00:00On va continuer à interroger cette position et aussi, alors vous n'êtes pas au Rassemblement National mais vous en
00:06comprenez la mécanique si je puis dire, ou les mécaniques,
00:09la réaction par rapport à l'AFD, à la large victoire de l'AFD en Allemagne.
00:14C'est intéressant parce que voilà deux réactions très différentes entre ce qu'on peut appeler toute la galaxie du
00:19camp national, entre le Rassemblement National et la reconquête.
00:22Le Rassemblement National, ici même, M. Chenu et d'autres, Jean-Philippe Tanguy le matin chez Apolline de Malherbe dit,
00:29c'est horrible, c'est terrifiant.
00:32Sarah Knafo, écoutons-la à votre place il y a quelques jours.
00:36On voit que ça se passe dans le monde entier. J'ai étonnu les mêmes propos lorsque Donald Trump l
00:41'a emporté aux Etats-Unis, lorsque Georgia Meloni l'a emporté en Italie.
00:45Désormais on voit qu'en Allemagne on voit des scores historiques pour des partis qui sont contre l'immigration.
00:49Je ne porte ni le programme de Georgia Meloni ni de Donald Trump, mais je sais reconnaître une vague occidentale
00:55quand elle a lieu.
00:56Elle est en train d'avoir lieu. Et je dis à nos compatriotes, n'ayez pas peur.
00:59N'ayez pas peur de voter pour des partis qui proposent une rupture.
01:02Vous verrez que dès le lendemain, on pourra de manière méthodique régler nos problèmes un à un et que le
01:07reste du continent nous respectera pour ça.
01:09Mais il n'y aura pas le chaos qu'on vous promet.
01:12N'ayez pas peur, vous dites la même chose ?
01:14Le Christ l'a dit avant moi.
01:16Oui, mais avec les conséquences pour lui un peu...
01:19On ne souhaite pas le même destin.
01:20Vous n'êtes pas sur le même sujet.
01:21Pas sur le même sujet, non, non. Et puis il était embarqué, lui, pas moi.
01:24Bon, d'abord, un point sur le bouquin de Sarah et Knaf.
01:32Je ne suis pas en mon terme avec eux, moi.
01:34Non, non, mais vous pouvez penser du bien d'un livre.
01:36Le bouquin est intéressant, honnêtement.
01:38Et l'AFD ?
01:38Oui, on l'a reçu.
01:39Parce que là, il parlait de l'AFD.
01:40Mais je vais y venir. Je vais y venir.
01:43Il est impatient.
01:44Je vais y venir. Bon, moi, je considère que certains membres proches ou lointains de l'AFD
01:49ont tenu des propos, vous savez, qui sont complètement insupportables, odieux, dégueulasses.
01:56Est-ce que ça nous empêche de voir pour autant la puissance du mouvement
02:02qui, un peu partout en Europe, se décide et qui va envoyer, promener par-dessus les moulins
02:10du mensonge, des trucages, de la langue de bois, des déficits, des abandons,
02:17tous ceux qui nous ont gouvernés jusqu'à aujourd'hui ?
02:20La difficulté, pardon, pour Reconquête, c'est qu'ils ne se contentent pas de voir
02:23ce dont l'AFD est le nom, mais qu'ils siègent à leur côté.
02:25Oui, oui, oui.
02:26Elles, puisque Sarah Knaf est la seule eurodéputée Reconquête, vous le savez,
02:29siègent à leur côté au sein d'un même groupe au Parlement européen.
02:32Bon, on connaîtrait que ce n'est pas tout à fait la même chose.
02:34Non, c'est une question de stratégie, de communication.
02:36Si je peux me permettre de donner une opinion qui peut être discutable,
02:40parce qu'elle n'est pas travaillée, si vous voulez, elle est brute, voilà.
02:44Je pense que le Rassemblement national, et j'y ai contribué au tout début,
02:49a compris qu'il lui faut avoir le prix Nobel médiatique.
02:54Il faut être irréprochable.
02:55L'onction médiatique, c'est ça.
02:57Vous en étiez le premier visage, le Rassemblement bleu-marine, si je me souviens bien.
03:00Bien sûr, mais c'est moi qui ai initié tout ça.
03:02Bon, je connais la mécanique par cœur.
03:03Moi, je disais à tout le monde, les amis, il faut qu'on ait le prix Nobel médiatique.
03:08Voilà.
03:10Et Knaf, avec Zemmour, qui a toujours raison,
03:14donc il n'a pas de problème pour mener ce combat,
03:17ils ont décidé, eux, de faire un peu dans le trumpisme de la communication,
03:22c'est-à-dire dans la provocation, comme le fait Mélenchon, dans des registres différents.
03:30Avec succès.
03:30Avec succès.
03:31Alors, est-ce que la stratégie de Sarah Knafou va être payante ?
03:36J'en sais rien.
03:38Attendez, là, vous dites que, là, on parle vraiment du cœur du réacteur nucléaire politique.
03:44C'est-à-dire, le Rassemblement national a estimé qu'il fallait passer par une dédiabolisation pour arriver au pouvoir.
03:49Sarah Knafou, pour l'AFD, estime que c'est la victoire qui fait la dédiabolisation.
03:53Oui, tout à fait.
03:53C'est très différent.
03:54Tout à fait.
03:56Et c'est très intéressant parce que ça nous amène dans l'inconscient,
04:02si on peut se permettre d'employer ce terme, de cette campagne électorale.
04:06Il y a tout le non-dit, il y a toute la détestation qui n'est pas vociférée
04:11et qui est là, rugissante, sous-jacente, d'un peuple qui en a marre, quoi.
04:16Qui en a marre.
04:16De droite, de gauche, enfin, partout, vous entendez les gens, ils en ont marre.
04:20Ils en ont marre de nous, ils en ont marre des journalistes.
04:24De tout le monde, de tout le monde, de tout le monde, bon, de tout le monde.
04:28Et inéluctablement, ça va se ressentir dans les urnes.
04:33Alors, l'inconscient qu'il faut traiter, c'est comment ne pas fâcher ce mécontentement ?
04:40Mais M. Collard, je ne comprends pas.
04:41Vous parlez comme d'une France pré-révolutionnaire et par rapport à l'offre politique,
04:46vous pensez qu'il peut y avoir une adéquation ?
04:49Non, honnête, mais ma réponse est franche, non.
04:52Non, je crois qu'on gagne du temps.
04:55Vous savez, il y a une très belle lettre de Voltaire,
04:57il écrit à un copain qui est en pleine, complètement paumé,
05:01il lui dit, tu me fais penser à ce type, enfin, je ne disais pas type, Voltaire,
05:05tu me fais penser à cet homme qui, tombant du quatorzième étage,
05:09devant chaque vitre, se dit, pourvu que ça dure.
05:12On en est là.
05:12Moi, je pense qu'on en est là et que de toute manière, à un moment donné,
05:17il y a une telle accumulation d'erreurs, d'incapacité à articuler le réel,
05:23à le dire qu'on va le payer cher.
05:25Alors parlons de ce réel, autre sujet pour le Rassemblement National en cette rentrée,
05:29là encore, il y a eu une forme d'incompréhension véritablement.
05:33Jordan Bardella qui signe, et quand même, même si c'est un accord,
05:38un mémorandum, un protocole symbolique, c'est une signature d'un responsable français
05:42avec un vrai décorum, monsieur Nigel Farage, brexiteur s'il en est,
05:48et on se rend compte, vraiment, en lisant le document, on tombe un peu dénu,
05:53c'est-à-dire comment celui qui, depuis des années, se fait le chantre de la fermeté migratoire,
05:58affirme qu'on va accueillir les migrants et qu'ensuite, c'est à nous de les raccompagner.
06:03Comment vous l'expliquez ?
06:05Là, il faudrait quasiment demander au docteur Freud.
06:09Ah oui.
06:12Si j'étais courageux, vais-je l'être ?
06:15Je me pose la question parce qu'après, je vais être très emmerdé,
06:18mais tant pis, je vais l'être, tant pis, à mes risques et périls.
06:23Marine est la championne des blessures narcissiques.
06:27Elle ne le fait pas exprès.
06:30Elle ne s'en rend peut-être même pas compte.
06:32Ce n'est pas méchant, hein, chez elle, mais elle flagelle les gens de blessures narcissiques.
06:39Ça provoque des réactions regrettables, inexplicables, réparables, réparables,
06:48mais qui peuvent avoir des conséquences.
06:50Alors, si vous voulez ma réponse franche, cette signature, c'est la cicatrice d'une blessure narcissique.
06:56Vous en avez vous-même été victime ?
06:57Moi, je vous dis une chose.
06:59J'ai fait 15 ans de psychanalyse, et grâce à cette traversée, j'ai appris à maîtriser ce genre de
07:05choses.
07:05Vous, vous avez vogué aux côtés de vos conquêtes.
07:07Vous pensez que Jean-Denis, qui est au champ de pouvoir ?
07:09Non, non, non, non, non, c'est très différent, attention.
07:11Il n'est pas dans la vengeance, il n'est pas dans le conflit.
07:14Oui, ça y est, il a dépassé ce moment, mais je crois que quelque chose a été fait qui a
07:21dû le froisser.
07:22Et là, vous n'habillez pas un peu les choses pour ne pas dire que c'est un peu amateur,
07:26là, ce qui s'est passé ?
07:27Pourquoi amateur ?
07:28Parce que Sonia a bien présenté les choses.
07:31Il y a un document, Farage le lit, on voit bien que Jordan Bardella lui-même a l'air d
07:39'être un peu surpris
07:40quand il entend Farage un peu mettre les choses en scène.
07:42Il y a l'impression que soit il le découvre, soit il se dit, oula, j'ai peut-être une
07:46erreur.
07:47C'est assez surprenant.
07:48Mais c'est arrivé à bien d'autres.
07:49Oui, c'est arrivé à bien d'autres, mais bon.
07:51À bien d'autres.
07:52Mais on est, vous savez, on ne veut pas admettre l'importance, je me rappelle d'une histoire, si je
07:58peux la raconter,
07:59j'étais avec Max Gallo, et il m'avait invité à déjeuner près du Panthéon,
08:04à l'époque où ce n'était pas devenu le cimetière national des divertissements de M. Macron.
08:09Pente funèbre.
08:10Bon, je déjeuner, je déjeuner, oh, c'est beaucoup, non ?
08:14Allez-y, c'est la liberté de parole.
08:16Oui, c'est beaucoup, allez-y, racontez-nous la vidéo.
08:18Comme je l'ai dit, je peux le retirer.
08:19Non, on est libre, on ne l'est pas.
08:22On est libre, on ne l'est pas.
08:22Et on discutait, on discutait, alors je ne veux pas ce qu'il m'a dit son Mitterrand,
08:26mais on discutait de la politique, il m'a dit, vous voyez, Gilbert, le drame, c'est que les gens
08:32croient que la politique est quelque chose de rationnel.
08:34C'est passionnel.
08:37C'est fondamentalement passionnel.
08:40Mais tant que ce n'est pas avec les intérêts de la France, d'accord, bon, mais là, il se
08:44trouve que c'est symbolique.
08:45Si demain, s'ils arrivent au pouvoir...
08:47Mais sur la route de la présidentielle, et surtout au début de cette campagne, comme ça, deux, trois...
08:54Mais quelles conséquences a-t-on ?
08:55Ça a des conséquences, c'est-à-dire qu'il ne faudrait pas que le boulevard que Marine Le Pen
08:59a, si on en croit les sondages,
09:01devienne une route de montagne compliquée.
09:03Non, mais je crois que là...
09:04Parce que Marine Le Pen, dans les campagnes, Gilbert Collard, vous avez été aux premières loges,
09:10elle démarre souvent très haut et elle recule de pas mal de points.
09:14Là, elle a de l'avance, mais enfin quand même.
09:15Ça, je ne l'ai pas trop vu dans les...
09:17La dernière fois où c'est...
09:192016, elle démarre à 30, ça se termine à 21.
09:22La seule fois où c'était démenti, c'est les Européennes, elle démarre à 30, elle termine...
09:25Vous parlez à quelqu'un, Gilbert Collard, qui a été, pendant des années, considéré comme étant totalement incontrôlable à l
09:32'intérieur du Rassemblement National.
09:33Absolument, oui, alors on m'a fait une réputation...
09:34Personne ne pouvait vous maîtriser...
09:36On continue à me faire cette réputation, en plus.
09:38À juste raison, certainement.
09:39Non, je ne suis pas quelqu'un d'incontrôlable, je suis quelqu'un qui dit les choses.
09:44Et ça, aujourd'hui, le fait de dire, c'est considéré comme une espèce de dérèglement mental, quoi.
09:51Elle peut perdre l'élection ?
09:53On peut toujours perdre une élection.
09:54Avec les sondages qu'elle a actuellement, le sentiment de colère que vous avez décrit ?
10:01À mon avis, il y a très peu de risques qu'elle perde.
10:05D'abord parce que les autres se chargent de la faire élire.
10:08Il ne faut quand même pas le perdre de vue non plus, parce qu'ils accumulent quand même les maladresses.
10:12Et elle a pour elle cette espèce de force, de force qui en marche, quoi.
10:20C'est le cas de le dire, hein, si je puis en plus allier l'expression, hein.
10:23Parce qu'il y a un tel désespoir en France, une telle fatigue.
10:28C'est un appel au secours, hein.
10:29C'est un appel au secours, hein.