- il y a 6 semaines
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.
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00:00Alain Demel qui nous rejoint pour un rendez-vous qui change de jour, qui change d'horaire.
00:06Mais je dois vous dire Alain, bonsoir tout d'abord, que j'ai toujours autant de plaisir à vous retrouver.
00:12Merci de passer cette année présidentielle, électorale avec nous chaque vendredi soir.
00:18Donc 20h, vous notez le nouvel horaire, ce sera en deux temps.
00:21Votre semaine, on va en parler dans un instant, ce qui a retenu votre attention dans la politique en France
00:26et ailleurs.
00:26Et puis un débat, chaque semaine face à une personnalité, ce soir c'est Yannick Jadot, ancien candidat à la
00:31présidentielle,
00:32aujourd'hui soutien de Raphaël Glussman qui échangera avec vous.
00:35Je suis infiniment heureux de vous retrouver, très cher Alain.
00:37Merci.
00:38Votre image de la semaine, si vous voulez bien, et on en parlait il y a quelques instants sur ce
00:42plateau, c'était Roland-Garros.
00:43Hier, le tournoi à 7 des candidats à l'élection présidentielle, il a été question de la dette, des salaires,
00:49des retraites.
00:50C'est un moment politique qui est un peu considéré comme le premier débat de l'élection présidentielle,
00:54même s'il manquait des candidats, et même s'il y avait peut-être d'ailleurs des candidats hier qui,
00:58au final, ne seront pas sur la ligne.
00:59Comment vous les avez trouvés, les 7 ?
01:01Écoutez, j'ai trouvé l'ensemble déjà clair.
01:05Ce n'est pas commode quand il y a une demi-douzaine d'invités d'être clair, c'était clair.
01:11Chacun a assumé son rôle, c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu l'ombre du commencement
01:15d'une surprise dans leur position.
01:17Les positions étaient ce qu'il voulait incarner, on le savait, mais ils se sont entreécoutés, ils se sont un
01:25peu répondus, peut-être pas assez.
01:29Mais j'ai trouvé que c'était un bon état d'esprit collectif, c'est-à-dire qu'ils se
01:35rendent tous compte que ça va être un moment absolument décisif,
01:39beaucoup plus qu'une simple alternance ou beaucoup plus qu'une élection présidentielle habituelle.
01:43On n'est pas du tout dans des circonstances économiques normales, on est dans une crise économique qui va s
01:50'approfondir.
01:51On est dans des circonstances internationales qui, elles non plus, ne sont pas normales.
01:56On est à un moment où, on le voit sur le plan de l'écologie, des problèmes non pas nouveaux,
02:03mais dont la perception est nouvelle.
02:05Donc ça va être une élection différente des autres.
02:11Et là, j'ai trouvé que ça faisait des candidats honorables.
02:15Honorables. L'une de celles qui était la plus attendue, sans doute, c'est Marine Le Pen,
02:20qui, à la fois, a tenté de rassurer les patrons en leur disant
02:23« Ne vous fiez pas à ce que vous entendez de mon programme économique »,
02:26mais qui, dans le même temps, est revenu à la version initiale de son projet sur les retraites.
02:32Départ à la tête entre 60 et 62 ans en fonction de l'entrée dans le monde du travail,
02:38ce qui, sur ce point, fait du programme du RN un programme plutôt de gauche.
02:4360 ans, ce sont les Insoumis, 62, c'est le Parti Socialiste.
02:46Est-ce qu'elle a réussi son grand oral ? Est-ce qu'elle a rassuré le monde économique ?
02:50– Je ne pense pas qu'elle ait marqué un point hier.
02:53Elle n'était pas mauvaise. Elle était assez naturelle.
02:56Elle était visiblement, attentivement souriante.
03:02Ça, c'était son objectif. On le sentait très bien.
03:06Ce n'était pas ce que je vais dire, c'était « Je souris ».
03:09Vous voyez, je suis quelqu'un qui sourit.
03:12Pour le reste, sur les retraites, elle a pris la même position que d'habitude,
03:16avec cette énorme faille que, bizarrement, aucun de ceux qui étaient à côté d'elle n'a relevé,
03:23qui était « Et vous le financez comment ? »
03:26Parce que c'est bien gentil de dire « Moi, je veux que la retraite soit ceci, c'est ça.
03:30»
03:30D'accord. On finance comment ?
03:32Et, bizarrement, la question n'est pas venue.
03:34– Il reste huit mois pour la poser. Elle sera sans doute prochainement.
03:38Et pendant une partie de la campagne, au Rassemblement national.
03:41L'homme de la semaine, c'est un revenant, en quelque sorte.
03:44Un certain François Hollande, il a fait son retour aujourd'hui à Blois, à la rentrée des socialistes.
03:49Il signe un livre-programme également. Il fait la une du point.
03:52Il dit qu'il se prépare si la situation l'exige au cas où.
03:57On a compris que lui avait envie d'y aller. Mais est-ce que les Français ont envie de lui
04:00?
04:01– En tout cas, je n'ai jamais douté un seul instant, depuis le début,
04:04qu'il ait envie de retenter sa chance si les circonstances s'y prêtent.
04:10Je l'ai toujours regardé comme un candidat potentiel pour la prochaine élection présidentielle.
04:16Ce qu'il voit, parce que c'est la réalité aujourd'hui,
04:19c'est que la gauche est en mauvais état,
04:22c'est qu'aucun candidat ne s'y impose,
04:25c'est qu'il n'y a pas d'unité,
04:27et que de ce point de vue, il risque d'y avoir,
04:31ce qui ressemblerait à un blocage politique de ce côté-là.
04:34Et s'il y a un blocage, dans ces cas-là,
04:37on essaie de se tourner vers quelqu'un de sage,
04:39d'expérimenté, de sympathique, de vif,
04:45c'est lui.
04:46– Donc sa stratégie, c'est d'attendre derrière un bosquet,
04:49de jouer les snipers, en espérant que Raphaël Luxman trébuche,
04:53que Olivier Faure aussi s'il est candidat.
04:55C'est ça que ça va être ça maintenant ?
04:56– Ce n'est pas d'être sniper, parce qu'il fait très attention
04:59de ne pas être désagréable pour les différents candidats de gauche,
05:03potentiels ou réels.
05:05Mais c'est de voir que personne ne s'impose,
05:11que tout le monde rivalise,
05:13et que lui, il a été président,
05:16et en matière politique, il a quand même,
05:20disons, trois classes d'avance sur eux,
05:23pour l'éternité.
05:25– Des présidents qui ont tenté un comeback,
05:28dans l'histoire de la Vème République,
05:30il y en a eu quelques-uns, de mémoire,
05:32mais arrêtez-moi si j'en oublie Alain Valéry Giscard d'Estaing,
05:36Nicolas Sarkozy,
05:37ça n'a pas marché, pour des raisons diverses.
05:41– Et d'une certaine manière, François Mitterrand ?
05:44– Il y a une malédiction dans ces cas-là,
05:46c'est-à-dire que les Français ne veulent pas ouvrir
05:47deux fois le même paquet cadeau à 20h le soir du second tour.
05:51– Il n'y a pas de règle, parce qu'il n'y a pas assez de précédents,
05:55mais c'est vrai que c'est, disons, insolite,
06:00comme cas de figure.
06:01Et donc, comme c'est insolite, c'est difficile,
06:05ça n'est pas impossible.
06:08Ce qui me frappe quand même,
06:10c'est qu'à gauche, je ne dis pas que François Hollande
06:13est un meilleur candidat que les autres,
06:15parce qu'on peut avoir envie de nouveautés,
06:18de différences, de quelqu'un d'un autre sexe, etc.
06:21ou d'une autre génération.
06:23Tout ça est parfaitement compréhensible, logique,
06:26et même à peu près inévitable.
06:28Simplement ayant son talent politique à gauche,
06:32je parle dans la gauche non-mélenchoniste,
06:35d'une certaine manière, ce sont tous des enfants par rapport à lui.
06:40– On change de camp, on change de candidat.
06:43L'idée de la semaine, Alain, c'est celle d'Edouard Philippe,
06:47qui a musclé il y a quelques jours son discours sur l'immigration
06:49lors d'un déplacement à Mayotte, en disant
06:51« Immigration zéro à Mayotte »,
06:53on ferme les vannes du regroupement familial,
06:56du droit du sol.
06:57Cette fois-ci, c'est sur la question des chômeurs
06:59et du travail qu'il prend position.
07:02On limite à 12 mois l'indemnisation chômage
07:05des moins de 50 ans en France.
07:06Aujourd'hui, c'est 18 mois, on passerait donc à 12.
07:09Et puis, fin, dit-il, de l'open bar,
07:12des arrêts de travail.
07:13Je rappelais les chiffres il y a quelques instants
07:14sur le plateau précédent,
07:15un arrêt de travail qui coûte chaque année,
07:18cette année, environ 18 milliards d'euros par an.
07:22Quelle lecture politique vous faites
07:23de cette rentrée d'Edouard Philippe
07:25sur l'immigration et sur l'économie ?
07:27– Alors, deux choses.
07:30D'une part, Edouard Philippe est de droite.
07:33C'est un homme de droite.
07:34Il s'est toujours présenté comme un homme de droite
07:37et il s'assume comme un homme de droite.
07:39Dans toutes ces prises de position récentes,
07:41à propos de l'immigration, à propos du travail,
07:44à propos du budget.
07:45Et je dirais qu'il est, de ce point de vue,
07:49totalement cohérent avec lui-même.
07:51Et la deuxième chose, c'est que d'une certaine façon,
07:55la semaine qui s'achève, il est sorti du bois.
07:57Tout le monde sait très bien que c'est un candidat inévitable.
08:03Mais, jusqu'à présent, il était en retrait.
08:07Il s'exprimait peu, de façon parcimonieuse.
08:10On avait l'impression qu'il faisait un peu une courte d'attente.
08:13Là, il est passé de la course d'attente.
08:16Je ne dirais pas au sprint, mais à un bon demi-fond.
08:21– Parce qu'il s'inquiète de ne pas creuser l'écart avec Gabriel Attal,
08:25de ne pas tuer le match avec Bruno Rotaillot ?
08:27– Parce que les circonstances sont économiquement très difficiles.
08:31parce qu'il a des rivaux, effectivement.
08:36Bruno Rotaillot, que pour l'instant, il devance.
08:39Mais Bruno Rotaillot, c'est un homme capable de faire une bonne campagne aussi.
08:42Et puis qu'il y a un électorat à lui, réellement.
08:46Et puis qu'Attal a du talent.
08:48On ne peut pas dire le contraire.
08:49Il a un talent politique.
08:50Donc je pense qu'il a compris que, de son point de vue,
08:54il avait intérêt à changer de vitesse.
08:57J'ai l'impression que c'est ce qu'il a fait cette semaine.
08:59J'ai l'impression qu'Edouard Philippe a changé de vitesse.
09:02Voilà.
09:03Il n'a pas encore passé de la surmultipliée.
09:07Mais enfin, il est passé de la seconde au troisième.
09:10– Et le reproche lui avait été fait pendant l'été,
09:12justement d'être un peu trop portrait.
09:15– Oui, il avait dit, je prends d'efforts.
09:16– Un peu en vacances.
09:16– La campagne va être longue.
09:18Et certains de ses opposants ou autres candidats
09:21lui avaient dit qu'une présidentielle, ça se prépare aussi
09:23pendant les mois de juillet et d'août.
09:24– Il est sorti de vacances.
09:26Ses vacances, c'est fini.
09:27Il n'a plus de vacances politiques jusqu'au vote.
09:30– Est-ce qu'il y aura à un moment un accord
09:32entre Edouard Philippe, Bruno Rotaillot et Gabriel Attal
09:35ou est-ce que ces trois-là sont en train,
09:38à force de vouloir se différencier les uns des autres,
09:40de devenir irréconciliables ?
09:42– C'est très simple.
09:43S'il n'y a pas un accord à un moment,
09:46est-ce que ça doit être, est-ce que ça peut être
09:48en décembre ou plus probablement en janvier ou février ?
09:52D'ailleurs, c'est souvent en février
09:53que se dessine le destin d'une élection présidentielle.
09:59S'il n'y a pas ça, c'est-à-dire s'il n'y a pas un accord,
10:03ils perdront tous les trois.
10:05Donc de deux choses l'une,
10:06ou bien ils se mettent d'accord au profit d'un des trois,
10:08ou bien ils perdent tous.
10:11– Le bon moment, c'est quand ?
10:13C'est février, vous dites, la bonne rampe de lancement.
10:15– Oui.
10:15– Mais est-ce qu'il y a un risque de s'abîmer ?
10:17– Oui.
10:17– À force de vouloir, de marcher sur les mêmes plates-mands électorales,
10:21on ne vise que son voisin du petit couloir de droite ou du couloir de gauche ?
10:24– Je serai à leur place, je ferai tout pour qu'il y ait un seul candidat
10:31parmi eux et qu'on le connaisse avant Noël.
10:34– Avant Noël.
10:36La déclaration de la semaine, Alain, elle nous vient des Etats-Unis,
10:40elle est signée Donald Trump, le président américain qui était l'invité cette semaine
10:45d'un podcast ultra conservateur.
10:47Il a été interrogé sur une éventuelle interdiction de la charia aux Etats-Unis
10:52et vous allez l'entendre, vous allez le voir,
10:54c'est la France qui a pris une petite balle perdue au passage.
10:57– Concernant la charia, je dirais sans hésiter que ce n'est pas le cas dans ce pays.
11:01La charia n'existe pas, même s'il existe quelques zones où elle est appliquée,
11:04comme vous le savez.
11:07Je dirais non.
11:08Aller à Londres, aller à Paris, c'est presque un mode de vie parallèle, c'est absurde.
11:13– La charia, un mode de vie parallèle à Paris, qu'est-ce que vous en pensez ?
11:17– J'en pense qu'il ne connaît pas la France,
11:20je ne sais pas s'il la situe sur la carte, mais en tout cas il ne la connaît pas.
11:23– Et que c'est un mélange, mais comme toujours avec lui,
11:28c'est un mélange de talent baroque, d'ignorance sensible et d'imprévisibilité.
11:35– Talent baroque ?
11:36– Oui.
11:37– C'est-à-dire ?
11:38– Il a une forme de talent en dehors de tout académisme,
11:43en dehors de toute tradition, en dehors de très peu de modèles comparables.
11:48Même, par exemple, il y a eu en Grande-Bretagne,
11:51et il n'avait pas la même célébrité,
11:52Boris Johnson.
11:54Mais Boris Johnson, c'était un funambule qui calculait très bien.
12:00Il sortait de route, mais il faisait exprès,
12:02il savait où s'arrêter, etc.
12:05Donald Trump, il a un côté,
12:10il y a des moments où il se comporte comme un bison.
12:12C'est-à-dire qu'il fonce tout droit,
12:14et ça fait des dégâts, ben oui, il continue.
12:16Bon, il est comme ça.
12:18Ça lui donne une certaine force,
12:21et ça fait prendre beaucoup de risques à beaucoup de gens,
12:24et à beaucoup de pays.
12:25– Est-ce qu'il faut s'inquiéter de ce qu'il dira,
12:28de la position qu'il prendra pendant l'élection présidentielle en France ?
12:31Elon Musk, il y a quelques semaines, a apporté son soutien à Marine Le Pen,
12:35ce qui a provoqué un débat,
12:37le RN disant que ça n'est pas une ingérence,
12:39et une partie de ses adversaires disant si,
12:41c'en est une.
12:42Est-ce que si Donald Trump dit la même chose,
12:45ça jouera vraiment sur le bulletin de vote des Français,
12:48ou est-ce qu'avec tout le respect que je dois naturellement au président américain,
12:51on s'en fiche complètement ?
12:52– Alors, je ne crois pas qu'on s'en fichera,
12:54parce que ça sera un sujet de polémique.
12:56– Probablement.
12:56– Bien entendu, s'il le fait, c'est un sujet de polémique,
12:58et je suis d'accord avec vous,
13:00il y a d'assez bonnes chances qu'il le fasse,
13:01ou d'assez grands risques qu'il le fasse.
13:03Donc, évidemment, ce sera un sujet de polémique.
13:05Est-ce que ça rend une importance sur l'élection ?
13:09Je dirais que ça nuira plutôt à celui qui l'appuiera.
13:13– Plus un baiser de la mort qu'un soutien ?
13:15– Oui.
13:16– Oui.
13:17– Donc Marine Le Pen ne souhaite sans doute pas, probablement pas ?
13:20– J'en suis sûr.
13:22– Vous en êtes sûr.
13:23– Merci beaucoup Alain Demé.