00:01Tout pour investir, le coffre-fort.
00:04Et on retrouve comme régulièrement Nicolas Chouat de CCR.
00:08Bonjour.
00:09Bonjour, alors on le rappelle, on va parler de matante, quand je mets matante, entre guillemets, c'est une expression
00:15de vieux, qui veut dire le crédit municipal.
00:18Oui, souvent on met des objets au clou, entre guillemets, pour pouvoir en retirer un prêt.
00:24Et ça peut constituer, et ça constitue de plus en plus, une voie de rêve pour ceux qui cherchent des
00:31objets de collection spécifiques.
00:33BD, rétro gaming, marché de l'art, basket. Il va falloir qu'on en parle des baskets.
00:39C'est ça, on va en parler.
00:41Mais déjà, je voudrais qu'on revienne, Nicolas Chouat, vraiment sur le rôle structurel du crédit municipal dans ce que
00:52les collectionneurs recherchent.
00:53C'est à la fois un rôle d'étalonneur de valeur, on va dire, de conservation, parce qu'on va
00:59voir que c'est important, surtout pour des actifs comme la BD, l'art, etc.
01:03C'est un peu une plateforme à tout faire, à laquelle personne ne pense quand on se lance dans une
01:08collection qui a de la valeur patrimoniale.
01:11Absolument. Alors au sein du crédit municipal de Paris, vous avez une structure qui s'appelle CCR, qui est le
01:17centre de conservation d'art.
01:18Et c'est la structure qui va accompagner vraiment les collectionneurs sur les objets de valeur, pour l'évaluation, pour
01:24des prêts, dans le cadre d'un prêt sur œuvres d'art et objets de valeur.
01:28Et on a en effet toute une batterie de services qui va être de la conservation jusqu'à la valorisation
01:34des œuvres,
01:35en accompagnant les clients sur l'accrochage, sur la conservation, sur la restauration et ce genre de choses, et aussi
01:44sur l'authentification.
01:45Oui, parce qu'on l'a vu dans un épisode précédent, mais il y a un client qui est venu
01:50vous voir, qui avait juste un mobile de calder chez lui.
01:52Il y avait, absolument, et qui était magnifique.
01:54L'histoire de fou, oui.
01:55Et là, il faut de tout. Il faut de l'évaluation, il faut de l'expertise.
01:58Il faut pouvoir le conserver, parce que ça ne se conserve pas comme un vélo dans une cave.
02:03Donc vous avez aussi des services qui sont spécialisés dans la bonne conservation, l'hygrométrie, etc.
02:10Absolument. On a des réserves qui sont de qualité muséale et dans lesquelles, en fait, les réserves sont adaptées en
02:18fonction des matériaux et des supports,
02:21que ce soit du dessin, du pastel, de la BD, des baskets si on en a, puisqu'on en parlera,
02:29mais aussi du mobilier contemporain ou ancien.
02:32Donc oui, toutes nos réserves sont adaptées en termes de température, d'hygrométrie, et on a un rôle, en fait,
02:39de conservation et de prévention curative et préventive, qui est très important.
02:46Bon, il y a aussi les objets de luxe, bien entendu. On parle beaucoup du marché secondaire pour tout ce
02:50qui est maroquinerie, bijouterie, etc.
02:52Là aussi, c'est un endroit où on peut faire potentiellement de très, très bonnes affaires.
02:56On va, en effet, accompagner les clients qui vont nous déposer des sacs de haute maroquinerie, Hermès ou autres, des
03:04montres de haute horlogerie,
03:06donc dans l'authentification, mais aussi, bien entendu, dans la conservation.
03:10Et puis, je dirais, en fait, que dans le cadre d'un prêt, le corollaire, c'est aussi de bien
03:14conserver,
03:14parce qu'on conserve les objets dans le cadre de ce prêt, et il faut qu'on les rende dans
03:21d'aussi bonnes conditions qui nous ont été passées.
03:25Souvent, ils sont, en général, de toute façon, conservés dans de bien meilleures conditions que lorsqu'ils sont chez les
03:30collectionneurs ou les particuliers.
03:32C'est vrai pour le vin, c'est vrai pour les tableaux, mais c'est aussi vrai pour les sacs
03:36et pour les montres.
03:39Et puis, on ne va pas hésiter, en fait, à créer des boîtes et des conditions de conservation ad hoc,
03:46donc spécifiques, pour ces œuvres.
03:50Je me souviens, on nous avait déposé un masque inuit qui avait à peu près 180 ans.
04:00Oui, ce n'est pas le truc qu'on met dans une vieille cave, non.
04:02Non, et alors, en plus, c'est ultra rare, parce que c'était, en fait, des masques qui étaient utilisés
04:07dans le cadre, en fait, de rituels chamaniques ou religieux.
04:12Et après, ils étaient jetés, et là, en fait, il avait été conservé, et il avait encore tout.
04:19Il avait son arceau, ses liens végétaux qui conservaient tout, et qui rattachaient, en fait, les différentes parties du masque.
04:28Donc, c'était quelque chose qui était estimé à plusieurs millions.
04:32Et on a fait vraiment, là, une boîte qui permettait de soutenir tous les différents éléments, et donc une conservation
04:42qui était optimale.
04:43Quelle histoire !
04:45Là, en ce moment, ces derniers mois, ces dernières années, les collectionneurs, ils viennent chercher quoi ?
04:51On a vu avec vous déjà qu'il y avait beaucoup de passionnés de rétro-gaming, les vieilles consoles, les
04:57vieux jeux.
04:58On voit qu'il y a beaucoup d'investisseurs qui viennent vous voir quand il est question de BD également,
05:04de BD rares, avec des planches rares, etc.
05:06Et puis, il y a les baskets.
05:08Il y a des baskets, absolument.
05:08Alors là, vous parlez un passionné.
05:11Je sais que je touche une corde sensible.
05:13Non, mais attendez, ça peut être archi pointu comme marché, et il ne faut pas se tromper.
05:17Et vous, vous ne vous trompez pas, du point de vue de l'expertise, qu'est-ce qui a changé
05:23?
05:23Parce que, bon, il y a la génération, je ne sais plus à laquelle on est, Z, je crois, qui
05:29a un peu d'argent maintenant,
05:33et qui va aller chercher tout ce qu'elle ne pouvait pas se payer quand elle était ado, parce que
05:35maman ne pouvait pas.
05:37Donc, maintenant, on va chercher les baskets collector, mais pas n'importe quoi.
05:40Et vous, vous êtes témoin, justement, de ce marché qui devient archi pointu.
05:44Le marché de la sneaker, c'est un marché qui est très très pointu, auquel il faut faire en effet
05:50attention, comme vous le dites,
05:52parce que c'est autant les bons éléments, les bonnes sneakers vont rester, en fait, sur une évaluation qui va
05:59être constante, voire qui va augmenter.
06:01En revanche, si vous choisissez pas les bonnes ou les bonnes rééditions, là, vous pouvez avoir quelque chose qui est
06:07très très très fluctuant.
06:09La sneaker, la colonne vertébrale de la sneaker, on ne va pas se leurrer, c'est les Jordans.
06:17Jordans, c'est tout un mythe.
06:19La première Jordans, elle apparaît en 1985, et je dirais qu'il y a tout pour créer ce mythe.
06:25Jordans est déjà un athlète absolument dingue.
06:28Il y a la NBA qui bannit, en fait, cette basket parce qu'elle ne remplit pas au code de
06:36l'époque.
06:37Lui, il va quand même les porter.
06:38Nike va payer les amendes.
06:41Ça y est, c'est lancé, en fait.
06:42On est dans quelque chose qui réunit tout.
06:44La street culture, la Jordane, en fait, casse les codes et crée de nouveaux codes.
06:50Vous avez un athlète, c'est la réussite.
06:53Et donc, en fait, avec les Jordans, on rentre dans une communauté quand on a des Jordans.
06:59Puis, il y en a beaucoup qui ont essayé, qui ont signé des contrats majeurs.
07:03Alors, moi, je me souviens de Dike Boutombo avec Adidas.
07:05Il avait des baskets superbes.
07:08Patrick Ewing qui a fait sa propre marque.
07:10Et puis, et d'autres, mais il n'y a que Jordan qui a eu ce rayonnement mondial.
07:15Il n'y a que Jordan et il n'y a que Nike qui a eu ce rayonnement mondial.
07:19Il y a des collaborations qui marchent très bien, mais souvent qui sont aussi autour des Jordans.
07:25On pense, par exemple, aux collaborations Off-White avec Virgile Abloh.
07:30Il y a eu les collaborations avec Travis Scott aussi.
07:34Celles qui ont le swoosh à l'envers.
07:36C'est ça.
07:36La virgule à l'envers.
07:38Et dans les autres Nike qui fonctionnent très bien, il y a les SD Dunks qui sont, en fait, là,
07:46on est vraiment sur la culture du skateboard, élevé, je dirais, au rang de luxe.
07:54Et puis après, alors, on peut avoir occasionnellement les Yeezy avec Adidas, mais on est sur de l'exception.
08:01Et puis, il y a eu mauvaise presse pendant un moment.
08:03Il y a eu mauvaise presse pour un moment.
08:05Alors, quand on choisit une paire de sneakers, alors soit à un moment, c'est pour le plaisir de la
08:12porter,
08:13mais si on est dans une logique d'investissement, il faut vraiment, autant que faire se peut,
08:17choisir ce qu'on appelle des OG, des originales, et pas des rétro, donc des rééditions.
08:26Il y a des...
08:26L'état est ultra important, si elle est encore dans sa boîte, etc.
08:32Il ne faut pas oublier que ça se dégrade très, très vite.
08:34C'est ça, en fait.
08:35Il ne doit pas y avoir de restauration.
08:37Oui, non.
08:38Elle doit être dans un bon état.
08:39Et en fait, dans le jargon, elles vont être soit DS, Deadstock, ou Very Near, Deadstock, donc VN, DS.
08:47Et puis, il y a des éléments qui sont plus importants que l'autre.
08:51Vous avez...
08:52Maintenant, on est dans l'édition 40 des Jordans.
08:55Si vous êtes dans les éditions...
08:57Si vous avez la Jordane Chicago 1 de 85, avec...
09:02Là, vous êtes dans le Graal.
09:03On tourne autour de...
09:06Entre 10 et 30 000 dollars pour la paire, en fonction de son état.
09:12Et puis, vous avez d'autres éditions, je dirais, qui ont bien marché.
09:19Et souvent, ce sont des éditions qui apportent des ruptures, comme par exemple, les bulles d'air apparentes, ou le
09:24cuir vernis.
09:26Donc, on aura les 11 Concordes, par exemple, ou les Jordanes 4, Military Black.
09:32Donc, non, non, c'est...
09:33Et puis, on peut se faire plaisir.
09:34Si quelqu'un a les 6, en édition Barcelona, blanche et bleu marine, avec le petit serre-lacé rouge,
09:42écrivez-moi sur ma boîte privée LinkedIn.
09:45Vous avez un client.
09:46Merci infiniment, Nicolas.
09:47On se refera un focus sur les sneakers.
09:49On peut en parler des heures.