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Après la tenue du sommet de la Terre de Rio, et l'élection de Bill Clinton et de son vice-président Al Gore en 1992, les industriels ripostent. La Global Climate Coalition (GCC), un groupe de pression, finance des études biaisées, soutient des experts climatosceptiques et mène un intense lobbying pour semer la confusion et retarder toute régulation.
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00:02C'est parti !
00:33L'audition de James Hansen et la création du GIEC, c'était en 1988, il y a presque 40 ans.
00:42Et depuis, tout s'est aggravé.
00:45Le monde consomme chaque année plus de charbon, de pétrole et de gaz.
00:50Les températures montent.
00:53Impuissant et sidéré, nous nous interrogeons sur l'avenir de la planète, celle que nous laisserons à nos enfants.
01:05C'est une question délicate.
01:07Les scientifiques ont-ils raté leur chance de régler le problème quand c'était encore possible ?
01:12Je pense qu'ils étaient peu nombreux, peu puissants et manquaient de moyens.
01:15En 1980, beaucoup de scientifiques disaient « on est à peu près sûr que le changement climatique va se produire
01:23».
01:23C'est ce que dit le rapport Charney.
01:25Mais on ne sait pas encore exactement quand.
01:28Donc, quand Hansen affirme en 1988 que le changement climatique d'origine humaine est en cours, ça surprend beaucoup de
01:35scientifiques.
01:35À ce moment-là, ils ne savent pas encore que la Chambre de commerce, le monde des affaires, des groupes
01:42extrêmement puissants comme ExxonMobil,
01:45sont en train de se mobiliser pour lancer des campagnes qui vont coûter des centaines de millions, voire des milliards
01:51de dollars pour désinformer.
01:53Des campagnes destinées à semer la confusion chez les Américains et dans le monde entier et à empêcher toute action
02:00sérieuse.
02:06Et là, ça démarre à grande échelle avec un groupe appelé la Global Climate Coalition.
02:15Voici une lettre que la GCC faisait circuler pour obtenir un rendez-vous avec un sénateur écologiste influent, John Hines.
02:23Le but était de lui présenter le point de vue de l'industrie en 1989, à un moment où le
02:29sujet commençait vraiment à prendre de l'ampleur.
02:32Et voici la liste des membres à l'époque.
02:34Comme vous pouvez le voir, elle rassemble pratiquement toute l'industrie.
02:37Pas seulement le secteur pétrolier, mais aussi les mines de charbon, la sidérurgie, l'aluminium, l'automobile, les compagnies d
02:44'électricité.
02:45En fait, toute l'industrie lourde faisait partie de la GCC.
02:59Ils ont peur que si la réalité du changement climatique était reconnue, il faudrait des lois, plus personne ne ferait
03:09confiance aux industriels,
03:10et la fameuse magie du marché deviendrait une sorte de magie noire avec à la clé des morts.
03:17C'est un moment charnière, parce que c'est aussi la période de création du GIEC.
03:21Les Nations Unies commencent à s'impliquer, et on voit apparaître une première évaluation du problème à l'échelle internationale.
03:30Puis, il y a le sommet de la Terre, de Rio, en 1992, un moment majeur,
03:36qui coïncide d'ailleurs avec une élection présidentielle aux États-Unis remportée par Bill Clinton face à George Bush.
03:43Je pense que c'est là que l'industrie s'est dit « Ok, maintenant il va falloir changer de
03:49stratégie, ça devient sérieux. »
03:51Surtout avec Al Gore comme vice-président.
03:57Clinton et Gore viennent de gagner l'élection, mais Bush est à la gestion des affaires pour quelques mois encore.
04:06Il rejoint les chefs d'État qui se réunissent à Rio pour le sommet onusien de tous les superlatifs,
04:11le plus grand rendez-vous diplomatique de l'histoire.
04:17Le but ? Trouver un accord mondial qui harmoniserait la croissance économique à long terme
04:22et le respect de l'environnement, biodiversité et climat en tête.
04:27Ce que l'on appelle le développement durable.
04:44Le sommet de Rio s'apprête à lancer les Grands Messes Internationales pour la Biodiversité et le Climat.
04:51On aimerait lire dans les pensées des dirigeants des majors pétrolières et des pétro-États qui sont au rendez-vous.
04:57Le futur climatique et donc leur business seront désormais discutés chaque année par les grands de ce monde.
05:04Une nouvelle ère est peut-être en train de s'ouvrir.
05:07Mais pendant tout ce temps, les grandes entreprises savent très bien que l'acteur clé, ce sont les États-Unis.
05:12À l'époque, nous étions responsables d'environ 40% de toute la pollution présente dans l'atmosphère.
05:17Il fallait que les États-Unis bougent pour que le reste du monde prenne la question au sérieux.
05:21Et Bush a dit « non, on ne fera rien ».
05:26Le mode de vie américain n'est pas négociable.
05:29C'est là qu'on voit arriver la riposte du cœur industriel des États-Unis.
05:38Le mode de vie américain n'est pas négociable, pas plus que ne l'est le désir de croissance du
05:43monde entier.
05:44Dans les années 90, la globalisation progresse.
05:48Les accords internationaux de libre-échange, la circulation des capitaux, le commerce transfrontalier croissent à toute vitesse.
05:55La Chine amorce son incroyable rattrapage économique.
06:00En trois décennies, près d'un demi-milliard de Chinois vont quitter les campagnes.
06:05Le processus d'urbanisation et d'industrialisation le plus massif de l'histoire.
06:10Dans les pays développés, les industries disparaissent.
06:13Mais les consommateurs profitent des marchandises produites à bas coût dans les usines de l'Asie du Sud.
06:19Les multinationales ratissent la planète à la recherche de ressources et de main-d'œuvre bon marché.
06:24L'essor économique de l'Asie est aussi celui du charbon, la principale ressource énergétique de ce côté de la
06:30planète.
06:32Les émissions de CO2 s'envolent.
06:43Pour moi, c'est à ce moment-là que l'industrie trahit vraiment la science, le peuple américain et l
06:48'humanité.
06:50Ça peut paraître fort de dire ça, mais c'est vraiment ce qui s'est passé.
07:07L'industrie a trouvé des scientifiques qui niaient le changement climatique avec passion
07:12et qui se présentaient comme des sceptiques.
07:16Ils étaient de bons porte-parole, très efficaces dans les médias.
07:20Et ça a donné l'impression qu'il y avait deux camps dans le débat.
07:23C'était ça l'objectif, semer le doute.
07:26Introduire l'incertitude, c'était exactement le but recherché.
07:33Parmi les scientifiques recrutés par les industriels des énergies fossiles,
07:37le chercheur du MIT, Richard Linsen.
07:41Un homme reconnu pour ses travaux de jeunesse en physique de l'atmosphère.
07:47Dans la famille des climato-sceptiques, Richard Linsen est le plus efficace de tous.
07:54Il n'a jamais cessé de mettre en doute les prévisions de James Hansen
07:58et des milliers de climatologues qui ont suivi.
08:04Linsen est à sa manière le chef d'un petit gang de scientifiques,
08:09minoritaires jusqu'à l'insignifiance,
08:11qui attribuent un éventuel réchauffement à l'activité solaire plutôt qu'à l'activité humaine.
08:19Des individus, souvent rémunérés par les industriels ou leurs affiliés,
08:24quelques hommes donc, qui réussissent pourtant à faire beaucoup de bruit.
08:31Voici l'étude de cas de la Global Climate Coalition.
08:35Dans un document interne retraçant ses activités, il est écrit
08:38« Nous avons réussi à inverser la tendance dans la couverture médiatique de la science du climat
08:43et à contrer le discours éco-catastrophiste en affirmant qu'il n'existe pas de consensus sur le changement climatique.
08:50»
08:51Ils y détaillent tous les médias qu'ils ont influencés.
08:53Articles de presse, briefing pour les journalistes, intervention à la radio et la télévision,
08:57lettres aux rédactions, et ça, c'est sur une année.
09:00Donc, dans les années 90, la GCC devient la voix de l'industrie.
09:05Toutes les prises de parole, toutes les citations dans les journaux viennent de la GCC.
09:10Le nom est trompeur.
09:12Global Climate Coalition.
09:13Ça pourrait presque passer pour une organisation écologiste, non ?
09:17On pourrait croire que ça vient de Greenpeace, pas des industriels.
09:20C'est un détournement.
09:22Ils essayent de montrer leur engagement, alors qu'en réalité, l'objectif est de freiner les choses.
09:30Dans un document de 1994, la GCC écrit
09:35« Chers journalistes, sommes-nous concernés par le réchauffement climatique ? Bien sûr.
09:42Mais il faut reconnaître que nous en savons très peu.
09:45Il n'y a par exemple aucune preuve qui indique que l'activité humaine augmente les températures du globe.
09:52Des législations basées sur des faits incertains mettraient en péril la compétitivité des produits américains
09:58sur le marché international et l'emploi aux États-Unis.
10:02Vous trouverez une étude si jointe.
10:04Nous espérons que vous la lirez, que vous l'utiliserez comme une référence.
10:07Nous sommes à votre disposition.
10:14Aujourd'hui, on dispose de documents qui montrent que l'une de leurs grandes priorités
10:19était de surveiller de près le GIEC.
10:21Ils savaient que la science est le moteur qui tire le train de l'action publique.
10:26En 1995, le deuxième rapport d'évaluation du GIEC sort
10:30et il affirme beaucoup plus clairement que les activités humaines sont responsables du réchauffement,
10:35que la situation va empirer et que c'est très préoccupant.
10:39Et c'est ça qui nous mène vers le protocole de Kyoto.
10:44En décembre 1997, à Kyoto, le monde entier se retrouve une nouvelle fois.
10:49L'enjeu ? Faire payer les industriels pour chaque tonne de CO2 qu'ils émettent.
10:55Les plus vertueux pourront vendre des crédits carbone et le marché sauvera le climat.
11:00L'Europe se mobilise, mais une fois encore, les États-Unis vont jouer une partition dissonante.
11:06C'est un traité international qui aurait permis de contraindre les pays signataires à réduire leurs émissions de carbone.
11:13Mais comme c'est un traité, aux États-Unis, il doit être ratifié par le Sénat.
11:18Il n'y avait aucun consensus politique.
11:20Le discours était, on est contre toute action que vous pourriez envisager.
11:25Les pays en développement ne feront rien.
11:26Alors pourquoi est-ce que nous, on ferait quelque chose si l'Inde et la Chine ne font rien ?
11:31Encore une fois, c'était foutu.
11:33Et tout ça est en grande partie le produit des efforts de l'industrie pour s'assurer que rien ne
11:37change.
11:38Parce que si ces entreprises avaient été à l'avant-garde pour essayer de faire bouger les choses et protéger
11:43la planète, la situation aurait été différente.
11:52Clinton ne tente même pas de ratifier le traité.
11:56Avant même qu'il en ait l'occasion, le Sénat s'y oppose.
11:59Les républicains ont réussi à diaboliser toute législation sur le climat en expliquant que ces mesures allaient détruire l'économie
12:06et faire perdre des emplois.
12:08Et donc, les démocrates ont peur, hésitent à se positionner sur la question climatique.
12:13Résultat, le protocole de Kyoto ne sera jamais ratifié.
12:22Kyoto voulait changer le cours de l'histoire.
12:25Mais l'échec de son adoption aux Etats-Unis est un très mauvais signe envoyé au reste du monde.
12:31Le message est clair, le plus grand pollueur de la planète ne fera rien dans l'immédiat.
12:41Pendant les années Clinton, la question climatique occupe le devant de la Seine aux Etats-Unis
12:46et la communauté internationale espère qu'un jour, l'Amérique finira par se résoudre à adopter le protocole de Kyoto.
13:00Tous les environnementalistes espèrent qu'Algore gagnera les prochaines élections et ça n'est pas ce qui va se passer.
13:09George Bush est élu.
13:11La GCC se dissout immédiatement.
13:13L'industrie considère qu'elle a gagné.
13:16On a même des documents du département d'Etat de l'administration Bush
13:19qui remercient la GCC pour ses efforts et qui disent en substance
13:23« Le président a suivi vos conseils et nous avons quitté le protocole de Kyoto ».
13:29Malgré tout, la question climatique reste un vrai problème pour George Bush.
13:33On est encore avant le 11 septembre.
13:35A l'été 2001, le climat est un énorme point noir pour l'administration Bush
13:39et ils ne savent pas vraiment quoi faire.
13:44Pour calmer les critiques des environnementalistes,
13:47Bush met en place une série d'auditions sur la question climatique.
13:51James Hansen est convoqué, face à lui, Richard Linsen.
13:56Comme à son habitude, Hansen expose méthodiquement les pistes
14:00pour limiter au maximum le réchauffement climatique.
14:04Linsen, lui, use de ses arguments de toujours.
14:07Pourquoi prêter l'oreille aux alarmistes ?
14:14Sur le chemin du retour vers New York,
14:16les deux hommes partagent le même taxi.
14:20Hansen sent bien qu'il vient de perdre une bataille.
14:23Une question lui brûle les lèvres.
14:26Linsen met-il toujours en doute la relation entre la cigarette et le cancer du poumon ?
14:31Comme il vient de mettre en doute une fois de plus
14:34le lien entre l'activité humaine et le climat.
14:37Mais finalement, Hansen se tait.
14:40Il sait combien pour les gouvernements il est plus simple de ne rien faire
14:44en attendant une solution technologique providentielle.
14:55Depuis mon témoignage en 1988 jusqu'à 2004 ou 2005,
15:01je suis resté totalement en dehors des débats publics.
15:09Je préférais simplement me consacrer à la recherche en sciences du climat.
15:15Puis j'ai commencé à recevoir beaucoup d'invitations
15:18pour intervenir dans des universités et ailleurs
15:22et à essayer de défendre des politiques publiques
15:26qui auraient permis de réduire progressivement
15:29les émissions liées aux énergies fossiles.
15:34C'était particulièrement difficile aux États-Unis
15:38à cause du pouvoir de l'industrie des combustibles fossiles
15:42et de son influence sur le Congrès.
15:47Ensuite, j'ai voyagé dans plusieurs autres pays,
15:50une douzaine environ,
15:52l'Australie, la Nouvelle-Zélande,
15:54le Japon,
15:56beaucoup de pays européens,
15:58le Canada.
16:00Mais je me suis rendu compte
16:02que dans la plupart des pays,
16:04la situation n'était pas très différente.
16:06L'industrie des énergies fossiles
16:08exerce une influence considérable
16:10sur les politiques publiques.
16:13Au fond,
16:14si on prend un peu de recul,
16:15à quoi fait-on face ?
16:17On fait face à toute l'histoire du développement industriel.
16:20La consommation d'énergie de l'humanité
16:22ne cesse d'augmenter
16:24et la majeure partie de cette énergie
16:26vient de la combustion du charbon,
16:27du pétrole et du gaz.
16:29Le monde entier est prisonnier
16:31de ce système de production
16:33et toute l'économie en dépend.
16:36Et puis, il y a tous les intérêts
16:38liés à cette production
16:39et à cette commercialisation.
16:42Ces intérêts,
16:43autrement dit ces entreprises,
16:45décident que ça ne va pas
16:46dans leur sens de laisser faire.
16:49Alors, elles choisissent
16:50de perturber toute action
16:51en faveur du climat
16:52par différents moyens.
16:55Propagande,
16:55pseudo-sciences,
16:57manœuvres politiques,
16:59argent injecté
17:00dans la politique.
17:03Je pense que l'histoire
17:04retiendra cela
17:05comme une immense tragédie.
17:09Regardez Donald Trump,
17:10regardez Ron DeSantis,
17:13regardez le sénateur Scott
17:14en Floride.
17:15Voilà trois politiciens
17:16d'un État
17:17qui subira la montée des eaux
17:18et ils sont climato-sceptiques.
17:20et ils sont tous sceptiques.
17:30Le son que vous écoutez
17:32est le cloc.
17:37Nous sommes dans le final
17:38countdown pour limiter
17:40la température globale
17:41à 1,5 degrés Celsius.
17:44Et le temps
17:46n'est pas sur notre côté.
17:52La financement climatique
17:54n'est pas une bénédiction,
17:55c'est un investissement.
17:57La action climatique n'est pas
17:58optionale,
18:00c'est un imperatif.
18:01Les deux sont indispensables
18:03à un monde livable
18:04pour toute l'humanité
18:05et à un futur prospére
18:07pour toutes les nations
18:08sur Terre.
18:09La clocke
18:10se déroule.
18:12Je vous remercie.
18:13Je vous remercie.
18:16Aujourd'hui,
18:18la Global Climate Coalition
18:19a disparu.
18:21Mais les industriels
18:22des énergies fossiles
18:23ont transmis
18:23leur savoir-faire
18:24à leurs amis.
18:26Depuis les années 2000,
18:27des think tanks
18:28ultralibéraux
18:29et conservateurs
18:30ont pris le relais.
18:33de l'économie.
18:33Mère Fou et moi
18:34ont eu l'économie.
18:35J'ai vu les
18:36l'économies.
18:37J'ai vu les
18:37J'ai vu les
18:38Je vais vous dire,
18:39il y a des milliers
18:40d'oil fields
18:41sur-ronding
18:42cette région.
18:44J'ai vu une photo
18:45de moi
18:47next à un l'économie.
18:47de l'économie.
18:52Capitalism,
18:53free markets,
18:54have shown themselves
18:55to be far better
18:56at keeping
18:58countries clean.
18:59The United States,
19:00for example,
19:00our air is much cleaner
19:01than it was
19:02in my grandfather's era.
19:04They say the seas
19:05are rising faster
19:05and faster.
19:06No, they've been rising
19:07at the same rate
19:07for thousands of years.
19:08And we know
19:09they're not actually
19:10getting worse.
19:11So all the people
19:11ranting about misinformation
19:12are the ones
19:14who are saying things
19:14that are incorrect.
19:25L'industrie pétrolière,
19:27en particulier
19:28les compagnies américaines,
19:29a commencé à financer
19:30des groupes
19:30pour qu'ils servent
19:31de porte-voix.
19:33Comme ça,
19:34il y avait des acteurs
19:35apparemment indépendants,
19:36autres que les pétroliers
19:37eux-mêmes,
19:38pour dire
19:38« Ce n'est pas un problème.
19:40En fait,
19:41on pense même
19:41que le CO2
19:42pourrait être bénéfique.
19:43Il n'y a pas besoin
19:44de le réguler.
19:45Ce qu'il nous faut,
19:46ce sont des solutions
19:47dictées par les lois
19:48du marché.
19:49Il faut que l'économie
19:50mène la danse
19:51et que le gouvernement
19:51reste en retrait. »
19:58Why you're actually
20:00there in Baku,
20:02what are you
20:03and others
20:03like you
20:04trying to achieve there?
20:07Chaos.
20:08The idea
20:09that any
20:10UN commitment,
20:11agreement
20:11from the Paris Accords
20:13leading to net zero
20:14is going to impact
20:15the weather
20:16is absurd,
20:17unscientific.
20:18The idea
20:19that we face
20:19a climate crisis
20:20is unscientific.
20:21and my message
20:22specifically
20:23why I'm here
20:24is I'm here
20:25to preach the news
20:26that Donald Trump
20:27is bailing
20:28the United States
20:29out of this process
20:30and it's glorious.
20:32No more UN Paris
20:33agreement,
20:34no net zero
20:34and we are pulling
20:36the US out
20:36and we're hoping
20:37European and Western
20:39nations join us
20:40in this big exit.
20:41So the media
20:43have a lot to answer.
20:45One of the way
20:45this whole thing worked
20:46was to do
20:47because of the exploitation
20:48of their weaknesses
20:51in particular
20:52their attachment
20:53to the neutrality.
20:54And the media
20:55confondent often
20:56objectivity
20:57and equality
20:57of the time
20:58of the word.
20:59Some pressure
20:59on the journalists
21:01– why don't you
21:02have enough time
21:03to our point of view?
21:04And the media
21:05including the gauche
21:06like the New York Times
21:07have done enough
21:09of place
21:10negationnistes
21:10du changement climatique.
21:13Une fois qu'Internet
21:15est devenu partie
21:15intégrante
21:16de la vie de chacun,
21:17les choses ont changé.
21:19Le mouvement
21:20des négationnistes
21:21a pu atteindre
21:21directement les gens,
21:22sans passer
21:23par les médias
21:24traditionnels,
21:25les grands journaux
21:25ou les films
21:26hollywoodiens.
21:28Ils n'avaient plus
21:29besoin d'eux.
21:30The United States
21:30according to
21:31the World Health Organization
21:32is among the cleanest
21:33air in the world.
21:33Since our first
21:34Earth Day 1970,
21:36we radically
21:36improved air quality,
21:38water quality.
21:38At the same time,
21:39we have massive
21:40economic growth,
21:41massive population growth.
21:42We can do that.
21:43If you're just talking
21:44about air quality,
21:45you can do it.
21:46So I think a lot
21:47of this has to do with
21:48you get past
21:49a certain stage
21:50of development
21:50where you can then
21:51improve technologically.
21:52It doesn't mean
21:53you leave fossil fuels
21:54though.
21:54And it doesn't mean
21:55you submit to this
21:56net zero agenda.
21:57Graham, quick final words.
21:59Les dérives
22:00actuelles
22:00aux Etats-Unis,
22:01le démantèlement
22:02de l'Etat,
22:02la fermeture
22:03d'agences fédérales,
22:04les attaques
22:04contre la science,
22:05sont le résultat
22:06d'une campagne
22:07néolibérale menée
22:08depuis 50 ans,
22:09construite progressivement
22:10depuis les années 70.
22:14La Heritage Foundation,
22:17qui est derrière
22:17le projet 2025 de Trump,
22:20avait déjà élaboré
22:20à l'époque
22:21pour Ronald Reagan
22:22un programme
22:23appelé
22:23Mandat pour la présidence.
22:26C'était une sorte
22:27de version allégée
22:28du même projet
22:29avec des conséquences
22:30dévastatrices
22:31pour l'économie américaine
22:32dans les années 80.
22:34Parce qu'au final,
22:35ces plans ne fonctionnent
22:36pas pour la société
22:36dans son ensemble.
22:38Ils servent surtout
22:39à protéger
22:40les plus riches,
22:40les élites
22:41qui sont au sommet.
22:42few at the top.
22:47The facts are all
22:49before us,
22:51but rich countries
22:52have buried
22:52their heads
22:54into the sand,
22:55and they're not
22:56listening.
23:11Les industriels et les instituts pro-marché ont pris en otage le futur des jeunes générations et des habitants du
23:18sud global.
23:19Et ces instituts continuent leur oeuvre. Aux Etats-Unis, ils s'appellent le Cato Institute, le Hurtland Institute, l'Heritage
23:28Foundation, l'American Enterprise Institute ou le Committee for a Constructive Tomorrow, pour les plus connus.
23:36Et ces instituts sont tous membres de l'un des plus grands réseaux internationaux de think tanks, le réseau Atlas.
23:45Atlas revendique plus de 500 organisations dans 103 pays du monde.
23:50Des organisations proches des extrêmes droits populistes, qui mènent des initiatives contre les évolutions sociales, contre le droit à l
23:58'avortement, contre l'égalité hommes-femmes, contre le mariage pour tous, contre les minorités.
24:05Un réseau au pouvoir d'influence grandissant en Amérique du Nord et du Sud, en Afrique, en Europe aussi.
24:13Un réseau qui lutte avec acharnement contre toute forme de régulation étatique et internationale.
24:20Un réseau qui, bien sûr, s'est donné la mission d'entraver les politiques climatiques.
24:29Les scientifiques nous préviennent depuis très longtemps déjà que le temps est compté.
24:33En réalité, on n'a pas le luxe d'arrêter le compteur en attendant un retour à la raison.
24:39On voit déjà apparaître des points de bascule du réchauffement climatique.
24:43On voit aussi la multiplication d'événements météorologiques extrêmes qui tuent de plus en plus de personnes.
24:48Et ces impacts deviennent progressivement trop lourds à supporter pour nos économies.
24:53Le secteur de l'assurance, par exemple, ne peut pas se permettre de reconstruire indéfiniment.
24:59Donc une partie des dégâts aura des conséquences significatives qui se feront sentir pendant plusieurs générations.
25:21Avec l'évidente intensification du réchauffement, un mot nouveau s'est imposé.
25:26Des grands messes climatiques internationales aux politiques des villes, des villages et des campagnes.
25:32L'adaptation.
25:34Partout dans le monde, le même constat.
25:37Il nous faut désormais repenser nos vies face aux camicules.
25:40Nos agricultures face à un climat qui change.
25:43Nos littoraux face à la montée des eaux.
25:46Des villes parfois gigantesques sont désormais menacées.
25:59Évidemment, on va devoir s'adapter aux changements climatiques parce qu'il ne sera pas facile d'inverser la tendance.
26:06Mais il y a des limites à l'adaptation.
26:08Surtout face à la montée du niveau de la mer.
26:12Et j'ai bien peur que la planète devienne ingouvernable si le niveau des océans continue de monter.
26:17Tout simplement parce qu'une immense partie de la population mondiale vit près du littoral.
26:28Jakarta est la ville du monde qui raconte le mieux l'immensité des problèmes auxquels l'humanité va devoir faire
26:35face.
26:36Ici, dans ce pays de 290 millions d'habitants, septième économie mondiale, tout va vite et tout bascule.
27:00Jakarta compte à elle seule environ 11 millions d'habitants.
27:03Et au total, l'agglomération métropolitaine, c'est plus de 40 millions de personnes.
27:13Aujourd'hui, on subit toutes les conséquences de cette urbanisation excessive.
27:20On fait face à de nombreux problèmes.
27:22Et l'un des plus importants, c'est clairement les inondations.
27:27En fait, il y a deux types d'inondations.
27:29D'abord, celles qui viennent de l'océan, avec la montée du niveau des mers qui s'accélèrent.
27:35Comme vous le savez sûrement, le changement climatique entraîne une élévation progressive du niveau de la mer.
27:42Et puis, il y a les inondations qui viennent des terres situées en amont et qui se déversent ensuite vers
27:48Jakarta.
27:50Jakarta est une ville où 13 rivières convergent au même endroit, en traversant la ville.
27:56C'est un delta.
27:59Il y a énormément de sédiments.
28:01Le sol est meuble.
28:02Du coup, quand on construit des bâtiments dessus, le terrain s'enfonce.
28:07Jakarta est d'ailleurs l'une des villes dans le monde qui s'enfonce le plus rapidement.
28:11Et cela commence à affecter une partie de la population, ainsi que des infrastructures stratégiques de la ville.
28:27Plusieurs solutions ont été proposées, notamment la construction d'une gigantesque digue maritime.
28:33La première phase, le premier mur de protection, a été achevée il y a environ sept ans.
28:41Mais lorsque ce projet public a été lancé, la solidité de la construction et son niveau d'élévation n'ont
28:49peut-être pas été évalués avec précision.
28:51Vous avez probablement entendu parler des fissures dans le mur par lesquelles l'eau commence à s'infiltrer.
28:56Ils ont sous-estimé la puissance des courants.
29:01Résultat, la protection n'est pas suffisante.
29:19L'Indonésie essaie de se protéger.
29:22Le mur construit en 2017 est gigantesque mais dérisoire.
29:27Déjà il se fissure et on attend qu'il cède.
29:31Avec le réchauffement climatique, un jour viendra où l'eau pénètrera et s'enfoncera de 15 kilomètres dans les rues
29:37et les ruelles de la mégapole.
29:39Des millions d'habitants devront partir et il faudra trouver une autre solution.
29:44En première ligne, le quartier des pêcheurs subit déjà les assauts de la mer.
29:50Je m'appelle Dewi.
29:54Je vis ici depuis mon enfance.
29:56Ça fait 40 ans.
30:00Suivez-moi.
30:10Quand j'étais jeune, la digue n'existait pas.
30:16On était inondés jusqu'à des niveaux très élevés.
30:20Depuis que la digue a été construite, les inondations ont un peu diminué.
30:25L'eau ne monte plus qu'à ce niveau-là.
30:31Mais ces dernières années, il y a eu de nouvelles inondations parce que la digue est trop souvent fissurée.
30:38Il y a des fuites et donc fréquemment on est inondé.
30:59Les gens d'ici vivent de la pêche et de la collecte des déchets.
31:06Pour éviter que nos maisons soient inondées, on remblait régulièrement pour surélever le sol et gagner quelques mètres pour plus
31:16tard.
31:18On ne surélève pas les toits, donc ici, la plupart des maisons ont des plafonds bas.
31:27Les habitants de cette maison l'ont déjà surélevé plusieurs fois.
31:31Environ dix fois depuis mon enfance.
31:55Les habitants de la collecte des déchets.
32:03Les habitants de referents des déchets.
32:05Quelques Supaces des déchets sur les요 de Hoobie longues de la part.
32:11Les gestes reissues sont efflées ici.
32:17Les paink ries relevant d'être violents.
32:20Les pérenes, c'est déchets, c'est déchets d'дуveil scattered?
32:22Les promenages de levées sur les weермées aussi.
32:26Les épercets de levées ici.
32:28Les p quarterness.
32:29Les 같아서 des Tombaces de la part
32:29le champ de son Harper quenisseur sortes,
32:31les déchets de levées.
32:32C'est l'ass worth beaucoup d'écheraut d'écher sur les snowpides.
32:33Les painkrines du temps de poisson déchets.
32:33va être ajouté à l'extérieur de l'extérieur,
32:39avec une construction qui est plus enlevé.
32:49Tout notre aménagement, la construction des ouvrages de protection par exemple,
32:53les plans de prévention des risques d'inondation,
32:55jusqu'à présent, ils n'ont été faits qu'en regardant dans le rétroviseur.
32:59C'est-à-dire quelle était la pluie la plus intense du siècle dernier,
33:02quelle était la crue la plus élevée du siècle dernier.
33:05L'adaptation pour moi, c'est comment on pense la conception, la mise en œuvre,
33:08les seuils de tolérance, les normes, les cadres réglementaires de tous ces systèmes-là,
33:12pour s'assurer qu'en cas d'événement extrême,
33:15dont on n'a pas eu d'expérience à cet endroit-là jusqu'à présent,
33:1950 degrés à Paris vers 2050 par exemple,
33:22faire en sorte que ces systèmes-là soient conçus pour fonctionner même de manière dégradée
33:28et permettre d'éviter des impacts très graves.
33:30Pour moi, c'est ça l'adaptation.
33:32Donc ce n'est pas simplement regarder dans le passé et se dire
33:34« Ah, je suis touché par un événement extrême, si ça recommence, il faut que je sois mieux préparé ».
33:37C'est anticiper, dans un climat qui se réchauffe,
33:41des combinaisons d'événements, des événements extrêmes,
33:44pour en tenir compte et faire en sorte de se préparer par anticipation.
33:49Et ça change assez fondamentalement la manière de regarder les expositions,
33:54les vulnérabilités et les aléas.
34:01Adaptation
34:02On pourrait croire qu'il s'agit d'une résignation récente,
34:06que l'adaptation est un plan B face à l'échec de la transition.
34:10En réalité, très tôt, les élites politiques et économiques
34:14ont envisagé l'adaptation comme la seule option réaliste.
34:29En novembre 1976, il y a cinq décennies déjà,
34:34s'est tenu à Reston, en périphérie de Washington, un séminaire prémonitoire.
34:40La rencontre est organisée par la Mitre Corporation,
34:44un think-tank proche de la Maison-Blanche
34:46et spécialisé dans les affaires de défense.
34:49Des scientifiques et des politiques y débattent des connaissances disponibles
34:53sur le changement du climat à venir,
34:55son impact potentiel sur l'agriculture, les ressources en eau, l'économie
34:59et sur l'adaptation des sociétés à ces changements.
35:03L'intitulé de la rencontre « Vivre avec le changement climatique »,
35:07une idée qui depuis n'a cessé de faire son chemin.
35:12C'est dans ces mêmes années 70 que l'économiste américain William Nordos
35:16débute ses analyses intégrant réchauffement climatique et croissance.
35:21Et cet homme très influent, très écouté par le gouvernement américain,
35:26ira même jusqu'à émettre l'hypothèse qu'un réchauffement économiquement optimal
35:30se situerait autour de 3 à 3,5 degrés Celsius.
35:45Donc effectivement, quelqu'un comme Nordhaus qui a eu le prix Nobel d'économie,
35:48parce qu'il avait conçu des modèles qu'il appelait d'évaluation économique intégrée,
35:52qui essaient de trouver un optimum entre le coût de l'investissement pour décarboner
35:56versus finalement les bénéfices apportés.
36:00L'approche sur les dommages liés au changement climatique, elle est pitoyable.
36:05Donc pas du tout de prise en compte de l'aggravation disproportionnée des événements extrêmes
36:11et leurs conséquences.
36:13Pas de prise en compte des effets indirects par l'eau ou des effets en termes de rendement agricole,
36:19comme si on était une économie hors sol finalement,
36:21qu'on ne dépendait pas du tout de prise en compte des effets de la dégradation des écosystèmes.
36:26Et donc je pense qu'il y a un vrai défi à faire en sorte que les risques physiques
36:30liés au changement climatique y rentrent davantage quand même dans la logique économique dominante
36:36qui conduit à la prise de décision.
36:38Et les travaux les plus récents que j'ai vus soulignent en fait des risques majeurs
36:44sur les revenus en fait à l'échelle de différents pays.
36:47Très important, beaucoup plus important que ce qu'on estimait même il y a quelques années.
36:53J'ai beaucoup de mal à imaginer une planète plus chaude de 3 degrés,
36:57où l'humanité pourrait s'adapter sans conséquences dramatiques.
37:01Je crains plutôt un effondrement brutal de l'économie
37:04à cause de la multiplication des événements climatiques extrêmes.
37:09Nous en voyons déjà les effets.
37:11Des dégâts matériels colossaux, des pertes économiques et des tensions croissantes.
37:18Cela entraînerait aussi des migrations de masse et des conflits.
37:22Le pire scénario serait un monde où l'économie s'effondrerait
37:26et où d'innombrables réfugiés climatiques chercheraient à rejoindre les régions plus tempérées.
37:32Cela pourrait renforcer les populismes d'extrême droite
37:34et précipiter un déclin de civilisation.
37:38C'est un des risques.
37:39Les régions de l'économie s'échecées sont déclinés par des régions de l'économie s'échecées.
37:51Dans la côte de Java, l'eau est élevé de 5 cm par année.
38:03Dans la côte de la côte de Kalimantin,
38:07Indonesia a commencé la grande grande pour l'année prochaine.
38:12Une nouvelle côte de la côte de Nusantara.
38:18Une nouvelle côte de la côte de Nusantara.
38:46Tumou ou Phénix connaissent aujourd'hui des températures extrêmes qui menacent la santé humaine,
38:52les ressources en eau et les infrastructures urbaines.
38:55Et puis, tandis que les ouvriers indonésiens travaillent à leur nouvelle capitale,
39:01Dhaka, Mani, Tokyo, Shanghai, Miami, la Nouvelle-Orléans, Bangkok, Mumbai, Lagos,
39:07sont exposés à des cyclones et des ouragans de plus en plus puissants,
39:11aux assauts de la mer, où sont menacés par les crues de leurs fleuves.
39:16A Borneo, les cimenteries, les acéries, les fonderies, les mines de charbon,
39:22les engins de chantier tournent à plein régime.
39:24Quant à des milliers de kilomètres,
39:27le premier ministre thaïlandais annonce le déplacement à venir de Bangkok.
39:31Quant à New York travaille au rehaussement de ses digues,
39:34quant àilleurs, on réfléchit à l'élargissement du lit des rivières,
39:38à la création de zones inondables contrôlées,
39:41à la construction de villes amphibies.
39:43C'est ça, la nouvelle réalité.
39:47L'Indonésie emploie depuis deux ans des dizaines de milliers d'ouvriers
39:50dans un chantier titanesque et étrangement dérisoire.
39:55Bientôt, le gouvernement, les ministères, les fonctionnaires
39:59viendront vivre ici, à 1500 kilomètres au nord de Jakarta,
40:04à Borneo en pleine forêt.
40:05Une nouvelle ville, mais pour qui?
40:18Les aparaturs sipils dans le boue de Nusantara
40:22sont en train de soutenir les patrimoine familiales
40:25et harmoniques.
40:34En nous plaçant au centre, on voit ces ailes qui protègent notre palais national, le palais Garuda, d'où notre
40:44président exercera ses fonctions et donnera des ordres à tous les responsables du gouvernement.
40:52C'est là que ça se passe.
40:57La future capitale indonésienne sera-t-elle un jour une ville modèle, écologique, zéro carbone, une ville forêt, un joyau
41:04?
41:08Planifiée par l'État, elle est majoritairement financée par des investisseurs privés qui ont parfaitement adopté les enthousiasmantes expressions du
41:16capitalisme vert.
41:20Avec les années, en repensant à toute cette question, j'en suis venu à la conclusion que le développement durable
41:26est en réalité une diversion.
41:31Aujourd'hui, le développement durable est devenu un objectif central, mais en réalité, personne ne sait vraiment ce que c
41:40'est.
41:41C'est une sorte de fantasme.
41:44Je veux dire, ça n'a pas de base scientifique.
41:47C'est une construction politique.
41:50Le mot « développement » est difficile à critiquer en soi.
41:54Mais dans la pratique, s'il signifie détruire des terres, construire toujours plus de bâtiments, utiliser toujours plus d'énergie,
42:03consommer des biens et produire des déchets,
42:05alors ce n'est pas durable.
42:07Et ceux qui défendent la croissance verte, je dirais qu'ils s'intéressent davantage à la croissance qu'au vert.
42:15Ils utilisent le fantasme de la croissance verte pour justifier leur volonté de poursuivre la croissance.
42:26Dans une sorte de subtile torsion du langage, partout dans le monde, politiques et industrielles affichent leur passion pour l
42:33'environnement,
42:33leurs engagements volontaires pour le protéger et nous promettent un futur écologique.
42:41Un exemple.
42:46À la COP de 2024 à Bakou, en Azerbaïdjan, les stands des grandes firmes et des cabinets de conseil affichaient
42:53leurs costumes les plus verts,
42:55leurs solutions technologiques pour la planète.
42:57Technologie dite zéro émission, hydrogène vert, biocarburant, et bien évidemment, la fantasmagorique capture carbone,
43:07grâce à laquelle les compagnies pétrolières absorbent des dizaines de milliards de subventions publiques.
43:15Et en même temps, à Bakou, l'industrie des énergies fossiles mobilisait 1700 lobbyistes.
43:21À Dubaï, en 2023, ces lobbyistes étaient 2500.
43:26À Rio, à l'occasion de la dernière COP en 2025,
43:30une personne sur 25 parmi les dizaines de milliers de participants
43:34étaient un lobbyiste de l'industrie du charbon, du pétrole et du gaz, ou de leurs affiliés.
43:41Des lobbyistes présents pour peser sur les négociations et éventuellement conclure des deals.
43:47Le message du monde des affaires est clair.
43:50Leurs engagements s'ouvrent le monde.
43:52Le futur est radieux.
43:54Mais les affaires sont les affaires.
44:17Chaque année, l'économie mondiale croît comme croît le taux de CO2 dans l'atmosphère.
44:23Elle engloutit un peu plus de tout.
44:26Plus de fossiles extraits des sédiments, plus de forêts abattues,
44:29plus de cuivre, de lithium, de cobalt pour la numérisation du monde, plus de plastique.
44:36La transition énergétique, dont on nous parle tant, progresse dans le secteur de l'électricité
44:41qui ne représente qu'une part limitée des émissions mondiales.
44:46Les promesses de décarbonation, de l'agriculture, de la construction, de l'industrie du plastique,
44:52de l'aviation, du transport maritime ou de la pétrochimie sont au mieux des vœux pieux,
44:58sinon du greenwashing.
45:01Aujourd'hui, il ne s'agit pas seulement de produire autrement,
45:06mais de décider collectivement ce qui mérite encore d'être produit.
45:13Dans un monde qui se réchauffe,
45:16quel CO2 jugeons-nous encore légitime ?
45:19Pour répondre à quels besoins et aux bénéfices de qui ?
45:23Le réchauffement climatique n'est pas une question technique,
45:26c'est une question fondamentalement politique.
45:30le plus de produits,
45:52donc une question du public bougements ne évolue,
45:52pour répondre à des Livromes et Eh coins,
45:53les participants d'apprentissants profitants développé dans le secteur de l'air,
45:53et nos ani eu pas venus de laaukee pour dire plus d' diffusion,
45:59c'est une question que l' gearbox,
45:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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