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  • il y a 6 semaines
Plus de 750 000 micro-entreprises ont été créées en France en 2025, un nouveau record. Mais qui sont réellement ces entrepreneurs ? L'Union des Auto-entrepreneurs a mené une vaste étude pour mieux comprendre leur profil et leur implantation. Elle révèle notamment des entrepreneurs ancrés dans leur territoire, loin de l’image d’un phénomène essentiellement urbain. François Hurel, président de l’Union des Auto-entrepreneurs, revient sur les grandes tendances de la micro-entreprise et sur la réalité économique de ces indépendants.

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Transcription
00:04Plus de 750 000 micro-entreprises ont été créées en France en 2025, c'est un record.
00:10Et pour parler de ce statut qui évolue, qui se développe en France, je suis ravie de recevoir en visio
00:16François Hurel,
00:17qui est président de l'Union des auto-entrepreneurs. François Hurel, bonjour.
00:21Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous.
00:26Tout d'abord, qu'est-ce que vous pouvez nous dire de ce chiffre ?
00:29Qu'est-ce que ça dit de l'évolution du travail, de l'entrepreneuriat aujourd'hui en France ?
00:35Alors je pense que ça correspond à trois phénomènes.
00:39Un phénomène d'un regard nouveau des Français sur le travail, plus exactement d'ailleurs sur l'activité, plus qu
00:47'effectivement le travail.
00:49Donc le salariat séduit moins. En réalité, le lien de subordination séduit moins.
00:57Les rémunérations ne sont pas à la hauteur des attentes. Ça, c'est indiscutable. Donc ça, c'est le premier
01:03phénomène.
01:04Le deuxième phénomène, je pense que c'est la recherche de l'indépendance, une aspiration à davantage de liberté et
01:11surtout de conciliation d'une vie professionnelle avec une vie familiale.
01:16Donc c'est un régime qui s'adapte effectivement assez bien à toutes celles et ceux qui souhaitent être dans
01:22cette démarche-là.
01:24Et puis le troisième sujet, je crois qu'il est un vrai sujet, c'est l'économie.
01:29On a un sujet qui, aujourd'hui, l'entrepreneuriat, ça séduit parce qu'on s'enrichit un peu plus vite.
01:37On a une chance de progresser. On grandit.
01:40Alors ça ne veut pas dire, loin s'en faut, que l'herbe est toujours plus verte ailleurs.
01:44Je reste prudent. Tout le monde ne peut pas être micro-entrepreneur.
01:48Il faut avoir un projet. Il faut être accompagné.
01:50Il faut essayer d'être le plus au fait de ce qui se passe et savoir si on peut en
01:56vivre.
01:57Moi, créer une entreprise, si ça ne sert pas à remplir le frigo, ça ne sert à rien.
02:02Donc il vaut mieux avoir une démarche qui soit construite, utile, efficace.
02:07Et je dis toujours, l'alpha et l'oméga, c'est remplir le frigo.
02:11Justement, vous avez publié une vaste étude sur ce régime qui décrit qui sont ces personnes, ces micro-entrepreneurs.
02:19Est-ce que vous pouvez nous donner un peu ce profil qui est réparti en régions, plutôt urbains ?
02:26Quel type d'activité ? Qu'est-ce qu'il y a derrière ce profil, ce régime ?
02:30Alors, je vais répondre en deux temps.
02:32Premier temps, réponse globale.
02:35Un micro-entrepreneur, c'est plutôt quelqu'un qui est jeune.
02:39Enfin, ils sont un peu plus nombreux à être jeune.
02:42Donc, c'est-à-dire entre 18 et 40 ans.
02:46Ils sont plus nombreux que ceux de 55 et suivants.
02:50Ils sont à parité.
02:51C'est-à-dire, en gros, il y a autant d'hommes que de femmes.
02:55Leur revenu moyen, compte tenu du temps qui y est consacré,
03:00parce qu'évidemment, il faut reprendre toujours ça en ligne,
03:04ceux qui y consacrent l'exclusivité de leurs activités,
03:10arrivent à gagner en gros une quinzaine de milliers d'euros par an, au minimum,
03:15et plutôt aux alentours de 25 000 à 30 000 au mieux.
03:20Ça, c'est une étude qui provient de l'URSSAF des Pays-Loire,
03:24qui est la seule vraie étude, j'ai envie de dire,
03:26qui a été faite sur 15 000 auto-entrepreneurs
03:29qui consacraient 100 % de leur activité.
03:32Elle n'était ni complémentaire, ni à temps partiel.
03:38Ensuite, dans une étude que nous avons publiée récemment
03:41avec la Fondation L'Europe, les Mosquetaires,
03:43on a essayé de comprendre si ce profil, finalement, il était urbain.
03:50Est-ce que c'était un phénomène urbain,
03:51ou est-ce que c'était un phénomène qui a une bonne partition
03:55entre urbain et campagne ?
03:57Eh bien, on s'est aperçu avec surprise que la ruralité compte énormément.
04:01Il y a beaucoup de micro-entrepreneurs qui sont installés
04:05dans des villes petites, très petites,
04:09pas forcément liées avec la grande ville.
04:13Et donc, on est à peu près à une proportion de 40-60.
04:1660 sont dans un périmètre urbain ou très urbanisé.
04:2040 sont dans un périmètre rural ou un peu plus que rural.
04:24Et donc, on s'aperçoit que leurs activités sont,
04:28pour la plupart d'entre elles, un véritable trait d'union sociale.
04:33Soit c'est un trait d'union pour l'accompagnement des personnes,
04:37et ça, c'est une évidence, il y a un véritable besoin.
04:41Soit c'est un trait d'union parce que,
04:43je ne vais pas dire que l'administration a déserté nos campagnes,
04:46j'ai envie de dire que nos concitoyens ont besoin
04:49d'un accompagnement administratif
04:52qu'ils ne trouvent pas à proximité de chez eux.
04:55Je ne fais ni un procès à l'un, ni un procès à l'autre,
04:57ce n'est pas le sujet, c'est juste parce qu'ils servent,
05:00effectivement, tous ces auto-entrepreneurs.
05:02Ils sont un trait d'union sociale important.
05:05Derrière ce chiffre de 750 000 micro-entreprises,
05:08comment est-ce qu'on peut le mettre en perspective ?
05:09Est-ce que ce sont toutes des activités, justement, durables,
05:13qui sont implantées dans les localités dans lesquelles vous parlez ?
05:18Alors, sur la pérennité des auto-entrepreneurs,
05:25paradoxalement, c'est l'activité qui, en France, est la plus pérenne.
05:28Parce que si on prend le chiffre,
05:31il s'est inscrit depuis 2009 à peu près 7 millions d'auto-entrepreneurs.
05:36Il en reste, en gros, 3 millions qui sont actifs.
05:40Si l'on calque cette même proportion aux activités en société,
05:43alors ce n'est pas tout à fait vrai, d'ailleurs,
05:45parce qu'il faudrait tenir compte des reventes, bon bref.
05:48Mais en tout cas, on s'aperçoit que le régime auto-entrepreneur
05:52est un régime qui est plutôt stable, plutôt stable.
05:58Ensuite, je pense qu'ils sont davantage pérennes
06:03lorsqu'ils sont dans les territoires ruraux,
06:05pour une raison qui est simple,
06:07c'est qu'ils ne se rapprochent pas d'autres auto-entrepreneurs
06:10pour développer leur activité.
06:12En fait, on s'aperçoit que les auto-entrepreneurs,
06:15soit ils s'arrêtent parce qu'effectivement,
06:17ils n'ont pas de clients, et on en a beaucoup,
06:19il faut être lucide,
06:21soit ils disparaissent des radars ou des numéros sirètes,
06:26parce que finalement, ils s'associent avec un autre autre entrepreneur
06:29et qu'ils créent une société.
06:31Donc, ils vont plus loin, ils vont plus grand,
06:34et ils essaient d'avoir davantage de clients,
06:37de répondre à davantage, effectivement, de marchés.
06:39En ruralité, ils sont plus petits,
06:43ils sont plus indépendants,
06:44ils restent plus souvent seuls.
06:46Et donc, quand bien même auraient-ils des activités de service
06:49à des particuliers ou à des entreprises
06:52qui vivent dans les territoires urbains
06:55ou qui exercent dans les territoires urbains,
06:58ils sont relativement, ils restent stables dans leur situation.
07:01– Et pour vous, pourquoi est-ce que ce régime reste attractif
07:05malgré les éléments qu'on connaît,
07:07soit de complexification,
07:09parce que c'est un régime qui est moins simple qu'avant,
07:12et aussi par rapport à toute la situation économique qu'on connaît,
07:16qui pourrait bien sûr avoir des conséquences
07:18sur ces statuts qui sont beaucoup plus flexibles ?
07:22– Alors, là je peux répondre sur deux éléments.
07:28La clé du régime, c'est effectivement sa simplicité.
07:32Indiscutablement, ce qui a séduit les Français,
07:34et pourquoi ils sont 750 000 à s'inscrire maintenant tous les ans,
07:39pourquoi est-ce qu'on en a inscrit 3 500 par jour quand même,
07:42ce qui est assez colossal ?
07:43C'est évidemment parce que c'est un régime simple.
07:46C'est un régime simple qui, en plus de ça,
07:49interdit de créer de la dette.
07:51Parce que d'abord, si vous ne gagnez rien,
07:54vous ne devez rien à la personne.
07:55Ça, c'est un élément qui est extrêmement important.
07:58Et ensuite, vous ne créez pas de dette
08:00parce que de toute façon,
08:01vous devez vous acquitter de vos cotisations sociales et fiscales
08:04instantanément.
08:05C'est quasiment un prélèvement à la source.
08:07Et donc, en réalité, c'est paradoxalement un régime
08:11qui, économiquement, pour celles et ceux qui l'exercent,
08:14est un régime qui est relativement sûr.
08:17Et ils le savent bien.
08:18Alors ensuite, c'est ça qui est un peu,
08:22je vais dire, crispant en France,
08:25pour utiliser un mot correct,
08:28je pourrais utiliser un mot un peu plus trash,
08:33c'est que gouvernement après gouvernement,
08:38on a de cesse que de vouloir complexifier ce qui est simple.
08:42Et c'est assez bizarre,
08:44cette espèce de course au nivellement par la complexité,
08:48alors qu'en réalité, on devrait s'attaquer au nivellement par la simplicité.
08:52Moi, j'entends tous ceux qui m'expliquent que
08:54les auto-entrepreneurs sont parfois des concurrents déloyaux
08:57parce qu'ils vivent dans la simplicité.
08:59Mais de grâce qu'à ce moment-là,
09:01on n'a qu'à réclamer de la simplicité.
09:03Il faut qu'il y en ait beaucoup plus.
09:04Il faut qu'il y en ait partout.
09:06Et finalement, c'est extrêmement difficile aujourd'hui,
09:09en fait, dans ce pays,
09:10de vouloir, moi, le grand soir de la simplification,
09:13je n'y crois absolument pas.
09:15C'est un travail qui est...
09:17Il faut tout reprendre à zéro,
09:19si jamais on veut être simple et redevenir simple.
09:21Et le régime de l'auto-entrepreneur,
09:23il a cette vertu, c'est qu'il est né de zéro.
09:26Il n'existait pas.
09:27Et donc, en réalité,
09:28lorsque je l'ai construit avec Hervé Novelli,
09:30on l'a fait en se disant,
09:32il faut faire le plus simple possible.
09:34Mais c'est vrai que,
09:36ministre après ministre,
09:38lorsque je rencontre un ministre
09:39et qu'il me dit,
09:39mais de quoi avez-vous besoin ?
09:41Et qu'est-ce qu'on pourrait faire ?
09:41Je lui dis, surtout, vous ne faites rien.
09:44Surtout, je ne vous entends pas.
09:45Je ne veux pas vous voir.
09:46Ne faites rien.
09:47Parce qu'à chaque fois que vous allez faire
09:49vouloir faire quelque chose,
09:51vous allez complexifier le régime.
09:53Et c'est vrai que,
09:54et vous avez raison,
09:56effectivement, de le dire,
09:57depuis 2009,
09:58il faut se battre beaucoup
09:59pour que ce régime reste simple.
10:01Et justement,
10:02de complexité ou simplicité,
10:04on va en parler tout de suite
10:05avec le sujet brûlant de cette semaine
10:06qui est la facturation électronique.
10:08François Hurel,
10:08vous restez avec nous
10:09et tout de suite,
10:10on passe au débat éco.
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