- il y a 2 minutes
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Et à covoiturer.
00:01Europe 1 Soir, 18h, 20h, Maël Laurent.
00:05Deuxième heure d'Europe 1 Soir avec jusqu'à 20h les analyses toujours très acérées de Jules Torres, journaliste politique
00:10au JDD.
00:10Bonsoir Jules.
00:11Bonsoir Maël, bonsoir à tous.
00:12Celle également de Sébastien Lignier, chroniqueur et journaliste politique.
00:15Bonsoir Sébastien.
00:16Bonsoir Maël.
00:16Et puis je salue Mathieu Boeche, bonsoir à vous.
00:19Bonsoir Maël.
00:20Merci d'avoir accepté l'invitation d'Europe 1 Soir.
00:22Vous êtes entrepreneur, entrepreneur de la tech, consultant également à la tête aussi du think tank.
00:27Donc 300 pour la France qui réunit des chefs d'entreprise.
00:30Et fort de ces échanges et de cette expérience, vous nous proposez votre premier livre France 2X.
00:35Avec, je le précise, des parrains de choix, des écrivains comme Alexandre Jardin, des politiques d'hier ou d'aujourd
00:41'hui comme Renaud Dutraillère, Vénovelli ou encore Christelle Morancet.
00:44Il et elle vous soutiennent dans cette conviction qu'il faut changer collectivement.
00:48A commencer par ceux qui nous dirigent.
00:50Ça n'est pas comment on se partage le gâteau de l'économie française, mais plutôt comment on le fait
00:55grossir.
00:56Oui, tout à fait. Je rajouterai aussi les supports que j'ai reçus aujourd'hui et de mes amis Pierre
01:00Gattaz et Alain Madelin qui ont reconnu dans mon livre France 2X quelque chose de salutaire.
01:06Et avant d'en dire un petit peu plus sur les solutions que j'apporte dans mon livre, je voulais
01:09aussi donner un petit peu de contexte.
01:11Pour moi, cette solution et le sous-titre du livre, c'est « Et si la France doublait sa richesse
01:16en 10 ans », elle est dans un contexte qui est historique.
01:18Ça, c'est l'objectif que vous vous donnez parce que vous dites que pour avoir ce redressement, pour l
01:23'obtenir, il y a une conviction forte, une condition plutôt d'avoir un cap, une boussole.
01:28Sinon, vous dites qu'on est désorienté et ça ne marche pas.
01:30Exactement. En fait, on prend la croissance comme une donnée exogène, comme si c'était un petit peu la météo.
01:35Alors qu'en fait, la croissance, c'est quelque chose qu'on peut décider.
01:38On peut organiser notre pays, nos institutions pour se remettre en ordre de marche et retrouver cette croissance.
01:44Emmanuel Macron n'est pas vraiment d'accord avec vous. Pour lui, il écoute de l'énergie qui explose et
01:48qui plombe l'économie française.
01:49Il dit « Ce n'est pas moi, c'est le détroit d'Ormose ».
01:51Ok. Moi, ça ne m'intéresse pas beaucoup. Ça fait 50 ans qu'on a fait le choix de la
01:55répartition plutôt que de la production.
01:57On a fait ça et les résultats sont très mauvais. Tout le monde le dit.
02:01Aujourd'hui, mon même proposition, elle arrive à point nommé dans l'actualité, mais ce n'est pas du tout
02:04une réaction à l'actualité.
02:05C'est la réaction à un pays qui s'est habitué à stagner, qui s'est habitué à son déclin.
02:10Et finalement, collectivement, en France, il y a une idée qui est répandue un peu chez tout le monde, même
02:14chez les plus optimistes un petit peu,
02:17c'est que le déclin de la France est inéluctable, ou peut-être même sa stagnation.
02:21Et certains ont même érigé en idéologie la décroissance, en nous montrant qu'il serait même quelque chose de bon
02:27pour la planète, pour tout le monde.
02:29Les écologistes notamment.
02:30Exactement. Donc, ce livre, il s'inscrit complètement en porte-à-faux avec ça, en disant que la solution pour
02:36la France, c'est la croissance,
02:37parce qu'on fait face à de plus en plus d'engagements. On en parle tous les jours, évidemment, les
02:41retraites, les services publics, etc.
02:43Et face à ces engagements, on propose en face 0,5% de croissance.
02:47Les croissants ne tiennent pas. Donc, la seule solution, c'est la croissance.
02:50Une solution particulièrement ambitieuse, parce que j'ai réalisé que quand vous proposez de faire x2 en 10 ans, j
02:56'ai pris mon petit Excel,
02:57ça veut dire dégager une croissance annuelle moyenne de plus de 7%, ce qui est quand même 9 fois plus
03:03que la performance réalisée par la France depuis 10 ans,
03:06et surtout un chiffre qu'on n'a jamais atteint, jamais même pendant les 30 Glorieuses.
03:10Oui. Alors, on n'était pas loin pendant les 30 Glorieuses. Il y a d'autres pays qui ont fait
03:13des rebondissements extraordinaires,
03:16comme la Corée du Sud, Singapour. Il y a eu plein d'exemples historiques,
03:20mais c'est vrai que dans une économie mature comme la France, ça n'a jamais été le cas.
03:23Et pourtant, la France, en fait, c'est une économie qui a un potentiel énorme.
03:26Aujourd'hui, elle est empêchée, on le dit très souvent, par des milliers de normes, des réglementations qui nous empêchent
03:31d'avancer.
03:32Elle est empêchée aussi par un taux de prélèvement qui est le plus élevé de l'OCDE, par un coût
03:37du travail qui est exorbitant.
03:38Et pourtant, derrière, il y a tout un pays qui est prêt à se battre, prêt à y aller.
03:41Et c'est ce potentiel de croissance qu'on va libérer.
03:44Et vous en parlez dans le livre de tous les atouts de l'économie française, un peu les atouts qu
03:47'on cite en permanence,
03:49les centrales nucléaires, les infrastructures, les chercheurs.
03:52Mais ça, on les avait déjà il y a dix ans, depuis dix ans.
03:55Et pire, on est plutôt sur la voie du déclin sur chacun de ces atouts.
03:58Nos centrales qui sont à l'arrêt et qui sont contraintes sur le prix de vente de l'électricité,
04:02nos infrastructures et nos services publics qui sont déclinants,
04:04nos chercheurs qui partent à l'étranger où ils seront mieux payés, ça part mal pour dégager 7% de
04:09croissance par an.
04:10Alors, il va falloir commencer par avoir du courage.
04:12Pour moi, le premier courage à avoir, c'est d'être ambitieux pour notre pays.
04:15Si on aime la France, on ne peut pas se satisfaire du déclin ou de la stagnation.
04:20Il y a des pays qui sont en train d'exploser, l'intelligence artificielle ouvre une opportunité historique
04:24et nous, on va regarder passer les trains, c'est inacceptable.
04:27Cette ambition est de nous amener à penser de façon différente.
04:30Dans le livre, je dégage des ressources pour la croissance qui sont hors de France.
04:34La France, c'est 1% des habitants du monde.
04:37On est 70 millions sur 8 ou 9 milliards.
04:39Dans le livre, j'explique tout simplement.
04:41On va attirer les capitaux mondiaux.
04:43On va faire un dumping comme jamais pour que dans les secteurs d'avenir,
04:46ceux aujourd'hui où on n'est pas bon, l'IA, les robots, la biotech, etc., on accueille les capitaux.
04:52Pareil pour les talents.
04:53On va faire un dumping extraordinaire pour que tous les talents mondiaux veuillent venir travailler,
04:58entreprendre, chercher, réussir en France.
05:00Évidemment, on va se heurter à l'Europe.
05:02On va dire non, ça, ce n'est pas possible.
05:03Moi, je dis qu'il va falloir aussi une discussion avec l'Europe.
05:06Tout ce qui est bon de l'Europe, moi, ça me va.
05:07Par contre, ce qui empêche la France de réussir, il faut arriver à le mettre sur la table,
05:11parce que la France mérite de réussir.
05:13Jules Torres.
05:14Non, mais je suis d'accord avec vous.
05:15C'est vrai qu'on a l'impression qu'il n'y a rien qui marche en France.
05:17Et ça m'a intéressé quand Maël et vous avez parlé, notamment, des personnes qui vous soutiennent,
05:21que ce soit Christelle Morancet, que ce soit M. Novelli, M. Dutreuil, M. Gattaz.
05:25On voit bien qu'il y a une sorte de maturité, pour reprendre un mot que vous avez utilisé,
05:29de maturité sur la baisse de la dépense publique.
05:31Il y a quelque chose qui, aujourd'hui, dans le personnel politique,
05:33tout le monde s'accorde à dire, en tout cas, dans une grande majorité,
05:36qu'il faut baisser la dépense publique.
05:38Mais, justement, sur la question de la productivité,
05:40est-ce que vous avez l'impression que cette maturité est au même niveau ?
05:43Ou qu'au contraire, dans le discours, on n'est plus sur
05:45il faut baisser la dépense publique dans les agences,
05:48sur la question de l'immigration, sur la contribution à l'européenne,
05:50mais de l'autre côté de la productivité,
05:52il y a peut-être un écueil qui n'est pas utilisé par le personnel politique ?
05:55Et mettre à l'arrêt la réforme des retraites quand on la vote.
05:57En fait, tout ce débat sur la baisse de la dépense publique,
06:00pour moi, il est complètement légitime, il faut l'avoir,
06:02mais il prend une place démesurée dans le débat public,
06:04à 99,9% du temps d'antenne,
06:07alors que le sujet de la production devait être,
06:09à minimum, équivalent, parce qu'on ne peut répartir que ce qu'on produit.
06:12Ça, c'est extrêmement important.
06:14Donc, ça, c'est un petit peu l'approche que j'ai prise sur ce sujet.
06:18Vous en arrivez également à la question de notre modèle social dans le livre.
06:21Pour que la France reprenne une forme de leadership,
06:24vous assumez qu'il faut adapter,
06:25et quand je dis adapter, c'est peut-être abandonner le modèle ultra généreux,
06:29ultra protecteur, ultra redistributif du modèle social français.
06:33C'est ça derrière ce que vous appelez le financement du modèle social, un peu pudiquement.
06:37Ça veut dire quoi, concrètement ?
06:39Ce n'est pas un sujet que j'aborde directement dans le livre.
06:41Je pense que ce sujet, il est plutôt politique,
06:43et moi, je ne me pose pas du tout dans le champ politique.
06:45Le plan France 2X, c'est un plan de croissance,
06:47très fort, comme vous l'avez expliqué.
06:49Je précise que ce n'est pas une prédiction, c'est un objectif.
06:51Je pense que si la France, comme une entreprise, se donne un objectif très haut,
06:54on va vite découvrir où sont les blocages et où on peut agir.
06:57Moi, ça, c'est mon sujet.
06:58Une fois qu'on aura créé cette croissance,
07:00il y a un sujet politique qui est sa répartition,
07:02la justice, le modèle social, etc.
07:04Moi, je ne rentre pas sur ce terrain-là.
07:06Par contre, je suis vraiment volontaire pour venir aider le pays à produire plus de richesses.
07:11Sébastien Lénier.
07:12On dit souvent que pour les entrepreneurs, pour qu'on investisse en France,
07:15pour qu'on produise en France, il y a un élément structurant qui manque aujourd'hui,
07:19c'est celui de la confiance.
07:20Quand on voit la situation politique depuis maintenant la dissolution,
07:24le fait qu'en effet, plus aucun budget ne soit capable d'être voté,
07:28que quand on passe un budget, c'est en forçant et en renonçant à toute tentative,
07:33intention un peu courageuse de remettre un peu d'ordre,
07:35on se demande quand même si tout ce que vous proposez n'est pas ultra dépendant d'une seule chose,
07:41c'est la volonté politique, la couleur politique et le programme politique qui dirige la France.
07:45Est-ce que vous pensez que quand vous regardez un petit peu autour de vous
07:49et que vous faites l'inventaire des propositions et des personnalités politiques,
07:52est-ce que vous dites, tiens, il y a des personnalités qui sont capables de porter ce projet ?
07:57Moi, je pense que les personnalités politiques,
07:59elles sont capables de suivre tout ce que le peuple français voudra en grande majorité.
08:03C'est quelque chose qu'on démontre.
08:05On a lancé un sondage avec 300 pour la France, avec Opinion Way,
08:08qui montre que dans le livre, il y a une idée très disruptive,
08:10qui est de créer une ville du futur, une ville laboratoire,
08:12avec une tour de 2 km de haut,
08:14un endroit qui serait fait pour innover, pour accueillir justement cette recherche.
08:18Et on a posé la question aux Français.
08:19Ils sont 82% à vouloir cette ville laboratoire toute neuve,
08:24quelles que soient les sensibilités politiques.
08:26Ça montre bien qu'il faut arriver à raisonner aussi,
08:28hors des séparations partisanes qu'on met tout le temps en scène.
08:32Les Français sont d'accord sur des choses beaucoup plus avant-gardistes,
08:35et disruptives qu'on ne veut bien le penser.
08:38Sur les normes, sur les délais, sur la culture administrative,
08:41ça vous y revenez dans le livre.
08:43Vous dites que les patrons, ils ne sont pas en colère,
08:45ils sont surtout fatigués par cette pesanteur administrative.
08:48Mathieu Boech.
08:49Bien sûr, les normes, les délais, ça coûte du temps,
08:52et tout ce qui coûte du temps,
08:53comme on dit, le temps c'est de l'argent,
08:55et c'est un coût de l'économie française
08:57qui s'additionne à tout ce que j'ai expliqué tout à l'heure,
08:59le coût du travail, etc.
09:00Ce temps pour ouvrir une usine, pour innover,
09:03pour mettre en place des équipes, etc.,
09:05c'est peut-être des investissements qui partiront à l'étranger,
09:07qui ne se feront pas en France,
09:08ou des projets qui sont moins rentables.
09:10Parce que si l'économie française n'est pas capable
09:12d'encaisser le choc énergétique actuel,
09:13c'est aussi parce que les marges des entreprises
09:15sont bien inférieures aux autres pays,
09:17notamment européens.
09:18On est à plus de 20% en dessous de la moyenne européenne
09:21en termes de marge des entreprises moyennes.
09:23Justement, vous vous projetez sur la France de 2050.
09:25À quoi est-ce qu'elle ressemblerait
09:27si nous ne faisons rien,
09:28si nous ne prenons pas le virage
09:29que vous appelez de vos voeux ?
09:30Alors, si nous ne faisons rien,
09:31ça va ressembler à quelque chose
09:32entre, on va dire, un EHPAD et un camp de loisirs,
09:36on va dire comme ça, et un musée.
09:38Alors, vous pouvez à peu près vous projeter
09:40sur quoi ça va être.
09:41Les jeunes vont vouloir partir encore plus,
09:43les créateurs vont vouloir partir.
09:45Et je ne suis pas très optimiste,
09:46parce qu'il risque d'avoir aussi
09:47des soubresauts politiques d'ici là.
09:50Je ne sais pas si ça va être un long fleuve tranquille.
09:52Par contre, si on prend les bonnes décisions,
09:54qu'on suit mes recommandations
09:55ou celles d'autres entrepreneurs
09:56qui peuvent se joindre au débat sur la croissance,
09:59on va vivre dans une France magnifique
10:00où tous les Français vont vouloir
10:02rester en vacances,
10:03que leurs enfants restent étudiés en France,
10:05réussissent en France.
10:06Parce que la France,
10:07je veux dire aussi ça,
10:08c'est très important,
10:09c'est un pays magnifique
10:11qui est idéalisé,
10:12admiré dans le monde entier.
10:14Et le monde attend que la France se réveille.
10:16Et je pense que les Français,
10:17c'est un peuple fier,
10:18chauvin, comme on dit.
10:19Et les Français doivent maintenant se réveiller
10:21et exiger aussi du personnel politique
10:23d'arrêter ce petit débat comptable
10:24sur la colonne de gauche,
10:26la colonne de droite,
10:26en méritent beaucoup.
10:27Jules Torres qui est toujours très réveillé.
10:28Oui, mais justement,
10:29c'est le problème,
10:30c'est que dans notre personnel politique,
10:32on a un petit peu tendance à,
10:33en effet,
10:34regarder dans la case des moins,
10:35regarder dans la case des plus.
10:36Et je crois que depuis 1974,
10:38la France n'a pas voté
10:39un budget à l'équilibre.
10:41Donc c'est vrai que
10:43ce débat,
10:43il est passionnant,
10:44il est extrêmement intéressant.
10:45Mais il y a une réalité
10:46qui est la réelle politique
10:48et qui fait qu'on a aujourd'hui
10:49des politiques
10:50qui sont bien souvent
10:51dans une doctrine socialiste.
10:53On l'a vu lors du dernier budget,
10:54on le verra lors du prochain,
10:56de l'examen du budget.
10:58Mais comment on fait
10:58pour sortir de tout cela
10:59quand on n'a pas,
11:00comment on fait pour,
11:01comment dire,
11:02faire votre programme,
11:04votre nouvelle ville,
11:04votre nouvelle université ?
11:06Du dumping,
11:07c'est-à-dire se priver
11:08peut-être à court terme
11:08de recettes fiscales.
11:10Et quand il n'y a pas
11:10d'assemblée nationale
11:11où il y a une majorité absolue.
11:12Par exemple,
11:12ça c'est quelque chose
11:13d'assez concret.
11:14Très concrètement,
11:16la question du projet France 2X
11:17va être portée
11:18dans l'application
11:18au référendum citoyen
11:20d'Alexandre Jardin.
11:21Et ça,
11:21c'est une façon très directe
11:22de demander aux Français
11:23ce qu'ils en pensent.
11:24Comme je l'ai dit,
11:25majoritairement,
11:25ils veulent qu'on relève la tête
11:26et ça,
11:27ça s'imposera au pays.
11:28Merci d'avoir été avec nous
11:29pour cet Europe 1 Soir.
11:30Mathieu Boech,
11:31entrepreneur et auteur
11:32de France 2X
11:33et si la France
11:34doublait sa richesse
11:35en 10 ans,
11:36édité par votre think tank
11:37300 pour la France.
11:39Merci encore d'avoir été
11:39avec nous.
11:40Jules Torres,
11:41Sébastien Ligny.
11:42On vous retrouve juste après la pub.
11:43On poursuit nos débats
11:44dans l'Europe 1 Soir.
Commentaires