00:00Europe 1.
00:02Pascal Proé-Vous.
00:03Il est 16h18 et nous sommes évidemment sur le sujet PISA qui nous inquiète tant.
00:10Nous sommes avec Laurent. Bonjour Laurent, vous avez 50 ans, vous habitez Laveyron.
00:13Oui, bonjour Pascal.
00:15Vous êtes professeur dans l'éducation nationale, vous êtes professeur de quelle discipline ?
00:22Je n'ai pas professeur dans l'éducation nationale, maintenant je suis dans un centre de formation
00:25et je suis prof en maths, sciences, biologie.
00:31Bon, manifestement on a un petit souci de téléphone et malheureusement on va patienter quelques secondes
00:40et en patientant quelques secondes on va écouter Marion Maréchal, invité ce matin de Laurence Ferrari.
00:44Il y a un grand tabou quand on regarde le détail de ces chiffres, c'est la part du lien
00:50avec l'immigration
00:51et notamment les élèves allophones parce qu'on se rend compte que les élèves issus de l'immigration
00:55sont encore plus bas dans le déclassement que les élèves dits autochtones dans les études en question.
01:00Ça explique pour vous la baisse de niveau général ?
01:02Ça explique le fait que l'accélération de la baisse en France soit plus importante que dans le reste des
01:06pays européens.
01:07Maintenant ce qui est vrai c'est qu'il y a un phénomène général qui appelle bien sûr une refonte
01:11notamment sur notre système public mais aussi je le dis probablement une libéralisation de notre système privé.
01:17Alors c'est vrai qu'on parlait tout à l'heure de vision et Emmanuel Macron est là depuis 10
01:22ans
01:22et vous le disiez, tout le monde le souligne, quel rapport entre Blanquer et Pape Ndiaye.
01:27Pour moi je trouve que c'est incompréhensible.
01:29Je passe mon temps à dire que je n'ai pas la grille de lecture d'Emmanuel Macron
01:33parce qu'on peut se tromper, on peut tous se tromper,
01:36mais on peut se tromper et avoir fait les choses qu'il fallait.
01:41C'est-à-dire que si vous prenez par exemple Jean-Michel Blanquer pendant 10 ans,
01:45si vous avez une vision qui reste la même sur l'éducation nationale,
01:49si vous dites toujours la même chose, bon ça n'a pas marché mais au moins vous êtes cohérent.
01:55Là il est incohérent, il est incohérent du début jusqu'à la fin.
02:00Et Emmanuel Macron, écoutez ce qu'il disait, c'était la chronique de Laurent Tessier ce matin
02:03qui était passionnante d'ailleurs comme toujours parce que Laurent sort les archives
02:08et à chaque fois c'est terrible, c'est terrible pour Emmanuel Macron et parfois pour d'autres.
02:12Écoutez le 25 août 2022 ce qu'il dit.
02:15Force est de constater que le nombre d'élèves en difficulté en 10 ans a augmenté de 10 points,
02:20qu'un collégien sur 4 ne possède pas le niveau attendu à l'entrée en 6ème,
02:24aussi bien en lecture qu'en mathématiques.
02:26Nos résultats internationaux restent extrêmement préoccupants.
02:30Pardon de cette expression peut-être un peu de bon sens,
02:33mais compte tenu de l'investissement qui est celui de la nation,
02:37compte tenu de la bonne volonté que je vois chez tous les acteurs,
02:40ça veut dire que quelque chose ne marche pas dans notre organisation collective.
02:43Nous sommes obligés de le regarder en face.
02:46Plus de moyens, nous l'avons déjà fait plein de fois dans notre histoire.
02:49Quand le système est mal organisé, mal fonctionné, qu'il repose sur trop de défiance,
02:54qu'il est perclu de combats, de doctrines parfois derrière garde, il ne fonctionne pas mieux.
03:00Mais c'était à lui d'organiser le système, il a été élu pour ça.
03:04Voilà, il a été élu pour mettre ce pays en ordre de marche.
03:09Et Emmanuel Macron aura parlé, mais tu as le sentiment qu'il n'aura pas suivi,
03:15ou comment dire, qu'il n'aura pas mis en action ce qu'il disait,
03:19sauf dans un domaine d'ailleurs, qui était Notre-Dame de Paris.
03:22Alors c'est plus simple Notre-Dame de Paris sans doute que l'éducation nationale.
03:26Mais là il avait pris Georges Lain, et puis il y avait une vision de Notre-Dame de Paris,
03:30et puis il y avait quelqu'un qui exécutait, qui mettait en œuvre sa politique.
03:36L'effondrement éducatif de la France précède Emmanuel Macron, ça fait quatre décennies qu'il dure.
03:41Maintenant ce que je constate, c'est qu'Emmanuel Macron avait dit que l'école était son domaine réservé,
03:45et que neuf ans après, on voit le bilan absolument cataclysmique de ce domaine réservé.
03:51Pourquoi ? Parce que vous l'avez dit, il n'y a pas eu de cap en matière éducative,
03:54il n'y a pas eu de continuité, et il n'y a pas eu de courage aussi.
03:56Parce que c'est ça qui est intéressant, c'est que sur Notre-Dame,
03:59on a eu une volonté de se heurter à la technostructure,
04:03on a eu une volonté de redonner le pouvoir aux politiques par rapport à la technostructure.
04:06Or, dans l'éducation nationale, on a une bureaucratie, on a une caste,
04:09on a une omenclatura, qui a pris le pouvoir, qui s'est autonomisé du politique,
04:14et qui n'a que faire de la souveraineté populaire,
04:16et des remèdes à mettre en œuvre pour redresser l'école.
04:18Joachim Lefloc Imad est avec nous,
04:20vous l'écoutez régulièrement sur Europe 1, sur CNews, il est enseignant lui aussi,
04:24auteur du livre « Mains basses sur l'éducation nationale, enquête sur un suicide assisté ».
04:27Alors, ce qui m'intéresse, c'est d'écouter des jeunes,
04:29et je crois qu'on a un écolier qui est avec nous, cher Olivier Guénecq.
04:35Tout à fait, de 12 ans, qui nous a appelés,
04:36et qui m'a dit, pour être honnête, qu'il a été très timide,
04:39alors finalement, il a décliné, et il vient de raccrocher à l'instant.
04:42Entre le temps que je vous le dise, et le moment où vous avez voulu le prendre, il a raccroché.
04:46Désolé.
04:46Mais c'est vraiment dommage, il était en train de nous écouter.
04:49On va rappeler peut-être le numéro de téléphone.
04:54Alors, continuons avec Emmanuel Macron, ce qu'il disait le 17 avril 2023.
05:00Dès lors, l'éducation nationale doit renouer avec l'ambition d'être l'une des meilleures d'Europe.
05:04Dès la rentrée, notre école va changer à vue d'œil.
05:07Bah oui, effectivement, Emmanuel Macron, là aussi, on aimerait qu'il y ait eu, derrière ces phrases, une action.
05:16Et puis, Laurence Ferrari et Emmanuel Macron, ça, c'était le 16 janvier 2024.
05:21Et c'est assez intéressant, cet échange entre Laurence et le président de la République.
05:26À nos yeux, ce qui est important, c'est sans doute l'éducation nationale,
05:30qui concentre tous les enjeux, toutes les fractures de notre société.
05:33Nous avons l'éducation nationale la plus chère au monde, au classement PISA.
05:36Vous savez, nous ne brillons pas, notamment en maths.
05:38Pourquoi les résultats PISA sont mauvais ?
05:41Parce que les résultats PISA sont faits sur des classes qui n'ont pas été touchées
05:44par les réformes qu'on a conduites au premier quinquennat.
05:47Attendons ceux qui ont eu à suivre.
05:48Donc moi, j'assume, vous me parlez de résultats qui ne sont pas liés aux réformes qu'on a faites.
05:52Alors, il avait été très sec ce jour-là dans sa réponse.
05:55Je ne sais pas ce qu'il dirait aujourd'hui, parce que là, les réformes sont en place et c
05:59'est pire.
06:00Donc, qu'est-ce que vous voulez que je dis ?
06:01C'est ce que Perfitte dénonçait en son temps, comme la société à irresponsabilité illimitée,
06:05c'est-à-dire que les gens qui sont au pouvoir ne rendent jamais de compte,
06:08se défaussent constamment, et sous-entendent que ce n'est pas leur faute,
06:11quand bien même les élèves qui ont été testés dans le dernier classement PISA,
06:14ils étaient en CE1 quand Emmanuel Macron arrive au pouvoir.
06:17Donc, bien sûr qu'ils ont fait l'objet des différentes réformes éducatives qui ont été mises en œuvre.
06:24Et encore une fois, ça montre qu'on est incapable de poser le bon diagnostic,
06:27parce qu'on se défausse sur les écrans, sur les parents.
06:30Évidemment, il y a une part de responsabilité de tout ça,
06:32mais les mots internes au système éducatif ne sont pas évoqués.
06:35Encore une fois, la valse des contrats, la valse des ministres,
06:38la crise du recrutement de l'éducation nationale,
06:40on recrute des instituteurs dans le premier degré,
06:42à 6 sur 20 dans les éclamines de Créteil et Versailles.
06:45On a une formation initiale et une formation continue qui est extrêmement pauvre.
06:48Tout le monde parle de Singapour.
06:50À Singapour, les enseignants, ils ont 100 heures de formation continue en mathématiques par an.
06:54C'est six fois plus qu'en France.
06:56Donc forcément, derrière, ça a des répercussions astronomiques sur la capacité de l'école
07:00à transmettre les savoirs.
07:01Il est 16h25, on va marquer une pause, mais on est avec Charlotte.
07:06Et c'est intéressant parce qu'on va quand même essayer d'être positive.
07:09Bien sûr, Charlotte, elle a 11 ans et elle lit beaucoup.
07:11Bonjour Charlotte !
07:12Bonjour !
07:14Comment ça va ?
07:15Ça va, merci !
07:17Eh bien, ça nous fait plaisir que tu nous aies appelées.
07:19T'es avec ta maman qui s'appelle Cécile.
07:20Et comme tu lis, tu vas nous dire d'abord le plaisir que tu as à lire.
07:24Tu vas nous parler sans doute de tes amis, est-ce qu'elles lisent ou pas.
07:29Et puis tu nous diras également ce que tu lis.
07:31Mais pour le moment, c'est la pause.
07:33A tout de suite !
07:34Et comme Charlotte, appelez-nous au 01 80 20 39 21.
07:37Vous appelez Pascal Praud, standard d'Europe 1.
07:39Le numéro est non surtaxé.
07:4116h18, excellente, fin d'après-midi, avec Pascal Praud sur Europe 1.