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Le moral des Français est au plus bas depuis 2013. Selon l’Insee, la confiance des ménages a fortement reculé en octobre, sur fond d’inquiétudes concernant le pouvoir d’achat et l’emploi. Dans le même temps, les résultats trimestriels des grandes entreprises françaises révèlent des performances contrastées, tandis que la France retrouve la première place européenne en matière de prélèvements obligatoires. Décryptage dans SMART ÉCO avec Aziz Senni, entrepreneur et président-fondateur de Quartiers d’Affaires, et Clément Henrat-Lemée, professeur d’économie à Sciences Po.

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Transcription
00:04Le moral des français est au plus bas depuis 2013. Selon la dernière enquête de l'INSEE, la confiance des
00:10ménages a fortement reculé en octobre.
00:12Pouvoir d'achat, perspective d'emploi, les inquiétudes se multiplient sur fond de tensions sociales qui traversent la France depuis
00:19plusieurs semaines.
00:19Dans le même temps, des résultats trimestriels d'entreprises qui se consolident ou qui reculent en fonction des secteurs.
00:28Donc une économie à plusieurs vitesses. Et puis la France qui retrouve la première place européenne en matière de prélèvement
00:34obligatoire.
00:35Alors que les finances publiques sont sous pression, quelle marge de manœuvre a-t-on ?
00:40C'est les questions qu'on va essayer de soulever avec mes deux invités.
00:43Aziz Séni qui est en visio, vous êtes entrepreneur, investisseur, président fondateur de Quartier d'affaires et du Forum économique
00:51des banlieues.
00:52Bonjour Aziz.
00:53Bonjour à toutes et à tous.
00:55Et Clément Orat-Lemais, vous êtes professeur d'économie à Sciences Po.
00:59Alors tout d'abord, bonjour Clément.
01:01Bonjour à vous.
01:03Tout d'abord, on va parler de l'INSEE, donc la confiance des ménages qui a perdu 5 points en
01:09octobre à 80, son plus bas niveau depuis 2013.
01:12Est-ce que ça Clément, pour vous, c'est une chute de confiance des ménages ?
01:17Ça entraîne forcément un recul de la consommation ? C'est totalement lié.
01:23Alors oui, effectivement, il y a plusieurs liens et d'ailleurs la note de l'INSEE d'octobre 2026 le
01:28précise.
01:29Alors peut-être pour ceux qui nous écoutent, les notes INSEE, ce sont des notes mensuelles qui retracent à travers
01:34plusieurs indicateurs à la fois le degré de confiance des ménages et le lien qu'il peut y avoir entre
01:38ce degré de confiance et d'autres indicateurs.
01:40Je trouve que ce qui est le plus frappant, peut-être dans la note d'octobre 2026, c'est le
01:46lien qu'établit l'INSEE entre effectivement la dégradation assez nette de la confiance des ménages et le comportement d
01:53'épargne des ménages.
01:54Puisqu'on observe effectivement, c'est un des principaux indicateurs finalement de la confiance des ménages, qu'il y a
01:59une dégradation de la perception que les ménages français ont de leur situation financière personnelle.
02:06Et dès la première page de la note, on voit qu'en réalité, on a plutôt effectivement une tendance à
02:12l'augmentation de l'épargne de précaution pour les ménages français.
02:16Et ça, ça peut effectivement pénaliser la consommation, puisque par définition, le revenu disponible du ménage, il est soit consommé,
02:21soit épargné.
02:22Et donc très concrètement, qui dit dégradation de la confiance des ménages, dit augmentation d'épargne de précaution, donc baisse
02:29immédiate de la consommation.
02:31Donc ça peut avoir un effet récessif.
02:33Alors l'INSEE ne précise pas encore pour l'instant quel sera vraiment l'effet récessif, puisque la trajectoire de
02:40croissance n'est pas totalement impactée directement pour l'instant.
02:45Mais effectivement, oui, ça peut, à travers le canal de l'épargne, totalement impacter négativement la croissance de fin d
02:50'année.
02:51Et Aziz, est-ce que ça, c'est une perte de confiance qui peut forcément se répercuter concrètement sur les
02:58entreprises ?
03:00Vous savez, quand les Français ont peur de demain, ils n'investissent plus dans aujourd'hui.
03:07Il y a un contexte qui est extrêmement anxiogène.
03:11La situation internationale, l'inflation évidemment, le contexte de la campagne présidentielle.
03:18Et puis bien sûr, le sentiment du déclassement et que demain n'est plus une promesse, mais une menace.
03:25Beaucoup de Français pensent que leurs enfants vont vivre moins bien qu'ils n'ont eux-mêmes vécu.
03:30Donc, on a peur. La peur, ça se clérose et on thésaurise.
03:35On thésaurise quand on est particulier, comme ça vient d'être expliqué.
03:38On épargne. Et quand on est une entreprise, on se dit, mais est-ce que ça vaut le coup d
03:42'investir maintenant ?
03:43Est-ce que je ne dois pas attendre un petit peu ?
03:44Et donc, finalement, cette attente qui est liée à une perception psychologique, eh bien, elle ralentit l'économie.
03:51Et est-ce qu'aujourd'hui, puisqu'on est en campagne présidentielle, le discours ambiant de tous les candidats à
03:58un droite-gauche,
03:59il n'y en a pas un pour nous donner des perspectives de croissance.
04:03Chacun nous explique, matin, midi et soir, comment nous allons gérer notre déclin, comment nous allons gérer la décroissance,
04:10comment la part du gâteau économique va se rétrécir, mais personne pour nous expliquer comment nous allons faire grossir ce
04:17gâteau.
04:18Donc, je crois qu'en redonnant de la perspective, tout simplement en disant où est-ce qu'on veut aller,
04:23c'est redonner de l'espoir aussi, parce que cette consommation, elle fonctionne énormément sur l'intuition et sur l
04:30'impression psychologique.
04:31Est-ce que je suis assez confiant en moi, en mon entourage, en l'économie, pour y consommer, pour y
04:37investir, pour m'y projeter ?
04:39Et aujourd'hui, la réponse, je crois qu'elle est claire.
04:41Elle est non seulement non dans la réponse, mais elle est aussi démontrée par le ralentissement de la consommation.
04:48Oui, parce que Clément, en fait, ces entreprises, elles sont clairement totalement dépendantes d'une consommation.
04:54On en parle souvent autour de ce plateau.
04:55Il y a bien sûr des problèmes de financement, il y a beaucoup de choses,
04:58mais avant tout, c'est quand même la consommation des ménages qui tire les entreprises.
05:02Oui, alors c'est un peu keynésien comme raisonnement.
05:05Et ce que disait Aziz m'intéresse, parce que c'est souvent ce qu'on explique aux étudiants.
05:09Il y a quelque chose qui relève de la prophétie autoréalisatrice, c'est du pessimisme.
05:14Généralisé, effectivement, pour les économistes depuis plus d'une centaine d'années,
05:17c'est effectivement le lien qu'on est capable d'effectuer entre l'humeur ambiante,
05:23ou disons le pessimisme parfois ambiant, et la traduction immédiatement pour le carnet de commande des entreprises.
05:29Il y a vraiment deux canaux qui sont intéressants.
05:33Et d'une certaine manière, la note de l'INSEE le précise aussi.
05:35Effectivement, il y a le canal immédiat qui est celui de la consommation,
05:38avec une dégradation potentielle de la consommation sur les mois de fin d'année.
05:44Sachant quand même que l'INSEE précise dans les indicateurs de confiance,
05:47quel est l'indicateur de confiance sur les évolutions passées,
05:50et la perspective, ce que perçoivent subjectivement les ménages, de l'avenir.
05:54Et puis dans les deux cas, ce n'est pas très positif.
05:56La vision des ménages de leur passé, effectivement, c'est un peu le sentiment de déclassement,
06:00et l'avenir qu'ils imaginent n'est pas spécialement radieux non plus.
06:05Et effectivement, ce canal de la consommation, il est central.
06:08Et comme disait Aziz, le canal de l'investissement des entreprises,
06:11il est important également, et c'est ce qui réconcilie un petit peu,
06:14quelque part, le court terme et le long terme pour l'analyse économique.
06:17Parce qu'effectivement, quand bien même, il pourrait y avoir une baisse très ponctuelle de la consommation,
06:22ça ne veut pas forcément dire que toutes les entreprises réagissent immédiatement,
06:26négativement, à cette diminution de la consommation.
06:28Le problème, c'est qu'on a ici, effectivement, une baisse de la consommation,
06:31une baisse de la consommation anticipée à l'avenir.
06:33Et effectivement, on sait depuis plus d'un siècle de théorie économique,
06:37qu'une bonne partie du comportement d'investissement des entreprises,
06:40y compris l'investissement pour le moyen et le long terme,
06:43donc pas de l'investissement immédiat,
06:44et de l'investissement qui fera la croissance de demain,
06:47repose sur l'anticipation actuelle des besoins de consommation dans l'économie.
06:52Et donc, d'avoir à la fois une trajectoire plutôt négative,
06:55en termes de comportement de consommation des ménages,
06:58et une perspective pessimiste à l'avenir,
07:00ça veut dire que non seulement la consommation actuelle,
07:03donc la demande actuelle, diminue,
07:04mais que la demande future, composée de l'investissement,
07:07à plus moyen et long terme des entreprises,
07:09risque de stagner, et c'est ça qui est un petit peu inquiétant.
07:11Et puis dans les inquiétudes à venir, il y avait aussi tout ce qui concerne l'emploi,
07:15et les données de France Travail ne sont pas positives,
07:18elles font apparaître une progression de 0,9% du nombre de demandeurs d'emploi
07:23sans activité au troisième trimestre.
07:25Bon, c'est interprété avec prudence,
07:27parce qu'il y a eu aussi des changements de règles d'inscription.
07:30Aziz, certaines entreprises continuent pourtant de rencontrer des difficultés de recrutement,
07:35est-ce que, en fait, tout ça c'est aussi lié à un décalage entreprise,
07:41souhait d'une nouvelle génération qui rentre sur le marché, compétence,
07:47comment vous voyez cette évolution ?
07:51Et puis c'est vrai que cette note parlait aussi beaucoup des jeunes.
07:54Il y a toute une dimension, évidemment,
07:57liée à une gestion de ce marché économique.
08:01Vous mettez le doigt sur la mise en relation de l'offre et la demande sur le marché du travail.
08:08Il y a des chômeurs, des entreprises, pour certaines, qui disent ne pas trouver.
08:13Le matching ne se fait pas manifestement.
08:16Il existe différentes raisons, les problématiques liées à la formation.
08:20On parle aussi de l'alternance et des aides qui ont été un petit peu dégradées
08:24et qui ont eu un impact très fort sur le recrutement des jeunes en alternance.
08:29Évidemment, il y a un paramètre qu'on oublie souvent quand on parle d'économie,
08:33c'est la démographie.
08:34Le sujet des retraites vient nous rappeler aussi ce sujet.
08:38Mais tout ça, j'ai envie de dire, pour revenir à la question que vous posiez,
08:42c'est qu'on parle souvent d'économie à travers des chiffres,
08:46à travers des millions, à travers des budgets, à travers des courbes.
08:50Et on oublie souvent que l'économie, c'est d'abord de la psychologie.
08:54C'est le moment où je vais acheter, le moment où je vais embaucher,
08:57le moment où je vais investir, le moment où je vais créer mon entreprise,
09:01le moment où je me dis que c'est le bon moment pour développer, croître.
09:05Eh bien, tout ça, ce sont des indicateurs psychologiques qui font l'économie.
09:09Et à un moment donné, et c'est l'indicateur dont on parle aujourd'hui,
09:13quand tout ça s'arrête, eh bien, c'est le mauvais cercle contraire
09:18qui n'est plus vertueux, qui se met.
09:20Donc, j'ai peur, je n'investis plus.
09:23Si je devais recruter, finalement, je vais attendre un petit peu
09:26parce que je ne sais pas de quoi demain est fait.
09:28Et c'est le mauvais cercle qui se met en route.
09:33La problématique aujourd'hui, c'est quelle perspective ?
09:36Il faut en donner aux entreprises comme aux particuliers.
09:38Il faut en donner aux entrepreneurs comme aux contribuables et aux consommateurs.
09:44C'est quoi l'avenir ?
09:45Qu'est-ce qui fait que je peux avoir confiance en l'avenir demain en France ?
09:49Qui peut me le dire et avec quel argument, j'ai envie de dire, sincère et véritable ?
09:54Donc, aujourd'hui, la réponse, est-ce que demain sera meilleure qu'hier ?
09:58Je n'entends pas, pour ma part, de véritables discours sur ce sujet.
10:02Encore une fois, moi, ce que je regrette, comme tous les entrepreneurs,
10:05je me lève le matin, c'est la journée des mauvaises nouvelles.
10:08C'est vous allumez votre télé, vous ouvrez votre journal,
10:11on vous fait des annonces toute la journée et dans tous les domaines
10:15sur ce qui ne va pas.
10:16Oui, il y a une ambiance, c'est, pardonnez-moi l'expression,
10:20mais comme vous avez parlé des jeunes, on est sur un bad trip,
10:23ce n'est pas un good mood.
10:24On n'est pas dans une dynamique d'espérance et d'optimisme.
10:29Oui, bien sûr, on entend bien tous les jours les revendications des plus jeunes.
10:34Et puis, dans cette note de France Travail,
10:38on voit bien, c'est noté que les jeunes diplômés
10:40semblent plus particulièrement exposés au ralentissement des recrutements.
10:43Au-delà de toutes les revendications,
10:45est-ce que, Clément, on rentre, de toute façon,
10:46dans un moment où une transformation, en fait, durable
10:51de l'accès au travail, de toute façon ?
10:54Disons qu'on n'a pas tout à fait la réponse.
10:56C'est d'ailleurs peut-être aussi une des raisons pour lesquelles
10:57il y a de l'inquiétude, c'est qu'on n'est pas du tout, du tout sûr
11:00des impacts des nouvelles technologies,
11:02et bien sûr de l'IA en particulier sur l'emploi.
11:05Vous parlez des jeunes diplômés.
11:06Effectivement, ce sera peut-être une des premières fois
11:09dans l'histoire du marché du travail depuis deux siècles
11:12que les personnes diplômées sont potentiellement
11:16autant exposées, voire plus exposées
11:17à la suppression des emplois par le progrès technique
11:20que les personnes moins diplômées.
11:22Alors on peut voir ça soit comme de la justice sociale,
11:25soit, puisque les cols blancs ont souvent été protégés,
11:29soit quelque part comme une transformation
11:31beaucoup plus durable du marché du travail.
11:33Mais dans les deux cas, effectivement,
11:34ça suscite de l'inquiétude, et c'est là que les deux aspects,
11:37l'analyse de France Travail et la note INSEE, se rejoignent,
11:40puisque dans la note INSEE, on observe effectivement
11:42un léger rebond des craintes des individus
11:47quant à l'avenir du marché du travail,
11:49donc quant à l'augmentation du chômage.
11:52Et, bon, effectivement, la note de France Travail,
11:54effectivement, le taux de chômage
11:55et le nombre de demandeurs d'emploi en fin de mois,
11:57ce n'est pas la même mesure,
11:57mais ça donne effectivement une perspective plutôt négative.
12:01et là, objectivement, on ne peut pas répondre
12:03de manière, j'allais dire, caricaturale
12:05sur ce que va être le marché du travail demain,
12:07parce qu'on a beaucoup, beaucoup de mal,
12:09même entre économistes,
12:10c'est un vrai débat à ce que ça va donner.
12:15On a quand même plutôt,
12:16et là, je vais peut-être égayer un tout petit peu la soirée,
12:20on a plutôt quand même un consensus,
12:22un léger consensus des économistes
12:24sur un impact plutôt positif
12:27de ces transformations,
12:28je pense notamment à l'intelligence artificielle,
12:30sur le marché du travail en France
12:31dans les années à venir.
12:33Et j'invite, voilà, à tous ceux qui nous regardent
12:34et qui s'intéressent à ces sujets
12:35à regarder les travaux de la Commission
12:37sur l'intelligence artificielle,
12:39présidée notamment par Philippe Aguillon,
12:40prix Nobel d'économie.
12:42Et la tendance, effectivement,
12:45serait plutôt à la création d'emplois,
12:47notamment liés aux gains de productivité,
12:48qui stimulent le revenu d'autres...
12:50Ils sont secondaires et de ce marché,
12:51même s'il va y avoir des emplois forcément
12:54qui vont être supprimés,
12:56finalement, le secondaire
12:58et les pôles de production
13:00qui vont être développés
13:01vont permettre d'autres emplois.
13:02Oui, on en revient au mécanisme,
13:04voilà, qu'on connaît bien en économie,
13:06l'effet substitution et l'effet revenu.
13:08Et effectivement,
13:10alors, encore une fois,
13:11c'est un consensus fragile,
13:11mais la prévision de ces experts,
13:14quand même parmi les plus reconnus,
13:16et que ce n'est pas que des économistes d'ailleurs,
13:17qui travaillent dans la Commission IA,
13:19mais c'est plutôt un scénario positif
13:21avec effectivement une création d'emplois favorables.
13:24Le vrai sujet,
13:25en fait, que ce soit positif
13:27ou disons neutre,
13:28ou même voire légèrement négatif,
13:30c'est celui de la rapidité de la transition.
13:31Parce que le problème
13:33auquel on va être confronté,
13:34c'est qu'effectivement,
13:35il va y avoir probablement
13:35un choc sur le marché du travail rapide.
13:37Et quand bien même ça crée de l'emploi,
13:39là aussi à moyen terme,
13:40peut-être à long terme,
13:42puis on ne sait pas vraiment à quelle échéance,
13:45il est possible quand même
13:45qu'il y ait pas mal d'emplois menacés
13:48assez rapidement.
13:49Et la capacité des administrations
13:52de France Travail,
13:53de nos dispositifs d'accompagnement,
13:54de la formation professionnelle,
13:55de la formation continue,
13:56à accompagner ces transformations
13:58de manière aussi rapide et aussi massive,
14:00pour l'instant,
14:01elle est quand même relativement défaillante.
14:03C'est-à-dire qu'on ne sait pas,
14:04pour l'instant,
14:05transformer une masse
14:07aussi importante de travailleurs
14:08et leurs habitudes,
14:09et donc les entreprises,
14:10accompagner les entreprises
14:11à ces transformations
14:12pour des volumes
14:13qui se comptent
14:15en millions de travailleurs.
14:16Donc il va probablement
14:17falloir aussi repenser
14:18la manière dont on forme.
14:20Et j'imagine que,
14:21parce que des changements radicaux
14:24de sociétés comme ça,
14:24il y a la technologie,
14:25on en a quand même connu souvent
14:26dans l'histoire,
14:27mais jamais à une échelle telle
14:29par rapport à la population
14:30qu'on connaît aujourd'hui,
14:31vu qu'elle est exponentielle
14:32depuis le 19ème.
14:34C'est la grande nouveauté
14:36de l'intelligence artificielle
14:37et plus encore
14:38que ce qu'avait fait
14:38la révolution des nouvelles technologies
14:40dans les années 90-2000,
14:41c'est sa généralisation.
14:44C'est-à-dire qu'effectivement,
14:45on le voit,
14:45tout le monde peut utiliser l'IA
14:46de manière gratuite
14:47ou quasi gratuite.
14:48Et d'ailleurs,
14:49c'est une vraie,
14:49là aussi,
14:50source de justice,
14:52d'une certaine manière,
14:53puisque souvent,
14:54dans l'histoire,
14:55les innovations sont réservées
14:56aux plus riches
14:56dans un premier temps.
14:57Et puis,
14:58lorsque les innovations
14:58se généralisent par ruissellement,
15:00quelque part,
15:01l'ensemble de la population
15:02bénéficie.
15:02C'est vrai pour les télévisions.
15:04Au départ,
15:05au début des Transglorieuses,
15:06seuls les ménages
15:07les plus fortunés
15:07possédaient une télévision.
15:08Et puis, évidemment,
15:09tout le monde en possède
15:09une aujourd'hui.
15:10C'était vrai pour l'automobile,
15:11etc.
15:11Là, pour l'IA,
15:12tout le monde a accès,
15:14alors quel que soit,
15:15bien sûr,
15:15son niveau de revenu
15:16dans un pays,
15:17mais aussi dans le monde entier.
15:18C'est-à-dire que n'importe quel pays,
15:19quel que soit son niveau
15:20de développement,
15:20a accès à cette technologie
15:22pour des prix quand même
15:24relativement raisonnables.
15:25Et sa généralisation
15:27aussi massive,
15:28elle suppose une accélération
15:29comme on n'a effectivement
15:30jamais connu
15:31de cette innovation.
15:33Tout le monde,
15:34tous les pays,
15:35immédiatement,
15:35ont accès à cette technologie
15:36avec très peu de barrières
15:38à l'entrée.
15:39Et objectivement,
15:39ça va être
15:40un des défis
15:42les plus intéressants
15:43pour les entrepreneurs,
15:45pour les économistes
15:45qui analysent ça également,
15:46de savoir
15:46comment est-ce qu'on va gérer
15:48cette rapidité
15:48et cette universalité
15:49de l'innovation.
15:51Pour autre sujet,
15:53mais qui est quand même lié
15:54sur ces différentes vitesses
15:56de développement économique,
15:57et on a eu beaucoup
15:58de résultats trimestriels
16:00d'entreprises cette semaine,
16:02avec d'un côté
16:03BNP Paribas,
16:05Société Générale,
16:05Total Energy,
16:06avec des résultats positifs,
16:09de l'autre,
16:10on va dire Kering,
16:11Valeo,
16:11avec des résultats plus négatifs.
16:13Est-ce que pour vous,
16:14Aziz,
16:14vous voyez cette économie
16:16à deux vitesses,
16:17certains secteurs
16:18qui structurellement vont bien
16:20se pérenniser dans le temps,
16:22d'autres justement
16:23aller dans cette évolution sociétale
16:27forcément de secteurs
16:29qui vont être plus en retrait ?
16:32D'abord,
16:33moi je me réjouis
16:33des bons résultats
16:34de nos grands groupes.
16:36Ça prouve une chose,
16:37c'est que la France
16:38sait produire des entreprises
16:39qui jouent dans la division mondiale.
16:42Il n'y a pas de raison
16:43d'opposer leur réussite
16:44à celle de l'économie nationale.
16:46Mais quand même,
16:47il faut quand même rappeler
16:48quelque chose.
16:49Ces multinationales,
16:51ces grands groupes
16:52qui sont notre fierté,
16:54elles réalisent une part importante
16:56de leur activité
16:57sur le marché mondial
16:59et à l'international.
17:01Évidemment,
17:01leurs bénéfices
17:02qui sont des bénéfices
17:03que je qualifierais
17:04de mondiaux
17:05ne reflètent pas forcément,
17:08nécessairement,
17:08l'économie
17:09et notre économie française.
17:11Par contre,
17:11pour moi,
17:12le vrai sujet,
17:13c'est comment
17:14ces champions internationaux
17:16peuvent diffuser
17:17leur réussite
17:18au niveau du championnat national
17:20et au niveau
17:21de notre territoire ?
17:23Comment on fait
17:23pour que la performance
17:24de nos champions
17:26entraîne
17:27celle de leurs fournisseurs
17:28sous-traitants
17:28qui sont,
17:29elles,
17:30sur le territoire français
17:32et qui sont souvent
17:32des PME
17:34qui sont partenaires ?
17:35Comment on fait
17:35pour que cette dynamique
17:36portée par nos
17:38mastodontes
17:38internationaux
17:39puisse profiter
17:40à notre réseau
17:41de TPE,
17:42PME
17:43installés
17:43dans les différents
17:44territoires ?
17:45Ça,
17:45c'est plutôt
17:46la question
17:47que je me pose
17:47et je ne peux
17:48que me féliciter
17:49et j'espère
17:49et j'appelle
17:50de mes voeux
17:50à ce que tout
17:51le CAC 40
17:52et le SBF 120
17:54fassent
17:54les meilleurs scores
17:55et soient
17:56en figure de pro
17:58au niveau
17:58de la compétition mondiale.
17:59C'est dans notre intérêt.
18:01Oui,
18:01parce qu'Aziz,
18:02est-ce que
18:02tous ces bons résultats,
18:03comme vous le dites,
18:04est-ce que ça
18:04a des conséquences
18:05sur le territoire,
18:07sur le tissu
18:08de PME,
18:09TI français,
18:10sur les investissements,
18:11sur ensuite les emplois ?
18:12Est-ce que vous voyez
18:14ce découlement ?
18:16Moi,
18:17je constate
18:18qu'on parle beaucoup
18:19du partage des bénéfices
18:20mais moi,
18:21je voudrais qu'on parle
18:22du partage
18:23des opportunités économiques.
18:24C'est comment ?
18:26Bien sûr qu'il va y avoir
18:27des interrogations.
18:29Tel groupe
18:29et tel groupe
18:30a fait de grands bénéfices,
18:31qu'est-ce qu'on en fait ?
18:32Très bien,
18:32la question est légitime.
18:33Il appartiendra
18:34aux entreprises,
18:35à leurs dirigeants,
18:35à leurs actionnaires,
18:36parfois aux syndicats
18:38de dire quoi faire.
18:40Mais moi,
18:40je voudrais aussi
18:40qu'on parle
18:41du partage
18:42des opportunités économiques.
18:43Comment ces grands groupes
18:44peuvent favoriser ?
18:45Il y a des modèles d'ailleurs.
18:46Les Allemands
18:47ont toujours été
18:47en figure de proue
18:48de ces alliances
18:49entre les grands groupes
18:50et les TPE-PME.
18:52Nous,
18:52on est beaucoup
18:52plus en retrait.
18:54Je ne sais plus
18:55qui disait
18:55chasser en meute.
18:57Les grands groupes français
18:58sont un petit peu solitaires
18:59et font leur compétition
19:01à très bon niveau
19:02à l'international,
19:03mais parfois
19:04un peu esselés
19:05sans ces poissons-pilotes
19:07que peuvent être
19:07nos TPE-PME
19:08qui,
19:08elles,
19:08sont sur le territoire,
19:09qui,
19:10elles,
19:10peuvent créer
19:12ici et là,
19:13dans les territoires
19:14qui font la richesse
19:15de notre pays,
19:16des emplois locaux
19:17générés de la croissance.
19:19Mais c'est ce pont-là
19:20qui reste à construire,
19:22à renforcer.
19:23Il existe bien évidemment
19:24ici et là,
19:24mais c'est cette alliance
19:26entre grands groupes
19:26et TPE-PME
19:28dont je trouve
19:29qu'elle est encore
19:29un petit peu faible
19:30et qu'elle gagnerait
19:31à s'enrichir,
19:32à se renforcer
19:33dans l'intérêt
19:34du développement économique
19:35de nos territoires
19:36et bien sûr
19:36de notre économie nationale.
19:38Clément,
19:39c'est vrai qu'on a un peu
19:39l'impression
19:39qu'il y a un paradoxe
19:41entre ces grands chiffres
19:42et ce qu'on entend,
19:44le terreau économique français,
19:48la hausse des carburants,
19:50etc.
19:51Et finalement,
19:51ce paradoxe,
19:52il réside dans le fait
19:53que ces entreprises
19:54se développent plutôt,
19:55enfin,
19:56c'est des fonds étrangers
19:56qui les font vivre.
19:58Alors,
19:59je ne dirais pas
19:59que ce sont forcément
20:00des fonds étrangers.
20:00Il y a deux choses
20:01et Aziz a précisé
20:02une des deux.
20:03Alors déjà,
20:04ça fait effectivement,
20:04quand on regarde
20:05les rapports justement
20:06de l'INSEE,
20:07du conseil d'analyse économique,
20:08ça fait,
20:08on pourrait dire,
20:0930, 40, 50 ans
20:10qu'on a le même constat
20:11sur le tissu industriel français,
20:13des grandes entreprises,
20:15des grands groupes
20:17relativement performants,
20:17voire très performants
20:18et on sait tous,
20:20quel que soit le secteur
20:20d'activité,
20:21d'ailleurs y compris
20:21dans des secteurs industriels,
20:23que nos grandes entreprises
20:24sont des grandes entreprises
20:26de niveau mondial
20:26avec à la fois
20:27un chiffre d'affaires important,
20:28un résultat net important
20:29et de ce point de vue-là,
20:30c'est effectivement
20:31une fierté française.
20:32Mais on observe
20:33donc depuis des décennies
20:35le fait que la France
20:36est caractérisée
20:37par un tissu industriel
20:38avec peu d'entreprises
20:39de taille intermédiaire,
20:41à la différence justement
20:42de l'Allemagne,
20:42c'est vrai.
20:43Et effectivement,
20:44ça fait partie
20:45des difficultés
20:45pour la France
20:46que d'arriver
20:47à faire croître
20:48les entreprises
20:48et donc à faire en sorte
20:50que les PME
20:50deviennent des entreprises
20:51de taille intermédiaire
20:52parce que c'est souvent
20:53les entreprises
20:53de taille intermédiaire
20:54qui justement parviennent
20:55à exporter
20:56et à bénéficier
20:57de la croissance mondiale.
20:58Donc le premier sujet,
20:59c'est qu'effectivement,
21:00on a beaucoup de petites entreprises,
21:01beaucoup de très grandes
21:03pour la taille de notre pays
21:04et assez peu
21:05d'entreprises
21:05de taille intermédiaire
21:06qui sont pourtant celles
21:07qui peuvent le plus bénéficier
21:09des exportations
21:11par rapport aux TPE, PME.
21:13Et le deuxième sujet,
21:14c'est effectivement,
21:16Aziz le rappelait aussi,
21:17c'est celui,
21:18on pourrait dire,
21:20finalement de la relation
21:22que peuvent avoir
21:23en France
21:26les entreprises
21:27de grande taille
21:28qui sont des grandes entreprises
21:29connues du public
21:30et l'origine
21:32de leur croissance.
21:35Et effectivement,
21:36vous avez cité Total,
21:38on peut citer BNP,
21:39enfin toutes les grandes entreprises
21:40qui ont publié récemment,
21:41une grande partie quand même
21:42de leurs profits,
21:43de leurs résultats
21:43sont complètement
21:44hors du marché français.
21:45Ça prouve deux choses.
21:47Un,
21:48qu'elles sont effectivement
21:49contrairement à nos PME
21:50beaucoup moins sensibles
21:51à la conjoncture française.
21:53Et deuxièmement,
21:54qu'elles ont été capables
21:55de se projeter justement
21:56à l'étranger.
21:57Et finalement,
21:59il ne faut pas confondre
22:00effectivement ces très bons résultats
22:01qu'on peut largement
22:02effectivement saluer
22:03et la trajectoire économique
22:07de court terme,
22:08à savoir la conjoncture française
22:09qui elle,
22:10effectivement,
22:10est un peu plus morose
22:11et qui finalement
22:12n'a pas grand chose à voir
22:13avec le résultat des entreprises
22:14au niveau des grandes entreprises.
22:15au niveau international.
22:16D'accord.
22:18Dernier sujet,
22:19selon Eurostat,
22:20la France est devenue en 2025
22:21le pays de l'Union européenne
22:23où les impôts et les cotisations sociales
22:24représentent la part la plus élevée
22:26du PIB,
22:26à 46%,
22:27une hausse de près
22:28d'un point en un an.
22:30Déjà,
22:30est-ce que,
22:31pour vous Clément,
22:32est-ce que c'est des comparaisons
22:33qui sont...
22:35Est-ce qu'il faudrait faire
22:36la comparaison
22:37à l'échelle européenne
22:39dans la mesure
22:39où c'est vrai
22:39que toutes nos cotisations sociales
22:41et celles ne sont pas...
22:42Est-ce que ce chiffre
22:42a vraiment de la voleur
22:43à vos yeux ?
22:45Alors,
22:46franchement,
22:47je dirais plutôt non.
22:49Le problème de la notion
22:50de prélèvement obligatoire,
22:51c'est qu'effectivement,
22:53quand même,
22:53on essaie de l'harmoniser
22:54au niveau européen,
22:55à fortiori au niveau mondial,
22:57quand même,
22:58on essaie de faire ce travail,
22:59ça recouvre des réalités
23:00qui sont tellement différentes
23:01que ça devient vraiment difficile
23:05de faire de ces comparaisons
23:06un indicateur pertinent.
23:08Une fois qu'on a dit ça,
23:10bon,
23:11ça montre quand même,
23:12effectivement,
23:13qu'elle peut être,
23:14dans un pays,
23:15donc pour la France,
23:15en l'occurrence,
23:16le poids d'une partie
23:17des dépenses contraintes
23:18pour les entreprises
23:19ou pour les ménages.
23:22Et ce qui serait peut-être
23:24plus intéressant,
23:25plutôt que de comparer
23:25uniquement ces chiffres
23:26en valeur absolue,
23:27c'est toujours de se demander,
23:28effectivement,
23:28en échange de quoi
23:30ces prélèvements obligatoires
23:31sont prélevés
23:32et donc,
23:32finalement,
23:33quel est le gain
23:33qu'on peut espérer
23:34que ce soit les entreprises,
23:35les ménages,
23:36en échange d'un niveau
23:37de prélèvement obligatoire.
23:38Quelque part,
23:38ne comparer que les chiffres
23:40des prélèvements obligatoires,
23:41c'est négliger les prélèvements privés
23:43qui peuvent être obligatoires aussi
23:44ou qui peuvent être
23:45des dépenses contraintes
23:46tout à fait significatives également.
23:49Et c'est en plus,
23:50quelque part,
23:51ne regarder que ce qui sort
23:52et jamais ce qui rentre.
23:54Donc,
23:54c'est considéré,
23:55par exemple,
23:55comme si vous étiez
23:57un ménage ou une entreprise,
23:58que finalement,
23:58tout ce que vous payez,
23:59on le prend en compte,
23:59mais tout ce que vous percevez
24:00en échange
24:01échappe complètement
24:02à la statistique.
24:03Donc,
24:04ces comparaisons,
24:05elles sont,
24:07finalement,
24:08d'une pertinence,
24:08je trouve,
24:09un peu limitée.
24:10Peut-être,
24:11finalement,
24:11que ce qu'on peut en retirer
24:12de plus pertinent,
24:14c'est la dynamique,
24:15la trajectoire.
24:16Puisque,
24:17partant du principe
24:17que ces comparaisons
24:18sont imparfaites,
24:19on peut quand même regarder
24:20ce que des comparaisons imparfaites
24:22donnent sur plusieurs années
24:23et on voit donc
24:24la difficulté quand même
24:25qu'est la France
24:25à avoir un système fiscal
24:26qui,
24:27sur la partie obligatoire
24:28et publique,
24:29finalement,
24:30réduit la pression fiscale.
24:31C'est-à-dire qu'on a eu,
24:31effectivement,
24:32objectivement,
24:33sous le quinquennat,
24:34le premier quinquennat,
24:34notamment,
24:35d'Emmanuel Macron,
24:36pas mal de réformes fiscales
24:37qui ont plutôt eu tendance
24:38à baisser le poids
24:39des prélèvements obligatoires
24:40dans le PIB.
24:43La difficulté,
24:44c'est qu'effectivement,
24:45on est toujours sur un système
24:46de prélèvements obligatoires
24:46extrêmement complexe
24:48et si nos auditeurs
24:51ont des insomnies,
24:52je les invite à lire
24:54un des rapports
24:54de la Cour des Comptes
24:55sur les prélèvements
24:56à faible rendement.
24:58C'est comme ça
24:58que la Cour des Comptes
24:59les appelle.
24:59Donc,
25:00toutes les petites taxes,
25:00tous les petits impôts
25:01qui existent
25:02dans le Code général
25:02des impôts
25:03mais qui,
25:04en réalité,
25:04sont peu connus
25:05et qui n'ont pas
25:06beaucoup de rendement.
25:06Et ce qui est incroyable,
25:07c'est que la Cour des Comptes
25:08elle-même,
25:09dans une des pages
25:11de son rapport,
25:11alors qu'avec un vocabulaire,
25:12évidemment,
25:14de haut fonctionnaire,
25:15donc c'est une attaque
25:15qui n'est pas totalement directe
25:17contre l'administration,
25:18mais écrit que l'administration
25:20elle-même
25:20ne semble pas en mesure
25:21de connaître exactement
25:22combien de taxes
25:23et d'impôts
25:23sont réellement prélevés
25:24dans l'économie,
25:25ne serait-ce qu'en nombre,
25:26on en estime à 500
25:27quand même,
25:28taxes et impôts différents.
25:29Aziz,
25:29il ne reste plus qu'une minute
25:31mais effectivement,
25:31s'il devait y avoir
25:32des marges de manœuvre
25:33parce que là,
25:34on a l'impression quand même
25:34qu'on est arrivé
25:35à bout de ces possibilités
25:38de prélèvement,
25:38s'il devait y avoir
25:39des marges de manœuvre,
25:40ce serait justement
25:40sur cette simplification
25:42des impôts
25:42pour les entreprises en tout cas.
25:44On a commencé cette émission
25:46en se disant
25:46comment on peut être
25:48un peu plus optimiste,
25:49malheureusement,
25:50je vais conclure
25:51avec du pessimisme,
25:52on a un niveau de dette
25:53tellement énorme,
25:54il y a deux façons
25:55de régler la dette,
25:56c'est soit l'impôt,
25:57on augmente
25:58et on continue à tirer,
26:00soit la croissance.
26:01Manifestement,
26:02de la croissance,
26:02on n'en fait pas,
26:03on n'en fait plus
26:04et je ne sais pas
26:06qui en propose aujourd'hui.
26:08Donc,
26:08la meilleure façon
26:09de stabiliser
26:10voire de baisser les impôts,
26:11c'est de générer
26:12de la croissance.
26:13Sinon,
26:14comment faire ?
26:15Eh bien,
26:15il va falloir réduire les coûts.
26:16Mon sujet n'est pas tant
26:18est-ce qu'on paye trop d'impôts
26:19je pense
26:20et mon parcours
26:21aussi personnel
26:22fait que
26:23je pense que l'impôt
26:24est important
26:24parce qu'il faut
26:25financer notre modèle social.
26:27Quelle est la juste part
26:29d'impôt à payer ?
26:30Ça,
26:30c'est une question
26:30pour ne pas freiner
26:32l'envie d'entreprendre,
26:33de travailler
26:34des uns et des autres
26:35et puis surtout,
26:36est-ce que j'en ai
26:37pour mon argent ?
26:38Est-ce que ce que je paye
26:39en impôts,
26:39je le retrouve
26:40dans un service public
26:42de qualité,
26:43à l'hôpital,
26:45à la police,
26:46dans les services
26:47de justice,
26:48etc.
26:48On est champion
26:49d'Europe
26:49en matière
26:50de prélèvement
26:52obligatoire
26:52mais on est champion
26:54dans aucune
26:54des politiques publiques.
26:56Donc, pardon
26:56si je le disais
26:57d'une manière
26:58un peu plus triviale,
26:59le contribuable
27:00aujourd'hui
27:01n'en a pas
27:01pour son argent
27:02en matière
27:02de retour
27:03sur investissement.
27:04Merci beaucoup
27:04Aziz Séni.
27:05Je rappelle
27:05que vous êtes
27:06entrepreneur,
27:07président de fondateur
27:08de Quartier d'affaires
27:09et du Forum économique
27:10des banlieues.
27:10Clément Rallemay,
27:12professeur d'économie
27:13à Sciences Po.
27:14Merci beaucoup
27:14d'avoir été avec nous
27:15et merci à vous
27:16toutes et tous
27:16de nous avoir suivis.
27:17C'était Smartéco.

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