00:00L'allocation de rentrée scolaire, c'est à partir d'aujourd'hui, pour 3 millions de familles, ça va jusqu
00:04'à 466 euros par enfant.
00:06Et pendant ce temps, il y a plusieurs villes qui suppriment leur kit de fournitures gratuits.
00:11C'est le cas à Nice, mais aussi à Saint-Jean-de-Bray, dans le Loiret, où l'on est
00:14dans un instant.
00:15Et c'est le débat, finalement, avec vous. Les fournitures scolaires doivent-elles être gratuites pour tous ?
00:21Bonjour David Nakache.
00:23Bonjour.
00:23Vous êtes président de l'association Tous Citoyens, association basée à Nice.
00:27Bonjour Cédric Gourin.
00:30Cédric Gourin, le maire des Républicains de Saint-Jean-de-Bray, dans le Loiret, juste à côté d'Orléans.
00:35Je vais commencer avec David Nakache. Vous parlez d'un recul social.
00:38La mairie de Nice renonce à fournir des kits scolaires gratuits.
00:42Ça avait été mis en place il y a un an par la majorité précédente.
00:45Il y a eu un scrutin.
00:47Éric Ciotti a battu Christian Estrosi et il revient sur cette mesure.
00:50Vous parlez d'un recul social.
00:52À quel point la suppression de ces kits change la vie d'une famille ?
00:55Alors il y a deux choses qu'il faut voir.
00:57Il y a d'abord le principe général. On se bat pour que l'école publique soit réellement gratuite.
01:01C'est un principe d'égalité républicaine.
01:03Ça veut dire que quelle que soit la situation sociale des familles, les enfants à l'école doivent être à
01:08égalité.
01:09Dans l'idéal, il faudrait une loi nationale qui pose la gratuité partout en France de la même manière.
01:14A défaut, dans chaque commune, dans chaque ville, les maires se positionnent pour fournir ou pas ces fournitures scolaires.
01:20Et quand on donne des fournitures scolaires aux enfants, tout au long de l'année, et pas qu'un kit
01:23à la rentrée,
01:24en réalité, on lutte contre les inégalités sociales et on fait de la prévention contre l'échec scolaire.
01:29Alors très bien, mais alors David Nakache, Cédric Gourin, vous, du côté du Loiret,
01:33ce que vous dites, puisque vous avez aussi supprimé ces kits, vous dites finalement que c'est à ça que
01:38sert l'allocation de rentrée scolaire ?
01:41Oui, très exactement. Nous, quand on est arrivés, on a voulu évaluer le dispositif.
01:45Ça coûte 27 000 euros par an dans notre commune.
01:48C'était un kit qui était distribué à à peu près 1300 enfants.
01:51Et on s'est rendu compte que c'était à la fois inutile, démagogique et coûteux.
01:55Inutile parce qu'en fait, il y avait plein de familles qui n'utilisaient pas le kit.
01:58Il était resté dans les placards, dans les tiroirs.
02:01Démagogique parce que ça a été lancé par la précédente municipalité socialiste un an et demi avant les élections municipales.
02:08Et puis coûteux, encore une fois, 20 euros par enfant quand on touche l'allocation de rentrée scolaire.
02:12Je rappelle que c'est quand même 426,87 euros pour des enfants de 6-10 ans.
02:16Alors, David Nakache, le maire de Nice, Éric Ciotti, dit que les kits mis en place, ça ressemble un peu
02:21à ce qu'on vient d'entendre, étaient trop onéreux et indigents.
02:24Ça coûtait 440 000 euros au total à Nice pour 20 euros de matériel, quelques silos, feutres, gommes ardoises.
02:29Clairement pas assez pour faire l'année, David Nakache.
02:32Alors, d'abord, un kit uniquement à la rentrée.
02:35Tout le monde est d'accord pour dire que ça ne sert pas à grand-chose.
02:37Ce qu'il faut, c'est fournir les fournitures scolaires tout au long de l'année.
02:40Parce qu'une fois qu'un élève a utilisé les deux cahiers qui sont distribués au début d'année, il
02:44a encore besoin de fournitures.
02:45Donc, pour Nice, en réalité, le besoin était à plus que 400 000 euros.
02:49Mais 400 000 euros au regard d'un budget de fonctionnement de 600 millions d'euros.
02:53Ça n'a rien à voir avec une petite commune.
02:54Bien sûr.
02:55La ville de Nice, elle a des moyens.
02:56Et ensuite, il faut savoir que tous les élèves, toutes les familles ne touchent pas à la location de rentrée
03:00scolaire.
03:01Toutes les familles qui viennent d'arriver en France et à Nice,
03:04on a beaucoup de personnes qui sont en demande d'asile lors d'aussiers courts normalement.
03:07Ils ne touchent aucune allocation et donc pas à la location de rentrée scolaire.
03:10Donc, il y a des enfants qui, chaque année, en classe, à la rentrée, se retrouvent réellement démunis.
03:16Sortez une gomme, ils n'ont pas.
03:17Sortez un stylo, ils n'ont pas.
03:18Sortez une trousse, ils n'ont pas.
03:19Et dès les premiers jours de classe, ils sont un peu montrés du doigt par rapport aux autres élèves
03:23puisqu'il y a une disparité entre eux.
03:25Et la distribution, elle sert aussi à gommer ces inégalités sociales là.
03:29Donc, c'est extrêmement important.
03:30C'est intéressant ce que vous dites, David Nakache.
03:32Cédric Gourin, au nom de principes et d'une réalité comptable,
03:36il ne faut pas non plus oublier que l'argent ne tombe pas des fenêtres.
03:39Mais c'est des gamins qui vont se retrouver en difficulté,
03:43comme décrivait David Nakache, pas leurs parents.
03:49Non, je ne crois pas.
03:50Alors, comme vous l'avez dit, l'argent magique, il n'existe pas.
03:52À un moment donné, il y a toujours quelqu'un qui paye à la fin.
03:54Et les collectivités, non, elles ne peuvent pas tout non plus.
03:57Alors, pour autant, ça ne veut pas dire que les enfants se retrouvent complètement démunis.
04:00Il y a toujours des stocks de matériel qui sont dans les écoles.
04:03On rappelle aussi qu'il y a un certain nombre d'outils, comme le CCS,
04:08les centres communaux d'action sociale.
04:09On a aussi un certain nombre d'associations qui sont là pour accompagner les familles les plus en difficulté.
04:13C'est aussi le rôle de la collectivité d'accompagner ces familles-là.
04:17Mais pour autant, à un moment donné, on ne peut pas toujours tout financer.
04:20Et nous, quand on est arrivé, on a estimé que chaque euro dépensé doit être efficace.
04:24Et que là, en l'occurrence, ce n'était absolument pas des euros d'efficace.
04:26Oui, alors moi, je me pose juste la question de l'efficacité.
04:29Justement, on se dit toujours que si c'était l'État,
04:32alors peut-être pas la mairie, peut-être au niveau national, j'en sais rien,
04:34qui a acheté X millions de cas de couleurs,
04:38ça reviendrait moins cher qu'aux familles qui doivent aller faire les courses de rentrée scolaire en grande distribution.
04:46Ça peut être effectivement une solution qui pourrait être envisagée à un moment donné.
04:49Mais encore une fois, quel est l'intérêt de verser une allocation de rentrée scolaire
04:53qui, je le rappelle, est un peu plus de 426 euros pour des 6-10 ans,
04:56si ce n'est pour acheter ?
04:57Moi, je suis père de famille.
04:59Ça ne nous a jamais coûté la rentrée scolaire ce montant-là, d'ailleurs,
05:01pour acheter des carnets et des crayons pour notre fils.
05:04Oui, la rentrée, là, on ne va pas faire un débat entre...
05:08Je pense qu'il y a peut-être trois parents, je ne sais pas pour vous, David Nakache,
05:11mais la rentrée, ça coûte bien plus cher que 400 euros.
05:13Il y a les vêtements, il y a les inscriptions au périscolaire.
05:15Là, la rentrée, c'est un coût, c'est rigoureux, on ne peut pas dire le contraire.
05:19Oui, on sait bien que l'allocation de rentrée scolaire,
05:21elle est utilisée principalement pour les vêtements, pour les fournitures,
05:23pour payer à la cantine, pour différents postes de dépenses
05:26concernant le bien-être de l'enfant.
05:28Là, il s'agit d'un principe d'égalité républicaine.
05:30On comprend tout à fait quand il y a des maires qui nous disent,
05:32moi, financièrement, au niveau de la mairie,
05:33on ne peut pas distribuer à tous les enfants,
05:35et il vaut mieux cibler pour les familles en réelle difficulté.
05:38Et on fait une offre beaucoup plus importante pour les familles qui n'ont rien.
05:41Et il y a un dialogue social qui s'installe avec des maires
05:44avec qui on dialogue tout à fait.
05:45Pour autant, à Nice, c'est une décision unilatérale
05:48qui n'a aucune approche sociale,
05:50qui a été prise sans concertation, sans vote au conseil municipal,
05:52en prévenant les familles trois semaines avant la rentrée,
05:55alors que la ville de Nice savait très bien qu'elle ne passait pas
05:57de commandes de fournitures scolaires depuis plusieurs mois.
05:59Oui, là, vous dites qu'on est mis devant le fait accompli,
06:01puisqu'en plus, vous voulez distribuer avant que ce soit le cas de la mairie.
06:05Là, c'est trop court d'ici à la rentrée scolaire.
06:07Il y a le cas particulier de Nice,
06:09où vous avez le sentiment d'être mis devant le fait accompli.
06:11David Nakache, président de l'association Tous Citoyens.
06:14Je vous remercie.
06:15Je remercie aussi Cédric Gourin,
06:17en l'occurrence, d'avoir répondu à nos questions en toute transparence.
06:20Le maire de Saint-Jean-de-Bré.
06:21Le maire de Saint-Jean-de-Bré.
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