Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 mois
Mardi 1 septembre 2026, retrouvez Louise Malecot (Responsable de projet, UNESCO) dans ART & MARCHÉ, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle saison d'Art et Marché,
00:12l'émission qui vous ouvre les portes du marché de l'art.
00:15Deux émissions par semaine à retrouver à l'antenne, mais aussi sur le site bismart.fr et toutes les plateformes
00:21d'écoute.
00:22Pour l'émission d'aujourd'hui, nous revenons sur le nouveau code de déontologie adopté par l'UNESCO,
00:27le code international de déontologie des négociants en biens culturels.
00:32Qu'est-ce que ça change ? En quoi est-ce utile ?
00:34Louise Maléco, qui est en charge de la coordination du projet à l'UNESCO,
00:39nous dessine les contours de ce code dans un instant.
00:41C'est parti pour Arrêt Marché.
00:47C'est un code destiné aux marchands d'art.
00:50Il donne un cadre éthique visant à renforcer les efforts en matière d'établissement
00:54de la provenance des biens culturels, dits principes, édités par l'UNESCO.
01:00Louise Maléco, bonjour.
01:02Bonjour.
01:02Vous êtes responsable de la coordination de ce projet, de ce code de déontologie.
01:06Vous êtes en plateau avec moi pour ce premier épisode d'Arrêt Marché.
01:10Merci beaucoup d'être avec nous.
01:12Tout d'abord, est-ce que vous pouvez nous rappeler
01:14à quel point la culture est une place fondamentale au sein de l'UNESCO ?
01:20Et depuis quand, en fait, l'UNESCO se préoccupe de ces principes de déontologie
01:26de circulation du bien culturel ?
01:27Oui, alors peut-être tout d'abord rappeler que l'UNESCO, c'est la seule agence des Nations Unies
01:34qui a un mandat explicite pour la protection de la culture et du patrimoine culturel.
01:39Et donc, dans le cadre de ce mandat, l'UNESCO a pu élaborer et est dépositaire
01:45de six conventions internationales pour la protection de la culture.
01:49La plus connue du public, c'est la Convention pour la protection du patrimoine mondial de 72.
01:55Mais il y a aussi deux conventions qui viennent adresser cette question du trafic de biens culturels.
02:01La première en date, c'est la Convention de 54,
02:04qui traite du sujet de la protection du patrimoine en temps de conflit armé.
02:09Et 16 ans plus tard, donc la Convention de 70, qui, elle, adresse de manière globale
02:16le trafic de biens culturels.
02:18Il faut savoir que c'est l'aboutissement, la Convention de 70,
02:21c'est l'aboutissement de discussions qui ont eu lieu à l'après-guerre.
02:26On a un marché de l'art croissant en Occident,
02:30qui, malheureusement, cette demande croissante, donc malheureusement,
02:35encourage le trafic...
02:37Les marchands à mal agir, voilà.
02:40Plutôt sur le terrain, ça encourage les fouilles clandestines.
02:45Oui, c'est ça.
02:46Et l'exportation illicite.
02:48Et donc, les États sont demandeurs d'encadrer ces transactions au niveau international.
02:54Et du coup, depuis 70, l'UNESCO s'attèle à ces questions.
02:59Elle va le faire sur plusieurs fronts.
03:02Elle va renforcer les capacités des autorités nationales
03:06qui ont vu leurs travaux se complexifier ces dernières années
03:10parce qu'on a vu le trafic se déplacer sur les plateformes en ligne.
03:13Oui, ça, c'est encore un peu tout un pan en plus.
03:17Et c'est vrai que ce que vous disiez, c'est qu'effectivement,
03:19d'année en année, plusieurs codes ont été publiés,
03:23que tout ça s'est renforcé.
03:26Dernièrement, c'était celui de 99, il me semble,
03:30la dernière fois que l'UNESCO a exprimé sur le sujet.
03:33Et donc là, il y a un nouveau code de déontologie.
03:35Pourquoi est-ce que vous avez pensé qu'il était nécessaire
03:37d'en éditer des principes peut-être plus précis encore ?
03:41Oui, donc comme vous l'avez dit, il y a une première version du code en 99
03:45qui, du coup, reprenait les principes de déontologie
03:51rédigés par les professionnels eux-mêmes
03:53dans la fin des années 80 et début des années 90.
03:56Je pense au code de déontologie de la Sinoa et de IADA.
04:00Donc, Sinoa, c'est le syndicat européen ?
04:03La Confédération internationale des marchands d'art.
04:07Et IADA, c'est l'association des marchands d'art anciens.
04:11Donc, l'UNESCO a fait que reprendre ces principes de déontologie qui existaient.
04:15Le problème, c'est que ce code était un peu resté dans l'oubli.
04:18Les négociants n'étaient pas au courant de ces principes au niveau international.
04:22Et donc, 25 ans plus tard, l'UNESCO a jugé important de revenir sur ce code
04:28pour sensibiliser les professionnels à ces principes,
04:31pour s'assurer que les professionnels pouvaient s'approprier véritablement ces principes éthiques,
04:38mais aussi pour venir clarifier les lacunes, les principes qui n'étaient pas présents en 1999.
04:45Donc, la diligence raisonnable qui inclut la recherche de provenance
04:49et aussi le principe de coopérer avec les autorités nationales.
04:55Donc, peut-être pour revenir sur cette recherche de provenance,
04:57c'est un concept qui s'est beaucoup développé ces dernières années.
05:02On parle désormais de recherche proactive de la provenance.
05:06Et j'aimerais citer Emmanuel Polat qui intervenait en juillet dernier dans votre émission
05:11et qui dit qu'on est à l'âge d'or de la recherche de provenance.
05:16Et en effet, on voit se proliférer des masters, des DU,
05:20des formations professionnelles en recherche de provenance.
05:22Mais on voit aussi que le marché lui-même est très conscient
05:24qu'une bonne recherche de provenance, ça va améliorer la valeur économique d'un bien.
05:30C'est-à-dire que là, on prend le code, met en avant le fait que le marchand doit être
05:37particulièrement actif
05:38dans cette recherche.
05:39Peut-être qu'en 1999, du coup, c'était moins le cas.
05:41C'est ça qui a beaucoup évolué en 25 ans ?
05:45Alors oui, d'ailleurs, le texte de 1999 ne parle pas de diligence raisonnable
05:50ou de recherche de provenance.
05:52C'est un concept qui s'est développé en 1995 par la Convention d'unis droit
05:57et qui est de plus en plus au cœur de la lutte contre ce trafic.
06:04L'idée, c'est que si les marchands opèrent une recherche de provenance complète,
06:10cela va éviter le trafic.
06:14Qu'est-ce qui a évolué aussi ?
06:16Vous avez parlé tout à l'heure des échanges en ligne, etc.
06:20En 25 ans, qu'est-ce qui a particulièrement évolué ?
06:24De coup, maintenant, vous pouvez plus facilement adresser avec ces dix principes
06:28qu'on ne pouvait pas aussi il y a 25 ans.
06:31Alors, ce qu'on a pu faire aujourd'hui, c'est vraiment avoir ce dialogue
06:36avec les acteurs du marché de l'art au niveau mondial.
06:39On a commencé des consultations en 2021.
06:42L'idée était de s'assurer que tout acteur,
06:46parce qu'il y a une diversité des professionnels du marché de l'art,
06:50que ces principes pouvaient s'appliquer,
06:52étaient réalistes pour cette diversité d'acteurs,
06:55cette diversité de transactions et de biens culturels traités.
06:59Mais d'avoir des principes réalistes,
07:01mais aussi des principes assez généraux,
07:03donc, pour cette panoplie d'acteurs.
07:07Qui puissent toucher tout le monde, en fait.
07:08Exactement, oui.
07:09Parce qu'en termes de méthodologie, comment ça s'est passé ?
07:11Parce que ça, c'est...
07:12J'imagine que le côté international, ça complique énormément les choses.
07:15Vous avez...
07:16Combien de temps vous avez mis pour rédiger ce code ?
07:20Comment ça s'est passé, l'élaboration ?
07:22Alors, c'est sûr que ça n'a pas été un travail facile.
07:24Je disais, on a commencé en 2021.
07:27Il a nécessité, donc, du coup, de consulter ses acteurs au niveau mondial,
07:32mais également tous nos États membres,
07:34pour arriver à un consensus sur un texte final.
07:37En 2023, on a franchi une étape décisive.
07:41On a constitué un groupe de travail qui était chargé de rédiger,
07:44du coup, cette version du code,
07:46et qui était constitué pour moitié des représentants du marché de l'art
07:50et pour moitié des représentants de nos États membres.
07:53On avait des galeristes,
07:55on avait Christy aussi qui a participé au groupe de travail,
07:58des experts en recherche de provenance.
08:01Et il nous a fallu, donc, trois ans pour arriver à un consensus
08:07sur le moindre mot, la moindre virgule.
08:10Donc, c'est toujours un travail, toujours un peu challenging à l'UNESCO,
08:14mais on a l'habitude de faire ce type.
08:16Ce genre de travail.
08:17Est-ce qu'il est contraignant ?
08:19Comment est-ce qu'après, il peut être appliqué, ce code ?
08:22Alors, c'est un code volontaire.
08:24On le dit bien dans le code,
08:26il ne crée aucune obligation juridique.
08:28L'idée était vraiment de renforcer cette culture de responsabilité
08:32au sein du marché de l'art.
08:35Et donc, l'idée, c'est de, si vous voulez adhérer,
08:39tout professionnel peut venir sur notre site Internet,
08:42télécharger un formulaire, nous le renvoyer.
08:45Et comme ça, nous, on sait qui sont les professionnels,
08:49combien de professionnels ont déclaré adhérer à ces principes.
08:53Et d'un autre côté, un professionnel peut publiquement
08:58se déclarer adhérent au code de l'UNESCO.
09:01Le fait que ce soit l'UNESCO qui agit sur ce terrain-là,
09:06qu'est-ce que ça change ?
09:07Est-ce que c'est un marqueur, un gage, une référence ?
09:11Qu'est-ce que ça apporte que l'UNESCO se positionne à ce niveau-là ?
09:14Alors, ça permet d'avoir des principes au niveau international,
09:18vraiment, qui sont approuvés par tous nos États membres.
09:22Donc, les États membres de l'UNESCO, on est à 194 États membres,
09:26histoire d'avoir des principes et, je dirais,
09:30une compétition au niveau international qui est harmonisée.
09:37Et donc, c'est ça la différence entre un code national
09:40et plutôt un code porté par l'UNESCO.
09:43Et donc, le fait que ce soit des pays qui ratifient ça,
09:45ça veut dire qu'ensuite, comment les marchands se positionnent par rapport à ça ?
09:49C'est-à-dire que le pays est en accord avec ce code,
09:52mais les marchands, quand même, doivent individuellement faire la démarche
09:55de dire qu'ils sont en accord avec ce code.
09:59Exactement. Donc, les pays ont adopté le code révisé,
10:02ça veut dire qu'ils sont en accord avec ces principes.
10:04Et puis après, c'est à chaque professionnel, de manière individuelle, volontaire,
10:09de se déclarer adhérent, de dire qu'il approuve
10:14et qu'en fait, ça représente effectivement sa pratique quotidienne.
10:18Mais vous verrez, il n'y a rien de nouveau dans ces principes.
10:25Finalement, on a pu consulter les acteurs.
10:27C'est du bon sens.
10:29Exactement.
10:29Comment ça se passe après ?
10:30Donc là, il vient juste d'être publié il y a quelques mois.
10:34Vous savez déjà combien de personnes ont ratifié,
10:37combien de marchands particuliers ont ratifié ?
10:39Alors oui, on a une dizaine déjà d'acteurs.
10:42Je pense que l'idée, c'est de continuer à sensibiliser les acteurs
10:46sur ce nouveau code pour qu'ils soient au courant.
10:48Et c'est pour ça que je suis là aujourd'hui.
10:50Pour donner de la visibilité et permettre aux professionnels
10:53de pouvoir se positionner sur ces principes.
10:57Et comment est-ce que ça se passe après ?
10:59Est-ce que vous avez un rôle de vérification ?
11:02Comment est-ce que, parce qu'on peut toujours ratifier quelque chose
11:05et après ne pas le respecter, comment ça se passe si ce n'est pas le cas ?
11:08Voilà.
11:09Alors comme je disais, c'est un engagement unilatéral des professionnels.
11:14L'idée, c'est vraiment pour que l'UNESCO, elle guide ces professionnels responsables
11:18dans le type de vérification à adopter et les réflexes à avoir.
11:24L'UNESCO ne va pas vérifier si les principes sont bien adoptés.
11:29C'est vraiment des lignes directrices pour aider les professionnels
11:34qui veulent lutter contre le trafic de biens culturels.
11:37En tout cas, c'est toujours un marqueur de plus.
11:40Comme vous le disiez, c'est l'âge d'or de la recherche de provenance.
11:44Parce que l'UNESCO continue d'affirmer cette nécessité toujours
11:48de recherche de provenance qui est fondamentale pour les marchands.
11:52Merci beaucoup, Louise Maléco, d'être venue nous en parler en plateau aujourd'hui.
11:56Je rappelle que vous êtes responsable de la coordination de ce code de déontologie.
12:01Merci d'être venue en plateau et merci à vous toutes et tous de nous avoir écoutés.
12:04C'était Arrêt-manger.
12:29Arrêt-manger
12:30Merci.
12:30Merci.

Recommandations