00:06Qu'est-ce qu'on sait, très clairement, à ce stade, de la possibilité qu'un réseau d'autres
00:11personnes, notamment connues ou célèbres, ait participé à ces agissements, puisqu'il y a tous
00:15ces noms qui circulent, là on va y venir tout à l'heure, où on peut peut-être tout confondre.
00:20L'agence états-unienne Associated Press, qui s'est plongée dans les documents récents,
00:24dit qu'au vu de ces documents, le FBI n'a pas plu à ce stade établir qu'EPSIN était
00:28au cœur de ce
00:29vaste réseau de trafic sexuel impliquant des hommes puissants.
00:33Alors, qu'est-ce qu'on peut dire factuellement, y compris par rapport à justement tout ce qu'on ne
00:37sait pas dans ces documents ?
00:38Mais oui, mais c'est ça le problème, c'est qu'on est borgne, on est submergé, c'est un
00:42cataclysme de millions de documents qui nous arrivent comme ça,
00:46comme un tsunami, et pourtant, c'est peut-être dur à entendre mais c'est la réalité, on est quand
00:51même borgne à la réalité totale de l'histoire.
00:54Pourquoi je dis ça ? Parce que certes, il y a 3 millions de documents qui ont été rendus publics
01:00par le ministère de la Justice sur injonction du Congrès.
01:02Donald Trump ne le voulait pas et il faut jamais cesser de le répéter. Qui au ministère de la Justice
01:09supervise cette divulgation ?
01:11C'est le numéro 2 du ministère de la Justice, c'est un homme qui s'appelle Todd Blanche. Todd
01:16Blanche, c'est qui ?
01:16C'était l'avocat de Donald Trump. Donc le conflit d'intérêts, si ce n'est le trafic d'influence,
01:24il est institutionnel.
01:25L'homme qui est chargé de la divulgation, de la supervision du département de la Justice des dossiers Epstein a
01:34été précédemment l'avocat d'un homme qui a empêché cette divulgation,
01:39le président des États-Unis, lui-même cité dans les dossiers Epstein et qui a menti, on le sait, sur
01:46la réalité de sa relation avec le pédocriminel et le criminel financier.
01:52Mais en plus, quand les documents sont rendus publics, ce fameux Todd Blanche fait une conférence de presse dans laquelle
01:57il dit qu'il y a plein de documents que nous ne rendons pas publics.
02:01Et il explique, on peut retrouver le script de la conférence de presse. Ce que je dis est absolument vérifiable.
02:08Il dit que tout ce qui concerne la pédopornographie, les images pédopornographiques, tout ce qui concerne les abus physiques et
02:14tout ce qui concerne la mort, nous ne rendons pas publics.
02:17Donc ça veut dire que nous savons que nous sommes aveugles aux documents qui existent quelque part au ministère de
02:23la Justice, qui concernent précisément les faits les plus graves.
02:27Donc aujourd'hui, faire des dépresses d'agence pour dire, dans ce qui est rendu public, il n'y a
02:31pas les éléments sur le trafic sexuel, par définition.
02:34C'est-à-dire qu'on met un bandeau sur les yeux des gens et les gens disent « je
02:37ne vois rien ».
02:37Oui, c'est d'une certaine manière tautologique.
02:41Et en plus, ce qui crée du trouble, c'est que Todd Blanche, dans cette même conférence de presse, il
02:46dit qu'il y a des documents que nous ne rendons pas publics,
02:48enfin que les États-Unis ne rendent pas publics, parce qu'il y a des enquêtes en cours.
02:53Mais lesquelles ? Sur qui ? Sur quoi ?
02:55Donc ça laisse supposer qu'il y a donc des enquêtes sur des complicités, donc qu'il y a peut
02:59-être un trafic.
03:00Et bien sûr, il faut toujours être prudent.
03:01Et je rajoute, parce que c'est du trouble au carré, c'est que parmi ce qui est rendu public,
03:06il y a énormément, et on l'a tous vu, des éléments caviardés.
03:11Et moi, je comprends qu'il y a des éléments caviardés dans des documents rendus publics pour protéger les victimes.
03:17Et encore, elles ne sont pas toujours protégées, c'est ce qu'on a vu.
03:19Alors justement, c'est là où je veux en venir.
03:20Mais théoriquement, c'est compréhensible, pour protéger les victimes, pour protéger des données personnelles,
03:25des numéros de téléphone, des mails, pour protéger des enquêtes en cours.
03:29Sauf que les États-Unis, l'administration Trump n'a pas fait la transparence sur sa transparence.
03:34Elle n'explique pas pourquoi ça, c'est caviardé, pourquoi ça, ça ne l'est pas.
03:39Et qu'est-ce qu'on découvre ?
03:40Et bien, on découvre qu'il y a des pistes sur des complicités criminelles de Jeffrey Epstein,
03:45où les noms sont caviardés, là où précisément les noms, les identités, les images,
03:51y compris dans des positions de vulnérabilité des victimes, sont jetées en pâture.
03:55Donc, quand on prend tout ça, on se dit, mais face à quoi nous sommes ?
03:59Nous sommes face à un espèce de...
04:01Vous savez, Steve Madden, dont tu citais l'espèce de mentor-gourou de l'extrême-droite Trumpienne,
04:06avait une expression, pardon, elle est vulgaire, mais c'est la sienne,
04:08il faut inonder la zone de merde.
04:11Bon, c'est un peu ce qui se passe avec cette divulgation,
04:14et pourtant, il faut tenir les deux bouts.
04:17Dans cette zone de merde, il y a, pour le journalisme,
04:19des choses à regarder, à chercher, à vérifier, à documenter,
04:24pour raconter des histoires d'intérêt général.
04:37C'est parti, c'est parti, c'est parti.