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  • il y a 7 semaines
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1.
00:02Pascal Proé-Vous.
00:03Il est 16h18 et nous sommes évidemment sur le sujet PISA qui nous inquiète tant.
00:10Nous sommes avec Laurent. Bonjour Laurent, vous avez 50 ans, vous habitez Laveyron.
00:13Oui, bonjour Pascal.
00:15Vous êtes professeur dans l'éducation nationale, vous êtes professeur de quelle discipline ?
00:22Je n'ai pas professeur dans l'éducation nationale, maintenant je suis dans un centre de formation
00:25et je suis prof en maths, sciences, biologie.
00:31Bon, manifestement on a un petit souci de téléphone et malheureusement on va patienter quelques secondes
00:40et en patientant quelques secondes on va écouter Marion Maréchal, invité ce matin de Laurence Ferrari.
00:44Il y a un grand tabou quand on regarde le détail de ces chiffres, c'est la part du lien
00:50avec l'immigration
00:51et notamment les élèves allophones parce qu'on se rend compte que les élèves issus de l'immigration
00:55sont encore plus bas dans le déclassement que les élèves dits autochtones dans les études en question.
01:00Ça explique pour vous la baisse de niveau général ?
01:02Ça explique le fait que l'accélération de la baisse en France soit plus importante que dans le reste des
01:06pays européens.
01:07Maintenant ce qui est vrai c'est qu'il y a un phénomène général qui appelle bien sûr une refonte
01:11notamment sur notre système public mais aussi je le dis probablement une libéralisation de notre système privé.
01:17Alors c'est vrai qu'on parlait tout à l'heure de vision et Emmanuel Macron est là depuis 10
01:22ans
01:22et vous le disiez, tout le monde le souligne, quel rapport entre Blanquer et Pape Ndiaye.
01:27Pour moi je trouve que c'est incompréhensible.
01:29Je passe mon temps à dire que je n'ai pas la grille de lecture d'Emmanuel Macron
01:33parce qu'on peut se tromper, on peut tous se tromper,
01:36mais on peut se tromper et avoir fait les choses qu'il fallait.
01:41C'est-à-dire que si vous prenez par exemple Jean-Michel Blanquer pendant 10 ans,
01:45si vous avez une vision qui reste la même sur l'éducation nationale,
01:49si vous dites toujours la même chose, bon ça n'a pas marché mais au moins vous êtes cohérent.
01:55Là il est incohérent, il est incohérent du début jusqu'à la fin.
02:00Et Emmanuel Macron, écoutez ce qu'il disait, c'était la chronique de Laurent Tessier ce matin
02:03qui était passionnante d'ailleurs comme toujours parce que Laurent sort les archives
02:08et à chaque fois c'est terrible, c'est terrible pour Emmanuel Macron et parfois pour d'autres.
02:12Écoutez le 25 août 2022 ce qu'il dit.
02:15Force est de constater que le nombre d'élèves en difficulté en 10 ans a augmenté de 10 points,
02:20qu'un collégien sur 4 ne possède pas le niveau attendu à l'entrée en 6ème,
02:24aussi bien en lecture qu'en mathématiques.
02:26Nos résultats internationaux restent extrêmement préoccupants.
02:30Pardon de cette expression peut-être un peu de bon sens,
02:33mais compte tenu de l'investissement qui est celui de la nation,
02:37compte tenu de la bonne volonté que je vois chez tous les acteurs,
02:40ça veut dire que quelque chose ne marche pas dans notre organisation collective.
02:43Nous sommes obligés de le regarder en face.
02:46Plus de moyens, nous l'avons déjà fait plein de fois dans notre histoire.
02:49Quand le système est mal organisé, mal fonctionné, qu'il repose sur trop de défiance,
02:54qu'il est perclu de combats, de doctrines parfois derrière garde, il ne fonctionne pas mieux.
03:00Mais c'était à lui d'organiser le système, il a été élu pour ça.
03:04Voilà, il a été élu pour mettre ce pays en ordre de marche.
03:09Et Emmanuel Macron aura parlé, mais tu as le sentiment qu'il n'aura pas suivi,
03:15ou comment dire, qu'il n'aura pas mis en action ce qu'il disait,
03:19sauf dans un domaine d'ailleurs, qui était Notre-Dame de Paris.
03:22Alors c'est plus simple Notre-Dame de Paris sans doute que l'éducation nationale.
03:26Mais là il avait pris Georges Lain, et puis il y avait une vision de Notre-Dame de Paris,
03:30et puis il y avait quelqu'un qui exécutait, qui mettait en œuvre sa politique.
03:36L'effondrement éducatif de la France précède Emmanuel Macron, ça fait quatre décennies qu'il dure.
03:41Maintenant ce que je constate, c'est qu'Emmanuel Macron avait dit que l'école était son domaine réservé,
03:45et que neuf ans après, on voit le bilan absolument cataclysmique de ce domaine réservé.
03:51Pourquoi ? Parce que vous l'avez dit, il n'y a pas eu de cap en matière éducative,
03:54il n'y a pas eu de continuité, et il n'y a pas eu de courage aussi.
03:56Parce que c'est ça qui est intéressant, c'est que sur Notre-Dame,
03:59on a eu une volonté de se heurter à la technostructure,
04:03on a eu une volonté de redonner le pouvoir aux politiques par rapport à la technostructure.
04:06Or, dans l'éducation nationale, on a une bureaucratie, on a une caste,
04:09on a une omenclatura, qui a pris le pouvoir, qui s'est autonomisé du politique,
04:14et qui n'a que faire de la souveraineté populaire,
04:16et des remèdes à mettre en œuvre pour redresser l'école.
04:18Joachim Lefloc Imad est avec nous,
04:20vous l'écoutez régulièrement sur Europe 1, sur CNews, il est enseignant lui aussi,
04:24auteur du livre « Mains basses sur l'éducation nationale, enquête sur un suicide assisté ».
04:27Alors, ce qui m'intéresse, c'est d'écouter des jeunes,
04:29et je crois qu'on a un écolier qui est avec nous, cher Olivier Guénecq.
04:35Tout à fait, de 12 ans, qui nous a appelés,
04:36et qui m'a dit, pour être honnête, qu'il a été très timide,
04:39alors finalement, il a décliné, et il vient de raccrocher à l'instant.
04:42Entre le temps que je vous le dise, et le moment où vous avez voulu le prendre, il a raccroché.
04:46Désolé.
04:46Mais c'est vraiment dommage, il était en train de nous écouter.
04:49On va rappeler peut-être le numéro de téléphone.
04:54Alors, continuons avec Emmanuel Macron, ce qu'il disait le 17 avril 2023.
05:00Dès lors, l'éducation nationale doit renouer avec l'ambition d'être l'une des meilleures d'Europe.
05:04Dès la rentrée, notre école va changer à vue d'œil.
05:07Bah oui, effectivement, Emmanuel Macron, là aussi, on aimerait qu'il y ait eu, derrière ces phrases, une action.
05:16Et puis, Laurence Ferrari et Emmanuel Macron, ça, c'était le 16 janvier 2024.
05:21Et c'est assez intéressant, cet échange entre Laurence et le président de la République.
05:26À nos yeux, ce qui est important, c'est sans doute l'éducation nationale,
05:30qui concentre tous les enjeux, toutes les fractures de notre société.
05:33Nous avons l'éducation nationale la plus chère au monde, au classement PISA.
05:36Vous savez, nous ne brillons pas, notamment en maths.
05:38Pourquoi les résultats PISA sont mauvais ?
05:41Parce que les résultats PISA sont faits sur des classes qui n'ont pas été touchées
05:44par les réformes qu'on a conduites au premier quinquennat.
05:47Attendons ceux qui ont eu à suivre.
05:48Donc moi, j'assume, vous me parlez de résultats qui ne sont pas liés aux réformes qu'on a faites.
05:52Alors, il avait été très sec ce jour-là dans sa réponse.
05:55Je ne sais pas ce qu'il dirait aujourd'hui, parce que là, les réformes sont en place et c
05:59'est pire.
06:00Donc, qu'est-ce que vous voulez que je dis ?
06:01C'est ce que Perfitte dénonçait en son temps, comme la société à irresponsabilité illimitée,
06:05c'est-à-dire que les gens qui sont au pouvoir ne rendent jamais de compte,
06:08se défaussent constamment, et sous-entendent que ce n'est pas leur faute,
06:11quand bien même les élèves qui ont été testés dans le dernier classement PISA,
06:14ils étaient en CE1 quand Emmanuel Macron arrive au pouvoir.
06:17Donc, bien sûr qu'ils ont fait l'objet des différentes réformes éducatives qui ont été mises en œuvre.
06:24Et encore une fois, ça montre qu'on est incapable de poser le bon diagnostic,
06:27parce qu'on se défausse sur les écrans, sur les parents.
06:30Évidemment, il y a une part de responsabilité de tout ça,
06:32mais les mots internes au système éducatif ne sont pas évoqués.
06:35Encore une fois, la valse des contrats, la valse des ministres,
06:38la crise du recrutement de l'éducation nationale,
06:40on recrute des instituteurs dans le premier degré,
06:42à 6 sur 20 dans les éclamines de Créteil et Versailles.
06:45On a une formation initiale et une formation continue qui est extrêmement pauvre.
06:48Tout le monde parle de Singapour.
06:50À Singapour, les enseignants, ils ont 100 heures de formation continue en mathématiques par an.
06:54C'est six fois plus qu'en France.
06:56Donc forcément, derrière, ça a des répercussions astronomiques sur la capacité de l'école
07:00à transmettre les savoirs.
07:01Il est 16h25, on va marquer une pause, mais on est avec Charlotte.
07:06Et c'est intéressant parce qu'on va quand même essayer d'être positive.
07:09Bien sûr, Charlotte, elle a 11 ans et elle lit beaucoup.
07:11Bonjour Charlotte !
07:12Bonjour !
07:14Comment ça va ?
07:15Ça va, merci !
07:17Eh bien, ça nous fait plaisir que tu nous aies appelées.
07:19T'es avec ta maman qui s'appelle Cécile.
07:20Et comme tu lis, tu vas nous dire d'abord le plaisir que tu as à lire.
07:24Tu vas nous parler sans doute de tes amis, est-ce qu'elles lisent ou pas.
07:29Et puis tu nous diras également ce que tu lis.
07:31Mais pour le moment, c'est la pause.
07:33A tout de suite !
07:34Et comme Charlotte, appelez-nous au 01 80 20 39 21.
07:37Vous appelez Pascal Praud, standard d'Europe 1.
07:39Le numéro est non surtaxé.
07:4116h18, excellente, fin d'après-midi, avec Pascal Praud sur Europe 1.

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