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Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:01Europe 1, Pascal Pro et vous, avec David Chantran, qui est historien spécialiste de Napoléon et de la Révolution,
00:08et on parle du retour des cendres possibles de Napoléon III, qui avait mauvaise réputation, disais-je.
00:14Est-ce utile ?
00:15Ça l'est pour deux raisons. La première, parce que ça remet un petit peu un éclairage sur une période
00:20qui est méconnue des Français,
00:22ce XIXe siècle qui paraît un peu sombre, alors qu'en réalité vous avez parlé de Victor Hugo qui était
00:26l'un des opposants,
00:26mais de manière générale c'est une période qui peut passionner les Français et qui surtout est à l'origine
00:31de notre France contemporaine.
00:32Napoléon III, il faut quand même dire un petit peu son bilan, il y a effectivement le coup d'État
00:37de 1851 et Sedan,
00:39qui sont deux tâches effectivement indélébiles sur son régime, mais de l'autre, c'est aussi des grandes actions sociales
00:46et culturelles.
00:47C'est les transformations de Paris, c'est les actions vis-à-vis des ouvriers, c'est les caisses de
00:53prévoyance,
00:53c'est le droit de grève en 1864, c'est l'école pour les jeunes filles, enfin c'est des
00:58choses qui ont été totalement mises de côté.
01:00C'est-à-dire que les jeunes filles n'allaient pas à l'école avant ?
01:02Non, l'instruction n'était pas obligatoire pour les jeunes filles, elle le devient, elle est gratuite.
01:07Ah, ça c'est intéressant !
01:08Elle n'est pas encore laïque, elle le deviendra effectivement avec les lois Jules Ferry,
01:11mais elle est vraiment volontairement optée pour, et c'est Victor Duruit qui était le ministre d'instruction publique,
01:17vraiment dirigé vers les jeunes filles en particulier.
01:19Il meurt donc en exil, c'est-à-dire qu'il fuit la France ?
01:24Non, c'est-à-dire que comme il s'est rendu aux Prussiens, il va du côté des Britanniques qui
01:28l'accueillent pour son exil.
01:30Il avait d'ailleurs vécu quelques temps à Londres précédemment, mais Victoria, avec lequel il avait de très bonnes relations,
01:36accepte que la famille impériale, donc la fameuse chanson « L'empereur, sa femme et le petit prince », c
01:41'est ça !
01:41Ah, c'est pas vrai !
01:42Ils sont venus chez moi, pour me serrer la pince, comme j'étais parti !
01:47C'était un peu humoristique, et un peu voilà !
01:50Et il meurt dans quelles conditions ?
01:51Et il meurt de sa belle mort, enfin, on va dire de la maladie de la pierre, qui est vraiment
01:55l'origine de cela.
01:56Il a été opéré de manière un peu tardive, et donc il meurt le 9 janvier 1873, dans de grandes
02:01souffrances.
02:02Quel est le lien avec Napoléon Ier ? Vous disiez qu'il est le cousin du duc de Reichtheit, de
02:06Napoléon II ?
02:07Il est le fils de Louis Bonaparte, l'un des frères de Napoléon, et de Hortense de Boarnay, la fille
02:12de Joséphine.
02:13Donc il y a un double mariage, Bonaparte-Boarnay. Napoléon voulait que l'union soit bien forgée.
02:18Est-ce qu'en ligne directe, il a des descendants ?
02:21Alors, il n'a pas de descendants, on va dire légitimes, puisque le prince Louis-Napoléon, le petit prince impérial
02:28de la chanson, lui meurt.
02:30Alors cette fois-ci, en combat, il meurt victime des saguets, des Zoulous, sous drapeau britannique, puisqu'il était donc
02:36en exil.
02:37Il n'avait qu'un enfant ?
02:38Il n'avait qu'un enfant, un enfant unique, qu'il avait eu avec l'impératrice Eugénie, dont on commémore
02:41d'ailleurs le bicentenaire de la naissance.
02:43Elle était née en 1826, Eugénie. Elle mourra d'ailleurs en 1920, à 94 ans.
02:48Donc elle a vraiment balayé quasiment le siècle.
02:50Et donc le petit prince impérial, très jeune, meurt le 1er juin 1879, dans une attaque vis-à-vis des
02:58Zoulous en Afrique du Sud.
02:59Et c'était donc le seul enfant.
03:01Et il est donc inhumé avec ses parents, puisque Eugénie, je vous l'ai dit, meurt en 1920.
03:05Les trois sont réunis à Farnborough.
03:07Et c'était la volonté de l'impératrice de ne pas être désunie.
03:11Quand vous dites Eugénie meurt en 1920, Eugénie, la femme ?
03:15La femme de Napoléon III. Elle était presque 50 ans veuve.
03:19Mais quel âge elle avait en 1920 ?
03:2194 ans.
03:22Mais elle était plus jeune que lui, quand même.
03:24Elle était plus jeune que lui.
03:25Elle, elle était née donc en 1826, et lui en 1808.
03:29Le 20 avril 1808.
03:31Et elle, le 5 mai...
03:32Et elle meurt en 1920. Elle est où lorsqu'elle meurt ?
03:35Et en 1920, elle est au Palé Liria à Madrid.
03:37Elle était née à Grenade.
03:38Mais elle n'avait jamais eu le droit de revenir en France ?
03:40Si. Elle, elle n'était pas frappée par la loi d'exil.
03:43Donc elle a vécu notamment dans le sud de la France.
03:46Et elle allait à Monaco, Café-Rey, à Nice.
03:50Il y avait une fortune importante ?
03:52Il y avait une grosse fortune.
03:53Parce que justement, Eugénie a réuni un certain nombre d'héritages et de lègues.
03:57Et à sa mort, ensuite, c'est l'héritier présomptif qui va devenir le prince.
04:03Donc après la mort du prince impérial, c'est le prince Victor Napoléon qui va prendre la suite.
04:08Et ensuite, jusqu'au dernier prince.
04:10On rappelle où cette famille est enterrée ?
04:12Alors, à Farnborough, en Angleterre, à à peu près une heure et quart de Londres.
04:16Alors, si évidemment il y avait le retour des cendres,
04:18on imagine qu'on pourrait également ramener, rapporter les cendres de Eugénie.
04:24Alors, l'idée c'est quand même de les laisser unis selon cette volonté testamentaire.
04:29Alors, ça pourrait être uniquement le cœur.
04:31C'est-à-dire que les corps pourraient respecter cette volonté testamentaire
04:35et que les cœurs soient rapatriés.
04:36Et dans ces cas-là, il y a trois possibilités.
04:39La première, ce serait de le faire aux Invalides.
04:41Là, on trouve Napoléon Ier et Napoléon II.
04:43Mais il faudrait une exception parce que les femmes ne sont pas acceptées aux Invalides pour l'instant.
04:47Ah !
04:48Les femmes ne sont pas acceptées pour l'instant.
04:50Je dis bien, ça devrait être une exception.
04:53Ils et elles sont enterrées.
04:55Les corps sont donc toujours dans les cercueils.
04:57Ils n'ont pas été déterrés.
04:58Donc, effectivement, quand vous parlez du cœur, ce qu'il en reste, on pourrait trouver symboliquement l'opération.
05:03Qu'en reste-t-il d'un cœur ?
05:04Évidemment, pas grand-chose.
05:06La deuxième solution, c'est envisager à l'église Saint-Augustin.
05:12Parce que Saint-Augustin, qui a été une création en bas de boulevard Malzerbe, création de Baltard, le fameux inventeur
05:19des Halles,
05:20qui, à l'époque de Napoléon III, avait construit cette église et qui symboliserait le Second Empire.
05:24Et puis la troisième, il y a d'autres lieux qui se partagent.
05:26Bon, ça fait plusieurs années qu'il s'est demandé.
05:29Ça fait plusieurs années, mais ça a été repoussé pour plein de raisons, à la fois politiques et puis aussi
05:34parce qu'il y a une communauté de moines
05:36qui veille justement sur le souvenir de ces trois personnalités
05:40et qui a été directement voulu par l'impératrice à Farnborough, qui dépend directement du Vatican.
05:46Donc, ce serait une volonté particulière.
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