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Le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Karim Bouhamran.
00:03Bonjour à vous. Bienvenue. Vous êtes maire socialiste de Saint-Ouen et candidat à l'élection présidentielle.
00:08On en parle dans un instant. Un mot de l'actualité.
00:11En Allemagne, la victoire du parti d'extrême droite AFD, alternative pour l'Allemagne,
00:15dans une élection en Saint-Analt, provoque l'hyr de Jean-Luc Mélenchon.
00:19Cela montre l'aveuglement des politiques centristes, ce désastre et leurs résultats.
00:23Est-ce que cela préfigure pour vous ce qui pourrait se passer en France et dans d'autres pays d
00:27'Europe ?
00:27C'est-à-dire cette montée du ras-le-bol des peuples face à des pouvoirs politiques
00:30qui ont été incapables de répondre à leurs demandes en matière de pouvoir d'achat, de sécurité et de régulation
00:35de l'immigration ?
00:35Vous avez tout résumé. Le mépris, le déclassement, l'incapacité à pouvoir vivre de son travail,
00:40l'incapacité à pouvoir se loger, l'incapacité à pouvoir se soigner, l'incapacité à se dire
00:45« Tiens, mes enfants vont pouvoir mieux vivre que mes grands-parents, que nos grands-parents, que nos parents »
00:52engendrent une montée d'extrême droite.
00:53Et ce n'est pas avec des déclamations ou avec des cris d'orfès, c'est une crise systémique.
00:59Quand vous voyez que ça fait depuis 1945 qu'on n'a pas eu une poussée de l'extrême droite
01:03aussi forte, aussi flagrante dans un pays comme l'Allemagne,
01:08eh bien malheureusement, ce n'est pas en se disant « l'eau hyper chaude brûle »
01:15qu'on va commencer à apporter des solutions.
01:17C'est une gratitude, c'est vraiment des sujets systémiques.
01:20Et ce qui se passe en Allemagne, c'est ce qui se passe en Italie, c'est ce qui se
01:24passe dans des régions d'Espagne,
01:25c'est ce qui se passe au Brésil, c'est ce qui peut se passer en Angleterre et en France.
01:29Éric Zemmour dit « Ils ont oublié qu'il y a une évidence, le désir de demeurer soi-même pour
01:34les peuples ».
01:35Est-ce que ce n'est pas ça, au fond, la question ?
01:37Je ne pense pas, je n'ai pas du tout une vision zemmouriste de la situation, j'ai plutôt une
01:43valeur universelle.
01:44Il y a cette espèce de nostalgie du passé, cette espèce de colère du présent
01:48et puis une peur de l'avenir qui se traduit par des partis populistes
01:53qui trouvent comme solution le fait de stigmatiser la différence.
01:58La différence, c'est souvent l'immigré, c'est souvent l'étranger.
02:02Mais si on arrive à avoir une politique sociale féconde
02:05qui donne la possibilité, encore une fois, à tout le monde de vivre de son travail
02:08et de bien se loger, on n'a pas ce type de...
02:10Elle n'est pas cassée, cette machine-là, cette machine à intégration,
02:12cette machine à assimilation que vous et moi avons connue en tant que petits-enfants d'immigrés ?
02:17Elle est malheureusement cassée.
02:18Et ce n'est pas là le problème ?
02:19C'est là le problème, parce qu'aujourd'hui, lorsque vous avez une société
02:24qui n'arrive plus à vivre grâce à son travail,
02:27dans les années 70-80, lorsque vous avez des personnes comme vous, comme moi,
02:30issus d'un milieu populaire, il nous fallait à peine 15 ans
02:34pour doubler notre pouvoir d'achat.
02:35Aujourd'hui, il en faut 80.
02:37Lorsque vous voyez qu'aujourd'hui, l'évolution des rémunérations
02:41ont été deux fois moins importante que l'évolution du prix des logements,
02:45qu'on voyait qu'aujourd'hui, il y a 86% de déserts médicaux,
02:48ben oui, la société est grippée, donc qu'est-ce qu'on se dit ?
02:49On trouve un bouc émissaire, et le bouc émissaire, c'est souvent
02:51celui qui n'a pas le même phénotype que nous,
02:54la même orientation sexuelle que nous, la même orientation culturelle que nous.
02:57Alors, le contrôle de l'immigration, c'est un thème qui traverse
03:01toute la société de gauche, de droite, quel que soit le genre,
03:04les catégories socio-professionnelles.
03:05Il souhaite, les Français, expulsion des personnes étrangères
03:08condamnées pour des délits ou des crimes graves,
03:10augmenter les moyens consacrés à la lutte contre les filières,
03:13renforcer les contrôles aux frontières.
03:14Est-ce que vous dites oui à tout cela ?
03:16Est-ce que vous dites oui, il faut reprendre le contrôle de nos frontières
03:20pour arriver, encore une fois, à faire fonctionner notre pays ?
03:23Je dis que nous, à gauche, devons avoir un débat clair sur les questions d'immigration.
03:27Lorsque vous regardez, il faut être soit aveugle, soit complètement désinformé
03:30pour se dire qu'aujourd'hui, il faut effectivement travailler avec les pays
03:34d'où viennent ces émigrés, notamment sur les questions de visa,
03:37sur les questions de coopération.
03:38Et concomitamment, il faut avoir une vision claire, nette, transparente
03:42sur le fait qu'il y a une bonne partie des personnes qui sont soi-disant au QTF,
03:46c'est-à-dire obligation de quitter le territoire français,
03:48et qui pourraient être régularisées.
03:49Je pense notamment aux personnes qui travaillent dans la restauration,
03:53dans les bâtiments de travaux publics, dans une bonne partie de notre économie,
03:56qui font vivre nos petites et moyennes entreprises,
03:58qui font vivre notre économie.
04:00Et les stigmatiser et être dans le déni engendre ce type de stigmatisation
04:04poussée et alimentée par le Rassemblement national.
04:07Par exemple, Mathilde Panouel veut régulariser tous les travailleurs sans papiers,
04:10on estime ces 4 à 500 000 personnes, voire peut-être 700 000 selon Laurent Nunez.
04:14Qu'est-ce que vous proposez ?
04:15Moi, ce que je dis, c'est régulariser ceux qui cotisent,
04:17parce que vous avez une bonne partie des personnes qui sont en obligation de quitter le territoire français et qui
04:20cotisent.
04:20Voilà, je vous parle des travailleurs sans papiers.
04:22Donc, vous avez des personnes qui sont travailleurs sans papiers, qui cotisent.
04:26C'est là aussi, il y a une espèce de fantasme concernant ces personnes.
04:30Quand vous allez dans n'importe quel restaurant en discuter avec les grands patrons de restaurant,
04:33vous allez voir ce qu'ils vont vous dire.
04:34Les grands patrons du bâtiment et de travaux publics.
04:36En revanche, derrière, il faut cesser avec cette espèce de démagogie,
04:39en considérant que tout le monde peut venir dans le territoire français,
04:42d'où le travail de coopération avec les pays, je pense notamment avec les pays d'Afrique du Nord et
04:46d'Afrique subsaharienne.
04:47Et ce n'est pas en stigmatisant, je pense notamment à la politique de Bruno Rotaillot,
04:51qui stigmatisait les Algériens, qui stigmatisait le pouvoir algérien,
04:55qui stigmatisait la communauté algérienne,
04:57que nous devons arriver à une politique apaisée et sereine sur ces questions.
05:00Vous dites la même chose que Lik, Karim Bouamran,
05:02vous dites qu'il faut que les pays d'origine reprennent leur ressortissance.
05:07C'est exactement ce que disait Bruno Rotaillot à propos de l'Algérie.
05:09Il faut qu'ils reprennent ceux qui sont sous OQTF et qui sont dangereux.
05:11Moi, ce que je dis, c'est que ceux qui sont sous OQTF ne sont pas forcément dangereux.
05:18Et la philosophie de M. Rotaillot, il partait du principe que tous ceux qui sont OQTF
05:22sont systématiquement dangereux et sont systématiquement musulmans, voire islamistes.
05:27Ce n'est pas du tout ma doxa, ce n'est pas du tout mon idéologie.
05:29Vous l'avez entendu dire ça, Bruno Rotaillot ?
05:30Il est notre invité demain soir.
05:32On pourra en reparler.
05:33Vous pourrez m'inviter, je pourrais débattre avec lui quand vous voulez.
05:35Donc, est-ce que vous êtes favorable, par exemple, à une immigration de travail, à des quotas ?
05:38Est-ce que vous voulez cesser le regroupement familial ?
05:41Immigration de travail, elle existe de fait.
05:44Immigration de quotas, encore faut-il travailler avec les pays dont je viens d'évoquer
05:48une bonne partie des origines des immigrés.
05:50Et immigration subie ou choisie, là aussi, ça a été une philosophie
05:55qui a été portée par une bonne partie des extrêmes.
05:57Je ne partage pas du tout, pas du tout cet angle.
06:00Sur les OQTF que vous avez évoqués, est-ce que, comme Robert Ménard,
06:05vous refuseriez de marier deux personnes dans l'une et sous OQTF ?
06:09Parce que vous l'avez déjà fait, d'ailleurs, à Saint-Ouen.
06:10Par définition, je ne peux pas savoir si la personne est sous OQTF ou pas
06:14lorsque je dois marier la personne.
06:16Donc, il faut...
06:17Et lui le sait, Robert Ménard le savait.
06:18Parce qu'a priori, c'est une obsession pour lui.
06:20Et pour moi, lorsque je marie, j'ai encore marié un couple samedi dernier,
06:24je ne suis pas dans une configuration en me disant, est-ce qu'il est sous OQTF ?
06:28Est-ce que derrière, quelle est son orientation culturelle ?
06:31Et quelles sont ses orientations politiques ?
06:33Je vois un couple qui s'aime, des familles heureuses,
06:36et c'est le meilleur moment lorsque vous êtes premier magistrat d'une ville.
06:39Bien sûr. Mais ça ne vous dérange pas qu'une des personnes que vous mariez soit hors la loi ?
06:42Puisque la loi française, c'est qu'on expulse les OQTF, normalement ?
06:46Non, je ne rentre pas dans cette obsession administrative.
06:49Lorsque je marie une personne, j'ai évoqué mon angle politique concernant l'immigration.
06:55Et je m'en tiendrai à cette position-là.
06:57Une dernière question concernant le voile au sujet de ce qui se passe dans notre société.
07:01À nouveau, le Rassemblement National a imposé ce thème il y a quelques jours dans le débat public.
07:06Interdiction du port du voile dans l'espace public.
07:07Qu'est-ce que vous en pensez ?
07:08Est-ce que c'est une mesure applicable et souhaitable ?
07:10C'est une mesure démagogique, inapplicable,
07:15et qui donne la possibilité au Rassemblement National de renouer avec son amour du Front National,
07:21et qui est totalement en décalage avec le principe même de la liberté,
07:25de la légalité, de la fraternité, et des principes républicains.
07:28Notamment la laïcité.
07:29La laïcité, ce n'est pas interdire l'expression de tout culte.
07:33La laïcité, c'est exprimer la liberté de culte.
07:36Et le voile, le voile est déjà interdit dans certaines conditions spécifiques.
07:42Et l'interdire dans les lieux publics, c'est revenir sur un principe fondamental de notre République.
07:47Concernant les mineurs, les jeunes filles, les petites filles, est-ce que vous dites non au voilement des petites filles
07:52?
07:52Vous connaissez combien il y a de filles voilées, madame Ferrari ?
07:56Si vous le savez, dites-le moi.
07:57Je suis intéressée par le chiffre.
07:58Très peu. En revanche, moi je sais exactement combien d'enfants se font agresser sexuellement par classe.
08:02Trois par classe.
08:03Un toutes les trois minutes, 170 000 par an.
08:05C'est ça ma priorité aujourd'hui.
08:06Et ça a donné lieu à un grand séminaire avec Arnaud Gallet, Mouve Enfant.
08:09Donc la priorité, c'est plutôt pour protéger nos enfants des prédateurs sexuels que de lutter contre le voile sur
08:14les petites filles pour vous ?
08:15Moi, pour moi, se focaliser sur le voile des petites filles dont on connaît, mais pas les conséquences et le
08:21nombre,
08:22évidemment qu'on veut protéger les enfants.
08:24Mais pour moi, la priorité aujourd'hui, c'est lutter contre les prédateurs sexuels qui opèrent.
08:30Et je pense que tout le monde la partage.
08:31Donc je veux dire, il faut hiérarchiser les priorités et ne pas faire preuve de populisme et d'hémagogie sur
08:36les questions du voile.
08:36Mais quand vous dites très peu de petites filles qui portent le voile, ce n'est pas déjà trop ?
08:39Est-ce qu'elles ont le choix en réalité, quand on a 5 ou 6 ans, de porter le voile
08:42?
08:42Mais évidemment.
08:44Donc vous dites non, voile des petites filles ?
08:45Mais je dis tout ce qui peut être imposé aux enfants, petites filles, petits garçons,
08:50quel que soit l'objectif cultuel, je m'inscris en faux dans le cadre de la Convention internationale des droits
08:55de l'enfant.
08:56Donc on ne voile pas les enfants dans notre pays ?
08:58Mais je veux dire, on protège nos enfants dans notre pays.
09:00Et la première protection...
09:01On ne voile pas nos enfants ?
09:02Non, mais je veux dire, bien sûr qu'on ne voile pas nos enfants.
09:04Comme on ne voile pas nos enfants de moins de 5 ans, moins de 100 ans, on n'impose rien
09:07à nos enfants.
09:08Jusqu'à quel âge, 15 ans, est-ce qu'il y a une limite pour vous ?
09:12Mais c'est comme tout, c'est comme la liberté de conscience, la liberté de culte, la liberté tout court.
09:16Lorsqu'on estime que la personne est assez mature pour pouvoir prendre, faire un choix concernant son orientation cultuelle,
09:25eh bien libre à elle de voir quel type de tenue vestimentaire elle doit arborer.
09:31Karim Amran, vous n'êtes pas dans cette primaire socialiste qui sera organisée le 17 octobre.
09:37Il y aura notamment Ségolène Royal, il y aura M. Glucksmann, M. Ford.
09:41Pourquoi vous ne voulez pas participer à cette compétition, a priori, de votre famille politique ?
09:45Alors, je ne participe pas à cette compétition de ma famille politique pour plusieurs raisons.
09:49La première, c'est le mode de sélection, je l'ai trouvé censitaire, donc 15 euros.
09:54Lorsque vous êtes une famille populaire qui souhaite intervenir directement pour l'avenir de son pays, 15 euros, c'est
10:00trop cher.
10:00C'est trop cher, premier élément.
10:02Deuxième élément, elle n'a pas mobilisé toute la famille social-démocrate.
10:07Bernard Cazineau n'y participe pas, François Hollande n'y participe pas, je n'y participe pas.
10:11Parce que nous avons estimé, nous trois, que la priorité, c'était aller à la rencontre des Françaises et des
10:15Français.
10:16Pas plus tard qu'hier, j'étais à Charlon-en-Champagne pour parler de déclassement, pour parler du mépris social,
10:21pour parler du travail,
10:22pour parler de simplification, pour parler d'enjeux pour nos agriculteurs, de santé alimentaire, de souveraineté alimentaire.
10:28Mais vous avez peur de la compétition, Karim Wamran ou pas ?
10:30Absolument, absolument pas.
10:31Justement, je reste convaincu que je peux être et je serai la meilleure personne pour être en capacité, dès décembre,
10:37de fédérer, de rassembler le camp à gauche, progressiste, écologiste, et on verra d'ici décembre.
10:43Je pense que François Hollande et moi pourrons être les deux personnes les mieux placées pour pouvoir rassembler notre camp
10:48et on se déterminera.
10:49Donc vous parlez d'un ticket Hollande-Wamran ou pas du tout ?
10:51Non, je dis que les deux personnes qui peuvent être des recours, c'est François Hollande et moi,
10:55à la condition que François Hollande clarifie sa position sur notamment la déchéance de la nationalité en 2012,
11:03lors de son mandat qui nous a fait mal, qui nous a blessés.
11:072015, il a pris cette déchéance en 2015.
11:09Vous vous rappelez dans quelles circonstances il a décidé la déchéance de la nationalité après les attentats de Paris,
11:14notamment du Bataclan, il s'agissait de terroristes et de terroristes islamistes, Karim Wamran.
11:19Oui, mais il a blessé une bonne partie des personnes qui, comme moi, sont binationales,
11:23une bonne partie des militants de gauche, parce que la déchéance de la nationalité,
11:27ça signifierait qu'il y a deux types d'individus, deux types de Français,
11:31ceux qui peuvent ne plus avoir de la nationalité française et les autres.
11:35Même pour les terroristes ?
11:36Ça ne vous dérange pas pour les terroristes ?
11:38Je pense que la meilleure façon de lutter contre le terrorisme, c'est de faire ce qu'on est en
11:41train de faire,
11:41c'est-à-dire mettre les moyens en termes de sécurité intérieure,
11:44au niveau de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure,
11:47et travailler la cybersécurité, un secteur que je connais bien.
11:50Et je pense que M. Hollande, François Hollande, devra dire tout simplement
11:53« Écoutez, je me suis trompé, j'ai blessé une bonne partie de la communauté de la gauche,
11:58des progressistes et des binationaux, je me suis trompé, c'était une erreur, et on passe à autre chose. »
12:02Donc, s'il ne s'excuse pas à propos de la déchéance de la nationalité,
12:05il n'y aura pas de ralliement de Karim Wamran à François Hollande,
12:08s'il se déclare candidat, évidemment.
12:09Si François Hollande se déclare candidat, s'il est le meilleur pour pouvoir nous rassembler,
12:13et j'estime être le meilleur pour pouvoir rassembler mon camp à gauche,
12:17je ne pourrais pas soutenir François Hollande s'il ne revient pas sur la question
12:20de la déchéance de nationalité de façon claire, en exprimant un miraculeux pas,
12:24et en prenant conscience du fait qu'il nous a blessés,
12:27et il a blessé une grande partie de la communauté progressiste.
12:29Ça, c'est pour François Hollande.
12:31Concernant cette primaire, vous dites qu'il n'y a pas explicitement la mention
12:35qu'il n'y aura aucune alliance avec LFI.
12:37Et ça, vous, vous ne transigerez pas là-dessus ?
12:40Vous dites aucune alliance avec LFI ?
12:42Je ne peux pas transiger avec la France insoumise.
12:45Je ne peux pas transiger avec un parti qui part du principe
12:49qu'on peut discuter avec les dictateurs.
12:53On peut ethniciser le rapport de notre société.
12:57On peut monter les communautés les unes contre les autres.
12:59On peut menacer les journalistes lorsque les journalistes ne sont pas d'accord
13:05avec leur chef suprême, à savoir Jean-Luc Mélenchon.
13:09Je ne transige pas avec ces personnes comme je ne transige pas avec le Rassemblement national.
13:13Pour moi, c'est clair.
13:15Ni extrême droite, ni extrême gauche, ni Mélenchon, ni Le Pen.
13:18Est-ce que LFI est un parti antisémite ?
13:20Est-ce que là aussi, vous dites que c'est absolument inacceptable ?
13:22Je ne ferai pas un... je ne suis pas procureur, je ne suis pas magistrat.
13:27En revanche, la France insoumise cultive des relents antisémites
13:32pour monter la communauté les unes contre les autres.
13:34Et aujourd'hui, on voit bien la montée des actes antisémites
13:36comme on voit la montée des actes islamophobes, anti-musulmans.
13:39Vous dites que RN et LFI, c'est la même chose pour vous ?
13:43Pourtant, vous venez de pointer du doigt les dangers de la France insoumise
13:46et de Jean-Luc Mélenchon.
13:47Ça veut dire qu'en cas de duel RN et LFI, vous ne choisiriez pas Karim Mohamad
13:51ou est-ce que vous choisiriez, comment la gauche l'a fait systématiquement,
13:54de vous rallier au panache de Jean-Luc Mélenchon ?
13:56J'ai pointé les dangers de la France insoumise
13:59mais j'ai également pointé les dangers de l'extrême droite
14:01au début de notre propos avec ce qui se passe, notamment en Allemagne.
14:05Je ne me lève pas le matin en me disant
14:07tiens, je vais devoir choisir entre l'un et l'autre.
14:09Je me lève le matin en me disant
14:10on va éviter qu'il y ait l'un et l'autre.
14:12C'est la raison pour laquelle je suis ici,
14:13c'est la raison pour laquelle je parcours actuellement tout l'hexagone,
14:16c'est la raison pour laquelle on lutte pour faire en sorte
14:19qu'on puisse vivre notre travail, qu'on puisse avoir un logement décent,
14:21qu'on puisse se soigner et que la France puisse redevenir humaine et forte.
14:24Donc entre RN et LFI, si c'était l'hypothèse du second tour,
14:28vous choisirez un vote blanc.
14:31Pierre Moscovici a répondu hier,
14:33pas une voix pour l'extrême droite,
14:34ce qui veut dire de facto, pratiquement, voter pour Jean-Luc Mélenchon.
14:37Oui, j'ai échangé avec Pierre Moscovici, pour qui j'ai un profond respect.
14:40Vous comprenez sa position ?
14:41Pas une voix pour l'extrême droite,
14:43pas une voix pour LFI,
14:44et pas une seule énergie, l'un ou l'autre.
14:47Donc il reste 8 mois, et je vous le dis, il n'y aura pas ce duel.
14:50C'est la raison pour laquelle on sent que dans ce pays actuellement,
14:53il ne faut plus avoir peur.
14:54Il ne faut plus avoir peur.
14:55Aujourd'hui, les Françaises et les Français ont assez du mépris,
14:58ont assez de ce déclassement.
15:00Je le vois, je suis la candidature qui lutte contre ce mépris,
15:02je le vois, vous, vous me respectez.
15:04Je vous dis, vous me respectez.
15:05Vous respectez parce que vous n'avez pas cette espèce de mépris.
15:08Et aujourd'hui, les Françaises et les Français
15:12subissent un mépris social,
15:13un désespoir social qui fait qu'on se dit
15:16que les deux extrêmes vont probablement gagner.
15:18Vous savez quoi ?
15:19Je reste convaincu que nous sommes majoritaires,
15:21nous avons pris conscience de notre force,
15:22et le « nous », c'est toutes celles et ceux qui se disent
15:24« oui, une autre France est possible »,
15:25une France qui donne la possibilité de vivre grâce à son travail,
15:28de pouvoir bien se loger et donner de l'espoir
15:30à la nouvelle génération, la jeune Z, à nos jeunes.
15:32– Garim Boimran, vous dites qu'il ne voulait pas
15:34de cette primaire socialiste.
15:36Il y a d'autres voix qui réclament une primaire plus ouverte
15:38au centre et à droite.
15:41Est-ce que là, dans le cadre de cette compétition,
15:42vous pourriez être candidat ou pas ?
15:45Pour éviter d'arriver dispersé au premier tour ?
15:48– L'enjeu, c'est faire gagner mon camp.
15:50Mon camp, il est à gauche.
15:51Ensuite, on verra.
15:54Mes principes républicains, vous les connaissez.
15:57Liberté, égalité, fraternité, démocratie sociale,
15:59ne pas monter les communautés,
16:01la fibre patriotique,
16:03tout en reconnaissant l'identité de chacune et chacun,
16:06ne pas être dans un processus de stigmatisation,
16:08la liberté de culte,
16:10le respect des orientations sexuelles,
16:12le respect de tous les territoires.
16:14On verra ce qui se passera d'ici décembre.
16:16Je vous dis, on est encore à huit mois des élections.
16:18On sent que ça bouge.
16:19Le mois d'octobre, ça va être le mois de la confusion.
16:22Confusion à droite, confusion avec les primaires.
16:24Et ça va se clarifier et ça va se décanter en décembre.
16:27Et je pense être la personne qui pourra créer la surprise.
16:30Et il y a toutes les préoccupations des Français.
16:32Je vous le disais, pouvoir d'achat en un, sécurité en deux.
16:34Vous êtes maire de Saint-Ouen.
16:36Vous êtes attaqué évidemment au trafic de drogue.
16:38Avec quel résultat ?
16:39Et qu'est-ce que vous pourriez exporter à l'échelon national
16:41pour dire comment il faut lutter contre le narcotrafic ?
16:44Voilà, vous êtes ancré dans la réalité.
16:47La majeure partie des Français, que ce soit dans le Nord, au Sud, à l'Est, à l'Ouest,
16:50c'est la sécurité.
16:51La sécurité physique, la sécurité existentielle et la sécurité physique,
16:54c'est de donner la possibilité d'éviter que le narcotrafic phagocyte.
16:57Travailler avec la justice, plus de magistrats, ils font un travail exceptionnel.
17:01Mais malheureusement, dans la moyenne européenne, on a deux fois moins de magistrats.
17:04Donner plus de moyens aux policiers, donner plus de moyens aux maires.
17:07Parce qu'être maire, c'est avoir la possibilité de débloquer la police municipale
17:11et surtout un énorme plan d'investissement en termes de logement
17:15parce que vous ne pouvez pas lutter contre le narcotrafic
17:18si vous ne réhabilitez pas la qualité du bâti du logement
17:20qui est souvent synonyme de narcotrafic lorsque c'est délabré.
17:25Bruno Retailleau est notre invité demain soir dans l'émission présidentielle
17:28Objectif Élysée 2027.
17:30Il a proposé une révision de la Constitution
17:32afin de pouvoir poser des questions directes aux Français
17:35par référendum, notamment sur l'immigration.
17:37Vous dites Banco, parole au peuple, on rend la parole au peuple.
17:40La parole au peuple, elle existe via nos 35 000 maires.
17:43La parole existe grâce à nos tissus associatifs.
17:46Donc pas besoin de référendum ?
17:47Mais la voie référendaire, elle est exceptionnelle
17:49lorsqu'il faudra poser des questions.
17:51Justement, est-ce qu'il ne faudrait pas la rendre plus facile d'accès ?
17:52Moi, je suis pour la voie référendaire.
17:54La voie référendaire, pour poser une question très simple.
17:56Quels sont les moyens qui doivent être mis à disposition
17:58pour pouvoir maintenir notre État à Providence ?
18:00Mais si, dès qu'on souhaite prendre une décision,
18:04on passe par la voie référendaire,
18:05je n'en ai pas en Suisse.
18:07Donc on a une culture française basée sur la culture
18:12entre le jacobinisme et le girondinisme.
18:15On a nos maires, on a nos collectivités territoriales.
18:19Pas la peine d'utiliser la voie référendaire de façon exacerbée.
18:22Mais sur les sujets que Bruno Retailleau veut évoquer,
18:25et notamment l'immigration,
18:26ce ne sont pas les maires qui décident.
18:27Ça se décide à l'échelle nationale.
18:28Est-ce qu'on peut poser la question aux Français ?
18:31Sur l'immigration ou pas ?
18:32Sur l'immigration, comme sur l'Europe,
18:34comme sur la sécurité,
18:36comme sur la superposition des couches administratives.
18:39Aujourd'hui, on a sept strates administratives
18:41entre vous et moi, citoyens, et l'Europe.
18:44Donc est-ce qu'il faut simplifier ?
18:45Oui, si ça nécessite une voie référendaire, pourquoi pas ?
18:48Est-ce qu'aujourd'hui, il faudra peut-être revoir
18:50plus de moyens donnés aux magistrats
18:53pour pouvoir aller plus vite
18:54et simplifier les enquêtes ?
18:56Oui, si ça nécessite une voie référendaire, pourquoi pas ?
18:58Mais on voit bien que le sujet,
19:00ce n'est pas la voie référendaire,
19:01pour M. Retailleau,
19:02c'est la fixation sur la question de l'immigration.
19:05Mais la question de l'immigration,
19:06c'est un moyen parmi tant d'autres
19:08à savoir comment on donne la possibilité
19:10aux Françaises et aux Français
19:10de mieux vivre grâce à leur travail,
19:13de mieux se loger, de mieux se soigner,
19:15et surtout de donner la possibilité
19:17à réindustrialiser notre pays
19:18pour pouvoir donner un peu plus d'emplois
19:20à toute une génération.
19:21Karim Bouamran était notre invité,
19:23candidat à l'élection présidentielle.
19:24Merci beaucoup à vous.
19:25Merci à vous.
19:25Bonne journée sur CNews et sur Europe 1.
19:27Merci.
19:28Merci.
19:28Sous-titrage Société Radio-Canada
19:30Sous-titrage Société Radio-Canada

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