00:07Alors évidemment c'est une actualité un peu différente qu'on va évoquer à l'instant.
00:11Nous continuons de parler ensemble des événements qui ont lieu cet été.
00:13Qu'avez-vous retenu de l'actualité ? Qu'est-ce qui vous a énervé ?
00:15La photo d'Emmanuel Macron en jet-ski à Bré-Ganson, tout sur le débat sur la climatisation,
00:20les données du fisc piraté, on en a déjà un petit peu parlé hier,
00:23mais pour le moment c'est le JD News qui met en une cette semaine Emmanuel Macron
00:26sur son jet-ski avec ce résumé factuel, explosion de la dette, hausse du déficit,
00:31montier du chômage, impôts en flèche.
00:34Pendant les deux quinquennats d'Emmanuel Macron, la dette publique a augmenté de 1200 milliards d'euros.
00:39Le chômage est remonté à plus de 8%, son plus haut niveau.
00:42Depuis 2020, plus de 70 000 faillites d'entreprises ces derniers mois.
00:46Depuis 2017, les dépenses des administrations publiques françaises ont augmenté de 33%.
00:51On n'a jamais autant prélevé, jamais autant dépensé, jamais autant emprunté.
00:55Il va falloir régler l'addition. Emmanuel Macron a-t-il ruiné le pays ?
01:00Écoutez ce que disait Emmanuel Macron il y a une dizaine de jours.
01:03Ne cédez pas au pessimisme, disait-il.
01:04Ne cédez pas à l'esprit ambiant, qui est celui du doute excessif,
01:10de l'absence d'estime de soi.
01:13Ne cédez pas à cet esprit rampant du défaitisme.
01:18Alors évidemment, j'entends ce que dit le président Macron,
01:21et il ne faut jamais céder au défaitisme.
01:23Mais il ne faut pas non plus se raconter de salade.
01:26Et lorsqu'on est malade, il faut peut-être accepter l'idée qu'on le soit,
01:32et porter le bon diagnostic.
01:34Et ce que j'égrenais il y a quelques instants est assez terrifiant pour la France.
01:39Nous sommes avec Frédéric, qui est ancien bouché.
01:43Bonjour Frédéric.
01:44Bonjour Pascal.
01:45Ah, je reconnais votre voix, Frédéric.
01:48Tout à fait.
01:49Les vacances étaient bien ?
01:50Les vacances, écoutez, les vacances étaient très bien.
01:53Mais d'abord j'ai la chance de partir en vacances.
01:56Tout le monde ne peut pas partir en vacances.
01:58Et ceux qui sont en difficulté financière,
02:01parce que c'est souvent la raison pour laquelle on ne parle pas,
02:05on ne part pas en vacances,
02:06je peux avoir une pensée pour eux,
02:08parce que ce n'est pas agréable.
02:09et nous on a cette chance de faire d'abord un métier qui nous plaît
02:13et effectivement de gagner bien notre vie
02:16et de pouvoir prendre quelques jours de vacances.
02:19Donc je ne sais pas si on les mérite.
02:22C'est toujours pareil.
02:23Mais si, mais si, mais si.
02:26C'est le fruit du travail.
02:28C'est le fruit du travail.
02:29Moi en gros, le fruit du travail...
02:30Il y a un peu de change dans la vie.
02:32Chacun se donne le bon rôle dans la vie qu'il mène,
02:35mais chacun oublie le facteur chance
02:38qui permet d'avoir...
02:39D'abord, on est en bonne santé.
02:41C'est une chance, pardonnez-moi.
02:42C'est une chance.
02:43Parfois, on n'y peut rien.
02:44C'est comme ça.
02:45Le bon Dieu a voulu que nous soyons en forme.
02:48Donc la chance existe.
02:50Et la malchance existe parfois également.
02:53Mais moi, vous voyez, voilà.
02:55Moi, ça ne me fait pas râler.
02:56Les gens qui travaillent,
02:57c'est de l'argent privé,
02:59ils travaillent.
03:00Ça, c'est...
03:01Bon, je suis même content pour eux.
03:04Moi, ce qui me fait râler,
03:05c'est quand c'est les dénis
03:06de l'argent public.
03:09Comme là, on parlait d'Emmanuel Macron,
03:11avec tout ce qu'il a croulé,
03:13tout ce qu'il a dépensé comme argent,
03:14et il continue.
03:15Il continue à creuser.
03:17Il voit qu'il est au bout,
03:18il est dans le sable,
03:18il continue à creuser dans le sable.
03:20Là, je regardais le...
03:21Comment le métro d'Abidjan,
03:23financement,
03:25comment l'aide au développement de la Chine,
03:27financement,
03:29comment la migration,
03:30financement,
03:31parce que ça lui coûte une blinde, tout ça.
03:32Mais pourquoi vous dites
03:34que le métro d'Abidjan
03:35va financer le métro d'Abidjan ?
03:37Oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui.
03:39Il y a une aide qui a été versée
03:40au métro d'Abidjan.
03:41C'est une aide au développement.
03:43Oui, oui, oui.
03:44On ne peut pas développer la France,
03:45parce que nous,
03:45on est en train de devenir
03:46se développer quand même.
03:47Je suis d'accord avec vous,
03:47mais la difficulté,
03:49c'est la dépense publique.
03:50Peut-être que vous,
03:51dans votre vie,
03:52vous bénéficiez
03:53de la dépense publique
03:54et vous n'avez pas envie
03:56qu'elle soit remise en cause.
03:58Peut-être que vous...
03:59Est-ce que vous avez des aides,
04:00par exemple ?
04:01Vous êtes aujourd'hui
04:02à la retraite.
04:03Eh bien, j'ai ma retraite.
04:04Je n'ai jamais eu d'aide.
04:06J'ai eu très peu,
04:07très peu, très peu
04:08d'allogations au logement.
04:09Au tout début,
04:09j'étais marié, c'est tout.
04:13J'avais deux enfants,
04:14donc je n'avais le droit à rien.
04:16Et puis voilà.
04:17Alors après,
04:17on a fait des choix.
04:18On a fait des choix de vie.
04:20C'est tout simple.
04:20Mon épouse travaillait,
04:21faisait des ménages.
04:23Elle avait besoin d'une voiture,
04:24de l'assurance,
04:25et tout ce qui...
04:25Eh bien, elle a dû arrêter de travailler,
04:27parce que ça lui coûtait plus cher
04:28qu'elle aille travailler
04:29que ça gardait les enfants.
04:31Donc, vu que moi,
04:32j'avais un meilleur salaire,
04:32moi, je continuais à travailler.
04:33Elle, elle a arrêté de travailler.
04:35Vous avez quel âge ?
04:36On a fait 62 ans.
04:3862 ans.
04:39Vous êtes en retraite
04:40depuis combien de temps ?
04:41Deux ans.
04:42Deux ans.
04:42Vous aviez cotisé
04:44combien d'années ?
04:44Alors, moi,
04:4742 années.
04:4842 années.
04:49Et c'est indiscret
04:49de vous demander
04:50le montant
04:50de votre pension de retraite ?
04:53J'ai 1 800 euros.
04:56Et vu que j'ai un accident de travail,
04:58c'est grave.
04:58quand même.
04:59Oh, mais moi,
05:00je ne me plaît pas.
05:01C'est 1 800 euros net ?
05:03Net, oui, net.
05:05Net.
05:05Et mon épouse travaille encore.
05:07Et mon épouse travaille encore.
05:08Non, mais vous avez...
05:09Donc, vous avez été salarié
05:10tout le temps ?
05:11Oui, tout le temps.
05:12J'ai toujours fait des métiers pénibles.
05:14Tout le temps.
05:14J'ai toujours fait des métiers pénibles.
05:16Toujours.
05:16Parce que vous n'avez pas
05:17toujours été bouché ?
05:19Non, j'ai été...
05:20Bon, j'ai été manœuvre.
05:22J'ai commencé comme manœuvre
05:23à 16 ans
05:23à faire des dalles de béton.
05:25Vous voyez ?
05:26Ensuite, j'ai été...
05:28J'ai travaillé dans les fruits.
05:29J'ai fait les saisons des fruits,
05:30des pommes, des poires.
05:31J'ai travaillé à la cave,
05:32dans une cave coopérative,
05:34dans saison.
05:35Ensuite, j'ai été...
05:37J'ai été militaire.
05:39J'ai été militaire pendant 6 ans.
05:40Ensuite, j'ai été chauffeur routier.
05:44Ensuite, j'ai été chauffeur livreur.
05:46Et ensuite, j'ai été bouché.
05:47Mais bouché, combien de temps ?
05:49J'ai été bouché de...
05:51J'étais passé un CAP à 50 ans.
05:52Quand j'étais licencié,
05:53je savais que j'allais être licencié.
05:55Donc, j'ai dit à mon patron,
05:56écoute, il faut me faire
05:56une reconversion tout de suite.
05:58Donc, j'ai été passé un CAP à 50 ans,
06:00comme un grand.
06:01J'étais le plus vieux.
06:02Même le directeur,
06:03il était plus jeune que moi.
06:05Non, mais c'est peu fréquent.
06:07C'est peu fréquent.
06:08Mais j'ai toujours travaillé.
06:09Pourquoi vous avez commencé si tôt ?
06:11Parce que vous étiez dans une famille
06:12où on ne pouvait pas faire des études ?
06:14Ou parce que vous-même,
06:15vous aviez envie de travailler ?
06:16Non, non.
06:17Déjà, moi...
06:19Après, on va ouvrir la causette.
06:21Le côté causette de l'histoire.
06:22Moi, j'ai perdu mon père.
06:23J'avais...
06:24J'avais 4 ans.
06:26J'avais 4 ans.
06:27Donc, à ce temps-là,
06:28les femmes seules avec 6 enfants,
06:29c'était compliqué.
06:306 enfants ?
06:31Ouais, ouais, ouais.
06:32Et vous êtes dans la fratrie.
06:34Vous êtes à quelle place ?
06:35Le dernier.
06:36J'étais le dernier.
06:36J'étais le dernier.
06:37Et les 5 frères et sœurs
06:38se sont bien débrouillés dans la vie ?
06:40Ouais, plus ou moins.
06:42On a toujours bossé.
06:43On a toujours travaillé.
06:44Non, moi, je parle du principe,
06:45vous savez,
06:46on ne m'a pas appris à pleurer.
06:48On m'a appris à me démerder.
06:49Non, mais c'est intéressant.
06:50Voilà.
06:52Je trouve...
06:52Pourquoi on a envie
06:53de vous écouter beaucoup cette année
06:54pour ce type de témoignage ?
06:56Vous les voyez toujours, d'ailleurs,
06:57vos frères et sœurs ?
06:58Ou tout ça, c'est dispersé ?
07:00Non, après...
07:00Bon, alors, après,
07:02ma mère s'est remariée.
07:04Il y a eu une deuxième partie
07:06des 9 frères qui sont arrivés.
07:08En tout, on était 11 enfants.
07:10Donc, il y a eu 6 enfants
07:11d'un premier mariage.
07:12Oui, un mariage.
07:13Votre père est mort,
07:15donc il est mort jeune,
07:15j'imagine, votre père,
07:17puisque vous aviez 4 ans.
07:18Oui, oui.
07:19Elle est dans la quarantaine d'années.
07:20Et votre mère s'est donc remariée,
07:22elle a refait 5 enfants derrière.
07:24Voilà.
07:25Donc, elle a eu 11 enfants,
07:26votre mère ?
07:2611 enfants, voilà, tout à fait.
07:27Et elle est toujours de ce monde,
07:28votre mère ?
07:29Non, non, non,
07:30elle est décédée.
07:30Elle est décédée.
07:31Non, 11 enfants,
07:32c'est quand même une fille peut...
07:35Quand tu...
07:36Je vous assure,
07:37tu entres,
07:38quand on entre dans une conversation
07:39avec quelqu'un,
07:40on ne sait pas ce qu'on va apprendre,
07:41mais...
07:41Moi, des années,
07:41ils ne m'en sortent pas,
07:42alors.
07:43Je me dis tout de suite,
07:44moi, je n'en ai pas fait,
07:45j'en ai fait deux.
07:46Dieu, c'est bien.
07:46C'est très bien, c'est très bien.
07:47On marque une pause.
07:48On marque une pause.
07:49Et vraiment, je vous remercie
07:50parce que Frédéric,
07:51si vous nous suiviez l'année passée,
07:52Frédéric, il nous appelait,
07:54il faisait partie des rats
07:56que nous écoutions
07:57et on avait tort l'an passé,
07:58n'est-ce pas, Géraldine ?
07:59Tout à fait.
08:00Vous dites qu'avec un enfant,
08:01vous avez du mal ?
08:02Non, j'exagère.
08:03J'exagère,
08:04mais deux,
08:04ça aurait été difficile, je pense.
08:06Deux, ça aurait été difficile ?
08:07Oui, oui, oui.
08:07Une, ça me suffit.
08:09Eh oui.
08:09Vous connaissant,
08:15demande beaucoup d'énergie.
08:17Deux, je ne sais pas
08:17comment j'aurais fait.
08:18Je l'aurais fait quand même.
08:19Vous auriez fait,
08:20vous seriez adaptée.
08:21Oui, je me serais adaptée.
08:21Et puis, ce n'est pas terminé.
08:22Peut-être qu'il y a un petit bébé
08:24qui va arriver un jour.
08:25Ah non, l'âge que j'ai, non.
08:26Bon, là, je vous le savais aujourd'hui.
08:28Vous savez, l'horloge tourne.
08:29Et votre...
08:29Oui, elle tourne d'ailleurs
08:31parce qu'il est 17h12.
08:32Voilà, on doit y aller.
08:33Mais bon, la pub nous attend.
08:36Mais elle a rentré,
08:37c'est donc mardi avec votre fille.
08:38C'est mardi.
08:38Elle rentre en quel classe ?
08:40En troisième déjà.
08:40Ça y est, c'est l'année des brevets.
08:43Là, on ne rigole plus.
08:45Brevets, secondes, fallback.
08:47Eh oui, bien sûr.
08:49Et puis, les études supérieures,
08:50le mariage,
08:52les enfants.
08:52Et vous serez grand-mère demain.
08:54Ou pas.
08:54Il est 17h12.
08:56On marque une pause à tout de suite.
08:58Allez-y, vous pouvez réagir
08:59au 01-80-20-39-21.
09:01Vous avez la parole de César à 18h
09:03sur Europe 1 avec Pascal Praud
09:04que vous pouvez joindre aussi
09:05sur WhatsApp.
09:0601-80-20-39-21.
09:08Tout de suite sur Europe 1.