00:01BFM Bourses, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:05Alors des incertitudes, il y en a, Gilles Mouek vient de les énumérer,
00:08et on a pas mal de questions d'auditeurs, téléspectateurs justement là-dessus.
00:12Comment investir face à l'incertitude ?
00:13Benoît Lombard a des réponses, il vient de nous rejoindre,
00:15le président du familial office, Vincera.
00:18Exact.
00:19Je l'ai bien prononcé Benoît ?
00:20Parfait Guillaume, toujours parfait.
00:22Bon, à la bretonne, parce que vous êtes breton, vous aimez bien la...
00:24Vous êtes prêt à répondre aux questions de nos auditeurs ?
00:26Je suis prêt.
00:27Bon, on va démarrer avec cette question de Max.
00:29La période actuelle est-elle, alors là, est-elle plus incertaine pour les marchés ?
00:34Oui, pas que pour les marchés, en fait, je ne sais pas si isolément,
00:38chaque facteur pris isolément, en réalité, on les a déjà connus.
00:42Ce qui est nouveau, c'est le cumul, la simultanéité de ces risques
00:47qui se concentrent à l'instant de cette rentrée,
00:49et qui, si on devait les énumérer, peuvent interroger, bien évidemment, les pariants.
00:55Alors, ces facteurs, on les connaît, on a les risques géopolitiques,
00:58bien évidemment, en Iran, au Moyen-Orient, on voit le pétrole,
01:00qui avoisine les 96 dollars, le Brent.
01:04On a un rassemblement monétaire, qui lui aussi n'est pas nouveau,
01:07puisque les crises géopolitiques, on a déjà connues, malheureusement, si je ne veux plus dire.
01:10Le rassemblement monétaire, il n'est pas nouveau non plus, mais on le voit.
01:13Les politiques monétaires de la Fed et de la BCE sont un peu différentes.
01:16On sait que la Fed a un double mandat,
01:17qui n'est pas uniquement la stabilité des prix comme de la BCE,
01:19mais c'est aussi de juguler l'inflation.
01:21Et là, on sait que nous, dans cette zone euro,
01:24dans notre zone euro aussi, on a de l'inflation,
01:25mais le BCE ne peut pas lutter contre,
01:28du moins, il n'a pas l'instrument monétaire.
01:30On a cette hausse des taux longs, qui interroge.
01:32On rappelle quand même qu'on a aujourd'hui les taux,
01:34et on parlait de l'État français,
01:36qui a réussi à relever, à soulever,
01:39à lever 13 milliards et demi,
01:42mais aujourd'hui, cette dette est à 4,25.
01:46Donc, on est au plus haut taux depuis 2008.
01:50Donc, ça coûte à l'État français.
01:52Et on a des problématiques budgétaires.
01:53Je rappelle que les intérêts de la dette,
01:55cette année, dans le budget de l'État,
01:57c'est 70 milliards d'euros.
01:59C'est-à-dire 70% de la collecte de l'impôt sur revenu.
02:02Il y a à peu près 100 milliards de collecte d'impôt sur revenu,
02:04sur 70%.
02:06On sait très bien qu'il n'y a pas d'affectation budgétaire,
02:08mais pour donner un peu une idée
02:10de l'ampleur de ce coût pour l'État.
02:13Et puis, on a aussi le problème de la rotation technologique.
02:15On a l'IA qui est arrivé.
02:16On a vu le SARS-Apocalypse de février,
02:20plus de 300 milliards de janvier-février de cette année,
02:23plus de 300 milliards de valeurs détruites.
02:25Donc, on a plein de facteurs qui se cumulent,
02:27qui arrivent au même moment,
02:28et puis qui interrogent l'épargnant,
02:30et je les comprends.
02:32Abdel, justement, rebondit.
02:33Que faire en bourse face à tant d'incertitudes ?
02:35C'est une question large,
02:36mais que chacun doit se poser au fond de lui.
02:38Il faut revenir à des fondamentaux.
02:39D'abord, il y a des pièges à éviter.
02:41Le premier des pièges à éviter,
02:42c'est d'attendre la visibilité.
02:44Puisque quand le brouillard disparaît,
02:47c'est qu'on a déjà les bonnes nouvelles.
02:48Et donc, il est trop tard pour les pariants.
02:49Donc, il ne faut pas attendre.
02:50Il faut agir en ces périodes de troubles.
02:54Et ne rien faire, c'est déjà agir.
02:57Donc, il faut faire quelque chose.
02:58Et ça, il faut le rappeler aussi.
02:59Tout a des conséquences.
03:01Il y aura bien demain.
03:01Donc, ça, ce n'est pas du tout une bonne méthode.
03:04L'immobilisme est un faux pas.
03:06Comment ?
03:07Vous pourrez la ressortir d'ailleurs à vos clients.
03:09L'immobilisme est un premier faux pas.
03:10Bien sûr, il faut le dire.
03:11On le rappelle régulièrement.
03:13Vous aimez bien ?
03:14Comment ?
03:14C'est joli ou pas ?
03:15C'est très bien.
03:16L'immobilisme est un premier faux pas.
03:17C'est très bien.
03:17On va les laisser vous laisser enchaîner.
03:18Et je citerai Guillaume Sommerer.
03:21Mais c'est vrai que de rien faire,
03:22c'est catastrophique.
03:24Et du reste, on le rappelle régulièrement à nos clients.
03:26Et puis, il y a un dernier point,
03:29un autre piège.
03:30C'est qu'il ne faut pas confondre,
03:31on ne va pas de diversification,
03:32mais il ne faut pas confondre
03:32les diversifications réelles
03:34avec la diversification qui est virtuelle.
03:37La diversification virtuelle,
03:39c'est le fait de penser qu'en saupoudrant
03:41combien sur différentes classes d'actifs,
03:43eh bien ça va suffire.
03:44Pas du tout.
03:44Il faut se diversifier selon les classes d'actifs.
03:46Il faut se diversifier au sein de ces classes d'actifs
03:50de manière sectorielle,
03:51de manière géographique.
03:52Et j'allais dire,
03:54en couvrant tout le spectre
03:55de ce qu'il est possible pour un épargnant
03:57d'investir, d'aller là où on peut.
04:00On donne les moyens aujourd'hui d'aller.
04:02Ce qui n'était pas le cas avant.
04:03On parlera d'exemples concrets
04:06sur ce qu'il faut faire.
04:08Donc, une fois qu'on a défini ces pièges,
04:10on va reprendre quatre points.
04:11Il faut mettre l'horizon temps.
04:13L'horizon temps, il est fondamental.
04:14Est-ce que j'ai besoin aujourd'hui d'être cash
04:16sur la totalité de mon épargne,
04:18tandis que j'ai des besoins financiers
04:19qui ne seront, sauf contrainte majeure,
04:23demandés qu'un horizon temps long ?
04:25La retraite, l'acquisition d'horizon secondaire,
04:27le principal, je ne sais.
04:29Donc, il faut vérifier sa diversification
04:31à l'aune, justement, de cet horizon temps.
04:33Ça, c'est un point qui est important.
04:35Et puis, il faut garder du cash
04:37pour être capable, à un moment donné,
04:39d'aller sur les marchés
04:41au moment où le brouillard disparaît,
04:43même s'il faut prendre des options avant.
04:45Donc, il faut investir
04:46en temps de brouillard,
04:47en temps de brume, en temps d'orage.
04:49Et puis, il faut garder un peu de disponibilité.
04:51Alors, où est-ce qu'on pourrait aller aujourd'hui ?
04:52Moi, je voudrais juste rappeler
04:54que les obligations sont émises par les États,
04:56mais sont émises aussi par les entreprises.
04:58Et là, on voit aujourd'hui
04:59que sur une duration de 2-3 ans,
05:01allez, une durée de vie des obligations
05:02de 2-3-4 ans, corporate, bien notée,
05:05on a du 4 à 5% de rentabilité.
05:08Et donc là, on peut aller chercher
05:10du marché obligataire corporate investment grade,
05:13donc bonne qualité de signature,
05:15sur une duration qui est relativement faible,
05:173-4 ans, c'est mieux du monétaire.
05:19Je rappelle qu'on a des taux à 2,25,
05:20donc on a une cica monétaire qu'à 2.
05:22Donc là, on a deux fois plus de rentabilité
05:24sur un horizon de 3-4 ans,
05:25qui est liquide,
05:26et qui pourra être mobilisé
05:28en cas de dissipation de brouillard.
05:30Et là, du coup,
05:32ça a du sens,
05:33et ça a du sens de le faire.
05:34Alors, on a des ETF,
05:35mais on a des OPC aussi,
05:36parce qu'il faut mutualiser le risque
05:37et pas aller chercher une seule signature.
05:38Mais là encore,
05:39une diversité de signatures,
05:41une diversité d'émetteurs
05:42pour juguler le risque
05:44sur un seul.
05:45Donc voilà des principes fondamentaux
05:47qu'il faut prendre en considération
05:49en ces périodes.
05:50Max et Abdel ont raison d'incertitude.
05:52Un de nos intervenants hier,
05:54j'ai adoré cette phrase,
05:56nous disait hier,
05:57les actions,
05:57c'est pour rêver,
05:58les obligations,
05:59pour bien dormir.
06:00Oui.
06:01C'est pas mal, hein ?
06:01Oui, c'est exact.
06:02Et puis, l'obligation a quelque chose
06:03de sympathique,
06:04c'est que c'est la construction mathématique,
06:06et qui est relativement simple
06:07à comprendre.
06:08Tandis que les actions,
06:08il y a plein de facteurs exogènes
06:09qu'on n'arrive pas à mesurer.
06:11Mais ça monte.
06:12Sur le long terme,
06:13les actions sont formidables.
06:14On est tous d'accord.
06:14Mais sur du court terme,
06:15cash,
06:16obligations corporelles,
06:173-4 ans de duration.
06:18Allez,
06:18chers auditeurs,
06:19Max, Abdel,
06:20et puis votre dernier,
06:21dont j'ai oublié le prénom.
06:23Donc, allez-y.
06:24Allez-y.
06:25Mais oui,
06:26Benoît Lombard,
06:26il est là,
06:27il nous accompagne régulièrement.
06:28Vince Serra,
06:29le Family Office.
06:29Merci beaucoup, Vincent.
06:30Benoît.