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Les conseils de notre docteur Brigitte Milhau sur les sujets santé qui vous concernent dans #BonjourDrMilhau

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00:00Bonjour, aujourd'hui dans la santé, expliquer à ma fille, je répondrai aux questions de Sacha sur l'influence du
00:06stress sur nos intestins.
00:08Puis avec le docteur Christophe de Gégère, nous nous intéresserons à cette obsession de la longévité.
00:14Mais peut-on vivre jusqu'à 150 ans ?
00:17Enfin, nous retrouverons le docteur Martin Blachier pour l'innovation de la semaine.
00:21Un rendez-vous à ne pas manquer.
00:28Alors Sacha, le stress et les maux de ventre, c'est une association assez connue, mais on va voir aujourd
00:35'hui que tout s'explique.
00:37Mais c'est vrai que quand on a un événement stressant, on peut avoir le ventre noué ou même des
00:41vrais maux de ventre.
00:42Par même un événement positif.
00:45Oui, mais où il y a du stress dedans en tout cas.
00:48Quel est le lien justement entre le stress et le ventre ?
00:51Pourquoi l'un a un impact sur l'autre ?
00:54Alors en fait, il faut revenir aux origines du stress.
00:57Tu sais qu'à la base, il y a très longtemps, le stress c'était pour réagir face à un
01:01danger.
01:02A l'époque, c'était des ours ou autres.
01:04Maintenant, ce sont d'autres dangers.
01:05Mais c'est fait pour ça.
01:06C'est fait pour que notre organisme puisse lutter contre ce danger, soit en s'en allant, soit au contraire
01:12en se battant.
01:13Donc pour ça, il faut de l'énergie.
01:16Et donc cette énergie, en fait, elle va être déclenchée dès qu'il y a un stress.
01:20Peu importe le stress.
01:21Peu importe le stress, voilà.
01:23Et même maintenant, et surtout maintenant avec les stress chroniques qu'on a en permanence.
01:27Et donc, qu'est-ce qui se passe ?
01:28Quand il y a un stress, en fait, il y a à la fois des hormones qui sont libérées par
01:33la voie sanguine et tout ça.
01:35On va y revenir, adrénaline, noradrénaline, cortisol.
01:38Et aussi d'autres par voie nerveuse, notamment par le nerf vague.
01:42Système nerveux, involontaire, voilà.
01:45Donc voie nerveuse, voie sanguine.
01:46Et comment ça agit sur le...
01:47Et en fait, ça va agir justement pour te mettre en forme, pour lutter ou pour t'en aller.
01:51Et donc, ça va faire quoi ?
01:53Ça va accélérer le cœur, ça va augmenter la respiration, la fréquence de la respiration.
01:59Tout ça, pourquoi ? Pour que tes muscles soient puissants.
02:01Et quand tout est en train de s'occuper, de mettre en réserve cette énergie, la digestion...
02:07Oui, ça passe aux secondes.
02:08Ils n'en occupent plus trop.
02:09D'accord.
02:09Donc c'est une des raisons qui fait que, quand il y a du stress, les intestins sont perturbés.
02:15Et il y a plusieurs...
02:16Voilà, il y a plusieurs choses qui vont se passer.
02:18Alors, qu'est-ce qui va se passer, du coup ?
02:20Il y a plusieurs choses.
02:21Et on va voir sur cette image.
02:23Je te le disais, la circulation, elle va aller s'occuper essentiellement de tout le reste.
02:26Oui, tout ce qui est urgent, donc plus de...
02:28Donc voilà, ça va modifier ta circulation sanguine, donc ça va modifier aussi tout ce qui était apporté aux intestins.
02:35Ça va perturber les sécrétions digestives.
02:38C'est-à-dire ?
02:38Mais ça commence en fait déjà là-haut, au niveau de l'estomac.
02:42Souvent, on le dit d'ailleurs, quand on est stressé, on a de l'acidité, des brûlures, etc.
02:48Donc ça commence déjà là, ça va diminuer.
02:50Tu sais, l'estomac, il est protégé par un épais mucus, comme un coussin protecteur.
02:55Oui, parce que le liquide, il est très acide, en fait, à l'intérieur.
02:59C'est hyper acide, et donc normalement, il est protégé par ça.
03:02Et avec, quand la circulation n'arrive plus bien, quand il y a des sécrétions digestives dans l'estomac différentes,
03:08ça peut diminuer ce coussin protecteur, donc beaucoup plus d'acidité.
03:13On ressent plus les brûlures.
03:14Ça va dérégler la motricité intestinale.
03:17Qu'est-ce que ça veut dire, la motricité intestinale ?
03:19Tu sais que si tu peux manger allongé, c'est parce qu'il y a des contractions dans tout le
03:22système digestif.
03:23Oui.
03:25Ça va toujours dans le même sens.
03:26Il y a des contractions tout le long du système digestif.
03:30Et il y en a notamment au niveau des intestins, l'intestin grêle, mais aussi le gros intestin.
03:34Et donc, bien souvent, ça va accélérer le stress, va accélérer, avec les hormones qui sont libérées dans le stress,
03:41va accélérer la motricité digestive, donc accélérer le transit.
03:46D'accord.
03:47Mais parfois, ça arrive aussi que ça le ralentisse.
03:51Mais en général, ça l'accélère.
03:52On va aux toilettes avant un trac.
03:55Donc il y a une vraie explication.
03:56Ce n'est pas dans la tête que le stress donne mal au ventre et tout ça.
04:00Ce n'est pas psy, au sens où on l'entend.
04:03Après, tout passe par le cerveau, quand même.
04:04Oui, d'accord.
04:05Mais je veux dire, il ne se passe vraiment des choses dans l'intestin.
04:06Non, ça existe vraiment.
04:07Et il y a d'autres choses, tu vois.
04:09Augmente la perméabilité intestinale.
04:12Les cellules intestinales, elles vont être un peu plus séparées.
04:15Donc ça va augmenter.
04:17Ça veut dire que l'eau va sortir, les électroniques vont sortir.
04:19Donc tout ça, ça explique des ballonnements, de l'aérophagie, des gaz.
04:24Enfin, tu vois, tout s'explique.
04:26Ce n'est pas, comme tu viens de le dire, que dans la tête.
04:29Ça déséquilibre le microbiote.
04:30Tu sais que le microbiote, c'est...
04:31C'est les bactéries qu'on a dans le ventre.
04:34Ce n'est pas que des bactéries.
04:34Il y a des bactéries, des virus, plein de micro-organismes.
04:37Tu sais, un petit monde vivant là-dedans.
04:39Ça va le déséquilibrer.
04:40Pourquoi ?
04:40Parce que tout ce qu'on vient de dire avant, forcément, ça perturbe aussi notre petit monde
04:44puisque la circulation sanguine est perturbée.
04:47Donc tout ça s'explique aussi.
04:48Et ça va perturber le dialogue intestin-cerveau.
04:52Alors d'abord, avant de savoir pourquoi ça le perturbe,
04:55c'est quoi le dialogue cerveau-intestin ?
04:57Alors, je ne sais pas, je pense que tu en as entendu parler.
05:00On dit toujours que dans le ventre, dans les intestins, c'est un deuxième cerveau.
05:06Alors, on va se calmer.
05:08Ce n'est pas véritablement un deuxième cerveau.
05:10Mais c'est vrai qu'il y a un système nerveux entérique dans le ventre.
05:14Mais pour te donner deux chiffres,
05:16le cerveau, 90 milliards de neurones.
05:19Là, 200 millions.
05:20Donc on ne joue pas dans la même cour non plus.
05:22On n'a pas deux cerveaux, en fait.
05:24Mais en fait, c'est vrai que ça perturbe ce dialogue.
05:27Et donc, ça a une influence aussi.
05:30Et ça va dans les deux sens.
05:31C'est un petit peu comme si on se téléphonait toutes les deux
05:34et que notre communication soit un peu brouillée, si tu veux.
05:36Donc ça perturbe aussi ça.
05:38Tout ça pour vous dire que oui, effectivement,
05:41quand vous avez des problèmes d'estomac, de l'acidité gastrique
05:45ou des problèmes de ballonnement ou d'aérophagie ou autre,
05:49ça peut être lié à tout ça.
05:51Et alors, qu'est-ce qu'on peut faire pour les éviter au maximum ?
05:54Alors, j'allais dire déjà identifier le stress, si on peut.
05:57Essayer de le faire baisser, si on peut.
06:00Si c'est trop important, allez voir un professionnel qui vous aidera.
06:04Il y a tout un tas de choses, sophrologie, relaxation ou autre.
06:08Avoir une bonne alimentation pour rééquilibrer le mythrobioid
06:12et aussi une bonne activité physique.
06:14Donc, évidemment.
06:15Pourquoi une bonne activité physique ?
06:15Parce que ça va aider comme ça la circulation,
06:18ça va améliorer la circulation sanguine
06:20et ça va aider aussi à améliorer le transit aussi.
06:23Même une petite promenade digestive après le repas, c'est pas mal aussi.
06:26Mais donc, on le voit, le stress peut entraîner des problèmes au niveau du ventre.
06:37Christophe de Géger, bienvenue.
06:38Je suis ravie de vous accueillir.
06:40Vous êtes médecin, chercheur dans la longévité,
06:43président de l'Institut européen de la longévité.
06:47On peut dire que vous êtes un des pionniers de la médecine anti-âge
06:50et pourtant, vous avez 46 ans.
06:53C'est pas moi qui le dis, c'est vous.
06:55D'âge physiologique.
06:57Mais on va y revenir sur les 46 ans.
07:00Aujourd'hui, je voudrais que vous m'expliquiez.
07:02Quand on voit cette obsession, tout ce qui arrive sur la longévité,
07:07on peut vivre jusqu'à 130, on peut vivre jusqu'à 150.
07:09Il y a même des livres qui posent la question,
07:11peut-on vivre jusqu'à 150 ans ?
07:13Est-ce que ce sont des salades
07:15ou est-ce qu'on peut réellement augmenter la longévité,
07:19vivre vieux, mais vivre mieux aussi ?
07:21Alors, c'est du marketing.
07:23Clairement, c'est du marketing.
07:25Aujourd'hui, on ne peut absolument pas promettre ce genre de choses.
07:29En revanche, et là, c'est une vraie réalité,
07:33on peut agir sur sa sénescence.
07:36Alors, la terme de sénescence est important
07:38parce qu'on vieillit dès la conception.
07:41Mais ce vieillissement, il est positif.
07:44Il est positif jusqu'à la fin de l'adolescence.
07:47C'est ce qu'on appelle du développement.
07:49Et ensuite, on passe à une deuxième phase
07:51où l'ensemble de nos différents systèmes se dégrade.
07:55Et au bout d'un certain nombre de longues années,
07:58on va finir par fragiliser le corps,
08:00aller vers les maladies, la dépendance et la mort.
08:03Donc, quand on commence à travailler sur ces phénomènes de sénescence,
08:07c'est-à-dire cette dégradation intrinsèque qui est liée aux gènes,
08:10mais aussi à notre environnement,
08:12eh bien, à ce moment-là,
08:13on s'aperçoit que l'on peut améliorer un certain nombre de fonctions.
08:18Mais tout à l'heure, en plaisantant, j'ai dit que vous aviez 46 ans.
08:21Enfin, ce n'était pas une plaisanterie, c'est vrai.
08:22J'aimerais que vous nous expliquiez, justement,
08:25la différence entre tous ces âges.
08:27Il y a l'âge de la carte d'identité, l'âge chronologique.
08:30Il y a l'âge physiologique, donc vos 46 ans.
08:32Je ne parlerai pas de votre âge sur la carte d'identité,
08:35je ne le connais pas.
08:36Mais votre âge, vos 46 ans, en tout cas, votre âge physiologique.
08:40Et il y a l'âge ressenti.
08:41Et là, j'ai l'impression que c'est encore autre chose.
08:44Et en plus, il y a l'âge visuel.
08:45C'est l'âge ressenti ?
08:47Non, parce que je relativise beaucoup les choses.
08:50Donc, allons-y.
08:51Rappelez-nous les différences entre tous ces âges.
08:54Chronologique, vous l'avez dit, c'est la carte d'identité,
08:57c'est l'anniversaire, etc.
08:58Mais ce n'est pas le reflet de notre état fonctionnel.
09:01À 50 ans ou, mettons, 60 ans,
09:03vous avez des gens qui ont une très, très bonne activité,
09:08des capacités fonctionnelles élevées,
09:09et d'autres qui sont presque proches du déambulateur.
09:13C'est l'inverse.
09:15Donc, il nous fallait un autre âge
09:16pour pouvoir évaluer ce que l'on apporte aux gens.
09:19Et c'est l'âge physiologique.
09:21Et l'âge physiologique, il va se décliner sur tous nos systèmes.
09:25On a un âge physiologique artériel, cardiaque.
09:28Vos 46 ans, c'est quoi ? C'est vos artères ?
09:30C'est mes artères.
09:31Oui, c'est mes artères.
09:32Mais on a aussi du cérébral, du cutané.
09:35Donc, c'est organe par organe ?
09:36C'est organe par organe.
09:37Et ensuite, on intègre ces différents âges
09:40pour avoir un âge le plus proche possible.
09:43Mais...
09:43Comment savoir ?
09:45Parce que vous, vous le savez,
09:46vous travaillez là-dedans, c'est votre boulot.
09:48Mais comment Mme Michu, au sens noble du terme,
09:52fait pour savoir quel est l'âge physiologique de son cœur,
09:55de ses artères ?
09:56Parce qu'il y a des choses qui sont vendues,
09:57mais incroyablement chères, d'ailleurs,
09:59puis peut-être pas très sérieuses.
10:00Comment on fait pour savoir ?
10:02Alors, il y a vraiment, sur le marché, entre guillemets,
10:05il y a tout et n'importe quoi.
10:07Aujourd'hui, on a des systèmes,
10:09qui sont des systèmes médicaux,
10:10qui sont appliqués à la physiologie,
10:12qui vont nous permettre de déterminer exactement cet âge.
10:15Mais c'est du médical.
10:17Ça veut dire prendre du temps,
10:18ça veut dire évaluer.
10:20Même les tests qui sont vendus,
10:22comme ces espèces de tests chromosomiques,
10:25ou des tests comme l'épillage,
10:27ou des choses comme ça,
10:28où on va regarder la méthylation de l'ADN,
10:30ça reste extraordinairement flou et discuté.
10:33C'est vendu comme étant le nec plus ultra,
10:36mais ça ne relève pas
10:39et ça ne permet pas de déterminer votre affaire.
10:41Donc, un conseil que vous donnez à nos téléspectateurs,
10:43c'est de ne pas tomber dans le panneau
10:45et de ne pas aller vers n'importe qui.
10:48Absolument.
10:49Absolument.
10:49Il faut que vous ayez un médecin
10:51en qui vous ayez confiance
10:52et qu'il puisse vous orienter.
10:54Maintenant, ce qui est important également,
10:57c'est de savoir que ces différents âges,
10:59on peut les améliorer.
11:00Votre âge chronologique ne peut que se dégrader,
11:03mais votre âge fonctionnel peut s'améliorer.
11:06On peut refaire de la masse osseuse,
11:08on peut refaire de la masse musculaire,
11:10on peut améliorer la rigidité de ses artères.
11:13Donc, ça, c'est des points importants.
11:15Et du coup, relativement,
11:17vous prenez un an d'âge chronologique,
11:20mais votre artère devient plus souple
11:23parce que vous faites un certain nombre de choses
11:25qui sont positives par rapport à votre vieillissement.
11:27Alors, il y a des choses qui paraissent évidentes.
11:30On ne va pas fumer, on ne va pas voir.
11:32Mais si vous deviez me donner trois conseils
11:35pour justement améliorer mon âge physiologique,
11:39vous me donneriez quoi comme conseil ?
11:41Pas dix, trois.
11:42Non.
11:43Alors, la première chose que je vous dirais,
11:45c'est de ne pas renoncer.
11:47C'est-à-dire de ne pas s'habituer
11:48au fait que l'on soit moins performant.
11:51Ça veut dire que si vous montez, par exemple,
11:53habituellement quatre étages à pied,
11:56et tout à coup, vous êtes un peu fatigué,
11:58un peu essoufflé,
12:01vous avez plus tendance à prendre l'ascenseur.
12:03Ça, c'est une erreur.
12:04D'accord ?
12:05Il faut s'entraîner.
12:06D'abord, peut-être voir son médecin,
12:08parce qu'être essoufflé plus rapidement,
12:10c'est peut-être le signe de quelque chose,
12:13d'une maladie.
12:13Et là, il faut la diagnostiquer, la traiter.
12:16Donc, la case médecin est indispensable.
12:18Mais si tout va, entre guillemets, bien,
12:21à ce moment-là, il faut se rééduquer.
12:24C'est-à-dire qu'il ne faut pas être dans la faiblesse.
12:27Il faut être résilient,
12:29s'appliquer à monter ses quatre étages,
12:32faire du sport.
12:33Donc, ne pas renoncer.
12:34Ça, c'est un bon conseil.
12:36Ça, c'est très important.
12:38Tout ce qu'on a dit,
12:38tout ce que vous avez évoqué sur les toxiques,
12:41mine de rien, ça joue.
12:43Donc, il faut effectivement arrêter
12:45un certain nombre de toxiques.
12:47Il ne faut pas forcément devenir un moine.
12:49D'accord ?
12:50Parfois, on se fait plaisir,
12:52mais de façon exceptionnelle.
12:54Un anniversaire, une date précise, etc.,
12:58une rencontre d'amis.
12:59Mais pas tout le temps.
13:01Le petit verre de vin rouge tous les jours,
13:03ou deux verres, à la limite,
13:05ce n'est pas bon, ça.
13:06Oui, mais reconnaissez que
13:07quand on en interview tous les centenaires,
13:09ils vous donnent des exemples à chaque fois.
13:11« Oh, ben moi, je bois mon petit verre tous les jours,
13:13ou mon petit porto. »
13:15Eh bien, c'est super, ça ne les a pas tués.
13:17C'est très bien.
13:18Donc, je vous ai demandé trois conseils.
13:21Alors, ne pas renoncer,
13:23faire attention, en tout cas les petits plaisirs,
13:25mais de temps en temps,
13:27pas tous les jours.
13:28Et ensuite, le troisième ?
13:30Je vais peut-être en mettre deux dans le troisième,
13:32tricher un tout petit peu.
13:34C'est tout l'aspect vraiment nutritionnel,
13:37avec un seul conseil, pas de sucre.
13:40Le moins de sucre possible.
13:41Les sucres aboutissent à un phénomène qui est bien connu,
13:45qui est la glycation,
13:46et ça, ça nous abîme de partout.
13:48Ça abîme notre cerveau, nos artères, notre cœur, tout.
13:51Et puis, il faut joindre à ça le fait de surveiller
13:54sa masse musculaire,
13:56parce qu'on a tendance à perdre du muscle.
13:58Le muscle ne nous sert pas que pour nous déplacer,
14:02d'accord ?
14:03Il nous sert également d'un point de vue métabolique,
14:05et ça joue sur la régulation du sucre,
14:08dont je viens de parler.
14:09Donc, en fait, il faut se souvenir
14:11qu'on est un ensemble de choses.
14:13On peut avoir plus ou moins de chances,
14:15avec des bons gènes, pas de bons gènes, etc.
14:18Mais on n'est pas non plus prisonnier de ces gènes.
14:20Et il ne faut surtout pas rajouter des choses à porter.
14:25Il faut que notre vieillissement ne soit pas trop lourd.
14:27Et donc, il faut faire tout ce qu'on peut
14:29pour le rendre plus supportable.
14:32Je reviens à mes centenaires.
14:35Ils étaient tous sans surpoids.
14:38Tous les centenaires, il y a plusieurs zones
14:39qu'on appelle les zones bleues dans le monde,
14:43où il y a des centenaires.
14:44Ils ont tous un poids normal.
14:46Est-ce que le surpoids joue aussi ?
14:49Évidemment.
14:50Non, mais pas que le sucre, le surpoids en général.
14:52Le surpoids en général, quelle qu'en soit l'origine,
14:55ça peut être on mange trop, le sucre, l'alcool, etc.
14:58Mais ou l'inactivité, la sédentarité a un rôle qui est important.
15:03Mais évidemment, le surpoids va augmenter
15:06tous les facteurs de risque.
15:08D'accord.
15:08D'accord ?
15:09Autre chose.
15:11J'ai 70 ans.
15:14Enfin, si j'avais 70 ans ou 80,
15:19est-ce que je peux commencer maintenant
15:22à être acteur de ma santé,
15:24à appliquer les conseils que vous venez de me donner
15:27ou est-ce que c'est trop tard ?
15:28C'est jamais trop tard.
15:29Jamais.
15:31Vous nous avez dit que la sénescence a commencé à l'adolescence.
15:34Oui, bien sûr.
15:35Mais il n'est jamais trop tard
15:36pour essayer de commencer à corriger le tir.
15:38Oui.
15:39D'accord ?
15:39Parce que même si vous êtes à 90 ans,
15:43vous pouvez gagner quelque chose.
15:45Et gagner quelque chose surtout en confort de vie.
15:47Pas simplement en absence de pathologie,
15:50mais en confort de vie.
15:51Avoir la capacité de se déplacer,
15:54avoir la capacité d'échanger avec les autres,
15:56avoir la capacité d'avoir cette vie sociale
15:59que l'on retrouve justement
16:01chez les centenaires dans les zones bleues.
16:03Ça, c'est très important, les interactions sociales.
16:05C'est très important, ben oui.
16:06Merci beaucoup pour tous ces conseils.
16:08Je pense que vous allez revenir
16:09parce qu'on a encore plein de choses à dire à ce propos.
16:11Avec plaisir.
16:13Juste pour terminer, une dernière question,
16:15une réponse très rapide.
16:17Quelle est l'erreur que vous voyez le plus souvent
16:19chez toutes ces personnes
16:20qui veulent absolument vivre longtemps ?
16:23La plupart des gens sont trop sédentaires.
16:26Ils font une heure de salle de sport par semaine
16:29et pensent que ça leur permet tout
16:31et ça leur garantit l'immortalité.
16:33Ce n'est pas vrai du tout.
16:34Merci beaucoup, docteur Gégère.
16:37Je retiens qu'il n'est jamais trop tôt
16:39ni jamais trop tard
16:41pour prendre soin de son capital santé.
16:44C'est exactement ça.
16:45Merci beaucoup.
16:51Docteur Martin Blachier, bienvenue.
16:53Ravi de vous retrouver.
16:55Je rappelle que vous êtes médecin de santé publique
16:57et que maintenant, vous viendrez nous parler
16:59des innovations, l'innovation de la semaine.
17:01Alors, c'est quoi cette semaine ?
17:02L'innovation de la semaine, c'est un nouveau mode
17:05pour échographier les bébés chez les femmes enceintes.
17:08Vous savez que quand vous êtes enceinte,
17:10vous allez plusieurs fois dans votre grossesse
17:12chez le gynécologue, l'obstétricien
17:15qui va avec une machine vous échographier.
17:18Et en fait, ça pourrait évoluer différemment
17:20dans les années à venir
17:21parce qu'un simple patch que vous coloriez
17:23sur le ventre de la mère...
17:24Ce qu'on voit là, là !
17:25Voilà, quelque chose qui ressemblerait à ça.
17:26Finalement, on pourrait enregistrer en continu
17:29une image échographique du bébé
17:30et prendre ces mesures
17:33pour voir si le bébé grossit bien
17:34dans le ventre de la mère
17:35et même voir le cordon ombilical
17:37si le bébé est bien oxygéné par le placenta.
17:39Mais ça change tout, ça.
17:41Ça veut dire que la femme pourrait avoir ça sur elle
17:45donc ça lui éviterait d'aller voir le médecin régulièrement
17:48et ça pourrait signaler une alerte
17:51s'il y a un truc qui ne va pas ?
17:52Exactement, c'est-à-dire que plutôt
17:53que d'avoir quelques échographies pendant la grossesse,
17:56on pourrait en fait avoir un suivi quasi continu
17:58de l'évolution du bébé
18:01et puis ensuite, l'image et la donnée
18:03seraient analysées par des algorithmes
18:05de l'intelligence artificielle
18:06et dès qu'il y aurait une anomalie
18:08qui nécessiterait l'intervention d'un médecin
18:10et à l'extrême, déclencher la grossesse
18:12si le bébé ne va vraiment pas bien
18:13et bien à ce moment-là, ça remonterait au médecin
18:17qui reviendrait vers la mère et qui interviendrait.
18:19Et on peut bouger, se déplacer, faire son ménage,
18:24faire ses courses avec ça sur le ventre ?
18:25Absolument, vous savez, quand on essaie d'écouter
18:27le rythme du cœur du bébé, souvent les femmes,
18:29elles savent que très souvent ça se déplace
18:31parce que le bébé tourne dans le ventre
18:32et du coup on est obligé de replacer la petite électrode
18:35et c'est pareil, sur l'échographie, parfois on a un peu de mal
18:37à trouver le bébé.
18:38Non mais ça ce qui est incroyable,
18:40c'est qu'en fait justement l'intelligence artificielle
18:42à partir des données qu'elle va récupérer
18:44va en permanence, sans bouger l'émetteur
18:46et le récepteur, réussir à savoir exactement
18:48si le bébé va bien.
18:49Donc même s'il va d'un côté, ça pourra faire l'échographie ?
18:52Le bébé peut bouger, la mère peut bouger
18:53et en fait on réinterprète les données qu'on a
18:56pour savoir en permanence
18:57si les mesures sont bonnes ou si elles ne sont pas bonnes.
18:59D'accord, et en plus ça permettrait aux gens
19:01qui sont loin, il y a quand même des déserts médicaux,
19:03on en parle assez régulièrement,
19:05c'est une très bonne nouvelle
19:07pour toutes celles qui sont loin
19:09de leur gynéco, de leur...
19:12Absolument, absolument.
19:13Et puis toutes les femmes qui doivent avoir
19:14une surveillance un petit peu renforcée,
19:15plutôt que d'aller plusieurs fois chez le médecin
19:17à chaque fois pour faire l'échographie
19:18pour voir si le bébé va bien,
19:19en fait là, elles restent chez elles.
19:22Les données sont directement envoyées
19:23sur un centre qui pourrait surveiller
19:25et voir s'il y a des alertes qui se déclenchent.
19:28Ça veut dire qu'en fait c'est relié au gynéco
19:31et quand il y a une alerte, ça veut dire que le gynéco
19:33il se balade en permanence avec son truc ?
19:35Alors non, ça veut dire qu'il va y avoir
19:37une plateforme et une interface
19:40et en fait ça va être analysé par des algorithmes,
19:43c'est-à-dire que ce n'est pas le gynécologue
19:44qui va en permanence regarder
19:45et les alertes seront reçues par le gynécologue.
19:48Après, ce n'est pas forcément urgent,
19:49ça peut être à quelques heures près.
19:50Et du coup, il traite l'information
19:52et après il décide d'intervenir ou pas sur la femme.
19:54Mais la question qu'on peut se poser,
19:57c'est est-ce que c'est plutôt rassurant pour la femme
20:00ou est-ce que c'est plutôt anxiogène, inquiétant pour la femme ?
20:04Est-ce que d'avoir ça et se dire
20:06tiens, là ça sonne ou ça...
20:08Alors, ça va être plutôt rassurant à mon sens.
20:11Déjà, il y a des études qui ont montré
20:12que c'était plus efficace que les échographies répétitives
20:15ou que le suivi interrompu du bébé.
20:18Donc ça, c'est quand même rassurant pour la femme
20:20de savoir qu'elle est mieux suivie.
20:21Ensuite, ce n'est pas elle qui reçoit les alertes,
20:23c'est son médecin.
20:24Donc en fait, le médecin fait le filtre
20:25et c'est ça qui est très important,
20:26c'est que le médecin doit faire le filtre
20:27entre le bruit et les vraies alertes
20:30qui font qu'on doit intervenir.
20:32Et en plus, la femme, plutôt que d'aller à l'hôpital
20:33faire ses échographies, ce qui est quand même
20:34un petit peu angoissant, là, elle reste chez elle,
20:37même si on lui demande de saliter,
20:39ce n'est pas une surveillance à l'hôpital
20:40et du coup, elle reste chez elle.
20:41Donc, pour le confort, de façon économique
20:44et pour l'efficacité, c'est mieux que ce qui existait avant.
20:47Là, je vois qu'il y a des fils.
20:49C'est relié à quoi ?
20:50Alors, pour l'instant, il y a un prototype, en fait,
20:51parce que le patch, aujourd'hui,
20:53qui fait la taille d'une petite main de femme
20:55ou d'une grande main de bébé, d'enfant,
20:58envoie et reçoit le signal.
21:00Et ensuite, les fils sont reliés à un ordinateur
21:02qui traite le signal.
21:03L'objectif de demain, c'est qu'il n'y ait plus de fils.
21:05Et donc, en fait, il n'y a que le patch,
21:06que tout soit miniaturisé.
21:07Ah oui, il n'y aura que le patch,
21:07parce que si vous êtes avec votre...
21:08Voilà, il n'y a que le patch que ça envoie
21:10par Wi-Fi, finalement, à votre ordinateur,
21:12qui, lui, l'envoie à votre médecin,
21:14qui peut ensuite traiter l'information.
21:15En tout cas, écoutez, je ne sais pas
21:17si ça arrivera, ni quand ça arrivera.
21:19J'en profite pour rappeler que les ultrasons,
21:20ce n'est pas du tout dangereux,
21:21ni pour le bébé, ni pour la maman.
21:24Mais vous viendrez...
21:25On va quand même suivre l'affaire.
21:26Moi, je trouve ça quand même passionnant.
21:27On va suivre, d'autant que c'est une innovation
21:28qui a été considérée
21:29comme une des plus grandes innovations médicales
21:31de l'année dernière.
21:32Donc là, c'est encore des prototypes.
21:33Et puis, il faudra attendre quelques années
21:35avant que ça vienne d'abord aux Etats-Unis.
21:37Je compte sur vous pour suivre l'affaire.
21:38Puis en France. Je suis, je suis ça.
21:39Merci, docteur Blachier.
21:40Avec plaisir.
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