00:01Europe 1, Pascal Pro et vous, avec David Chantran, qui est historien spécialiste de Napoléon et de la Révolution,
00:08et on parle du retour des cendres possibles de Napoléon III, qui avait mauvaise réputation, disais-je.
00:14Est-ce utile ?
00:15Ça l'est pour deux raisons. La première, parce que ça remet un petit peu un éclairage sur une période
00:20qui est méconnue des Français,
00:22ce XIXe siècle qui paraît un peu sombre, alors qu'en réalité vous avez parlé de Victor Hugo qui était
00:26l'un des opposants,
00:26mais de manière générale c'est une période qui peut passionner les Français et qui surtout est à l'origine
00:31de notre France contemporaine.
00:32Napoléon III, il faut quand même dire un petit peu son bilan, il y a effectivement le coup d'État
00:37de 1851 et Sedan,
00:39qui sont deux tâches effectivement indélébiles sur son régime, mais de l'autre, c'est aussi des grandes actions sociales
00:46et culturelles.
00:47C'est les transformations de Paris, c'est les actions vis-à-vis des ouvriers, c'est les caisses de
00:53prévoyance,
00:53c'est le droit de grève en 1864, c'est l'école pour les jeunes filles, enfin c'est des
00:58choses qui ont été totalement mises de côté.
01:00C'est-à-dire que les jeunes filles n'allaient pas à l'école avant ?
01:02Non, l'instruction n'était pas obligatoire pour les jeunes filles, elle le devient, elle est gratuite.
01:07Ah, ça c'est intéressant !
01:08Elle n'est pas encore laïque, elle le deviendra effectivement avec les lois Jules Ferry,
01:11mais elle est vraiment volontairement optée pour, et c'est Victor Duruit qui était le ministre d'instruction publique,
01:17vraiment dirigé vers les jeunes filles en particulier.
01:19Il meurt donc en exil, c'est-à-dire qu'il fuit la France ?
01:24Non, c'est-à-dire que comme il s'est rendu aux Prussiens, il va du côté des Britanniques qui
01:28l'accueillent pour son exil.
01:30Il avait d'ailleurs vécu quelques temps à Londres précédemment, mais Victoria, avec lequel il avait de très bonnes relations,
01:36accepte que la famille impériale, donc la fameuse chanson « L'empereur, sa femme et le petit prince », c
01:41'est ça !
01:41Ah, c'est pas vrai !
01:42Ils sont venus chez moi, pour me serrer la pince, comme j'étais parti !
01:47C'était un peu humoristique, et un peu voilà !
01:50Et il meurt dans quelles conditions ?
01:51Et il meurt de sa belle mort, enfin, on va dire de la maladie de la pierre, qui est vraiment
01:55l'origine de cela.
01:56Il a été opéré de manière un peu tardive, et donc il meurt le 9 janvier 1873, dans de grandes
02:01souffrances.
02:02Quel est le lien avec Napoléon Ier ? Vous disiez qu'il est le cousin du duc de Reichtheit, de
02:06Napoléon II ?
02:07Il est le fils de Louis Bonaparte, l'un des frères de Napoléon, et de Hortense de Boarnay, la fille
02:12de Joséphine.
02:13Donc il y a un double mariage, Bonaparte-Boarnay. Napoléon voulait que l'union soit bien forgée.
02:18Est-ce qu'en ligne directe, il a des descendants ?
02:21Alors, il n'a pas de descendants, on va dire légitimes, puisque le prince Louis-Napoléon, le petit prince impérial
02:28de la chanson, lui meurt.
02:30Alors cette fois-ci, en combat, il meurt victime des saguets, des Zoulous, sous drapeau britannique, puisqu'il était donc
02:36en exil.
02:37Il n'avait qu'un enfant ?
02:38Il n'avait qu'un enfant, un enfant unique, qu'il avait eu avec l'impératrice Eugénie, dont on commémore
02:41d'ailleurs le bicentenaire de la naissance.
02:43Elle était née en 1826, Eugénie. Elle mourra d'ailleurs en 1920, à 94 ans.
02:48Donc elle a vraiment balayé quasiment le siècle.
02:50Et donc le petit prince impérial, très jeune, meurt le 1er juin 1879, dans une attaque vis-à-vis des
02:58Zoulous en Afrique du Sud.
02:59Et c'était donc le seul enfant.
03:01Et il est donc inhumé avec ses parents, puisque Eugénie, je vous l'ai dit, meurt en 1920.
03:05Les trois sont réunis à Farnborough.
03:07Et c'était la volonté de l'impératrice de ne pas être désunie.
03:11Quand vous dites Eugénie meurt en 1920, Eugénie, la femme ?
03:15La femme de Napoléon III. Elle était presque 50 ans veuve.
03:19Mais quel âge elle avait en 1920 ?
03:2194 ans.
03:22Mais elle était plus jeune que lui, quand même.
03:24Elle était plus jeune que lui.
03:25Elle, elle était née donc en 1826, et lui en 1808.
03:29Le 20 avril 1808.
03:31Et elle, le 5 mai...
03:32Et elle meurt en 1920. Elle est où lorsqu'elle meurt ?
03:35Et en 1920, elle est au Palé Liria à Madrid.
03:37Elle était née à Grenade.
03:38Mais elle n'avait jamais eu le droit de revenir en France ?
03:40Si. Elle, elle n'était pas frappée par la loi d'exil.
03:43Donc elle a vécu notamment dans le sud de la France.
03:46Et elle allait à Monaco, Café-Rey, à Nice.
03:50Il y avait une fortune importante ?
03:52Il y avait une grosse fortune.
03:53Parce que justement, Eugénie a réuni un certain nombre d'héritages et de lègues.
03:57Et à sa mort, ensuite, c'est l'héritier présomptif qui va devenir le prince.
04:03Donc après la mort du prince impérial, c'est le prince Victor Napoléon qui va prendre la suite.
04:08Et ensuite, jusqu'au dernier prince.
04:10On rappelle où cette famille est enterrée ?
04:12Alors, à Farnborough, en Angleterre, à à peu près une heure et quart de Londres.
04:16Alors, si évidemment il y avait le retour des cendres,
04:18on imagine qu'on pourrait également ramener, rapporter les cendres de Eugénie.
04:24Alors, l'idée c'est quand même de les laisser unis selon cette volonté testamentaire.
04:29Alors, ça pourrait être uniquement le cœur.
04:31C'est-à-dire que les corps pourraient respecter cette volonté testamentaire
04:35et que les cœurs soient rapatriés.
04:36Et dans ces cas-là, il y a trois possibilités.
04:39La première, ce serait de le faire aux Invalides.
04:41Là, on trouve Napoléon Ier et Napoléon II.
04:43Mais il faudrait une exception parce que les femmes ne sont pas acceptées aux Invalides pour l'instant.
04:47Ah !
04:48Les femmes ne sont pas acceptées pour l'instant.
04:50Je dis bien, ça devrait être une exception.
04:53Ils et elles sont enterrées.
04:55Les corps sont donc toujours dans les cercueils.
04:57Ils n'ont pas été déterrés.
04:58Donc, effectivement, quand vous parlez du cœur, ce qu'il en reste, on pourrait trouver symboliquement l'opération.
05:03Qu'en reste-t-il d'un cœur ?
05:04Évidemment, pas grand-chose.
05:06La deuxième solution, c'est envisager à l'église Saint-Augustin.
05:12Parce que Saint-Augustin, qui a été une création en bas de boulevard Malzerbe, création de Baltard, le fameux inventeur
05:19des Halles,
05:20qui, à l'époque de Napoléon III, avait construit cette église et qui symboliserait le Second Empire.
05:24Et puis la troisième, il y a d'autres lieux qui se partagent.
05:26Bon, ça fait plusieurs années qu'il s'est demandé.
05:29Ça fait plusieurs années, mais ça a été repoussé pour plein de raisons, à la fois politiques et puis aussi
05:34parce qu'il y a une communauté de moines
05:36qui veille justement sur le souvenir de ces trois personnalités
05:40et qui a été directement voulu par l'impératrice à Farnborough, qui dépend directement du Vatican.
05:46Donc, ce serait une volonté particulière.
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