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00:00En commun, Europe 1, le journal permanent.
00:03Europe 1, il est 18h46, le rappel des titres de Frédéric Joncheret.
00:07Les résultats ne sont pas encore consolidés en Allemagne,
00:09mais l'AFD est en passe de remporter très largement les élections régionales en Sachsen-Anhalt,
00:14avec plus de 44% des voix.
00:16Nous avons écrit l'histoire à déclarer son leader régional, Ulrich Zygmunt,
00:20un camouflet pour le chancelier conservateur, Frédéric Schmerz.
00:24Pour parler significatif, à Kiev, c'est ce qu'ont assuré Steve Witkoff et Jared Kushner
00:29après leur entrevue avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
00:32En vue d'aboutir à une fin du conflit avec la Russie,
00:35ils espèrent que ces discussions auront permis de dégager de nouvelles pistes.
00:39Bruno Rotaio se maintiendra jusqu'à la victoire.
00:42Elle est à portée de main sur Thiel.
00:44Malgré son score dans les sondages autour de 7 à 11%,
00:46le président des Républicains n'en démore pas.
00:48Il ne se rangera pas derrière les candidats du camp présidentiel.
00:52Et Kimi Antonelli s'impose chez lui, le leader du championnat du monde de Formule 1,
00:55l'a emporté sur le Grand Prix d'Italie.
00:57Après une folle remontée depuis la 19ème place,
01:00il devant Georges Russell et Max Verstappen.
01:02Le Paulman Pierre Gasly a fini 7ème.
01:05Merci Frédéric.
01:06On vous retrouve à 19h sur Europe 1 pour votre journal.
01:09Europe 1 Soir, 18h, 20h, Hélène Roué.
01:13Toujours avec mes débatteurs, Gilles Boutin,
01:15journaliste en politique économique au Figaro,
01:17et Michel Fayad, analyste politique et géopolitique.
01:20Et ça tombe très bien que vous soyez à l'analyse géopolitique
01:22parce qu'on va parler d'international, Michel.
01:24On va parler d'Ursula Vandelayen.
01:26Elle était en visite aujourd'hui au Groenland.
01:29C'est une première depuis le début de la crise avec Washington, on s'en souvient.
01:33Alors, ses annonces, elles sont multiples.
01:34On parle de 200 millions d'euros d'investissement dans le numérique et dans les minerais critiques.
01:38Elle a réaffirmé le soutien de l'Union Européenne, bien sûr, au Danemark.
01:41Bruxelles propose aussi de doubler son aide directe à 530 millions d'euros pour 2028-2034.
01:47Les Groenlandais, eux, attendent des investissements concrets, pas seulement des déclarations d'intention.
01:53Michel, que signifie ce déplacement ?
01:55Est-ce que c'est une espèce de forme de rapport de force avec Donald Trump ?
01:58En tout cas, il est clair que le fait que Donald Trump se soit intéressé au Groenland a poussé l
02:04'Union Européenne à s'y intéresser.
02:05C'est quand même assez grave que l'Union Européenne ne se soit pas intéressée au Groenland bien avant.
02:10Parce que, justement, avec les métaux stratégiques et les terres rares dont le dispose le Groenland,
02:15c'était un territoire sur lequel l'Union Européenne aurait dû se concentrer bien davantage et bien avant.
02:23Et là, les investissements que vous avez mentionnés, je pense qu'ils sont bien en dessous de ce que l
02:29'Europe devrait faire.
02:30L'Europe devrait investir bien plus, puisque 200 millions pour sortir...
02:33On ne rivalise pas avec les Américains, en fait.
02:35Non, bien sûr, parce que pour extraire des métaux, surtout au Groenland, avec une profondeur et puis une question, vous
02:41savez, de glace,
02:42parce que c'est l'Arctique, le pôle Nord, ça coûte énormément.
02:46Je veux dire, c'est en milliards qu'on compte, donc 200 millions.
02:48C'est une goutte, malheureusement, dans ce qui est proposé.
02:53C'est bien que Mme von der Leyen se soit déplacée, mais c'est toujours en dessous de ce qu
02:58'il faudrait.
02:58Et puis, je rappelle quand même que les Groenlandais avaient voté pour se retirer de la CEE à l'époque.
03:02Ils s'en étaient retirés. Et là, au lieu d'essayer de faire quelque chose pour peut-être les inciter
03:08à revenir dans l'Union européenne
03:10en leur donnant des investissements massifs, je pense qu'elle a encore manqué le coche.
03:15Lorsqu'elle est prête à mettre des milliards sur l'Ukraine, elle pourrait quand même également en mettre quelques-uns
03:20sur le Groenland.
03:21Alors que, comme vous le savez, peut-être les Américains, les Russes se battent pour le contrôle du pôle Nord.
03:27Et nous, on a le Groenland potentiellement avec le Danemark.
03:30Et c'est quelque chose à préserver si on veut rester ou si on veut être un jour une puissance
03:35réelle
03:35qui compte face aux Russes, face aux Américains, face aux Chinois.
03:39Gilles Boutin, est-ce que l'Europe peut rivaliser avec l'attractivité économique qui est promise par les Américains ?
03:44Et est-ce qu'on fait justement une erreur à ne pas assez investir au Groenland ?
03:46On ne rivalise pas, ça c'est certain.
03:48Cependant, les habitants du Groenland n'ont pas manifesté une envie profonde, et même l'inverse,
03:54à rallier, à se rattacher aux Etats-Unis.
03:57C'est pourquoi je me dis que cette somme de 200 millions, qui est effectivement ridicule,
04:02ça couvre à peine des frais d'exploration, de gisement,
04:06elle servirait sans doute plutôt à entretenir une petite musique,
04:10qui est qu'il vaut mieux rester côté européen,
04:14et ça permet d'attendre que la tempête Trump passe,
04:18encore deux ans à tenir, et après les choses reviendront.
04:21C'est vrai que c'est souvent comme ça que les Européens ont fonctionné,
04:25et dans le cas du Groenland, ils n'ont peut-être pas les moyens d'aller débloquer davantage,
04:32de promettre bien davantage.
04:33Et puis même, c'est quand même très compliqué, c'est énormément d'inconnus.
04:36Le Groenland, on nous dit qu'il y a énormément de ressources, c'est sans doute exact,
04:40mais par où commencer, dans quelles conditions, quelle rentabilité,
04:42c'est extrêmement difficile.
04:44Donc là, on en est au stade où il s'agit juste de, comme je dis,
04:47d'entretenir cette petite musique, et d'envoyer le message qui est
04:49« Groenlandais, ne vous précipitez pas trop vite dans les bras du puissant américain ».
04:56Voilà, ça ne va pas au-delà.
04:57C'est fou ce qui s'est passé quand même.
04:59On se rappelle évidemment de tes visées de Donald Trump.
05:01On n'a jamais vraiment su, en fait, comment cette histoire s'était soldée,
05:04et pourquoi, en fait, d'un coup, Donald Trump avait arrêté.
05:07Je sais qu'il y avait des accords qui avaient été passés,
05:08sauf qu'on n'avait jamais su la tonalité,
05:10et ce qui était véritablement dans ses accords.
05:12Et du jour au lendemain, Donald Trump s'est dit,
05:14« Bon, ben, finalement, je vais leur foutre la paix, quoi, entre guillemets ».
05:16Pas tellement. Il a encore fait allusion en juillet
05:18au fait qu'il était toujours intéressé
05:20par le fait d'avoir le contrôle, la minima.
05:23Ah oui, donc c'est toujours d'actualité.
05:24C'est déjà le contrôle en termes militaires.
05:26Le Groenland est sous contrôle militaire absolument désormais.
05:29C'est pour ça aussi que personne n'a vraiment compris
05:31pourquoi Donald Trump s'est déchaîné.
05:32C'est qu'il y avait déjà une capacité à se déployer
05:34et à se redéployer massivement sur le territoire groenlandais.
05:37Mais je pense que le vrai point, c'est la question des métaux.
05:40Puisqu'on va en parler dans quelques minutes,
05:42mais sur la Russie, c'est aussi une question de métaux.
05:45Sur le Groenland, une question de métaux.
05:47Et même sur le Canada.
05:48Il vient de parler encore à nouveau du Canada.
05:50C'est aussi une histoire de métaux, de gaz, de pétrole.
05:54Et puis on sait qu'il y a une semaine ou un peu plus maintenant,
05:58il avait fait un accord historique avec le Venezuela
06:00pour mettre la main sur le pétrole vénézuélien et le gaz vénézuélien.
06:04On sait aussi qu'il regarde un petit peu le pétrole et le gaz iranien.
06:09Donc Trump est un homme, un businessman,
06:11qui a bien vu l'importance des matières premières.
06:14Et c'est là où un peu j'en veux à l'Union Européenne
06:17et à l'Europe en général.
06:18De ne pas comprendre à quel point c'est important aujourd'hui.
06:20Oui, c'est important pour notre transition énergétique.
06:22C'est important pour notre transformation digitale.
06:24C'est important pour notre défense.
06:26Je veux dire, ouvrons nos yeux.
06:27Les Chinois ont déjà raflé la quasi-totalité de tout ça.
06:31C'est eux qui raffinent, c'est eux qui traitent, c'est eux qui contrôlent beaucoup des métaux.
06:34Et nous, on a un territoire qui est plus ou moins sous notre contrôle,
06:38en tout cas politiquement.
06:40Autant y aller.
06:41Eh bien, je voudrais qu'on parle également d'un autre sujet international cette fois-ci,
06:45la guerre entre la Russie et l'Ukraine.
06:47Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner
06:50ont passé la journée aujourd'hui à Kiev.
06:51Ils se sont entretenus avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
06:55La veille hier, c'était à Moscou avec Vladimir Poutine.
06:58Le président ukrainien Volodymyr Zelensky en a profité pour remercier Donald Trump.
07:03Je vous propose de l'écouter.
07:04Il est très important que la délégation soit arrivée pour nous voir.
07:08Nous avons attendu longtemps Steve Witkoff et Jared Kushner
07:11et nous remercions le président Trump de leur avoir permis de venir.
07:15Pour nous, c'est important en termes d'autorisation, en termes de sécurité.
07:19J'ai le boutin, je pense qu'ils ont essayé de rattraper le coup
07:21en disant que les pourparlers avaient été satisfaisants.
07:24Moscou hier, Kiev aujourd'hui, est-ce que ça a fait avancer quoi que ce soit ?
07:28Rien du tout.
07:30Ces allers-retours se caractérisent par le fait qu'il n'y a jamais rien à commenter dedans.
07:37C'est-à-dire qu'on ne peut pas débattre de points précis,
07:40se demander dans quelle mesure la Russie pourrait lâcher un peu de grâce ou quelque chose.
07:44Pas du tout, puisque les attentes restent les mêmes.
07:48Vladimir Poutine veut la soumission de l'Ukraine.
07:51prétendre qu'il y aura une négociation possible autour de ça, c'est faux.
07:55C'est vraiment se leurrer.
07:57Au niveau français, on a quand même le RN et l'EFI
08:00qui encore se bercent de l'idée que la négociation pourrait permettre de sortir de la crise.
08:05Mais Vladimir Poutine, il n'en veut pas.
08:08Et donc, dans ces conditions-là, c'est ça que je veux dire,
08:10c'est dans ces conditions-là, sur quoi voulez-vous négocier ?
08:13Michel Fayad, ils ont parlé aussi de projets économiques.
08:16C'est vrai qu'on peut se dire aussi, à un moment donné,
08:18les Etats-Unis sont en train de gérer leur propre business,
08:20mais ne veulent pas du tout résoudre la guerre.
08:22Bien sûr.
08:23Je pense que pour les Américains, le scénario est très clair.
08:27Ils veulent mettre fin à cette guerre,
08:29parce que cette guerre, finalement,
08:31elle les empêche de faire du business avec la Russie.
08:35Ça, c'est une chose.
08:36Et de l'autre côté, vous avez entendu peut-être Donald Trump hier,
08:39ou avant-hier, dire qu'ils souhaitent que les Européens remboursent
08:43ce que Biden a donné pour l'Ukraine.
08:45Il a parlé de centaines de milliards.
08:47En réalité, il y avait 121 milliards.
08:49Donc, on n'est pas à plusieurs centaines de milliards.
08:51Mais il n'empêche, il est en train de dire
08:52« Donnez-moi l'argent que Biden a dépensé »,
08:55alors qu'il n'y a aucune commande,
08:56il n'y avait aucun document, enfin tout ça, c'était...
08:58Mais là où je suis peut-être un petit peu différent,
09:00c'est que je pense que si Poutine est jusqu'au boutiste,
09:03c'est vrai,
09:03je pense que Zelensky aussi est jusqu'au boutiste.
09:06C'est une guerre, en réalité,
09:08où on ne comprend pas très bien non plus où l'Ukraine va.
09:10Parce que finalement, sa population est en train de mourir,
09:13l'un après l'autre,
09:14sachant qu'ils ne vont pas gagner cette bataille, cette guerre.
09:16Mais quelle est l'offre russe en face ?
09:18C'est ça le problème ?
09:19Non, mais je suis d'accord.
09:20Les Russes sont jusqu'au boutiste,
09:21mais les Ukrainiens aussi.
09:22C'est-à-dire, les Russes à la rigueur,
09:23au moins, ils n'ont pas fait la mobilisation générale.
09:26Les Ukrainiens, ils ont perdu plein d'hommes
09:28et continuent de mourir chaque jour.
09:30Un grand merci Gilles Boutin,
09:32un grand merci Michel Fayat de m'avoir accompagné
09:33dans cette première partie d'Europe 1 Soir.
09:35J'en profite pour vous rappeler
09:36que c'est la rentrée de la grande famille Europe 1.
09:39Retrouvez Pascal Praud pour deux rendez-vous par jour sur Europe 1.
09:42D'abord, l'heure des pros,
09:43en co-diffusion avec CNews,
09:44désormais de 9h à 11h.
09:46Et Pascal Praud et vous,
09:47l'après-midi de 16h à 18h,
09:49pour vous donner la parole
09:51et débattre de l'actualité sur Europe 1.
09:53Votre parole compte.
09:54N'hésitez pas à appeler Pascal Praud
09:55au 01-80-20-39-21.
09:58Appel non surtaxé.
10:00Chers auditeurs, ne bougez pas.
10:01Dans un instant, nous parlerons
10:02de cette victoire de l'AFD en Allemagne
10:05dans l'élection régionale.
10:06A tout de suite sur Europe 1.
10:0918h, 20h, Europe 1 Soir.