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  • il y a 2 mois
Télématin reçoit Guillaume Labbé, comédien, à l’occasion de la sortie de la pièce de théâtre « 2:22 – A Ghost Story », ainsi que Fabrizio Bucella, docteur en physique et professeur à l’Université libre de Bruxelles.

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Transcription
00:00L'homme qu'on va recevoir a eu plusieurs vies.
00:02Il a été rugbyman, je le disais tout à l'heure.
00:04Rugbyman de haut niveau, mannequin.
00:06Il est parti à Nouilleur 4 ans.
00:07Il est devenu l'un des visages les plus populaires
00:10de nos séries. Ce matin, on accueille le comédien
00:12Guillaume Labbé. Trop content !
00:16Bonjour, Guillaume.
00:16Bonjour. Bienvenue.
00:18Merci beaucoup.
00:20Agathe, elle ne fait pas la bise tous les jours.
00:22C'est vrai que
00:26Anne-Marie Vint hier, je ne suis pas sûre que je lui ai fait la bise.
00:28C'est bon, écoutez, j'ai mes têtes.
00:30Ce que vous voulez que je vous dise.
00:32Guillaume, on est super content de vous avoir
00:33sur ce plateau. On vous a suivi dans
00:36Plan Cœur, on vous a suivi dans Je te promets.
00:39Moi, je vous ai adoré aussi
00:40dans Le Diplôme, qui est la série
00:42de nos confrères de TF1, qui est vraiment,
00:44si vous ne l'avez pas vue, une série super. C'est bien, je fais de la pub
00:46pour la concurrence, mais c'est vraiment génial.
00:48Vous êtes donc comédien, scénariste,
00:50vous êtes même en cirque bimane, mais vous n'avez pas les oreilles
00:52d'un bloc.
00:53C'est les 3e lignes,
00:55les premières lignes, qui viennent
00:57frotter contre les cuisseaux.
00:59Ah oui, c'est ça, dans les mêlées, vous êtes entre les cuisseaux ?
01:02Moi, non. J'étais à l'aile, je courais,
01:04j'étais nickel, toujours un peu propre.
01:06Le mec, il finit, il met les essais quand tout le monde a travaillé.
01:08C'est ça, donc il a des oreilles
01:10parfaites, il faut le dire.
01:12Aujourd'hui, vous venez nous parler
01:14d'une pièce de théâtre qui s'appelle
01:162h22, A Ghost Story.
01:19On va parler fantôme ?
01:20Oui.
01:22Ça fait peur, peur, peur ?
01:23La pièce ?
01:24Si elle ne fait pas peur, peur, peur,
01:26on est déprogrammé en acteur.
01:28Donc vraiment, on va frissonner.
01:30Il faut avoir peur, ça fait peur.
01:31Avec Louane, pour la première fois sur les planches.
01:34Il y a Louane,
01:35il y a Valentin Carbonnière et Constance Delay.
01:37On est 4, presque tout le temps sur scène.
01:40Et effectivement, la pièce, elle démarre
01:41comme une pièce assez classique
01:43d'un couple, moi et Louane,
01:45où on invite une vieille amie
01:47qui nous présente son nouveau copain.
01:50Et donc, ça démarre sur un dîner,
01:51on l'a vu plein de fois.
01:52Et puis tout d'un coup, très rapidement,
01:53ma femme dit
01:55« J'entends des bruits de pas
01:56dans le babyphone de notre nouvel enfant
01:58qui a à peine 8 mois
01:59et quand j'entre, il n'y a personne
02:01tous les soirs à 2h22. »
02:03Et moi, j'arrive, je suis très cartoumien.
02:04Quelqu'un est en train de mourir.
02:06Oui, c'est Christelle.
02:06Ça démarre très bien sur la promo de cette pièce.
02:09Justement, le plateau est hanté également.
02:12On a Christelle qui a une petite quinte de tout,
02:15mais tout va bien.
02:15Elle va revenir en bonne forme.
02:18Bye bye, Christelle.
02:18Elle va aller boire un petit verre d'eau.
02:19C'est l'effet Guillaume Labbé.
02:20C'est incroyable, l'effet que vous faites sur les femmes.
02:22Moi, ça ne me surprend pas du tout.
02:23Elles tombent comme des mouches.
02:24Je suis un peu surpris qu'elles ne sont pas tombées.
02:25C'est toujours à 9h37.
02:28C'est incroyable.
02:28Comme dans la pièce, 2h22.
02:31On n'entend ses pas.
02:32J'ai peur déjà.
02:32Oui, voilà.
02:33En tout cas, ça fait très, très envie
02:34quand vous la pitié.
02:35On va en reparler dans un instant.
02:36D'abord, comme d'habitude,
02:38les chiffres marquants de notre invité.
02:40Oui, et alors le premier chiffre aujourd'hui,
02:41je vous le dis tout de suite,
02:42j'ai un doute.
02:43Je ne suis pas totalement sûr.
02:45Je tente un truc.
02:46C'est le chiffre 15.
02:48Parce que vous l'avez dit,
02:49vous avez été rugbyman plutôt à l'arrière.
02:52Donc, j'en ai conclu que vous étiez numéro 15.
02:54J'aurais aimé être 15.
02:56En vrai, j'aurais aimé.
02:57Alors, ça donne un bon truc aux chiffres.
02:59J'étais 14 ou 11.
03:00Et les droits aux gauches.
03:01Mais 15, ça nécessitait une vision du jeu
03:05un peu supérieure à ce que j'avais.
03:07Et j'étais là.
03:08J'avais mes potes qui étaient 15.
03:09Et non, franchement, j'aurais bien aimé.
03:11Mais vous étiez quand même dans l'équipe de France Espoir.
03:13Non.
03:14Gros niveau quand même.
03:15Équipe du stade français.
03:16Oui.
03:17C'est un gros niveau.
03:18On est d'accord.
03:18Oui, c'est un bon niveau.
03:19Mais franchement, je n'aurais jamais eu le niveau
03:20d'être top 14.
03:21Je suis parti en fédéral 1 derrière moi.
03:25Et vous aviez un petit surnom, je crois, dans l'équipe.
03:27Stiole.
03:28Stiole.
03:29Parce que…
03:30L'abbé Stiole.
03:31L'abbé Stiole.
03:32C'est un des 152 jeux de mots sur mon nom.
03:34C'est allé très très vite dans ma tête.
03:36Stiole.
03:37Franchement, il y a l'abbé Chamelle que j'aime beaucoup.
03:38L'abbé Chamelle.
03:39Non, l'abbé Stiole.
03:40L'abbé Casse.
03:41Merci.
03:42340 000.
03:43340 000, c'est le nombre de personnes
03:44qui vous ont en photo chez eux,
03:47tout nu.
03:47Tout nu, Guillaume.
03:49Vous avez promis qu'on le verrait tout nu.
03:51C'est un très bon nombre, ça.
03:53Parce que c'est le cumul des ventes,
03:56des années où vous apparaissez
03:57dans le calendrier des dieux du stade.
04:00Et ça vous a quand même permis
04:01de côtoyer les plus grands noms du rugby.
04:03Pour le coup, vous étiez dans la première équipe.
04:05Là, je pouvais être dans la baignoire
04:07avec les mecs qui jouaient vraiment très très bien.
04:09Oui, c'est ça.
04:11Et moi, la question que je me posais,
04:12c'est comment vos proches,
04:14ils ont pris tout ça
04:15quand ils vous ont vu comme ça
04:17dans un calendrier
04:17qui est quand même un peu particulier.
04:19Il y a un petit côté un peu coquillé.
04:20Étonnamment.
04:21Et quand je me rends compte
04:22qu'en plus, j'ai 18 ans,
04:24mes parents,
04:26ils n'ont pas adoré l'idée,
04:28mais ils m'ont toujours laissé hyper libre.
04:29Mais c'est mon père, surtout.
04:31Mon père, lui, ça ne lui a pas du tout plu.
04:35Mais ça ne les a jamais bloqués, non.
04:37Ils ne vous ont pas interdit.
04:38Pour autant, vous l'avez fait deux années de suite.
04:39Il y aurait eu des manifs, de toute façon,
04:41quand on voit les photos.
04:42Je serais descendue dans la rue, je vous le dis.
04:44J'ai le chiffre 4 également,
04:45parce que 4 ans,
04:46c'est le temps que vous avez passé à New York,
04:49Guillaume Labbé.
04:51Ça, c'était après votre carrière de rugbyman, finalement.
04:54Vous y êtes allé pour suivre quelqu'un
04:56ou pour apprendre votre métier ?
04:57Non, j'y étais vraiment pour apprendre mon métier.
04:59Je voulais faire une école d'écriture à la base,
05:02parce que c'est ça que j'ai fait en France,
05:03une école d'écriture après la psychologie.
05:07J'ai été voir ce que les acteurs faisaient avec le texte
05:10et on m'a fait monter sur scène.
05:11J'ai ressenti le même plaisir que sur un terrain de rugby.
05:14Quand je suis rentré, j'ai eu un espèce de frisson
05:16et de plaisir, d'angoisse, d'oubli de moi-même.
05:19Je me suis dit que j'ai envie de jouer.
05:20Pourquoi aller à New York et ne pas faire ça en France ?
05:23Je me suis dit que ceux qui étaient les meilleurs,
05:25c'est les Anglais et les Américains,
05:26à mes yeux, sur l'écriture et aussi sur le jeu.
05:30Je me suis dit que si je peux me payer ça,
05:33et puis New York, c'est facile d'être serveur,
05:35même au black, tu gagnes mieux qu'un ingénieur en France.
05:39Ça m'a permis de bosser.
05:42Visiblement, les cours ont bien fonctionné,
05:44puisque quelques années après,
05:45on va vous voir dans beaucoup de séries,
05:46on a cité Planqueur, l'école de la vie,
05:49sur France 2, je te promets,
05:51ou encore Escort Boys,
05:54dont Agathe garde un souvenir très élu.
05:57C'est très élu.
05:58Et moi aussi.
05:58Moi aussi.
06:00Merci beaucoup, Thomas.
06:01Guillaume Labbé, chaque matin,
06:03dans cette émission, on crée des rencontres.
06:05La personne qu'on va vous présenter maintenant
06:07est un docteur en physique.
06:09Ne partez pas, non.
06:10Ne partez pas, Guillaume.
06:12Vous le connaissez forcément.
06:14Il est professeur des universités en Belgique.
06:16Alors, il n'a rien d'un prof de physique austère.
06:19Bien au contraire, il a une personnalité totalement décapante.
06:23Un million d'abonnés sur les réseaux sociaux.
06:26Il était tous les matins sur France Inter cet été.
06:29Et puis surtout, il a un talent incroyable,
06:31parce qu'il peut vous faire comprendre,
06:33voire aimer les sciences,
06:35en quelques minutes à peine.
06:36C'est le professeur Fabrizio Buccella qu'on accueille.
06:43Bonjour.
06:44J'allais vous faire une bise.
06:45Non.
06:46Ah, ah.
06:48Bienvenue.
06:49Et pourquoi est-ce que je fais une bise ?
06:50Non pas que c'est mon prof de physique
06:51que je retrouve sur ce plateau,
06:53tel Pierre Foucault dans sa crête soirée.
06:55C'est parce qu'en Belgique, on se fait une bise.
06:57Exactement.
06:57Et je me trompe toujours quand je viens à Paris,
07:00parce que je fais une bise
07:01et qu'on a l'impression que je suis à Poli.
07:03Il met des vents à tout le monde.
07:04Tout le monde fait comme ça.
07:05Mais ça, c'est l'habitude en Belgique
07:06quand on est français.
07:08Guillaume Labbé, je vous présente donc Fabrizio Buccella.
07:11Fabrizio Buccella, je vais vous appeler.
07:12Vous pouvez m'appeler le caron.
07:13Fabrizio, je vous présente Guillaume Labbé.
07:15La bestiaire.
07:16C'est un peu le prof, quand même.
07:17La béchamel.
07:18La béchamel.
07:18Vous voulez, au choix.
07:19C'est vraiment le prof qu'on aurait adoré avoir.
07:22Vous êtes donc, je le disais,
07:24professeur à l'Université libre de Bruxelles.
07:26Depuis quatre ans, vous avez décidé
07:28de faire sortir la physique des salles de classe
07:31et d'en parler sur TikTok, sur les réseaux, sur Instagram.
07:35Vous partez de petites choses qui nous arrivent dans le quotidien.
07:39Et puis, ça vous permet d'expliquer des phénomènes scientifiques
07:41qui sont des phénomènes dont on parle dans les écoles
07:44et qui se cachent derrière les toutes petites choses,
07:47les tous petits détails.
07:48Et ça passionne tout le monde
07:49parce que c'est 2,9 millions de j'aime sur TikTok quand même.
07:53Ma vidéo préférée, ça marche toujours.
07:56C'est la question qu'on s'est toujours posée.
07:58Comme ça, on sait de quoi on parle.
08:00Que se passe-t-il si vous faites un prout dans l'espace ?
08:03Si vous faites un prout dans l'espace,
08:06vous êtes parti à jamais.
08:07Pourquoi ?
08:08Parce que la conservation de la quantité de mouvement.
08:10Démonstration sous vos yeux ébahis.
08:12Imaginez que je suis dans l'espace.
08:14Bam !
08:14Je fais un prout et paf, je pars en avant.
08:17Mais dans l'espace, je ne suis soumis à aucune force.
08:20Donc une fois que je démarre mon mouvement,
08:23par inertie, je continue mon mouvement à vie.
08:26Je ne pourrai plus jamais m'arrêter.
08:27Je suis parti à tout jamais dans la direction
08:29qui est indiquée par le prout qui était dans l'autre sens.
08:32C'est aussi simple que mon jour.
08:33Et c'est la conservation de la quantité de mouvement.
08:35Salut, Gus !
08:37Génial !
08:37Salut, Gus !
08:38Comme on dit en Belgique.
08:39En plus, c'était improvisé cette vidéo
08:40parce qu'on était avec l'équipe.
08:43Vous avez des tournages, des vidéos un peu plus longues,
08:45si vous voulez.
08:46Et puis je ne sais plus, on dit
08:47on va faire un ou deux shorts,
08:49comme on dit dans le jargon.
08:52Des vidéos courtes ?
08:53Des vidéos courtes.
08:54Nous filmes.
08:55Et donc je me suis dit, je vais la faire.
08:57Mais d'ailleurs, à la fin,
08:59en général, j'essaie d'avoir un petit bon mot.
09:01Et donc là, je ne l'avais pas très bien.
09:02Et donc j'ai dit, c'est la conservation
09:03de la quantité de mouvement.
09:04Je ne sais plus très bien quoi dire.
09:05Comment vous est venue l'idée de la question ?
09:07Parce que c'est spécial quand même comme question.
09:08Ah, non, l'idée de la question, ça, ça m'est venu
09:11d'une papa ou d'une maman
09:13qui m'a contacté sur les réseaux
09:14en me disant, mon enfant m'a demandé que.
09:16Ah oui, ah oui.
09:17Oui, oui, oui.
09:19Et c'est comme un fou.
09:20Mais c'est fou parce que justement,
09:21souvent les questions des enfants,
09:23la réponse, elle est souvent physique.
09:25C'est de la science physique très, très souvent.
09:27Plus ils sont petits, plus c'est ça.
09:28Est-ce que vous avez toujours utilisé l'humour
09:30dans vos salles de classe
09:31pour faire passer les grands concepts
09:33de science physique ?
09:34Oui, alors j'utilise, en fait, j'utilise l'humour
09:37parce que c'est un peu la personnalité,
09:39la personnalité de Bibi, j'allais dire.
09:41C'est un peu ma manière d'être.
09:46Je ne joue pas un rôle.
09:48Mais par contre, c'est certain que
09:50quand je donne un cours de deux heures
09:51ou de trois heures,
09:52en fonction de ce qui est calé à l'horaire,
09:53je ne peux pas faire le mariole
09:55comme sur une vidéo d'une minute trente
09:57parce que les gens deviendraient fous.
09:59Et moi aussi, bien sûr,
10:00la vidéo est un tout petit peu coupée, montée quand même.
10:02Mais non, non,
10:03l'humour est là tout le temps, oui.
10:06Je n'ai pas le souvenir d'avoir eu
10:07beaucoup de profs très, très drôles.
10:08Guillaume Labbé,
10:09est-ce que vous étiez un élève heureux à l'école ?
10:12Vous étiez quel type d'élève,
10:13notamment en maths et en physique ?
10:15J'étais un élève heureux
10:17parce que je séchais beaucoup.
10:19Ah, comme moi, vous étiez au flipper, au café.
10:21Donc du coup, voilà, exactement.
10:22Donc ça, ça me rendait plutôt heureux de manquer.
10:24Mais science physique, j'adore.
10:27En fait, il y a toujours eu des sciences et vie
10:29en fait chez moi,
10:29du junior jusqu'à l'adulte.
10:31Et donc, c'est un truc qui me passionne.
10:33Et les enfants, effectivement,
10:34les filles me posent des questions
10:35et à chaque fois,
10:36les réponses, quand on creuse,
10:39c'est ultra compliqué d'expliquer
10:41parce que c'est toujours des trucs,
10:42ce que tu disais,
10:43en rapport avec la physique.
10:45Moi, j'ai quand même lu qu'en maths,
10:46c'était quand même pas la fête,
10:48en première terminale et tout.
10:50C'était pas...
10:50J'avais quatre de moyenne
10:51et j'ai tellement bossé.
10:52Sauf qu'en deux semaines,
10:53j'ai réussi à arracher un 13 au bac
10:55qui a rendu tout le monde ouf.
10:57Et j'ai tout oublié derrière, évidemment,
10:58parce que j'ai bossé pendant deux semaines.
11:00On pourrait peut-être vous réconcilier avec les maths
11:01parce que Fabrizio,
11:02il a quand même des pouvoirs magiques.
11:03Je voudrais quand même
11:03qu'on revienne un peu sur votre parcours
11:05parce qu'il est vraiment intéressant.
11:08On a un petit thème italien, là,
11:09avec la pasta.
11:10Oui, j'ai vu ça.
11:11Et là, on sent que vous avez des origines italiennes.
11:14Vous êtes né à Milan.
11:15Vous avez vécu là
11:16les cinq premières années de votre vie.
11:19Vous avez très peu l'accent.
11:20Oui, mais en fait,
11:21maintenant, quand je parle en italien,
11:23ma famille là-bas m'appelle il-franchese.
11:25Déjà, il faut leur expliquer
11:26que j'habite en Belgique,
11:27que je ne suis techniquement pas français,
11:29même si je parle français,
11:30mais c'est un peu trop compliqué.
11:31Donc, à la fin, j'assume le fait
11:33que je suis le franchise
11:34quand je vais en Italie
11:35et que je suis le belge
11:37quand je vais en France.
11:38Bref, je suis un peu...
11:39L'italien avec l'accent belge
11:41c'est un bien mot parlant
11:42tout comme il y a Michel Chien.
11:44Un petit peu.
11:45C'est vraiment ça.
11:46Vous le faites mieux que moi.
11:48Non, non, je suis sûre
11:49que ce n'est pas aussi bien.
11:51Vous ne parliez pas un mot de français
11:52quand vous êtes arrivé en Belgique.
11:53Non, pas un mot.
11:53Comment ça s'est passé, justement,
11:56à l'école, les premières années ?
11:57Ben, mal.
11:58Vous vous sentez un peu décalé ?
12:00En tout cas, les premières semaines,
12:01les premiers mois,
12:02j'étais un peu tout seul dans mon coin.
12:05Et donc là, j'ai découvert
12:05qu'en faisant un peu le guignol
12:07ou le mariol
12:07ou le petit spirou,
12:08comme on dit en Belgique,
12:09on pouvait se faire des amis
12:11parce que ça ne nécessitait
12:12pas forcément beaucoup de vocabulaire.
12:15Mais bon, j'étais un peu
12:16un élève turbulent,
12:17souvent mis dehors,
12:18souvent envoyé chez le directeur.
12:20Je me rappelle qu'un jour,
12:21l'instituteur de l'époque
12:22s'appelait M. Sacré.
12:23C'est pour vous dire,
12:23je n'ai eu qu'une année
12:24en première primaire,
12:25je me rappelle encore.
12:26Donc M. Sacré me dit
12:27« Allez voir dehors si j'y suis ».
12:29Parce que je l'avais de nouveau
12:31fait tourner en briques.
12:33Mais moi, je ne savais pas
12:34ce que ça veut dire,
12:35cette expression.
12:35« Tourner en briques ? »
12:36Non, « Allez voir dehors si j'y suis ».
12:39Donc je suis dehors.
12:41Avec un esprit cartésien.
12:43Et donc, quelques minutes après,
12:45toc, toc, toc,
12:46« Non, monsieur, vous n'y êtes pas ».
12:47Et là, une convocation
12:48chez le directeur,
12:49mes parents,
12:50« Mais ça ne va pas,
12:51votre fils est insolent ».
12:52Et à la fin,
12:52ils m'ont mis dans une école
12:53un peu plus à pédagogie active
12:55où je restais turbulent
12:58et où les punitions
12:59s'étaient passées le plus mot
13:00dans le bureau de Mme la directrice.
13:02Et donc là,
13:02c'était plus un bâbours.
13:05Moi, je dois vous dire quand même
13:07que je suis un peu comme Guillaume Labbé.
13:09C'est-à-dire que moi,
13:10j'ose même pas vous donner
13:11mes moyennes en maths
13:12parce que c'était 0,5,
13:14parfois 0
13:14parce que j'étais donc absente
13:15au café aussi.
13:17Je voudrais enfin
13:18qu'on comprenne,
13:19j'espère que je ne suis pas la seule
13:20à n'avoir jamais compris,
13:21ce qu'est pi.
13:23Ah, pi !
13:23Voilà, pi.
13:24J'aimerais bien que vous...
13:26Guillaume Labbé,
13:27vous pouvez m'expliquer
13:28ce qu'est pi ou pas.
13:29Ne faites pas.
13:30Je corrigerai
13:31s'il y a des erreurs.
13:312, 2, 3 approximations.
13:34Pi, ça, c'est quelque chose
13:36d'assez fabuleux
13:37parce qu'on le connaît
13:38depuis les anciens Grecs,
13:39bien sûr.
13:40Alors, pi,
13:40c'est en vérité
13:41le rapport
13:42de la circonférence
13:43d'un cercle
13:44sur son diamètre.
13:46C'est aussi simple
13:46que ça.
13:47Vous pouvez
13:47n'importe quel cercle
13:49au monde,
13:50vous faites le rapport
13:51de quand vous faites
13:51le petit tour de cercle
13:52sur le diamètre
13:53et vous avez pi.
13:54Alors, pi,
13:54c'est un nombre...
13:55Ici, je l'ai écrit...
13:57Ça devrait être écrit
13:58comme ça,
13:58mais je l'ai écrit
13:59pour qu'on l'entende.
14:00Mais c'est un nombre
14:01irrationnel,
14:02c'est-à-dire que c'est un nombre
14:02qui a une infinité
14:04de décimales
14:04et ça continue
14:05à l'infini,
14:06à l'infini,
14:06à l'infini.
14:06Alors, on dit
14:07pourquoi est-ce qu'on s'énerve
14:07tellement avec ce fameux pi ?
14:09On s'énerve avec pi
14:10parce que tous les phénomènes
14:12de la physique,
14:12à un moment donné,
14:13contiennent pi.
14:14Dès que vous avez...
14:15Dès que vous faites
14:15un tour complet sur vous-même,
14:17vous avez pi.
14:18Vous jouez au rugby.
14:19Si à un moment donné,
14:19vous tournez sur vous-même
14:21en sautant sur le terrain
14:22ou autre,
14:23vous avez fait
14:23un tour complet,
14:25donc vous avez pi.
14:25La Terre qui tourne
14:26autour du Soleil,
14:27c'est pi.
14:27L'onde sonore
14:29qu'on se parle,
14:30c'est une onde périodique.
14:33Si c'est périodique,
14:34ça fait un tour
14:34sur soi-même,
14:35c'est pi.
14:35La lumière qui nous éclaire,
14:37c'est une onde électromagnétique,
14:39elle contient pi.
14:40Donc, pi est contenu
14:41partout dans la nature.
14:42Le tour de tête
14:43de Thomas-Hil,
14:43c'est pi.
14:44Oui.
14:46Quand on fait
14:47une tête,
14:47entre guillemets,
14:48parfaite,
14:48quand on fait
14:49le tour divisé
14:50par le diamètre,
14:51on a pi.
14:52C'est ça qui est fabuleux,
14:53c'est que ce nombre
14:54qui vient au départ
14:55comme étant
14:57comme issu
14:58d'une figure parfaite,
15:00parce que le cercle,
15:01c'est bien sûr
15:01une figure parfaite,
15:03se retrouve dans
15:03tous les phénomènes
15:04de la nature.
15:05C'est ça qui est fou,
15:06c'est que la science physique,
15:07et grâce à vous,
15:08on le comprend,
15:09c'est la vie.
15:10C'est pas beau
15:10ce que je dis,
15:11Guillaume Labbé ?
15:11Je suis assez surpris,
15:12mais je suis sans voix.
15:13Oui, c'est ça,
15:14je suis l'impression.
15:14On s'occupe de vos textes,
15:15Agathe.
15:20Fabrizio,
15:21il y a un moment,
15:22rasseyez-vous,
15:22mais il y a un moment
15:22où tout a basculé
15:24dans votre vie,
15:24c'est l'histoire de comètes,
15:25vous pouvez nous raconter ça ?
15:27Une grande injustice d'ailleurs.
15:29Oui, une grande injustice.
15:30En fait,
15:31l'école primaire
15:32après où je m'étais retrouvée
15:33avait invité
15:34un astrophysicien
15:35pour le passage
15:36de la comète de Halley.
15:37Alors,
15:37la comète de Halley,
15:38c'est un objet céleste
15:40qui participe
15:41à notre système solaire,
15:42sauf qu'il passe
15:42tous les 75 ou 76 ans,
15:45disons.
15:46Donc,
15:47quand on la voit,
15:48on la voit
15:48entre guillemets
15:49une fois ou une fois
15:50ou deux fois dans sa vie,
15:51mais on ne la voit pas
15:52trois fois dans sa vie.
15:53Ou alors,
15:53vraiment,
15:54vous êtes un peu
15:55un robot humanoïde.
15:56Bon,
15:56bref,
15:57la comète de Halley
15:57était passée
15:58dans les années 80.
15:59Moi,
15:59j'étais môme
16:00et c'était l'événement.
16:02C'est encore pire
16:03que l'éclipse
16:03qu'on a connue.
16:04Toute la planète
16:05allait regarder
16:06cette fameuse comète de Halley.
16:08Et donc,
16:09j'ai écrit
16:10le petit travail de classe,
16:11c'était d'écrire
16:12une lettre
16:12à cet astrophysicien
16:13pour le remercier.
16:14et moi,
16:17je lui avais écrit
16:17une lettre
16:18avec plein de questions
16:19et il a répondu
16:21à ma lettre.
16:23Et donc,
16:24la directrice
16:24était venue
16:27m'apporter
16:27la réponse
16:27en classe.
16:29Et donc,
16:29tout fier,
16:30je rentre à la maison
16:31et je la donne
16:31à mes parents
16:32et mes parents remarquent
16:33qu'en fait,
16:33c'était la photocopie.
16:35Oh,
16:35c'est honteux.
16:36Vous n'avez toujours
16:37pas l'original.
16:37Je n'ai toujours
16:38pas l'original
16:38et à l'école,
16:39ils ont cherché
16:40dans les archives
16:40donc je n'ai jamais
16:41reçu cette lettre
16:42alors que cette lettre
16:43m'était adressée.
16:45Alors,
16:46pour la petite histoire,
16:47je reçois 2 ou 3 mails
16:48par semaine
16:48ou de parents
16:50ou de jeunes
16:51si vous voulez
16:51sur mon adresse professionnelle.
16:53Vous donnez les originaux alors ?
16:54Non,
16:54qui m'écrivent
16:55parce qu'ils ont plein de questions
16:56et en souvenir
16:57de cet astrophysicien
16:59qui avait pris la peine
16:59de répondre
17:00avec une lettre
17:01à la main
17:01encore à l'époque
17:02comme les...
17:03Vous répondez à tout le monde.
17:05Je réponds à tout le monde
17:06et je peux vous assurer
17:07que ça prend du temps.
17:08Oui,
17:08ça j'imagine.
17:09Alors moi,
17:09ce que j'adore chez vous
17:10entre mille choses
17:11parce qu'on vous adore
17:12pour mille raisons
17:13c'est que donc
17:14on l'a dit tout à l'heure
17:14vous partez d'un petit détail
17:15du quotidien
17:16et vous nous expliquez
17:17ce qui se passe
17:18scientifiquement derrière.
17:19Guillaume Labbé,
17:20est-ce que quand vous faites
17:20une tartine et qu'elle tombe
17:21comme tout le monde
17:22elle tombe du mauvais côté ?
17:23Oui.
17:24Voilà,
17:24alors on va vous poser
17:26quelques questions.
17:27Guillaume,
17:28c'est d'abord d'expliquer
17:29ce qu'il pense être
17:31la raison scientifique
17:32et puis en plus
17:32après vous nous donnez
17:34les vraies raisons.
17:35Donc la théorie
17:36de la tartine,
17:37à votre avis,
17:38pourquoi est-ce qu'elle tombe
17:39toujours du mauvais côté
17:40cher Guillaume Labbé ?
17:41Je vois deux trucs
17:42mais j'imagine qu'il y a un piège.
17:44Je pense qu'on note plus
17:45quand elle tombe du mauvais côté
17:46puisqu'on le note,
17:47ça c'est les feux rouges
17:48quand on est en retard.
17:49J'étais en retard ici,
17:50j'ai l'impression
17:50d'avoir tous les feux rouges.
17:52Et le poids,
17:53le poids du...
17:54Surtout que moi
17:55j'aime le beurre salé
17:56en plus d'étale pas
17:57donc vraiment
17:58je la charge énormément.
18:00Le poids j'imagine
18:01la tire plus vite
18:02vers le sol.
18:04On va voir ce qu'en pensent
18:04les Français.
18:06Je pense qu'on a tendance
18:07à plus remarquer
18:08quand elle va tomber
18:09du côté confiture.
18:10Je pense pas que ce soit
18:12un fait forcément avéré.
18:13Je pense que c'est une question
18:14de gravité, de poids.
18:16Ça se renverse.
18:18Ça tombe sur le côté
18:19le plus lourd.
18:19Je ne sais pas
18:20à cause de son poids sans doute.
18:21Si la tartine tombe
18:22du mauvais côté
18:23c'est parce qu'en fait
18:24elle est très mal placée.
18:27Bon, alors là
18:29vous allez nous expliquer
18:30si les Français
18:31et Guillaume ont raison.
18:32Alors, ils ont à 100% raison
18:33parce qu'il y a ce fameux
18:35biais du problème.
18:36C'est comme quand vous prenez
18:37la mauvaise file
18:38on se souvient plutôt
18:39quand on prend la mauvaise file
18:40elle n'est jamais la bonne.
18:40Mais ceci étant
18:41il y a aussi une explication
18:42physique de la science.
18:43C'est que quand vous avez
18:44beurré la tartine
18:46en général
18:47quand vous la faites tomber
18:47vous ne la jetez pas.
18:48Ce n'est pas que vous vous amusez
18:49à faire des jetés de tartine
18:50comme vous faites du frisbee.
18:51Et donc, vous la laissez tomber
18:53de la table
18:54et bon, là bien sûr
18:55elle est tombée du bon côté
18:56donc il y a un côté
18:58qui est toasté
18:58et un côté qui n'est pas toasté
18:59donc on peut savoir
19:00donc on va faire quatre tests.
19:02Bon, misère.
19:03Mais ça c'est l'effet du direct.
19:04Oui, c'est l'effet du direct.
19:05Incroyable.
19:06Oui, elle laisse tout tomber
19:07du bon côté.
19:08Incroyable.
19:08Et elle ne tombe jamais
19:09du bon côté.
19:10Oui, mais voilà.
19:10Ça vérifie la théorie.
19:11Voilà, c'est tout.
19:13Alors, je dois quand même
19:14avouer que j'ai été flagué
19:18par la production
19:19parce qu'on m'a mis
19:20des mini toasts
19:21alors que la science
19:22s'est occupée
19:23des toasts anglais.
19:24Vous voyez les pains de mie
19:25qu'on achète au supermarché.
19:27Il y a eu donc
19:28tout un exercice de science
19:29qui a été établi
19:30sur ces grands pains de mie
19:31et ce qui se passe
19:32c'est que le grand pain de mie
19:33pas les petits
19:34il n'a pas le temps
19:35de faire un tour complet.
19:36Donc quand vous le poussez
19:37en dehors de la table
19:38il ne fait qu'un demi-tour
19:40et il tombe.
19:41Et forcément ici
19:41vu qu'il est plus petit
19:42il a le temps
19:43de faire un tour complet
19:44et donc il tombe
19:45sur le bon côté.
19:46Donc quelque part
19:46la science s'est sauvée.
19:48Bien sûr.
19:48Mais sachez quand même
19:49qu'ils ont fait lancer
19:50des dizaines de milliers
19:51de tartines
19:52dans les écoles d'Angleterre
19:53dans une expérience
19:56de science participative
19:58et on a constaté
19:58que deux tiers des tartines
20:00des grands toasts
20:01tombent du mauvais côté.
20:04Ça s'appelle
20:05la loi de l'emmerdement
20:06Maxime.
20:06Mais donc ça veut dire
20:06que nous venons
20:07de démontrer ici
20:08quelque chose
20:08de nouvelle science
20:09que pour que la tartine
20:10tombe du bon côté
20:11il faut acheter
20:12des petits toasts.
20:13Il faut que je m'établisse
20:14ce que vous venez de dire.
20:15On fait une petite pause
20:15on se retrouve juste après.
20:17On va notamment savoir
20:18si on est plus mouillé
20:19quand on court
20:20ou quand on marche
20:21sous la pluie.
20:22Réfléchissez à ça.
20:23A tout de suite.

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