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La guerre en Irak révèle une autre face de la riposte américaine : prisons secrètes et interrogatoires "renforcés" installent la CIA dans une logique de torture qui alimente le ressentiment contre les Etats-Unis. Loin d'affaiblir le djihadisme, cette stratégie contribue à faire émerger Al-Qaïda en Irak, autour d'Abou Moussab Al-Zarkaoui, nouveau visage de la terreur avant sa mort en 2006. Sous Obama, l'Agence recentre ensuite toute son énergie sur la traque de Ben Laden. Après avoir perdu plusieurs agents dans une opération secrète, la CIA remonte la piste de leur ennemi au Pakistan, localise sa cachette à Abbottabad et ouvre la voie à l'opération Trident de Neptune, qui met fin à dix ans de traque.
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00:0318 mois après les attentats du 11 septembre, la guerre contre la terreur bascule de l'Afghanistan vers l'Irak.
00:13A l'époque, l'opinion publique était très favorable à la guerre.
00:20Très vatanguerre même.
00:24On va être accueillis en libérateurs.
00:28Ce sera réglé, on n'a rien de temps.
00:30Une promenade de santé.
00:38Et ça a été un désastre total.
00:43On nous a gavés de mensonges.
00:46C'était comme tomber dans le terrier du lapin d'Alice au Pays des Merveilles, là où le blanc est
00:51noir et le noir est blanc.
01:12Comme en Afghanistan 18 mois plus tôt, l'Irak tombe aux mains de l'armée américaine en quelques semaines.
01:19Mais à peine Saddam Hussein renversé, une série d'échecs et de scandales débute pour la Maison-Blanche et la
01:25CIA.
01:27La guerre contre la terreur voulue par l'Amérique se retourne contre elle.
01:32En Afghanistan, la lutte contre le terrorisme était menée par la CIA.
01:37L'Irak, c'était une toute autre affaire.
01:41L'armée américaine y a conduit une invasion très conventionnelle.
01:46Et on s'est retrouvés dans une situation très étrange, je dirais.
01:51On a installé l'autorité provisoire de la coalition, un gouvernement de transition dirigé par un Américain.
02:02Bush envoie Paul Bremer, un acolyte d'Henri Kissinger, pour être le vice-roi américain de l'Irak.
02:17The coalition forces did not come to colonize Iraq.
02:21We came to overthrow a despotic regime.
02:25That we've done.
02:26Now, our job is to turn and help the Iraqi people regain control of their own destiny.
02:33Thank you very much.
02:38Bremer, seul, sans aucune coordination avec le département d'Etat ni avec la CIA, promulgue deux décrets.
02:48Ses deux premiers actes en tant que vice-roi impérial d'Irak.
02:53Le parti basse, qui était le ciment du pays, est dissous.
02:58Et l'armée irakienne doit être désarmée.
03:04Pour être cadre, pas seulement dans l'administration, mais aussi professeur d'université ou chef d'entreprise,
03:10il fallait être membre du parti basse.
03:14L'une des premières décisions de l'administration Bush est de démanteler toute cette infrastructure,
03:20de renvoyer ces gens chez eux, de les priver brutalement de revenus,
03:23provoquant rancune et colère.
03:25C'était réunir toutes les conditions pour qu'une insurrection éclate.
03:38Cette décision, ceux d'entre nous qui étaient sur le terrain n'en voulaient pas.
03:42Je me souviens que Charlie Seidel, le chef de station, était furieux.
03:46Et je sais de source sûre qu'il l'a fait savoir très clairement à Paul Bremer et à d
03:50'autres.
03:52Seidel est probablement l'arabisan le plus expérimenté de toute la CIA,
03:57voire de tout le gouvernement américain.
04:02Il se rend chez Bremer, monte les marches de son palais 4 à 4 et lui dit
04:07« D'abord, ne faites pas ça.
04:11Et si vous le faites quand même, vous aurez 50 000 ennemis dans la ville avant la tombée de la
04:16nuit. »
04:31Un autre cas dans lequel des renseignements de la CIA sont en train de se débrouiller.
04:35Un autre cas dans lequel des renseignements de la CIA sont en train de se débrouiller.
04:45Un autre cas dans lequel des renseignements de la CIA ont été ignorés.
04:49Ce n'est pas la première fois, ni la dernière.
04:56Cette décision marque un tournant dans la guerre.
05:00Du jour au lendemain, des centaines de milliers de fonctionnaires sont licenciés,
05:05sans espoir de participer à la construction d'un nouvel Irak.
05:09Les militaires irakiens sont démobilisés,
05:12mais personne n'a pris soin de récupérer leurs armes.
05:32Ils détestaient peut-être Saddam,
05:34mais maintenant, ils détestent les Américains.
05:37« Oui, nous avons commis une erreur en interdisant le parti basse.
05:42D'une certaine manière, c'était la formule parfaite pour une insurrection. »
05:48« Très rapidement, dans les deux mois qui ont suivi l'invasion,
05:54notre mission en Irak a basculé vers le contre-terrorisme.
05:58Quand la violence a explosé,
06:00quand l'euphorie de la libération s'est dissipée
06:04et que les éléments de l'ancien régime ont commencé à attaquer. »
06:33« Je suis rentré au bout de six mois. »
06:39« À mon retour, j'ai développé un syndrome de stress post-traumatique.
06:47Je voyais des cadavres, des tripes, de la cervelle.
06:50J'avais du mal à dormir, je faisais des cauchemars.
06:56Ce syndrome venait de ce que j'avais vu,
06:58et peut-être de ce que j'avais fait.
07:01Tous ces morts que j'ai vus de près.
07:05Je ne pense pas que quiconque soit vraiment préparé à ça.
07:10Je n'étais pas militaire,
07:11j'étais un officier de la CIA, arabophone,
07:15un patriote qui s'était porté volontaire.
07:18Mais voir des gens mourir devant vous,
07:22que vous pensiez être préparé ou pas,
07:24c'est autre chose. »
07:35À cette époque, les relations entre la CIA et la Maison-Blanche étaient tendues.
07:42Le Pentagone et le secrétaire à la Défense,
07:45Donald Rumsfeld, soutenaient que non,
07:48que ce n'était qu'une poignée de jusqu'au-boutistes,
07:51des bassistes désespérés,
07:53et que tout ça allait très vite disparaître.
08:17En niant l'évidence,
08:18l'administration Bush cherche à garder la maîtrise du récit.
08:25Mais aux États-Unis, dès l'invasion,
08:27des journalistes et certains espions de la CIA
08:30s'interrogent ouvertement sur le discours de Colin Powell à l'ONU.
08:34Et si l'administration Bush avait menti depuis le début ?
08:39« En 2003, nous avons passé beaucoup de temps, nous, journalistes,
08:43à examiner les éléments de preuves avancées
08:45pour démontrer l'existence d'un programme d'armes de destruction massive en Irak.
08:53L'un des arguments les plus convaincants
08:55que Colin Powell a présenté
08:57et que l'administration nous répétait sans cesse,
09:00c'était ces fameux laboratoires mobiles d'armes biologiques.
09:06La source de cette information
09:08était un transfuge dont le nom de code était « curveball ».
09:28Certains d'entre nous, à la CIA,
09:30voulaient savoir qui était ce « curveball ».
09:35Alors, je suis allé en Irak pour enquêter.
09:43Sa famille vivait toujours à Bagdad.
09:46Nous voulions leur parler,
09:48ils en savaient plus que quiconque sur son passé.
09:54Ils nous ont dit qu'il avait quitté son poste d'ingénieur chimiste
09:58depuis des années.
10:01Or, ce n'est pas ce qu'il avait déclaré aux Allemands.
10:04Lui prétendait avoir continué à travailler
10:06dans ce centre d'ingénierie jusqu'en mars 1999,
10:10date à laquelle il aurait quitté l'Irak pour l'Europe
10:13et fini par atterrir en Allemagne.
10:17La famille contredisait donc son récit
10:19sur plusieurs points essentiels.
10:21À ce stade, nous savions que tout cela n'était qu'une invention.
10:27Rien de tout cela n'était vrai.
10:31On s'est fait avoir.
10:34On s'est laissé convaincre de l'existence d'une menace
10:36par un informateur très imaginatif
10:39et finalement très trompeur.
10:47J'ai rédigé un rapport de terrain
10:49à la conclusion sans appel.
10:51Curveball était un affabulateur.
10:54Tout ce qu'il avait dit, il l'avait inventé.
10:59Je suis rentré au siège de la CIA.
11:02Je savais qu'on m'en voulait.
11:04Mais je voulais que ce rapport soit publié.
11:06On ne m'en a pas laissé la possibilité.
11:17À la Maison-Blanche,
11:19certains martelaient le discours officiel
11:21parce qu'ils avaient besoin qu'il soit vrai,
11:24politiquement parlant.
11:27Si vous ne souteniez pas l'administration,
11:29vous faisiez le jeu des terroristes.
11:31Vous étiez un citoyen suspect,
11:33pas un bon patriote.
11:38S'opposer à l'aversion officielle,
11:41c'était prendre un risque.
11:46Mon mari Joe et moi,
11:48on a été dépeints comme des traîtres
11:51et des menteurs.
11:53C'était ridicule, mais douloureux.
12:00Début 2002,
12:01moins d'un an avant l'invasion de l'Irak,
12:03Valérie Plame travaille clandestinement
12:05pour la CIA.
12:07Elle est mariée à Joseph Wilson,
12:09un haut diplomate américain.
12:12La CIA demande à son mari
12:14de vérifier si,
12:15comme l'affirme la Maison-Blanche,
12:17Saddam Hussein cherche à se doter
12:19de l'arme nucléaire.
12:22Le dictateur aurait essayé
12:23d'acheter de l'uranium au Niger,
12:26un pays que Joseph Wilson connaît bien.
12:29Un jour, mon supérieur m'a demandé
12:33si mon mari,
12:34l'ambassadeur Joe Wilson,
12:37pourrait passer au siège
12:39la semaine suivante
12:40pour une réunion.
12:42J'ai dit oui, évidemment.
12:48Joe a expliqué lors de cette réunion
12:52que d'autres hauts responsables américains
12:54sur le terrain
12:56avaient totalement écarté
12:57ces informations
12:58sur l'uranium enrichi.
13:00C'est absurde.
13:02Mais il a ajouté,
13:03écoutez,
13:04si vous voulez vraiment que j'y aille,
13:05j'irai.
13:06Nous sommes des serviteurs de l'État.
13:08Nous sommes là
13:09pour servir notre pays, bien sûr.
13:12Joe Wilson s'est donc rendu au Niger
13:14à rencontrer les officiels
13:16qu'il connaissait.
13:18Leur réponse était claire.
13:20Tout ça était faux.
13:21Nous n'avons rien vendu à l'Irak.
13:25Joe est rentré
13:26et a transmis ses conclusions
13:29à l'agence
13:30qui les a transmises
13:32à la Maison-Blanche.
13:35Honnêtement,
13:36à ce moment-là,
13:37nous pensions tous les deux
13:38très bien.
13:39Une question a été posée,
13:40on y a répondu,
13:42point final.
13:46Jusqu'à...
13:51Janvier 2003,
13:53quand le président Bush
13:55a prononcé son discours
13:56sur l'État de l'Union.
13:59The British government
14:00has learned
14:01that Saddam Hussein
14:02recently sought
14:02significant quantities
14:04of uranium
14:04from Africa.
14:08Our intelligence sources
14:09tell us
14:09that he has attempted
14:10to purchase
14:11high-strength
14:11aluminum tubes
14:12suitable for
14:13nuclear weapons production.
14:16Saddam Hussein
14:16has not credibly
14:18explained
14:18these activities.
14:21He clearly
14:22has much to hide.
14:29Dès que le président
14:30a prononcé
14:31ses 16 mots infâmes
14:32sur les tentatives
14:33de Saddam Hussein
14:34d'acquérir
14:34de l'uranium enrichi,
14:37Joe a contacté
14:37ses anciens collègues
14:38du département d'État,
14:39des collaborateurs
14:41et des élus du Congrès
14:42pour comprendre
14:43ce qui se cachait
14:44derrière tout ça.
14:47Joe Wilson
14:48était en colère.
14:49Il se disait,
14:50attendez,
14:51la CIA ne l'aura pas
14:52transmis mon rapport ?
14:53Alors il a commencé
14:54à comprendre
14:55que quelqu'un
14:56manipulait
14:56et détournait
14:57son travail.
14:58On lui a dit,
15:00hey mon pote,
15:01si tu veux faire
15:02quoi que ce soit
15:03à ce sujet,
15:03tu vas devoir
15:04te débrouiller tout seul.
15:06C'est comme ça.
15:07Tu dois faire avec.
15:11Quatre mois
15:11après le début
15:12de la guerre,
15:13Joe Wilson décide,
15:14malgré les risques,
15:15de mettre
15:16l'administration Bush
15:17face à ces mensonges.
15:19Ce que je n'ai pas
15:20trouvé en Afrique,
15:21c'est le titre
15:22de la tribune
15:23qu'il a publié
15:24en juillet 2003.
15:28Et ça a vraiment
15:29fait polémique.
15:30La Maison-Blanche
15:31était très en colère.
15:33Ils ont alors commencé
15:35à cibler sa femme,
15:36Valérie,
15:37qui travaillait sous couverture
15:39à la CIA.
15:43Une semaine après la publication
15:45de la tribune de Joe,
15:48un chroniqueur conservateur,
15:50Robert Novak,
15:53révèle dans un article
15:54que la femme de Joe Wilson,
15:56Valérie Clame,
15:58travaille pour la CIA.
16:04Ça a été un véritable coup de poing
16:06en plein ventre.
16:09Les seuls à savoir
16:10que je travaillais
16:11pour la CIA,
16:11c'étaient mes parents
16:13et mon frère.
16:16C'est devenu alors
16:17un tourbillon politique
16:19et médiatique.
16:38C'est une faute
16:41extrêmement grave
16:42de révéler l'identité
16:43d'un agent de la CIA
16:44sous couverture.
16:47L'administration
16:48l'a fait délibérément,
16:49de manière malveillante,
16:51afin de discréditer
16:52quiconque osait contester
16:54l'existence
16:55d'armes de destruction
16:55massive en Irak.
17:00Soudain,
17:01notre adresse,
17:02nos noms,
17:04mon appartenance
17:05à la CIA,
17:06tout ça s'affiche partout.
17:08N'importe quel déséquilibré
17:10peut nous trouver.
17:10Je suis très inquiète
17:12pour la sécurité
17:13de mes enfants.
17:15Je suis allée
17:16à la CIA
17:17pour demander
17:18une protection renforcée
17:19au moins de notre domicile,
17:20mais ils ont refusé.
17:24C'était une terrible déception.
17:25C'est la première fois
17:32dans l'histoire
17:32de l'agence de renseignement
17:33que le nom d'un espion
17:35en activité
17:35est révélé
17:36par le pouvoir politique.
17:40Malgré ses contre-feux,
17:42Washington ne parvient plus
17:43à cacher les échecs
17:44de sa guerre
17:45contre la terreur.
17:47Deux ans après
17:48le 11 septembre,
17:49la traque de Ben Laden
17:50n'est plus une priorité
17:51de la CIA.
17:52Il reste introuvable.
17:56Et pire,
17:57son organisation
17:58Al-Qaïda
17:58se déploie maintenant
17:59en Irak
18:00pour y continuer
18:01sa guerre sainte
18:01contre l'Amérique.
18:05L'ironie dans tout ça,
18:06c'est qu'Al-Qaïda
18:07arrive en Irak
18:09quand l'Irak
18:09bascule dans le chaos total.
18:13C'est l'administration
18:14Bush
18:15qui a créé
18:15les conditions
18:16de cette présence.
18:18Al-Qaïda
18:19n'était pas en Irak
18:20quand les États-Unis
18:21l'ont envahi.
18:25À ce moment-là,
18:26je travaille
18:27pour la cellule
18:28dédiée à l'Irak.
18:31Et il y a
18:32des discussions
18:32au sujet
18:33d'Abou Moussab
18:36al-Zarkawi.
18:37En Irak,
18:38l'ennemi public
18:38numéro un
18:39est chef
18:40d'Al-Qaïda
18:40Abou Moussab
18:41Zarkawi.
18:42Le terroriste
18:43aux multiples visages
18:44est considéré
18:45par Washington
18:46comme le principal
18:47responsable
18:48des attentats
18:49commis en Irak.
19:07Les Américains
19:09sont incapables
19:11d'assurer
19:11les services
19:12les plus élémentaires.
19:16l'eau,
19:17l'électricité
19:18et le pays
19:19devient un enfer
19:20sous l'occupation
19:22américaine.
19:25Ça a été très facile
19:26pour Zarkawi
19:27de recruter
19:28des combattants
19:28et des terroristes
19:29dans les rangs
19:30d'Al-Qaïda
19:30en Irak.
19:36Nos analystes
19:37nous disaient
19:38qu'un nombre
19:38important
19:39de djihadistes
19:40du monde entier
19:42commençaient
19:42à affluer
19:43vers l'Irak.
19:50Voici l'homme
19:51qui défie
19:51depuis deux ans
19:52les Américains.
19:53Abou Moussab
19:55al-Zarkawi.
19:5625 millions
19:57de dollars,
19:58c'est ce que propose
19:59Washington
19:59à quiconque
20:00aiderait
20:01à sa capture.
20:05Les officiers
20:06de la CIA
20:06travaillaient
20:0724 heures
20:08sur 24,
20:097 jours
20:09sur 7
20:10pour recueillir
20:11le moindre
20:12renseignement
20:14et reconstituer
20:15pièce
20:15par pièce
20:16le mode
20:17de vie
20:17d'homme
20:18comme Zarkawi.
20:23Ce n'était
20:25qu'une question
20:25de temps
20:26avant que la CIA
20:27puisse localiser
20:28Zarkawi
20:28et finalement
20:29le tuer.
20:30et finalement
20:30de l'homme
20:31avec une
20:32500-lb
20:33bomb.
20:34Roger.
20:36Le target
20:36avait été
20:37fully engagé.
20:41L'année dernière
20:42dans l'Irak,
20:43les militaires
20:44militaires
20:45ont tué
20:45les terroristes
20:46et les militaires
20:50Zarkawi
20:50est mort.
20:52Mais la mission
20:53difficile et nécessaire
20:53continue à l'Irak
20:54continue.
20:57On peut
20:58attendre
20:58que les terroristes
20:59et les insurgents
21:00ne s'entraînent pas
21:00sans lui.
21:02On peut
21:02attendre
21:03que la violence
21:03sectaire
21:03continue.
21:04continue.
21:15La mort
21:15du chef
21:16d'Al-Qaïda
21:16en Irak
21:17est une victoire
21:17symbolique
21:18pour les Américains.
21:21Reste
21:21que les rangs
21:22d'Al-Qaïda
21:22continuent
21:23de grossir.
21:24Les attentats
21:25se multiplient
21:25sans qu'aucune
21:26intervention
21:26américaine
21:27ne parvienne
21:28à endiguer
21:28le phénomène.
21:31Après
21:32l'Afghanistan
21:32et l'Irak,
21:33d'autres pays
21:34sont touchés
21:35à leur tour
21:35par des attentats
21:36dont la Syrie.
21:39Je suis retourné
21:40au Moyen-Orient.
21:41La Syrie
21:42c'était mon
21:42affectation préférée.
21:46A bien des égards
21:47j'étais sorti
21:48de la chasse
21:49à Al-Qaïda.
21:51Je revenais
21:52à du renseignement
21:53plus traditionnel
21:54et ce n'était pas
21:56le fruit du hasard.
21:57J'avais effectué
21:58suffisamment
21:59de missions difficiles.
22:01Ça me faisait du bien
22:02de retrouver
22:02un poste
22:02où je rentrais
22:03voir ma famille
22:03tous les soirs.
22:08Le 12 septembre 2006
22:10n'a pas été
22:11une bonne journée.
22:15J'étais à l'ambassade
22:16américaine
22:16à Damas.
22:18Je me servais
22:19un café
22:19dans l'un des bureaux
22:24et là
22:25j'ai entendu
22:26des tirs
22:26d'armes automatiques.
22:32puis ça a été
22:33des explosions
22:33des grenades
22:34qui tombaient
22:35sur le toit
22:35de l'ambassade.
22:38Et une voiture
22:40piégée
22:40a explosé.
22:49C'était l'un de ces moments
22:50où votre vie
22:51défile devant vous.
23:05Après une attaque
23:06terroriste,
23:07l'une des premières
23:08choses à faire
23:09c'est recueillir
23:10l'ADN
23:10des assaillants
23:10pour identifier
23:11qui ils sont.
23:17L'un des kamikazes
23:18s'est fait exploser
23:19et son corps
23:20a été littéralement
23:21éparpillé partout.
23:23Alors pour l'enquête,
23:24j'ai ramassé
23:24un morceau de sa tête.
23:26Ça ressemblait
23:26à un bout de viande,
23:27un morceau de shawarma.
23:29Je l'ai mis
23:29dans un sac plastique
23:30et je l'ai jeté
23:31dans le congélateur
23:31de l'ambassade.
23:37Ce qui était drôle,
23:38c'est que plus tard,
23:39quelqu'un du contre-terrorisme
23:40m'a appelé.
23:41Il me dit,
23:42on nous dit que vous avez
23:42de l'ADN des assaillants,
23:43vous pouvez nous faire passer ça ?
23:45Je me suis demandé,
23:46mais où est-ce que j'ai mis
23:47ce truc ?
23:47Je crois que c'est dans le frigo.
23:49Les collègues m'ont dit,
23:50quoi ?
23:51Mais mon déjeuner
23:52est là-dedans tous les jours.
23:54Alors je suis allé
23:54dans le congélateur,
23:55je l'ai sorti.
23:56C'est là qu'était
23:57le morceau de la tête
23:57du Kamikaze.
24:00Cet attentat montre clairement
24:03que les États-Unis
24:05sont confrontés
24:06à des attaques terroristes
24:07contre les Américains
24:08et leurs installations
24:09de la Méditerranée
24:12jusqu'aux montagnes
24:14de l'Afghanistan.
24:16C'est la graine
24:18de l'État islamique,
24:20plantée par George Bush.
24:30L'emprise d'Al-Qaïda
24:31au Moyen-Orient
24:32n'est pas le seul problème
24:33de Washington.
24:39Au printemps 2004,
24:41après les mensonges
24:42sur les armes
24:42de destruction massive,
24:44la presse révèle
24:45un nouveau scandale
24:46de la guerre
24:46contre la terreur.
24:50La torture
24:51et l'humiliation
24:53perpétrées
24:53par des Américains
24:54dans la prison
24:55d'Abu Ghraib
24:55en Irak.
25:00Ces photos
25:01font l'effet
25:01d'une bombe.
25:02Elles viennent confirmer
25:04des rumeurs
25:04qui circulaient
25:05dans des rédactions
25:05américaines.
25:07La terreur
25:08n'est pas l'apanage
25:09d'un seul camp.
25:13J'ai commencé
25:14à entendre parler
25:15de prisons secrètes.
25:19On les appelait
25:20les Black Sides.
25:27Nous avons appris
25:28que le gouvernement
25:29avait classé
25:30les prisonniers
25:31dans la catégorie
25:33des combattants
25:34ennemis illégaux.
25:36Ils n'avaient pas
25:37le statut
25:38de prisonniers de guerre
25:40ni aux yeux
25:41de l'armée
25:41ni aux yeux
25:42de la CIA.
25:44Ce qui signifie
25:45qu'on pouvait
25:46les traiter autrement.
25:58mais personne
25:59au gouvernement
25:59n'a voulu nous dire
26:00quoi que ce soit
26:01parce que n'oubliez pas
26:03tout était confidentiel.
26:06J'ai continué
26:07à poser des questions
26:08sans cesse
26:12et il y a eu
26:14des gens prêts
26:14à nous en dire
26:15un peu plus.
26:17La torture
26:18ne fonctionne jamais.
26:20C'était une erreur
26:21stratégique,
26:22morale
26:22et éthique.
26:27Un jour,
26:28en arrivant
26:28sur un Black Sides,
26:31j'ai découvert
26:33les méthodes
26:33d'interrogatoire
26:34que certains agents
26:35de la CIA
26:35utilisaient
26:36sur les détenus.
26:40L'un des premiers
26:41détenus
26:42de grande valeur
26:42de la guerre
26:43contre le terrorisme
26:44s'appelait
26:45Abu Zubaydah.
26:49Comme beaucoup
26:50d'autres membres
26:51d'Al-Qaïda,
26:53Abu Zubaydah
26:54fuit l'Afghanistan
26:55après l'intervention
26:56américaine.
26:57Il est capturé
26:59au Pakistan.
27:01Le président Bush
27:02annonce aussitôt
27:03que ce type
27:04est le numéro 3
27:05d'Al-Qaïda.
27:09Ce n'était pas le cas.
27:11Il n'a jamais été
27:12le numéro 3
27:13d'Al-Qaïda.
27:14On pourrait le qualifier
27:15de maître logisticien.
27:17Donc,
27:17il a été embarqué
27:18dans un avion
27:19de la CIA
27:19et ils l'ont emmené
27:21sur un site
27:21en Thaïlande.
27:28On m'a chargé
27:29de rejoindre
27:29une équipe CIA
27:30pour l'interroger.
27:32Moi et un autre
27:33agent du FBI.
27:36Nous nous sommes rendus
27:37dans un endroit
27:38qui allait devenir
27:40l'un des fameux
27:42Black Sight.
27:45Ils l'ont amené
27:46et le patron
27:47de la CIA
27:48sur place
27:48nous a dit
27:48alors comment on procède
27:50qu'il interroge
27:52parce que nous
27:52on nous a dit
27:53que c'était
27:53une opération CIA.
27:59La torture
28:00d'Abou Zoubaïda
28:01qui a été filmée.
28:03Il y avait
28:03des officiers
28:04et des analystes
28:05de la CIA
28:06qui ont été témoins.
28:07Ils étaient en larmes.
28:10Ils ont été horrifiés
28:11par ce qu'ils ont vu.
28:14J'étais totalement
28:15sous le choc.
28:16J'ai dit
28:17c'est horrible les gars.
28:19Alors j'ai appelé
28:20le FBI,
28:20le bureau du directeur
28:21qui m'a dit
28:24écoutez
28:25on ne fait pas
28:26ce genre de choses
28:27au FBI
28:27donc vous rentrez.
28:39Je me souviens
28:40de ce jour-là.
28:42j'arrive au siège
28:44et je commence
28:44à voir tomber
28:45des messages
28:45envoyés depuis
28:46un black site
28:47une prison secrète.
28:49Des gens
28:50qui écrivent
28:51wow
28:51je ne me suis jamais
28:53engagé pour ça
28:54c'est de la torture
28:55je démissionne.
28:58Une secrétaire
28:59a assisté
28:59à une séance
29:00et s'est évanouie
29:01tellement elle était
29:01bouleversée.
29:03D'autres messages
29:05arrivent
29:06je veux rentrer
29:08je n'ai jamais
29:09voulu faire ça.
29:13alors je me suis dit
29:14quelqu'un va forcément
29:16parler
29:18quelqu'un va aller
29:20voir les médias
29:28le Washington Post
29:29publie son enquête
29:30sur les black sites
29:33pas seulement
29:34sur leur existence
29:35mais sur ce qu'on y faisait
29:37aux détenus
29:39ce que certains
29:41officiers
29:41de la CIA
29:42livraient à eux-mêmes
29:43sur le terrain
29:44faisait à leurs
29:46prisonniers.
29:48Peu après
29:49le chef du service
29:50clandestin
29:51José Rodriguez
29:53décide
29:54tout seul
29:55de détruire
29:56les enregistrements
29:57vidéo
29:58de certains interrogatoires.
30:02Rodriguez
30:03veut que ces vidéos
30:04soient détruites
30:05car si jamais
30:06elles étaient
30:07rendues publiques
30:09cela ferait passer
30:10à Bougraïb
30:14pour un pique-nique.
30:20Quelques jours plus tard
30:22le président
30:23George W. Bush
30:24tient une conférence
30:25de presse.
30:26Un journaliste
30:28le questionne
30:28sur des rapports
30:29d'organisation
30:30de défense
30:30des droits humains
30:31selon lesquels
30:32la CIA
30:33torture
30:33ses prisonniers.
30:35Le président
30:36fixe alors
30:37la caméra
30:38et dit
30:38« Et je dis à ma femme
31:06il ment
31:07il regarde
31:09le peuple américain
31:10dans les yeux
31:11et il nous ment
31:12et je décide
31:13de dire la vérité. »
31:20Quelques jours plus tard
31:21John Kiryaku
31:22sort de la clandestinité.
31:25Il multiplie
31:26les apparitions
31:26dans les médias américains
31:27pour révéler
31:28ce qu'il se passe
31:29vraiment dans les Black Sight.
31:52Il dénonce
31:53notamment une pratique
31:54le waterboarding
31:56un simulacre
31:57de noyade
31:58utilisé par la CIA
31:59pour forcer
32:00les prisonniers
32:00à parler.
32:02Une pratique
32:03qualifiée
32:04de torture.
32:05Dans cette interview
32:06je dis trois choses.
32:08Je dis que la CIA
32:09torture ses prisonniers.
32:11Je dis que la torture
32:12est la politique
32:13officielle
32:13du gouvernement américain
32:14pas le fait
32:15de brebis galeuses.
32:17Et je dis
32:18que cette politique
32:18a été approuvée
32:19par le président
32:20en personne.
32:25Quand John
32:26a fait ses révélations
32:28je l'ai appelé
32:29immédiatement
32:30je lui ai dit
32:32personne ne parle
32:32de ça
32:33personne.
32:36C'était une grave
32:38erreur
32:38il était tenu
32:39au secret.
32:40John Kiriakou
32:41était un lanceur
32:42d'alerte
32:43et la CIA
32:44déteste
32:44les lanceurs
32:45d'alerte.
32:50Dans les 24 heures
32:51qui suivent
32:52la CIA
32:53dépose un rapport
32:54contre moi
32:54affirmant
32:55que j'ai révélé
32:56des informations
32:57classifiées.
32:58Le FBI
32:59ouvre à son tour
33:00une enquête
33:01contre moi.
33:04Ces agents
33:05me suivent
33:05absolument partout.
33:09Ils enquêtent
33:10sur moi
33:10de décembre 2007
33:12à décembre 2008.
33:17en janvier 2012
33:19je suis finalement
33:20arrêté
33:20et inculpé
33:21de 5 crimes
33:22dont 3 accusations
33:24d'espionnage.
33:26Je n'ai pas
33:26d'autre choix
33:27que de me battre
33:27et j'engage
33:28les meilleurs avocats
33:29possibles.
33:34Le fait
33:34qu'il ait
33:35confirmé
33:35quelque chose
33:36que la CIA
33:37n'a jamais
33:37confirmé
33:39était suffisant
33:39pour lui valoir
33:40une peine de prison.
33:43Et au final
33:45j'accepte
33:45un accord
33:46qui prévoit
33:4630 mois
33:47de prison
33:47j'en ferai
33:4823
33:49et l'affaire
33:50est classée.
33:51Alors j'accepte
33:52le deal.
33:56John Kiriakou
33:57n'a pas participé
33:58à la torture
33:58des prisonniers
33:59de la CIA
33:59mais il restera
34:01dans l'histoire
34:02le seul américain
34:03jamais condamné
34:03dans ce scandale.
34:07son témoignage
34:08et les nombreuses
34:09révélations
34:09de la presse
34:10poussent
34:10le Sénat
34:11contre-pouvoir majeur
34:12à enquêter
34:13sur les pratiques
34:14de la CIA.
34:19Je m'appelle
34:20Daniel Jones.
34:23J'ai été
34:24l'enquêteur
34:24principal
34:25du rapport
34:25du comité
34:26sur le programme
34:27de détention
34:28et d'interrogatoire
34:29de la CIA.
34:36Rien que l'obtention
34:37des documents
34:38a pris trois ans
34:38et cela
34:40représentait
34:416,3 millions
34:42de pages.
34:47Il y avait
34:47des e-mails
34:48des câbles
34:49de la CIA
34:50des documents
34:51hautement confidentiels.
34:55L'une des principales
34:56conclusions
34:57du rapport
34:57du Sénat
34:58est qu'il y avait
34:59au moins
34:59119 détenus
35:01entre les mains
35:01de la CIA.
35:03Au moins
35:0339 d'entre eux
35:04ont été soumis
35:05aux techniques
35:06d'interrogatoire
35:07dites renforcées.
35:08La mention
35:09« au moins »
35:10est importante
35:11car certains documents
35:12sont flous.
35:14D'autres
35:14ont été détruits.
35:23On parle souvent
35:24du waterboarding
35:25mais d'autres techniques
35:26tout aussi agressives
35:28tout aussi brutales
35:29étaient pratiquées
35:30dans ces Black Sight.
35:41L'alimentation rectale
35:44et la réhydratation rectale
35:45étaient utilisées
35:47comme techniques
35:48d'interrogatoire.
35:49La nourriture
35:51était mixée
35:51un tube
35:52introduit
35:53dans l'anus
35:54du prisonnier
35:54et cette matière
35:56était introduite
35:57dans son corps.
35:58Une technique
36:00de torture
36:00là encore.
36:07Avant la publication
36:08du rapport
36:09la CIA
36:10affirmait
36:11que ses conclusions
36:11étaient inexactes
36:13et s'opposaient
36:13à sa divulgation.
36:18nous savons
36:19qu'ils avaient
36:20infiltré
36:20les systèmes
36:21informatiques
36:22du Sénat
36:22fouillé
36:23nos dossiers
36:24consulter
36:24nos brouillons
36:25nos annotations
36:26nos échanges
36:27la CIA
36:28ne voulaient pas
36:29de ce rapport.
36:47La CIA
36:49affirmait
36:50que ces techniques
36:50étaient nécessaires
36:51nécessaires
36:53pour obtenir
36:54des renseignements
36:55inaccessibles
36:56autrement
36:56et sauver
36:57des vies.
36:58En réalité
36:59nous avons établi
37:00que ces techniques
37:01d'interrogatoire
37:02renforcées
37:02que la plupart
37:03des gens
37:03appellent la torture
37:04étaient inefficaces.
37:06Pour moi
37:07c'est très commode
37:08de dire
37:08on ne devrait
37:08jamais faire ça
37:09c'est de la torture
37:10et d'ailleurs
37:11ça ne marche pas.
37:13Eh bien
37:13je n'ai jamais
37:14adhéré à ça.
37:20Ça ne me pose
37:21aucun problème.
37:23et la raison
37:25est simple
37:28beaucoup d'entre eux
37:29étaient des terroristes
37:31qui avaient déjà
37:32assassiné
37:33des milliers
37:33de personnes.
37:35Je l'ai utilisé
37:36nous l'avons
37:37tous utilisé
37:38pour protéger
37:39les gens ici
37:40pour qu'ils se sentent
37:41en sécurité.
37:48Je sais que nous avons
37:49torturé par le passé
37:50on a torturé
37:51au Vietnam
37:52aux Philippines
37:53torturé
37:54des Amérindiens
37:55je sais que nous
37:56l'avons fait
37:56mais jamais
37:57au niveau présidentiel
37:58c'est à dire
37:59demander à un président
38:00de signer une déclaration
38:02pour pouvoir
38:03torturer des gens
38:04et c'est ce que
38:05nous avons fait.
38:09L'administration Bush
38:10a méthodiquement
38:11et brutalement
38:12imposé sa doctrine
38:13pendant 8 ans.
38:15Après avoir juré
38:16de venger l'Amérique
38:17et d'éliminer
38:18Al-Qaïda
38:19le président américain
38:21quitte la Maison-Blanche
38:22sur un échec.
38:25Il laisse derrière lui
38:26un pays enlisé
38:27dans une guerre
38:27sans fin
38:28et une CIA
38:29discrédité.
38:38Une page se tourne
38:39avec l'élection
38:40de Barack Obama
38:41qui acte le retrait
38:42des troupes américaines
38:43en Irak.
38:46Pour la CIA
38:47c'est aussi
38:48la promesse
38:49du nouvel ère.
38:54Obama
38:55nomme
38:56Léon Panetta
38:57directeur
38:57de la CIA.
38:59L'agence
39:00était très sceptique
39:00à son arrivée
39:02car Panetta
39:03avait dit clairement
39:04que la torture
39:05était contraire
39:06aux valeurs américaines.
39:11Quand le président
39:12m'a appelé
39:13je lui ai posé
39:14la question
39:16pourquoi moi ?
39:20Il m'a répondu
39:22parce que je pense
39:23que vous pouvez aider
39:24à restaurer
39:25la crédibilité
39:26de la CIA.
39:29Ensuite
39:29il m'a dit clairement
39:30qu'il voulait
39:31qu'on fasse
39:31tout ce qui était
39:32en notre pouvoir
39:34pour traquer
39:35Oussama Ben Laden.
39:37En d'autres termes
39:39bon sang
39:39pourquoi vous n'arrivez
39:40pas à mettre
39:41la main
39:41sur Oussama Ben Laden ?
39:48De retour à la CIA
39:49après cette rencontre
39:52j'ai immédiatement
39:54constitué
39:55un groupe de travail
39:56chargé
39:56de traquer
39:58Ben Laden.
40:03Parfois
40:03il revenait
40:04sans aucune
40:05information.
40:07Je leur disais
40:08ce n'est pas acceptable
40:09si vous n'avez
40:10rien de nouveau
40:12je veux
40:13cinq nouvelles idées
40:14pour remonter
40:14sa piste
40:16et c'est ce qu'ils ont fait.
40:22Un indice
40:23potentiellement
40:23très intéressant
40:24pour retrouver
40:25Oussama Ben Laden
40:26arrive de façon
40:26inattendue
40:27en Jordanie
40:28en 2009.
40:31Les Jordaniens
40:32nous ont parlé
40:33d'une source
40:33possible
40:34qui pourrait
40:35nous conduire
40:37à Ben Laden.
40:39Son nom
40:40est Balawi.
40:44Il s'agissait
40:45d'un médecin
40:45qui participait
40:46activement
40:46à des forums
40:47extrémistes.
40:56Il avait travaillé
40:57avec Zawahiri
40:58qui était
40:59le numéro
40:592 d'Al-Qaïda
41:01et qui avait
41:02des problèmes
41:02de santé.
41:08Vous savez
41:09savoir évaluer
41:10un futur agent
41:11infiltré
41:11c'est une compétence
41:12inestimable
41:13et quelque chose
41:14qu'on recherche
41:15en permanence.
41:17Tout s'est résumé
41:18à ça.
41:19Rencontrer cet homme
41:19avec la perspective
41:20d'accéder peut-être
41:21au numéro 2
41:22d'Al-Qaïda
41:24l'un des terroristes
41:25les plus recherchés
41:26au monde.
41:28Nous avons finalement
41:30réussi à organiser
41:31une rencontre
41:32à présenter
41:35cette source
41:35à notre équipe
41:36de la CIA
41:38pour déterminer
41:40si c'était
41:40un individu
41:42en qui on pouvait
41:44avoir confiance.
41:53La réunion
41:53s'est tenue
41:54dans une base
41:55secrète
41:55de la CIA
41:56dans le sud
41:57de l'Afghanistan
41:58Camp Chapman.
42:10Organiser une rencontre
42:11de ce genre
42:12est évidemment difficile.
42:13Les problèmes logistiques
42:15ne manquent pas
42:15notamment à cause
42:16de l'anxiété
42:17de ce jeune homme.
42:23Il a peur
42:24d'être repéré.
42:24Il a peur
42:25qu'un informateur
42:26taliban
42:26le signale
42:27à Al-Qaïda.
42:28Il a peur
42:29d'être tué.
42:32Il pose donc
42:32des conditions
42:33très précises
42:34en matière
42:34de sécurité.
42:37Il veut pouvoir
42:39accéder
42:39à la base
42:40de la CIA
42:41sans passer
42:42par les fouilles
42:42et les contrôles
42:43de rigueur
42:44dans ce genre
42:44de circonstances.
42:50Balawi entre donc
42:51dans l'enceinte
42:52en voiture
42:52sans être fouillé
42:54ni contrôlé.
42:54et tout le monde.
43:18Et tout le monde.
43:23Et vous allez être sentés à l'hôp.
43:26Insha'Allah.
43:328 familles américaines ont reçu terrible news aujourd'hui.
43:35Un suicide bomber a misérité à la base de l'U.S. militaire de l'Afghanistan.
43:42Le C.I.A. dit 7 de l'employés ont été assassinés et 6 autres ont été assassinés dans un
43:46suicide de l'Afghanistan.
43:49C'était l'un de la mort de l'attaque du C.I.A. historique.
43:53Je les connaissais tous. Je les connaissais tous.
43:56C'était un moment atroce.
43:59Je suis encore ému d'y penser. C'est dur.
44:05J'ai pleuré. Je ne pouvais pas y croire. Je ne pouvais pas.
44:15Travailler à la C.I.A. c'est une expérience profondément personnelle.
44:20Ce n'est pas un métier. C'est un mode de vie.
44:24Presque toutes les familles m'ont dit, continuez la mission pour laquelle nos proches sont morts.
44:31Et j'ai répondu, vous avez raison.
44:34Nous ferons tout ce que nous pouvons pour retrouver Ben Laden.
44:46Après ce désastre, la C.I.A. se mobilise avec de nouvelles idées, de nouveaux plans,
44:51un retour sur d'anciennes pistes,
44:54afin de retrouver Ben Laden, le commanditaire des attaques.
45:02Et c'est ce travail qui permet à la C.I.A. d'identifier un coursier
45:07qui lui rendait visite secrètement.
45:12Dans la ville d'Abotabad, au Pakistan,
45:15il y avait une propriété qui était trois fois plus grande que les habitations voisines.
45:20Des murs de cinq mètres d'un côté,
45:22de trois mètres et demi de l'autre,
45:25des barbelés au sommet,
45:26et une famille mystérieuse qui vivait au troisième étage.
45:31On the third floor.
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