
18:52Laffer a été très malin.
18:55Il n'a pas indiqué
18:56de chiffres sur la courbe
18:57car il n'a jamais identifié
18:59le taux maximisant les recettes.
19:02Si, par exemple,
19:04il avait mis le chiffre
19:05de 50 %,
19:05cela aurait signifié
19:07que c'est avec ce taux
19:08qu'on obtient le plus
19:09de recettes fiscales.
19:10Et donc,
19:11il ne faudrait pas
19:12descendre sous ce taux
19:13mais en n'indiquant
19:14aucun chiffre,
19:15cela permet aux gens
19:16de prétendre
19:16que le taux d'impôt
19:17est toujours trop haut
19:19quel que soit le chiffre.
19:23À défaut d'être
19:24une démonstration mathématique,
19:26la courbe devient
19:27un formidable outil politique
19:29qui permet de justifier
19:30des baisses d'impôts.
19:33Arthur Laffer rejoint alors
19:35un petit groupe
19:35d'économistes néolibéraux
19:37qui murmurent à l'oreille
19:38du président Reagan.
19:41Ils sont les promoteurs
19:42d'une autre théorie
19:43qui garantit que
19:45pour relancer la croissance
19:46et augmenter
19:47les revenus de tous,
19:48il faut baisser
19:49les impôts des plus riches.
19:50Un principe connu
19:52sous le nom
19:53de ruissellement.
19:56Le principe,
19:58c'est qu'en aidant
19:58les individus
19:59les plus riches,
20:00cela profitera
20:00à tout le monde.
20:02Cela créera des emplois.
20:03Mais il n'y a
20:04aucune preuve réelle
20:05que cette théorie économique
20:06du ruissellement
20:07fonctionne.
20:09Baisser le taux d'imposition
20:10ne permet pas
20:11de récupérer
20:11plus d'impôts.
20:12C'est un mythe.
20:14Mais c'est un pilier fondamental
20:15du mouvement anti-taxe.
20:17Et c'est une absurdité
20:18qui continue d'être répandue
20:20année après année,
20:21loi fiscale après loi fiscale.
20:29En 1986,
20:32en suivant ce principe,
20:33Ronald Reagan
20:34réalise la plus grande
20:35réforme fiscale
20:36depuis la Seconde Guerre mondiale.
20:38Une baisse d'impôts
20:39sans précédent.
20:42Mais dix ans plus tard,
20:44deux économistes américains,
20:46Alan Orbach
20:47et Joel Schlemmerod,
20:48passent au crible
20:49les effets
20:49de cette réforme fiscale.
20:51Dans une étude
20:52qui fait alors autorité,
20:53les deux chercheurs
20:54reconnaissent l'absence
20:55de preuves formelles
20:56du principe de ruissellement.
20:59Les partisans
21:00de cette réforme
21:01seront déçus.
21:02En étudiant la tentative
21:03la plus ambitieuse
21:04jamais menée,
21:05on ne trouve presque
21:06aucune preuve concrète
21:07que cela ait réellement fonctionné.
21:10de cette réforme
21:12de la réforme
21:15Alors,
21:16pour continuer
21:16de convaincre
21:17les classes moyennes
21:18et populaires
21:18que baisser les impôts
21:20des riches
21:20profitent à tous,
21:22les organisations
21:22conservatrices
21:23vont investir
21:24massivement
21:25dans cette bataille politique.
21:31Les gens riches
21:34conservateurs
21:35ont compris
21:38la puissance
21:39de l'impôt
21:40et le risque
21:40qui était associé
21:42à une fiscalité
21:43progressive.
21:44Ils ont compris,
21:45ils ont été traumatisés
21:45en particulier
21:46par la politique
21:47de Roosevelt,
21:48par le New Deal,
21:49par ces taux
21:50quasi-confiscatoires.
21:52et ils ont investi
21:53des ressources
21:54considérables
21:55pour influencer
21:57le débat public
21:57sur ces questions.
22:00En première ligne
22:01de cette bataille culturelle,
22:03on retrouve
22:04des grandes familles
22:04de milliardaires américains,
22:06à l'image
22:07des frères Koch
22:07ayant fait fortune
22:08dans le pétrole,
22:10de la famille Walton,
22:12propriétaire
22:12des magasins Walmart,
22:14ou encore
22:15Richard Melonscafe,
22:16l'héritier
22:17d'une grande dynastie
22:18de banquiers américains.
22:20A travers
22:21leur fondation
22:21philanthropique,
22:22ils vont créer
22:23et financer
22:24une multitude
22:25de think tanks
22:26anti-tax,
22:27comme la Heritage Foundation,
22:29le Cato Institute,
22:31et parmi elles,
22:32l'une des plus radicales,
22:34la American
22:35for Tax Reform,
22:36avec à sa tête
22:37le lobbyiste
22:39Grover Norquist.
22:43Il est devenu
22:45anti-impôt
22:48assez naturellement.
22:51Vous ne connaissez
22:52peut-être pas
22:52cette anecdote,
22:53mais quand il était enfant,
22:55son père l'emmenait
22:55chez le vendeur de glace,
22:57Derry Joy,
22:58et il léchait
22:59le cornet de Grover
23:00en lui disant
23:00« ça,
23:02c'est l'impôt fédéral ».
23:04Puis il donnait
23:05un autre coup de langue
23:06et disait
23:07« et ça,
23:08c'est l'impôt local ».
23:10Puis il prenait
23:11une troisième bouchée
23:12et disait
23:13« et c'est un autre impôt ».
23:19Donc Grover
23:20a grandi
23:21dans cette mentalité-là.
23:31Cette affiche
23:32vient de la campagne
23:33de François Mitterrand
23:34du Parti Socialiste.
23:35« Ensemble,
23:37changeons la vie ».
23:38C'est ce que fait
23:39le socialisme.
23:40Il change la vie,
23:41mais pas nécessairement
23:42pour le meilleur.
23:45Pour Grover Norquist,
23:46la victoire idéologique
23:48de Ronald Reagan
23:48doit maintenant
23:49infuser au niveau
23:50de tous les États américains.
23:52Pour cela,
23:53il met en place
23:54« The Plage »,
23:55la promesse.
23:57« J'ai créé
23:58« The Plage ».
24:00C'est un engagement
24:01envers les citoyens
24:02de ne pas augmenter
24:03les impôts.
24:04Nous ne voulions pas
24:05abaisser les taux d'imposition
24:06pour les remonter
24:07par la suite.
24:07Ils font une promesse
24:12simple,
24:12sérieuse,
24:13crédible
24:14et compréhensible.
24:17Je ne voterai pas
24:18en faveur
24:19d'une augmentation
24:19d'impôts.
24:21La promesse
24:22est très simple.
24:23Elle est facile
24:24à comprendre.
24:25Les gens vous croient
24:25lorsque vous faites
24:26cette promesse
24:27et si vous ne signez pas,
24:28ils penseront
24:29que vous allez augmenter
24:30leurs impôts.
24:31Ça fait gagner
24:31des élections.
24:34Merci beaucoup
24:35pour venir
24:36à Missouri,
24:36Grover.
24:37Il est important
24:38d'avoir quelqu'un
24:38qui a led
24:39la lutte
24:40pour réduire
24:41les taxes.
24:41C'est souvent,
24:43des politiciens
24:44qui se voient
24:44à vous
24:44et se leur
24:45propre propre
24:46piggy bank.
24:47Je décide
24:48de signer
24:48le « Taxpayer
24:49Protection Pledge »
24:50pour l'end
24:51ce cycle.
24:52Je pense que vous
24:54vous devez
24:54un mieux
24:54meilleur
24:55avec votre
24:55argent
24:56que le
24:56federal
24:57gouvernement.
24:57C'est pourquoi
24:58je suis
24:59prouvé
24:59pour signer
25:00le «
25:00Taxpayer
25:01Protection Pledge ».
25:03Je suis pris
25:04un stand
25:04en signant
25:05le « Taxpayer
25:05Protection Pledge ».
25:08Dans les années 90,
25:10la fiscalité
25:11devient l'axe
25:12central de la stratégie
25:13des conservateurs
25:14américains.
25:15Une politique
25:16qui profite pleinement
25:17à leurs plus gros
25:18donateurs.
25:32« Mais un riche
25:33héritier
25:33va tenter
25:34de briser
25:34ce récit
25:35dominant
25:35en se dressant
25:36contre les intérêts
25:37de sa propre
25:38classe sociale.
25:48J'ai grandi
25:50dans une famille
25:51où sur quatre générations,
25:52on entendait dire
25:53« Un jour,
25:54j'hériterai
25:55de beaucoup
25:55d'argent ».
26:01Grâce à mes parents,
26:05j'avais juste gagné
26:05au loto
26:06à la naissance.
26:09C'est notre sucrerie
26:12locale.
26:15Ça, c'est le son
26:16du verre mot
26:16au mois de mars.
26:25Mon arrière-arrière-grand-père
26:27s'appelait
26:27Oscar Mayer.
26:28Aux États-Unis,
26:29c'est une marque
26:30très connue
26:31de viande industrielle.
26:32Tout le monde connaît
26:33le nom Oscar Mayer.
26:35Il y avait
26:36cette campagne publicitaire
26:37avec une chanson
26:37très populaire.
26:38cette campagne publicitaire
26:39avec une chanson
26:40très populaire.
26:41« J'aimerais que
26:42j'étais un Oscar Mayer
26:43wiener,
26:44c'est ce que
26:44j'ai toujours
26:45voulu être. »
26:54Oscar Mayer
26:54wieners
26:55sont tous
26:55de l'impôt,
26:56tous de l'impôt
26:57de l'impôt
26:58de l'impôt
26:59de l'impôt.
27:04Lorsque George W. Bush
27:05a été élu
27:06en novembre 2000,
27:07il avait fait campagne
27:08sur la suppression
27:09de l'impôt
27:09sur les successions.
27:10« Il avait campagne
27:12sur l'éliminer
27:13la taxe de mort,
27:14l'éliminer
27:14la taxe de mort. »
27:15« Monsieur le Président
27:17des États-Unis. »
27:23« C'est pas vrai
27:25de taxer
27:25les mêmes éreignements
27:26deux fois.
27:27Une fois
27:27quand vous les gagnez
27:28et une fois
27:29quand vous diez
27:30donc nous devons
27:30repealer la taxe de mort. »
27:38Pour être clair,
27:40l'impôt sur les successions
27:41à ce moment-là
27:42en 2000
27:42était payé
27:43par vraiment
27:44très peu de gens.
27:45Moins de 1%.
27:46Et ils ne disaient
27:47pas ouvertement
27:48« Aidons les milliardaires ».
27:51Ils semaient
27:52la confusion
27:53quant à savoir
27:53qui payait réellement
27:54cet impôt.
27:55Ils disaient
27:56« Vous allez devoir
27:57payer l'impôt
27:58sur les successions.
27:59Les agriculteurs
28:00et les petits entrepreneurs
28:01vont devoir payer. »
28:03Ils ont donc
28:03délibérément
28:04semé la confusion
28:05dans l'esprit
28:06des gens
28:06quant à savoir
28:07qui payait
28:08cet impôt
28:08sur les successions.
28:11« Take the death tax.
28:12Too many families
28:13fear the day
28:14they'll have to sell
28:15their farm
28:16or their business
28:17when a loved one
28:18passes just to pay
28:19the taxes.
28:21It's double taxation
28:22and it's wrong.
28:23I'll fight
28:24to end the death tax. »
28:27Et comme j'ai grandi
28:29dans un milieu privilégié,
28:30je connaissais
28:31d'autres riches.
28:32J'ai donc organisé
28:34une campagne
28:34pour inciter
28:35les personnes fortunées
28:36qui paient l'impôt
28:37sur les successions
28:38à se manifester
28:39publiquement
28:40et à dire
28:41que cet impôt
28:41est une bonne chose.
28:45Un jour,
28:46j'ai reçu
28:47un appel
28:47de Bill Gates.
28:48J'ai pensé
28:48que c'était
28:49une blague.
28:50Vous savez,
28:51comme un canular.
28:54Je croyais
28:55qu'un de mes collègues
28:56se faisait passer
28:56pour Bill Gates.
28:58Mais en fait,
28:59c'était Bill Gates
29:00senior,
29:01le père
29:01du fondateur
29:02de Microsoft.
29:04Et il m'a dit
29:05« Comment puis-je
29:06vous aider ? »
29:07Alors quand le père
29:08de l'homme
29:08le plus riche du monde
29:09vous demande
29:09comment il peut
29:10vous aider,
29:11vous prenez
29:11le temps
29:12de la réflexion.
29:13J'ai répondu
29:13« Eh bien,
29:14ce serait formidable
29:15si vous acceptiez
29:16de vous exprimer
29:17publiquement. »
29:24Lançons une pétition.
29:27Lançons une pétition.
29:28Un appel
29:29pour préserver
29:30l'impôt
29:30sur les successions.
29:31Nous avons donc
29:32recruté des personnes
29:33et il a dit
29:34« Je vais contacter
29:35Warren Buffett,
29:36George Soros,
29:37Paul Newman
29:38et Agnès Gunn. »
29:39C'est une grande
29:40collectionneuse d'art.
29:41Une donnatrice
29:42très connue
29:42du Museum of Modern Art
29:44entre autres.
29:48Voici l'article original
29:49publié dans
29:50le New York Times
29:51du 14 février 2001.
29:53Des dizaines
29:54d'Américains
29:55fortunés
29:55se joignent
29:56à la lutte
29:56pour le maintien
29:57de l'impôt
29:57sur les successions.
29:59Buffett,
29:59Soros
30:00et le père de Gates
30:01estiment que c'est
30:02une question de justice.
30:07Si l'impôt
30:08sur les successions
30:09est supprimé,
30:10quelqu'un devra payer.
30:11Vous.
30:14Bill Gates Sr.,
30:16Stephen Rockefeller,
30:17David Rockefeller,
30:18George Soros,
30:19Paul Newman.
30:22Et grâce à cet article
30:24du New York Times,
30:25nous avons probablement
30:27convaincu un millier
30:27d'autres personnes
30:28fortunées à prendre
30:29position publiquement,
30:30des gens très célèbres.
30:33Bonjour.
30:35Je m'appelle Chuck Collins
30:37et je suis le co-founder
30:38de Responsible Wealth.
30:41Responsible Wealth
30:42est une organisation
30:43nationale de 800
30:44business leaders,
30:46high net worth individuals
30:47who are concerned
30:48about the growing
30:50polarization
30:50of income
30:52and wealth
30:52in the United States
30:53and have been
30:53very outspoken
30:54in support
30:56of public policies
30:57that encourage
30:57shared prosperity
30:59and reduce inequality.
31:01Why is it
31:03that some people
31:04are so wealthy?
31:06They're smart,
31:08probably.
31:09They work hard.
31:11and they were
31:12perhaps even ingenious.
31:16But let's just
31:17ask ourselves
31:18if they had been
31:20born in Botswana,
31:24what would their net worth be?
31:27And what's the difference?
31:29The difference is
31:30that they're Americans.
31:32Do you know
31:33there would not be
31:34and the Internet
31:36but for federal taxation?
31:39People who have become wealthy,
31:42people whose businesses
31:43prosper in this country
31:45have become wealthy
31:47because of the contribution
31:49made, the contribution
31:52made by government service
31:54which occurs
31:56because we do pay our taxes.
32:03By this intervention,
32:06Bill Gates Sr.
32:07reminds everyone
32:08that his own son
32:09could not become
32:10the most rich in the world
32:11without the competition
32:12of the federal government.
32:17George W. Bush
32:19recule
32:19and maintains
32:20the rights of succession.
32:22But more importantly,
32:24Bill Gates Sr.
32:25and Chuck Collins
32:27viennent de donner naissance
32:28à un nouveau récit,
32:30celui de l'ultra-rich citoyen.
32:35Vous savez,
32:36si un chien mort un homme,
32:37c'est assez banal,
32:38mais si un homme mort un chien,
32:40c'est un événement.
32:41C'est exactement
32:41ce qui s'est passé.
32:46J'ai découvert Chuck Collins
32:49vers l'âge de 30 ans.
32:51Et quand j'ai appris
32:52ce qu'il avait accompli,
32:53je me suis dit,
32:54mon Dieu,
32:55je ne suis pas folle.
32:57Je croyais être la seule
32:58à penser comme ça.
33:02Je m'appelle Abigail Disney.
33:06Mon grand-père
33:07s'appelait Roy Disney.
33:11Le frère de mon grand-père
33:12s'appelait Walt.
33:16Mon grand-père
33:17a aidé Walt
33:17à créer l'entreprise
33:18dans les années 1920,
33:20la Disney Brothers Company.
33:26Dans ma famille,
33:28nous avions un petit rituel.
33:30Le jour de nos 18 ans,
33:31on allait déjeuner
33:32avec notre avocat Stanley,
33:34qui était plutôt
33:35comme un oncle
33:35et un ami.
33:37Il vous emmenait
33:38dans un restaurant chic
33:39où il vous disait
33:39combien d'argent vous aviez.
33:42C'était bizarre.
33:48Dès l'âge de 21 ans,
33:50je pensais à investir,
33:52ce qui est vraiment étrange
33:53et inhabituel
33:54pour quelqu'un de cet âge.
33:56À l'université,
33:57j'avais des amis,
33:58nous faisions des choses
33:59normales qu'on fait à 21 ans.
34:01Mais j'avais cette autre vie secrète
34:03où je rencontrais des comptables,
34:05des avocats,
34:06des conseillers.
34:07et j'avais des conversations
34:09complètement différentes.
34:11C'était étrange.
34:17Très vite,
34:17j'ai commencé à me dire
34:18que je n'étais pas sûre
34:19de vouloir que les choses
34:20se passent exactement
34:21comme tout le monde
34:23s'y attendait.
34:24Je veux dire,
34:24tout le monde s'attend
34:25à ce que vous disiez simplement
34:26« Oh, super,
34:27c'est à moi, youpi ! »
34:29Mais je ne ressentais pas
34:31vraiment cela.
34:32Très tôt,
34:33j'ai pu voir,
34:33surtout en vivant à New York,
34:35des sans-abri
34:35dormir sur le trottoir.
34:41Je ne pouvais pas
34:42me sentir à l'aise avec ça.
34:45Alors,
34:46j'ai commencé à donner
34:47de l'argent
34:47à des œuvres caritatives.
34:50Mon conseiller m'a dit
34:51« Ça suffit,
34:52arrête de donner ! »
34:55Il y a cette loi
34:56aux États-Unis
34:57qui dit que vous pouvez
34:58donner un certain
34:59montant et le déduire
35:00de vos impôts.
35:01Je donnais plus
35:02que le montant autorisé.
35:04Je me disputais
35:05avec mon comptable
35:06parce qu'il me disait
35:07« Tu n'y gagneras rien
35:08d'un point de vue fiscal. »
35:10Je répondais
35:10« Je sais,
35:11je donne cet argent. »
35:12Il disait
35:13« Mais tu n'en tires
35:13aucun avantage. »
35:15Je lui répondais
35:16« Comprends-tu le sens
35:17du mot « donner ? »
35:18C'est justement le but. »
35:22Aujourd'hui,
35:23quand je repense
35:23à ces années,
35:24à toute la confusion
35:25et à ce sentiment
35:26de perte de sens,
35:28je me dis
35:29que j'aurais aimé
35:29avoir quelqu'un
35:30pour m'aider.
35:33Applaudissements
35:34« Je voulais toujours
35:35regarder dans une caméra
35:37avec un micro. »
35:39Merci beaucoup
35:40pour cette opportunité.
35:42Ce n'est qu'à partir
35:44de 40 ans
35:45que j'ai commencé
35:45à m'exprimer ouvertement
35:47car je me suis rendu compte
35:49que j'avais de l'argent
35:50à donner
35:50mais aussi que cet argent
35:52pouvait avoir de l'influence.
35:59Abigail Disney
36:00va alors rejoindre
36:02et financer
36:02un tout nouveau mouvement.
36:09les Patriotic Millionaires.
36:17Pour faire partie
36:18de ce club,
36:19il faut un patrimoine
36:21minimum de 5 millions de dollars
36:22ou un revenu supérieur
36:24à 1 million de dollars par an.
36:27Mais il faut surtout
36:29plaider publiquement
36:30pour une taxation
36:31plus juste des ultra-riches.
36:35héritier,
36:36chef d'entreprise,
36:37ils viennent des quatre coins
36:38des Etats-Unis.
36:40Et depuis peu,
36:42ils viennent aussi d'Europe.
36:49Guillaume Rambourg
36:50en fait partie.
36:52Merci beaucoup.
36:57Donc notre propre
36:58appel à la duty
36:59vient après que Sarah
37:00et moi avons eu un lunch
37:01avec Abigail Disney
37:03qui est ici aujourd'hui.
37:04Il se sentira
37:05à avoir un intéressant
37:06et nous avons lunch.
37:08Et c'était notre
37:09call-to-action.
37:10Et c'est comme ça
37:10nous devenions
37:11un part
37:11de Patriotic Millionaires.
37:13donc je suis en train d'être
37:14sur la peinture
37:16de la force
37:17en tant qu'un hedge fund
37:19d'entreprise.
37:19Et je sais,
37:20je suis très familiar
37:21avec comment
37:22les Brauligarchs
37:23fonctionnent.
37:23Maintenant,
37:24Europe est en choc
37:25de la décision
37:26de la décision
37:27de la décision.
37:28mais en fait,
37:29Europe est en train
37:29d'être en train
37:30d'être en train
37:30d'être en train
37:31d'être en train
37:32d'être en train
37:33d'être en train
37:34en France,
37:35en Femme,
37:35et en France,
37:36en France,
37:37et les billionaires
37:37ne sont presque pas
37:38payent de taxes
37:39en Europe.
37:40Ils sont en train
37:41de faire
37:43tranquillement
37:44while controlling most of the media.
37:48So I call on fellow millionaires to join the movement
37:51and to go after extreme wealth and help change the course of history.
37:56Thank you very much.
38:03Nos membres se sont réunis pour la première fois en 2010
38:06lorsqu'il est devenu évident que le président Obama allait céder aux républicains
38:11et prolonger les réductions d'impôts mises en place par Bush.
38:15Il s'agissait de réductions d'impôts pour les personnes
38:17dont les revenus dépassaient 1 million de dollars par an.
38:21Ce président démocrate avait promis d'être porteur d'espoir et de changements
38:25et il prolonge des réductions d'impôts pour les millionnaires.
38:28Quand on travaille en politique, on connaît beaucoup de gens riches.
38:30J'en ai appelé certains.
38:32Je leur ai dit que je trouvais cela fou.
38:34Ils m'ont dit qu'ils trouvaient ça fou aussi.
38:37Alors 56 d'entre eux ont signé une lettre disant
38:40« Pour le bien du pays, augmenter mes impôts ».
38:55C'est un point très important.
39:00Ces patriotic millionnaires, ce ne sont pas des libéraux au cœur tendre.
39:05Ce sont des hommes d'affaires, des investisseurs,
39:08des gens qui franchement aiment être riches.
39:15Mais ces gens veulent être riches dans un pays riche.
39:24En tant qu'organisation, on doit se rappeler en permanence
39:27qu'on n'est pas contre la richesse.
39:29Dès qu'on parle de taxer davantage,
39:33beaucoup imaginent qu'on est socialiste,
39:35communiste, qu'on veut manger les riches.
39:37Ce n'est pas du tout notre manière de faire.
39:40Ce n'est pas ce qu'on fait.
39:42Comme on le dit souvent,
39:43on est juste avide d'un autre type de pays.
39:46On n'est pas anti-richesse,
39:48on n'est pas anti-riches.
39:50La fortune d'un milliardaire est sans commune mesure
39:52avec celle de quelqu'un qui a quelques millions.
39:55Ce n'est pas la même échelle.
39:57Et oui, je pense que les milliardaires,
39:59par définition, ont un niveau d'influence
40:01et de pouvoir potentiellement dangereux.
40:04Mais en même temps,
40:05je ne peux pas dire qu'ils sont forcément mauvais
40:07juste parce qu'ils sont milliardaires.
40:10Donc il faut avancer sur cette ligne de crête.
40:13C'est là qu'on nous dépose ?
40:17L'action des patriotic millionnaires
40:19ne se limite pas à des débats d'idées.
40:22Ils se rendent là où les décisions se prennent,
40:25comme ce jour dans les couloirs du Congrès,
40:27usant à leur tour de leurs privilèges de classe
40:29pour influencer les parlementaires.
40:33Ils ont toutefois conscience
40:34de faire face à des réseaux anti-tax
40:36beaucoup plus puissants.
40:43Au cours des dernières décennies,
40:45y compris du côté démocrate,
40:47le calcul a été de capituler
40:49devant les intérêts financiers
40:51et d'offrir quelques miettes
40:53pour tenter d'adoucir le coût porté aux travailleurs.
40:58Nous avons créé une situation
41:00où littéralement tous les gains de notre économie
41:02vont dans les poches
41:03d'un très petit nombre de personnes.
41:08Au cours des années 2010,
41:10la fortune cumulée des milliardaires américains
41:13augmente de 50%.
41:15Une explosion de leur richesse
41:16en partie due à la réponse des banques centrales
41:19après la crise économique des subprimes.
41:22Elles inondent les marchés financiers de liquidité,
41:24favorisant les grands détenteurs d'actifs.
41:27Ce phénomène,
41:29cumulé à la baisse continue de la fiscalité,
41:31provoque en 2018 un basculement historique.
41:36Les 400 Américains les plus fortunés
41:38paient désormais proportionnellement
41:40moins d'impôts
41:40que les 10% d'Américains les plus pauvres.
41:54Ces inégalités rappellent l'époque du Gilded Age,
41:57quand une poignée de grands industriels
41:59et Rockefeller, Carnegie, JP Morgan
42:02marquaient New York de leur empreinte.
42:13« Au cours des 20 ou 25 dernières années,
42:17la notion de richesse a été complètement redéfinie.
42:24Depuis l'émergence d'une nouvelle catégorie
42:27de milliardaires issus du secteur technologique
42:29et des fonds spéculatifs,
42:32les magazines et les émissions People
42:35les ont glorifiées.
42:37Nous en avons fait des célébrités
42:39que nous considérons comme des personnes
42:41intouchables, spéciales,
42:43pas comme tout le monde.
42:44Ils sont spéciales,
42:46ils sont différents,
42:46ils ne sont pas comme tout le monde.
42:47ou autre chose
43:25Je n'ai pas vu de guerre de classe pour l'instant, mais j'ai vu de la colère, de
43:30la colère envers les élites.
43:35Quand Forbes publie sa liste des personnes les plus riches d'Amérique, ça commence à attirer l'attention sur le
43:41fait que les riches sont devenus de plus en plus riches.
43:47Ce n'est pas le fait que Bill Gates gagne un milliard de dollars qui dérange les gens.
43:52Ça ne les dérange pas du tout.
43:54Mais ce qui dérange les gens, c'est qu'il est de plus en plus difficile d'acheter une maison,
43:59d'être propriétaire, de payer des études universitaires.
44:02C'est devenu beaucoup plus difficile pour une famille de classe moyenne de croire que ces enfants réussiront mieux qu
44:09'elles, ce qui a toujours été la croyance américaine.
44:21Il s'agit fondamentalement d'une entreprise antidémocratique, car elle vise à créer des dynasties d'ultra-riches.
44:32Je vois des failles dans ce système de domination par l'argent.
44:39Idéalement, les informations fiscales sont confidentielles.
44:43Mais lorsque des milliardaires possèdent une fortune équivalente à celle de petits États, qu'ils ne rendent pas de compte
44:49et que nous ne savons rien de l'étendue de leur évasion fiscale, il est d'intérêt public que nous
44:54en soyons informés.
45:06Quelqu'un me contacte, je ne sais pas qui c'est.
45:10Il me demande « Est-ce que vous êtes Jesse Heisinger ? » Je réponds « Oui ».
45:18Il me demande s'il peut m'envoyer quelque chose. Je dis « Ok ».
45:25Puis quelques jours plus tard, je reçois une enveloppe par la poste.
45:31Je l'ouvre et je trouve une clé USB. Je la branche sur mon ordinateur.
45:41Puis je vois défiler des chiffres qui ressemblent aux déclarations fiscales des personnes les plus riches du monde.
45:47Comme Michael Bloomberg, George Soros, Elon Musk, Jeff Bezos, tous ces milliardaires que vous connaissez, nous savons combien ils payent
45:55d'impôts.
45:58Alors j'appelle mon collègue Paul Keel, avec qui je travaille sur plusieurs articles concernant le fisc, et il me
46:05dit « Soit c'est le plus gros canular de ta carrière, soit c'est le plus beau jour de
46:09ta carrière ».
46:46C'est parti !
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