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Le maire de Béziers Robert Ménard, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:06Générique
00:12Et notre interview ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Robert Ménard.
00:17Bonjour à vous, merci d'être avec nous.
00:20Emmanuel Macron promet que l'État va tout faire, Robert Ménard, pour empêcher un retour des scènes inacceptables qu'on
00:25a vu les 17 et 18 octobre.
00:26Il va réunir un conseil de sécurité tout à l'heure. Est-ce que vous lui faites confiance pour tirer
00:30les leçons du fiasco de la semaine dernière ?
00:32Et surtout, le croyez-vous lorsqu'il affirme qu'il sera intraitable ?
00:37Personne ne le croit, ce n'est pas moi. Que moi je ne le crois pas, au fond, ce serait
00:40assez secondaire pour lui.
00:42Mais moi je vois dans ma ville où les gens qui le disent, plus personne ne le croit.
00:47Ses propos sont démonétisés, ils n'ont aucune valeur.
00:50Il parle dans le vide donc ?
00:52Personne ne peut le croire, il dit le contraire.
00:53Il y a fait dix ans, là on parle de ce sujet, mais sur plein d'autres sujets, il a
00:58un vrai talent de dire une chose et son contraire.
01:01En dix jours, vous ne pouvez pas dire aux policiers que vous manquez d'empathie et maintenant leur dire, ah
01:08non, non, je suis avec vous.
01:09Vous savez, moi j'ai discuté avec des policiers parce que les policiers, ils sont comme vous et moi.
01:13Une fois qu'ils ont enlevé l'uniforme, souvent, en plus dans les CRS, c'est des gamins et tout,
01:17tu discutes avec eux.
01:18Ils sont sidérés d'avoir été, je les cite, abandonnés.
01:24Attendez, moi je me dis qu'un jour, un jour, si tu continues, s'ils continuent à les traiter comme
01:28ça, les gens, ils diront, mais tu vas aller te faire casser la figure par les petits cons en face
01:33de moi.
01:33À ma place, il n'a qu'à y aller, lui, pour leur demander ce que c'est l'empathie.
01:37Et maintenant, il te dit, ça y est, il montre les muscles, c'est différent.
01:40D'abord, s'ils montraient les muscles, ils l'ont mieux fait de rester ici plutôt que de...
01:44C'était une erreur de partir trois jours alors que le pays était à feu à sang.
01:47Moi, j'ai entendu plein de gens me dire, ils s'adressent aux Français comme si c'était...
01:51Et c'est vrai que ce qui s'était passé était terrible.
01:53Ils réunissent tout le monde, je ne sais pas, on m'a dit 16 millions de gens chez vous comme
01:58ailleurs à 20h et tu te tires le lendemain.
02:02Mais enfin, ça ne va pas bien si la situation...
02:03Madame, si la situation est aussi grave que ça, tu ne t'en vas pas.
02:07Tu dis, tu appelles tes interlocuteurs, écoutez, il se passe quelque chose en France, on remet ça une semaine, ça
02:12n'aurait rien changé.
02:13Et puis ça fait celui qui est...
02:16J'allais dire qu'il est attentionné, il n'est pas attentionné, il est dans un autre monde.
02:20Tu ne vas pas voir un concert la veille avec ta femme comme ça.
02:24Un concert de Céline Dion.
02:24Mais en fait, tu ne peux pas faire ça, madame.
02:26Il y a des choses, ça s'appelle de la décence par rapport au pays, tu ne peux pas faire
02:31ça.
02:31Mais je ne sais pas, peut-être qu'il vit sur une autre planète.
02:33Mais il vit en France en tout cas.
02:35Est-ce qu'on va pouvoir tenir six mois, six mois et demi ?
02:37Jusqu'à l'élection présidentielle comme ça.
02:38Mais bien sûr que non.
02:39Et qu'est-ce qu'il faut faire alors ?
02:40Mais il faut qu'il parte.
02:41Il faut qu'il démissionne.
02:42Mais attendez, comment vous voulez faire ?
02:44Je ne dis pas que ça règlera tout, mais il cristallise aujourd'hui.
02:47Mais même parfois de façon injuste.
02:49Aujourd'hui, il pourrait dire, ça c'est de l'eau, puisque c'est de l'eau.
02:54Il y aurait la moitié des Français qui dirait, non, c'est du vin.
02:57Tellement ils n'en peuvent plus.
02:59Il est au-delà de la décribilisation.
03:02Il est aujourd'hui radioactif.
03:05Aujourd'hui, il n'y a pas un gouvernement de M. Macron
03:08qui puisse être accepté par les Français.
03:11Il suffit qu'il présente que, mais même de très très loin,
03:16il y ait l'ombre d'Emmanuel Macron sur une décision
03:18pour qu'elle soit inacceptable pour les gens.
03:20Il a trompé les gens.
03:22Il a trompé les gens.
03:24Il a menti.
03:25Il a trompé.
03:26Il s'est moqué des Français.
03:28Et aujourd'hui, c'est l'effet boomerang.
03:31Les gens ne le supportent plus.
03:32Alors, quand c'est comme ça, si tu aimes la France,
03:34et je ne doute pas, je ne veux pas douter qu'il l'aime,
03:37tu te tires.
03:38Tu dis, ça va, écoutez, on n'a qu'à avancer de six mois.
03:41Et alors, je veux dire, qu'est-ce que ça va changer ?
03:44De toute façon, il ne sera pas président dans six mois.
03:45Il n'est pas candidat.
03:46Tu t'en vas et tu dis, voilà, si ça doit calmer les choses,
03:49je m'en vais, il y a des élections.
03:51Et peut-être qu'il en sortira quelque chose de politique.
03:53Il a dit qu'il présiderait jusqu'à la dernière seconde
03:55et qu'il ne lâcherait pas une seconde.
03:56Et qu'est-ce qu'on fait si samedi, ça recommence ?
03:59Qu'est-ce qu'on fait si tous les samedis, ça recommence ?
04:01Qu'est-ce qu'on fait si demain, des commerçants,
04:04on aura le bol de voir leur boutique cassée ?
04:07Mais dans ces cas-là, on dira, c'est la rue qui décide, Robert Mellard ?
04:09C'est la rue qui décide si le président doit démissionner ?
04:12Non, mais non, ce n'est pas la rue qui décide.
04:13Quand tu es à ce point incapable,
04:17incapable d'assurer l'ordre,
04:18tu en tires des conclusions.
04:20D'abord, tu ne dis pas non
04:22que le ministre de l'Intérieur ne démissionne pas.
04:25Je t'en foutrai.
04:26Vous savez ce qui va se dire ?
04:27Moi, je dis, on n'est pas à la guerre civile.
04:29Non, on est à la pré-guerre civile.
04:33On est dans des guérillas urbaines.
04:35Avec une différence énorme,
04:37c'est que pour l'instant, personne n'a tiré ce personne.
04:40Et je ne veux pas, attendez, je ne veux pas faire l'oiseau.
04:42Et ça, ça serait le point de bascule selon Robert Mellard, évidemment.
04:44Parce que vous, vous excluez comme ça,
04:47on est tous les deux ici,
04:49vous excluez que, je vous le disais,
04:51que des commerçants excédés.
04:53Attendez, moi, je connais commerçants.
04:54Alors, à Béziers, tout s'est bien passé, tant mieux.
04:56Mais ça peut mal se passer, ça me dit d'ailleurs.
04:59Ces fois, c'est toute la vie des gens, madame.
05:01C'est tout.
05:02Leur boutique, leur commerce, c'est toute leur vie.
05:04Vous n'excluez pas un geste d'autodéfense, c'est ça ?
05:07Parce que vous, vous l'excluez, vous savez.
05:09Moi, attendez, je vais vous dire quelque chose.
05:11Je connais des gens,
05:12et Dieu sait que je ne l'aurais jamais imaginé,
05:15des gens comme vous, comme moi, raisonnables,
05:17qui me disent, moi,
05:18attendez, pas, je vais, j'ai acheté une arme.
05:22Vous vous rendez compte de ce que ça veut dire ?
05:23Vous vous rendez compte de ce que ça veut dire ?
05:25Donc, autodéfense, donc, milice privée,
05:27donc, on ne fait plus confiance à l'État,
05:28l'État ne nous protège plus, on se protège nous-mêmes.
05:30Et qu'est-ce qui s'est passé samedi dernier ?
05:32Il y a des endroits entiers,
05:34moi, je suis le dernier à taper sur la police,
05:37ou parce qu'ils n'étaient pas assez nombreux,
05:38ou parce qu'il y a eu peut-être des fautes de commandement,
05:41ou des ordres qui n'étaient pas les bons.
05:45Bon, attendez, vous avez bien vu qu'il y avait des endroits,
05:47les gens pouvaient saccager comme vous voulez.
05:49Combien de commerces ?
05:50300 commerces à Marseille ?
05:52300, 3000 sur tout le pays.
05:54Voilà.
05:55Parce qu'un milliard d'euros de dégâts.
05:56Mais vous vous rendez compte ?
05:58Qu'est-ce qu'on attend ?
05:59Et là, c'est une journée,
06:01ce n'est pas l'affaire Naël,
06:01ça avait duré 10 jours.
06:02Bien sûr.
06:03Là, c'est une journée.
06:04Est-ce que vous redoutez le même scénario samedi ?
06:06Là, il y a beaucoup de réunions,
06:07ça s'agit dans tous les sens
06:08pour faire des schémas de sécurité,
06:10et on l'espère que le maintien de l'ordre sera assuré.
06:12Il y a beaucoup plus de policiers
06:13qui sont déployés sur le terrain.
06:14Vous pensez que ça peut se répéter ou pas, samedi ?
06:17D'abord, j'espère évidemment que non.
06:20Ensuite, quand j'ai vu des gens...
06:21Vous savez, je fais la part entre...
06:24Je suppose que vous faites comment ?
06:25Entre les 500, 800 000,
06:27on ne va pas discuter de ça,
06:28personnes qui ont manifesté.
06:29Un, qui ont le droit de manifester.
06:31Deux, qui ont le droit de penser différemment de moi,
06:33évidemment.
06:34Trois, qui ont le droit d'avoir des revendications légitimes.
06:37Enfin, ce n'est pas le problème.
06:38Et un certain nombre de petits salopards.
06:41Est-ce que ces gens-là sont prêts à redescendre dans la rue ?
06:44Oui.
06:45Est-ce qu'ils vont pouvoir ?
06:47C'est toute la question que vous vous posez,
06:49que je me pose.
06:50C'est pour ça que je pense qu'il faut mettre...
06:51Donc c'est le test, là.
06:53C'est le test de la République.
06:54C'est pour ça que je suis sidéré du débat
06:57qu'il y a en ce moment, par exemple, sur l'armée.
06:59Bien sûr qu'il faut que l'armée soit dans la République.
07:01Mais attendez, elle l'est.
07:02Les sentinelles, ils sont chez moi l'été.
07:05Et ils calment des gens.
07:06Ils calment des gens.
07:07Rien qu'en les voyant.
07:08Enfin, vous avez-vous envie de vous frapper
07:10avec un type qui est habillé en très immunitaire
07:12et qui a une arme ?
07:14Vous savez, ça calme un certain nombre d'endeurs.
07:16Mais là, ils seraient affectés à des missions statiques
07:18pour justement libérer les policiers d'autres tâches.
07:20Vous avez vu ce qui s'est passé à Limoges ?
07:21Je ne sais pas.
07:22Moi, ça s'est passé.
07:23Ils ont voulu manifester.
07:24Ils sont venus à un moment donné devant la mairie.
07:26Oui, moi, je serais ravi.
07:28Et j'applaudirais s'il y avait un certain nombre de militaires
07:32des opérations sentinelles
07:33qui soient devant mon hôtel de ville.
07:35Non seulement parce que ça le protégerait.
07:37et deuxièmement parce que ça permettrait
07:38au reste de la police d'aller dans toute la ville.
07:41Et je suppose que ce que je vous dis là,
07:42ce n'est pas moi.
07:43Demandez à n'importe quelle maire.
07:45Et aujourd'hui, n'importe quelle maire.
07:46De droite, comme moi, ou de gauche.
07:48Ça y est, ils ont compris qu'il fallait armer la police.
07:51Oui, ils l'ont tous demandé.
07:52Attendez, le temps qu'ils ont mis.
07:54Je peux vous dire quand même un truc.
07:55Est-ce que vous demandez juste l'état d'urgence, du coup ?
07:57Si ça se reproduit, ça me dit.
07:59Ah si ça se reproduit ?
08:00Il faut l'état d'urgence, il n'y a plus à...
08:03Comment on pourra éviter ça ?
08:04Mais je vous raconte un truc,
08:06parce que depuis trois jours, je suis en boucle.
08:09Tellement ça m'énerve.
08:10Vous vous rendez compte que...
08:12Dieu merci, il y a des polices municipales.
08:14Nous, il y a plus de gens dans la rue,
08:16à baiser dans tout un tas de villes,
08:17avec la police municipale que la police tout court.
08:19C'est ça, la réalité.
08:21On a des drones.
08:22On a des gens qui pilotent les drones.
08:23et on nous refuse de le faire.
08:26Mais le ministre, là, tiens,
08:27puisque je pense qu'il vous écoute le matin,
08:30mais monsieur Nunes,
08:30au lieu de me casser les bonbons
08:32avec un certain nombre de trucs,
08:34donnez-moi l'autorisation comme au maire
08:36d'utiliser les moyens qu'on a.
08:38Je ne vous demande pas d'argent.
08:39Je ne demande rien.
08:40Je dis, on a des drones.
08:42Pour surveiller une ville,
08:43comment vous faites sans drone ?
08:44Comment vous faites ça aide ?
08:45Non, ils nous emmerdent en nous disant non.
08:48Enfin, qu'est-ce que c'est arc-bouté sur des bêtises ?
08:51Encore un mot sur ces manifestations.
08:52Il y a d'un côté ceux qui voulaient
08:54manifester contre la Vichère,
08:55vous l'avez dit.
08:56Les syndicats, d'ailleurs,
08:57appellent à nouveau un mouvement le 5 novembre.
08:59Et puis, il y a tous les autres,
09:00les casseurs, les pilleurs,
09:01les groupes usuls d'extrême-gauche
09:03extrêmement bien organisés.
09:05Est-ce que vous, vous voyez l'implication
09:07de la France insoumise
09:08dans l'articulation de ces groupes d'extrême-gauche ?
09:10Jean-Luc Mélenchon dit,
09:11mais la violence, ce n'est pas moi.
09:12Je ne l'ai jamais voulu ni souhaité.
09:15Mais d'abord, c'est lui et ses lieutenants.
09:17On a expliqué combien de fois
09:18que ça pouvait être légitime
09:20quand tu dis, dans certaines circonstances,
09:22la violence, elle est légitime.
09:23C'est-à-dire que tu la bénis, la violence.
09:25À moi, il y a un truc qui m'exaspère,
09:27mais je n'ai pas eu le droit avec vous ce matin.
09:29Maintenant, c'est l'ultra-gauche.
09:31Vous avez l'ultra-gauche.
09:32Comme ça, on ne cite pas.
09:33Attendez, pardon, il y a un parti,
09:35aujourd'hui, qui s'appelle
09:36la France insoumise,
09:37où un certain nombre de gens,
09:40d'abord, dans ce parti,
09:41il y a un discours insupportable
09:42de violence et peu républicain.
09:44Je dis républicain,
09:45un dessin, je n'utilise jamais ce mot,
09:47mais comme ils disent toujours,
09:48c'est républicain.
09:50Ils sont prêts à tout.
09:51Ils sont prêts à flatter tout le monde.
09:53Madame Pannot, par exemple,
09:53qui ne condamne pas l'incendie
09:54de la mairie de Limoges ?
09:55Enfin, vous vous rendez compte ?
09:56Mais moi, vous savez,
09:57alors, je suis maire,
09:58vous direz, je suis de parti pris.
10:00Mais quand j'ai vu le campanile tomber,
10:03enfin, ça ne vous a pas fait quelque chose à vous ?
10:05Comme tout le monde.
10:07Comme Notre-Dame, comme tout le monde.
10:09Et là, tu te dis,
10:09moi, j'ai réuni tout un tas de gens lundi,
10:12des maires en particulier,
10:13qui étaient comme moi,
10:14et pas que de droite comme moi,
10:15qui étaient sidérés par ça.
10:17Et vous avez Madame Pannot qui dit ça.
10:19Mais vous vous rendez compte ?
10:20Vous vous rendez compte
10:21les bouts de feu que c'est ?
10:23Vous vous rendez compte
10:24leur part de responsabilité ?
10:26Non, l'ultra-gauche, c'est eux, l'ultra-gauche.
10:29Oui, j'ai compris qu'il y avait encore,
10:30je savais qu'il y avait encore plus à gauche.
10:31Plus à gauche.
10:31Mais c'est eux, c'est eux
10:33qui donnent le tempo.
10:35C'est eux qui donnent le là.
10:36C'est eux qui écrivent la partition
10:37que les autres jouent.
10:39Ils sont prêts à tout pour gagner.
10:41Et ils se disent,
10:42plus ce sera le bordel.
10:43Et mieux, ça sera pour eux.
10:44Mais attendez,
10:44ils ont joué les jeunes et les immigrés.
10:46Comme si tous les jeunes étaient des voyous
10:48et comme si tous les immigrés,
10:50vous savez, étaient des islamistes.
10:52Sauf que c'est faux.
10:53Et j'espère qu'ils vont prendre
10:54plein la gueule aux élections
10:55parce que les gens diront
10:56ça va l'instrumentalisation.
10:57Pour l'instant,
10:57Jean-Luc Mélenchon est qualifié
10:58dans à peu près tous les cas de figure.
10:59Oui, mais attendez ça.
11:00Ça va rien de peine, Robert Ménard.
11:01Attendez, et les autres,
11:03ils sont suicidaires,
11:04ils sont abrutis,
11:05tous ceux qu'il y a au milieu,
11:06ils sont tous divisés.
11:08Qu'est-ce qu'ils pensent ?
11:08Ils pensent quoi ?
11:09Que leur petite chamaillerie,
11:11ça va peser quelque chose ?
11:13Vous vous rendez compte ?
11:14Moi, je ne sais pas.
11:15Je me dirais,
11:16je n'ai pas envie
11:16qu'il y ait ce face-à-face
11:18entre Marine Le Pen
11:19et Jean-Luc Mélenchon
11:20et je m'organiserai pour ça.
11:22Non, non.
11:24Ils trouvent qu'il y a mieux à faire
11:25sans gueuler entre eux.
11:26Qu'ils continuent à s'engueuler.
11:27Alors justement,
11:27vous avez déjeuné,
11:28Robert Ménard,
11:29avec Bruno Rotailleau
11:30et David Lysnard cette semaine.
11:32Est-ce que vous avez réussi
11:33à les mettre d'accord
11:34à ce qu'ils s'assemblent,
11:35se rassemblent,
11:36s'allient tous les deux ?
11:37Ou pas ?
11:38Comment ça s'est passé ?
11:40Plutôt sympathique.
11:41Je leur avais demandé de venir.
11:42Ils ne vont pas être désagréables
11:43comme ça.
11:44Quand on vous invite,
11:44en général,
11:45vous êtes agréables.
11:46J'imagine.
11:49J'essaye de trouver.
11:51D'abord,
11:52tu les écoutes,
11:53honnêtement.
11:54Oui,
11:54un est un peu plus libéral
11:55que l'autre,
11:56l'autre est un peu plus...
11:57Il est un peu conservateur,
11:58pour ne pas dire réac,
11:59il n'aime pas ça.
12:00Vous voyez comment ils sont
12:02et tout ça.
12:03Mais enfin,
12:03attendez,
12:04à part de prendre une loupe
12:05et d'être comme vous,
12:07comme moi,
12:08branché sur la politique,
12:09comme on l'est,
12:10tous les deux,
12:11pour le commun des mortels,
12:12c'est de la droite.
12:13Voilà.
12:14Vous voyez blanc,
12:14blanc bonnet.
12:15Mais oui,
12:16Dieu merci.
12:17Il y a des différences.
12:18Ils les montent en épingle,
12:19les uns et les autres.
12:20Enfin,
12:21ce n'est pas vrai.
12:21Vous leur avez dit quoi ?
12:22Ouvrez les yeux
12:23et mettez-vous ensemble.
12:24Je leur ai dit,
12:25vous êtes suicidaire,
12:26vous voulez perdre.
12:27Attends,
12:27ils font les...
12:28Ouais,
12:28on fait six et demi,
12:29alors un passe devant l'autre
12:30et tout.
12:31Mais coco,
12:32ça va,
12:32c'est six et demi.
12:34Je veux dire,
12:34il faut faire 50,
12:35madame,
12:36il faut gagner 50% des voix.
12:39Aucun des deux,
12:39vous êtes en état
12:40de gagner quoi que ce soit.
12:41Vous n'êtes même pas gagné.
12:42Qu'est-ce que je raconte ?
12:43De même pas être
12:44au deuxième tour.
12:45Alors,
12:46j'ai discuté,
12:47ça durait une heure et demie
12:48de discussion
12:49pour les entendre dire
12:50à la fin,
12:51à l'arrache,
12:52comme on dirait chez moi,
12:54à l'arrache,
12:55que quand même,
12:55non,
12:56jamais ils se présenteraient
12:57un contre l'autre
12:58devant les Français.
12:59Donc,
12:59il y en aura des deux
13:00qui se désistera à la fin.
13:01Enfin,
13:02comment ?
13:03Sinon,
13:03tu n'as aucune crédibilité.
13:06dans ce que tu dis.
13:07Tu ne peux pas dire,
13:08madame,
13:08on ne peut pas dire à la fois,
13:10attendez,
13:10regardez la France insoumise
13:11et le résultat
13:12de ce qu'il prône,
13:14on l'a vu samedi.
13:15De l'autre côté,
13:16on ne peut pas dire
13:17Marine Le Pen,
13:18oui,
13:19honnêtement,
13:20elle a été mieux
13:21que Macron dimanche dernier.
13:22Disons les choses,
13:23et moi,
13:23je le reconnais bien volontiers.
13:25Elle a été plus présidente
13:27que notre président actuel.
13:29Mais enfin,
13:29tu ne peux pas dire
13:30comme ils le disent
13:31et comme je le pense
13:32que sur le terrain économique,
13:33social,
13:33c'est n'importe quoi
13:34et elle fait des promesses
13:35qu'elle ne tiendra jamais.
13:37Les promesses non tenues,
13:38c'est la pire des choses.
13:38Tu ne peux pas dire ça,
13:39madame.
13:41Et au milieu,
13:42te dire,
13:43puisque nous,
13:44en gros,
13:44ils sont au milieu,
13:45on ne va pas se donner
13:46les moyens
13:46de présenter une alternative.
13:48Là,
13:48il n'y en a pas.
13:49Les quatre,
13:50parce que tu rajoutes
13:51les deux anciens
13:52premiers ministres
13:52de M. Macron.
13:53qu'est-ce qu'ils vont faire ?
13:55Ils vont faire tous
13:55moins de 10% ?
13:57Et ils seront contents ?
13:58vous voulez une primaire ?
14:00Du côté de David Lysnard,
14:04il est d'accord.
14:05Du côté de...
14:06Ah,
14:06il était un peu plus d'accord,
14:07Bruno.
14:08Bruno Retailleau ?
14:08Il était moins opposé
14:09quand on a des...
14:10Et les deux autres ?
14:12Gabriel Lysnard,
14:13que j'ai rencontré,
14:14m'a dit qu'il était d'accord.
14:15Et du côté d'Edouard Philippe,
14:18que j'ai rencontré aussi,
14:20il m'a dit,
14:20mais de toute façon,
14:21non, je suis contre une primaire,
14:23mais je vous garantis,
14:24c'est ce qu'il m'a dit.
14:24Donc moi,
14:24je ne vous répète ce qu'il me dit.
14:25Je suppose qu'il est sérieux
14:27quand il dit des choses.
14:28Il me dit,
14:29de toute façon,
14:29si en janvier,
14:31ce n'est pas moi,
14:32parmi les quatre
14:33dont nous parlons tous les deux,
14:35ce n'est pas moi
14:35qui suis en tête,
14:36je me retirerai au profit
14:38de celui qui est en tête.
14:39Moi,
14:39je n'ai pas le traité de menteur,
14:40je n'ai aucune raison
14:41de le penser,
14:42mais s'il ne trouve pas
14:43un moyen
14:44de présenter une alternative,
14:46et je sais bien
14:47que ce n'est pas la même chose,
14:48mais à un moment donné,
14:49enfin à un moment donné,
14:50tu te dis,
14:51il y a le pire
14:53et le pire,
14:53on va l'éviter.
14:54Voilà.
14:55Robert Ménard,
14:56ce week-end,
14:57il y a aussi,
14:57il y a ces inquiétudes
14:59sur le samedi,
14:59les manifestations
15:00et les pillages éventuellement
15:02dans toutes les villes,
15:03et il y a à Orléans
15:04le congrès
15:04de rassemblement national.
15:0610 000 militants
15:07qui vont écouter
15:07Marine Le Pen,
15:08discours au dimanche,
15:09et une grande inquiétude
15:11du côté de la sécurité,
15:12les renseignements
15:12annoncent des milliers
15:13d'éléments radicaux
15:15qui vont converger
15:15vers Orléans
15:16pour tenter évidemment
15:17d'en découdre
15:18avec les militants RN.
15:19Qu'est-ce que vous dites
15:20ce matin ?
15:21Est-ce que c'est acceptable
15:22dans une démocratie ?
15:23Marine Le Pen aurait-elle dû
15:24annuler ce qu'elle refuse
15:25absolument en disant
15:26ce n'est pas à nous d'annuler ?
15:28Elle ne va pas annuler
15:29son congrès
15:30parce qu'il y a
15:31certains mots de gens
15:32qui osent te dire
15:34que le rassemblement national
15:35c'est le fascisme
15:36et qu'ils sont antifascistes
15:37et qui ont exactement
15:38un comportement
15:40de petits fachos de gauche.
15:42Parce que quand même,
15:43vous vous rendez compte
15:44le raisonnement,
15:45il y a un parti
15:46qui par ailleurs
15:47aujourd'hui recueillent plus
15:48de 30% des voix
15:49mais même
15:49ils recueilleraient
15:505% des voix.
15:52Tu n'interdis pas
15:53à un certain nombre de gens
15:54de te représenter
15:55et en plus,
15:56c'est les mêmes
15:57qui menacent comme ça.
15:58Vous savez,
15:59qui ont toujours à la bouche
16:00on est des démocrates,
16:01vous vous êtes des fachos,
16:02nous on est d'extrême-gauche,
16:03on sait ce que c'est
16:04les droits de l'homme,
16:05patati patatoum,
16:06qui se comportent
16:07comme des petits salopards.
16:09J'espère
16:10qu'on fera de ça
16:11un test
16:12pour la démocratie en France.
16:13Il est invraisemblable
16:15que le Rassemblement national
16:16ne puisse pas se réunir.
16:17Il est déjà invraisemblable
16:19que des abrutis
16:21menacent
16:24d'interdire
16:24de fait
16:26ce congrès,
16:27évidemment.
16:28Et j'espère
16:29que toute la classe politique
16:32en commun,
16:33selon...
16:33Vous y croyez ?
16:34Mais non,
16:35je n'y crois pas.
16:35Mais c'est ça.
16:36C'est pour ça
16:36qu'ils n'ont aucune crédibilité,
16:38madame.
16:38parce qu'ils ont
16:40des haut-le-coeur
16:41à géométrie variable,
16:43parce qu'ils aiment
16:44la démocratie
16:45quand ça leur sert,
16:46ils n'aiment pas
16:46la démocratie
16:47quand ça sert les autres.
16:48Ils sont...
16:50Comment vous dire ?
16:51Ils sont infâmes.
16:52Ils sont minables.
16:54Ils sont minables.
16:54Ça devient un jugement sévère,
16:55alors.
16:56Mais attendez,
16:58vous attendez,
16:59vous,
16:59que la France insoumise
17:00dise à ces petits connards
17:01quand même
17:02le Rassemblement national,
17:03bien sûr,
17:04qu'il a le droit
17:04de se réunir.
17:06Imaginez...
17:06Écoutez,
17:07on va juste faire un truc
17:08et qu'il y a un truc
17:08terrible pour tout ça.
17:10Imaginons,
17:10un dixième de seconde,
17:12un dixième de seconde,
17:13que ce soit
17:14les militants
17:15du Rassemblement national,
17:17Marine Le Pen en tête,
17:18qui menacent
17:19la tenue
17:19d'un congrès
17:20de la France insoumise.
17:21Vous imaginez
17:22le tollé général.
17:24Et là,
17:25au fond,
17:27c'est chérubin,
17:27mais je t'en foutrai
17:28des chérubins.
17:28Mais ça veut dire,
17:29Robert Ragnard,
17:29qu'on est en train
17:30de glisser dans autre chose
17:32qu'une démocratie.
17:34On risque d'aller
17:35dans un régime libéral.
17:36Qu'est-ce qui se passe ?
17:38En réalité,
17:38on veut faire taire
17:39les médias
17:39qui ne pensent pas
17:40exactement comme il faut.
17:41On veut faire taire
17:42les partis
17:42qui ne disent pas
17:43ce que les médias
17:45ne veulent pas entendre.
17:45Qu'est-ce qui s'est passé
17:46samedi matin ici ?
17:48Nos locaux ont été attaqués.
17:49Qu'est-ce qui s'est passé
17:49dans vos locaux ?
17:50Qu'est-ce qui s'est passé ?
17:51Mais ils sont fous furieux.
17:52Mais bien sûr,
17:53vous doutez un instant
17:54que si la France insoumise,
17:56Dieu nous en préserve,
17:58était au pouvoir,
17:59vous savez,
18:00vous pensez,
18:01sérieusement,
18:02que les choses ne changeraient pas ?
18:03Vous pensez
18:04que votre liberté de ton,
18:05elle ne serait pas menacée ?
18:07Ils ont dit
18:08qu'ils nous fermeraient,
18:08donc oui,
18:09on sait à peu près.
18:10Vous vous rendez compte ?
18:11Mais vous vous rendez compte
18:12qu'il y a des gens
18:12qui disent ça ?
18:13Moi,
18:14je peux être en désaccord avec...
18:15Dans une indifférence générale.
18:17Générale.
18:17Mais attendez,
18:18moi,
18:19interdire,
18:19je ne sais pas,
18:21regardez,
18:21j'ai dit du bien
18:22de Bruno Rotaillot
18:23tout à l'heure,
18:24mais quand Bruno Rotaillot
18:25dit qu'il faudrait
18:26interdire la France insoumise,
18:27c'est une immense connerie.
18:29Il ne faut pas la dissoudre,
18:29ni l'interdire.
18:30Attendez,
18:31madame,
18:31vous voulez interdire quelqu'un ?
18:33Vous,
18:33quand les gens menacent
18:34ces news ici,
18:35vous diriez,
18:36tiens,
18:36en revanche,
18:37vous pourriez interdire
18:39LCI,
18:40ce serait une bonne idée.
18:41Ça ne vous viendrait pas
18:42à l'esprit.
18:42Je veux dire,
18:43c'est ça.
18:43Et ce qui est le pire,
18:44c'est que les types
18:45qui nous donnent
18:46des leçons de morale,
18:47qui sont dans le camp du bien
18:49et nous dans le camp du mal,
18:50nous on est les injustes,
18:51les égoïstes,
18:52eux ils sont les généreux,
18:54les universalistes,
18:55c'est les mêmes
18:56qui veulent toujours interdire
18:57les médias.
18:59vous qui ne pensez pas comme eux,
19:01les partis qui font leur congrès
19:02qui ne pensent pas comme eux.
19:04Est-ce qu'il y a un moyen,
19:05Robert Ménard,
19:05et c'est la fin de notre intratégorie,
19:06de réconcilier ces deux Frances-là ?
19:09Est-ce qu'il y a encore une voie,
19:11un chemin ?
19:12On en est à se poser la question.
19:13Je le pense sincèrement.
19:14Je le pense sincèrement.
19:16Je pense qu'il y a 80% des Français
19:18qui ne sont pas dans cette logique-là.
19:20Vous savez,
19:21moi je vais dans des quartiers difficiles,
19:23je vais prendre un exemple,
19:24et quand je parle d'immigration,
19:25et je sais,
19:25vous savez ce que je pense,
19:26de l'obligation de limiter l'immigration et tout,
19:30mais les gens,
19:31les immigrés en question,
19:32ils sont d'accord.
19:33Évidemment,
19:34comme moi,
19:35les écoliers,
19:36vous avez discuté avec des lycéens,
19:3880% pensent la même chose.
19:40Le problème,
19:41c'est qu'on n'arrive pas,
19:42comme aujourd'hui on en est à,
19:44il faut toujours hurler plus fort que l'autre.
19:46On n'a au centre personne qui est capable
19:49de porter cette parole des 80%,
19:51mais de la porter de façon forte,
19:54forte.
19:55Il ne faut pas qu'il soit gnagnant,
19:56il ne faut pas qu'il se cache derrière,
19:58je ne sais pas quoi,
19:58il ne faut pas qu'il s'excuse tous les matins
20:00de ce qu'ils sont,
20:01il ne faut pas avoir honte de ce que c'est ce pays,
20:03il ne faut pas avoir honte de ce qu'on pense.
20:05Moi,
20:05je n'ai pas honte de ça,
20:07et ça ne se fait contre personne,
20:09madame.
20:09Il n'y a pas besoin tous les matins de dire,
20:11oui,
20:12la France est ce qu'elle aime,
20:12oui,
20:13mais elle n'est pas bien,
20:14elle n'est pas capable de faire ceci,
20:15la France est un pays formidable,
20:17défendons-le.
20:18Mais là,
20:19je ne trouve pas cette voie-là.
20:20Il y a des gens que j'aime bien
20:21dans les candidats et tout,
20:23mais il ne faut juste pas
20:24qu'ils sortent de leur coquille,
20:27qu'ils s'affirment
20:27pour ce qu'on a envie d'entendre.
20:30Moi,
20:30dans la rue à Béziers,
20:31les gens ont peur,
20:32les commerçants,
20:33vous ne pouvez pas se faire baiser.
20:34Alors que nous,
20:35il n'y a pas eu de problème,
20:36la peur qu'ils ont.
20:37Mais ils ont juste envie
20:39qu'on tape du poids sur la table
20:41et qu'on leur dit aux uns et aux autres,
20:43nous,
20:43on est raisonnable,
20:45on sait que c'est compliqué,
20:47mais ce n'est pas parce que c'est compliqué
20:49qu'on ne va pas y arriver.
20:50Et on a juste la volonté.
20:51Il manque du courage et de la volonté.
20:53Merci, Robert Ménard,
20:54d'être revenu ce matin
20:55dans la matinale.
20:56C'est News et Europe 1.
20:57Bonne journée à vous.
20:59Sous-titrage Société Radio-Canada
20:59Sous-titrage Société Radio-Canada
21:00Sous-titrage Société Radio-Canada