00:02RMC, jusqu'à 9h, Apolline Matin, Apolline de Malherbe.
00:08Il est 7h42, vous êtes bien sur RMC et sur RMC Story, et la ministre de la Santé est avec
00:12nous.
00:13Bonjour Stéphanie Riste, ministre de la Santé et de la Famille.
00:17Depuis que l'on a annoncé que vous seriez notre invité ce matin, je dois vous dire que le standard
00:21explose littéralement.
00:23De très nombreux infirmiers, infirmières, aides-soignants, aides à domicile, qui appellent pour dire leur quotidien.
00:29Alors certes, vous vouliez nous présenter votre plan sur la petite enfance, on va évidemment en parler,
00:34mais je voudrais que vous entendiez les témoignages que l'on reçoit depuis ce matin.
00:37Et je voudrais commencer par vous faire écouter ce que dit Fadela, elle est infirmière libérale en Haute-Garonne,
00:43elle nous a appelé tout à l'heure avant 6h.
00:46Si un pasteur nous appelle et qu'il est au-delà de 13-14 km depuis mon cabinet, c'est
00:54non.
00:54Il y a des gens qui vont mourir, seuls.
00:56Moi, je travaille à perte, le budget cardurant de l'année 2026 s'est explosé.
01:02Je ne suis pas une nonne, vous voyez, le gouvernement, j'ai envie de lui dire ça.
01:07Il y a des gens qui vont mourir, seuls.
01:10Voilà ce que dit Fadela. Est-ce que vous avez pris la mesure de ce qui est en train de
01:13se jouer ?
01:13Oui, alors au printemps dernier, on avait proposé des mesures sur l'accès aux soins des personnes à domicile.
01:20Et cet après-midi, nous aurons l'occasion, avec le gouvernement, j'aurai l'occasion de m'exprimer sur la
01:24partie professionnelle de santé,
01:27mais j'aurai l'occasion cet après-midi à la conférence de presse avec l'ensemble du gouvernement.
01:31À 17h, tout à l'heure, une conférence de presse pour présenter les mesures face aux carburants.
01:35Ce que vous nous dites ce matin, c'est que les infirmiers, les infirmières, les auteurs ne seront pas abandonnés
01:39?
01:39Alors, évidemment, elles ne seront pas abandonnées.
01:41Je ne peux pas dire pendant tout l'été que la canicule cause des morts chez les personnes à domicile
01:45et ne pas prendre soin des professionnels qui utilisent leur voiture pour aller à domicile.
01:50Donc, évidemment, ces professionnels de santé sont à notre travail.
01:55J'étais avant de venir à travailler encore jusqu'au bout à des mesures pour présenter cet après-midi.
02:01Dès la sortie de cette émission, je continuerai et nous proposerons des mesures avec le gouvernement.
02:06Ce sont des mesures ciblées, responsables, mais qui n'oublient pas les professionnels de l'accès aux soins.
02:11Qui n'oublient pas les professionnels, ils peuvent compter sur vous ?
02:13Honnêtement, là, on sent le représentant, notamment des infirmiers libéraux, qui était mon invité à 7h10,
02:21dit « si on n'a pas d'aide, on va arrêter de soigner ».
02:25J'entends et encore une fois, je ne peux pas dire tout l'été qu'on a besoin de s
02:28'occuper des personnes à domicile
02:29et ne pas s'occuper des professionnels qui vont à domicile avec leur voiture personnelle.
02:33Yannick est en direct avec nous, qui nous appelle de la grande mode. Bonjour Yannick.
02:36Bonjour à vous tous.
02:37Yannick, vous êtes infirmier libéral, votre ministre est dans ce studio.
02:42Elle vient de le dire, vous ne serez pas oublié par les annonces du gouvernement à 17h tout à l
02:47'heure.
02:47Quel est votre quotidien à vous, Yannick, et qu'est-ce que vous avez envie de dire à la ministre
02:50?
02:52Déjà, je serai à 17h avec l'ensemble de mes collègues, sûrement du collectif des infirmiers libéraux en colère,
02:56en train de l'écouter, parce qu'on attend ça avec hâte,
02:59que le quotidien est de plus en plus difficile, comme ça a été dit par l'intervenante juste avant,
03:03par le message, effectivement, on a des soins où on va les faire avec une quasi-perte, voire même plus
03:09qu'une perte.
03:09Je tiens tout de même à rappeler que nous sommes le premier hôpital de France à domicile,
03:13que les aides de vie aussi interviennent beaucoup auprès des patients, parce que souvent on les oublie,
03:18et que nous, en tant qu'infirmiers libéraux, dans les paramédicaux, nous sommes vraiment la seule profession de France
03:23qui est intervenant en quasi-exclusivité au domicile de nos patients dépendants.
03:28Yannick, vous faites une tournée sur quel secteur ?
03:31Sur un secteur qui représente quoi ? Combien ?
03:33Alors, moi, par chance, j'arrive à faire une tournée sur un bassin de vie, comme on appelle,
03:36qui va être la grande motte, et sur une partie du Gros du Roi.
03:39Donc, c'est un panel aux alentours d'un périmètre de 15-20 kilomètres, à peu près.
03:45Mais maintenant, effectivement, des patients que je peux intervenir au Gros du Roi sur une partie un petit peu plus
03:50lointaine,
03:51je suis obligé de les refuser, parce que rien que le temps d'y aller,
03:54quand nous, on a des points de vie, quand il y a le pont qui est baissé,
03:57ça me fait perdre facilement 10 minutes de temps.
03:59Alors le temps, ça, c'est pas trop grave, mais surtout, c'est du temps où le véhicule tourne.
04:02Le cas qui tourne, il y a une consommation d'énergie qui se fait avec le carburant.
04:06Et Yannick, je voudrais que la ministre puisse vous répondre.
04:09Il y a déjà, ce que je voudrais redire, mais ce monsieur le sait très bien,
04:14c'est que déjà au printemps, les aides aux grands rouleurs étaient autorisées pour les infirmiers libéraux,
04:19c'est-à-dire ceux qui faisaient un certain nombre de kilomètres,
04:21comme tous les autres professionnels, les gens sous condition de ressources,
04:26et un certain nombre de kilomètres par jour.
04:28Ça, ça existe depuis le printemps.
04:29Il y a eu aussi l'année dernière une revalorisation dans le cadre des négociations conventionnelles
04:35pour le métier d'infirmier de 500 millions d'euros pour les infirmiers.
04:39Je ne dis pas que c'est suffisant aujourd'hui que la hausse des carburants dure,
04:44et avec ce niveau, donc c'est pour ça qu'il y aura des mesures cet après-midi.
04:47Oui, moi j'aimerais revenir sur quelque chose qu'il y a dit ce matin,
04:49c'est-à-dire que des infirmiers qui ne peuvent plus aller voir les malades,
04:51ça veut dire que c'est des malades seuls, et ceux-là, ces malades,
04:54avant de se laisser mourir, ils vont aller à l'hôpital.
04:56Donc ce que je veux dire, c'est qu'a priori, et les hôpitaux s'y préparent,
05:00va y avoir beaucoup plus de patients dans les hôpitaux.
05:02On sait quand même qu'en France, les hôpitaux, c'est un sujet sous tension,
05:05on le sait bien, qu'est-ce qui est prévu pour ça ?
05:07Est-ce que ça, c'est un effet qui se coule, si je puis dire ?
05:10Est-ce qu'on anticipe ce deuxième effet ?
05:12Non, mais c'est un travail que nous avons, et encore une fois,
05:14que nous avons beaucoup avancé pendant l'été,
05:18avec le risque de la canicule et les personnes à domicile.
05:21Nous travaillons avec les professionnels de soins à domicile,
05:24que ce soit l'hospitalisation à domicile, les professionnels libéraux, les infirmiers.
05:28Mais eux sont inquiets, ce matin, ils nous disaient qu'ils étaient inquiets pour ça.
05:30Notamment, j'entends cette inquiétude, c'est pour ça que nous allons les accompagner,
05:33et qu'il y aura des annonces à 17h.
05:36Rendez-vous à 17h donc, mais espérons pour eux qu'ils ne seront pas déçus.
05:40J'ai deux autres questions pour vous, Madame la Ministre.
05:43L'une sur votre plan d'urgence pour les crèches.
05:45On a énormément parlé, en effet, cet été, notamment des écoles et de leur inadaptation face au réchauffement climatique et
05:52face aux canicules.
05:53Vous allez mettre en place un plan pour les crèches ?
05:56Oui, le système économique, je dirais, des crèches n'est pas soutenable,
06:00puisque les habitudes de vie ont changé.
06:03Et par ailleurs, nous avions besoin, en urgence,
06:08amener ce plan pour les crèches,
06:10qui est de 90 millions d'euros,
06:1130 millions pour 2026 et 60 millions pour 2027,
06:15qui va permettre, un, de soutenir les assistantes maternelles à domicile,
06:19de soutenir les familles, en fait, pour trouver des places en crèche.
06:22Vous savez qu'on manque, malgré la baisse de la natalité,
06:25nous manquons de places en crèche.
06:26Et en parallèle de ce plan d'urgence,
06:28nous travaillons à des réformes structurelles du modèle économique des crèches.
06:31Est-ce que ce n'est pas surtout les personnels qui manquent ?
06:34Il manque aussi des personnels.
06:35On est dans une situation de crise du secteur de la petite enfance.
06:40Un, du manque de personnel,
06:42avec beaucoup d'assistantes maternelles qui parlent à la retraite,
06:4413 500 post-vacants, et la première explication, c'est les salaires.
06:48Les salaires sont trop bas.
06:48C'est pour ça qu'ils n'arrivent pas à recruter.
06:49C'est pour ça que je disais,
06:50nous avons besoin de ce plan d'urgence rapide,
06:53dès 2026, pour aider les crèches
06:54et qu'elles ne ferment pas plus de places.
06:56Et d'autre part, les réformes structurelles sur lesquelles nous travaillons,
07:00sur l'attractivité des métiers,
07:01et sur le modèle économique des crèches.
07:04En fait, on en revient toujours à la même question.
07:06C'est quand même la question que le travail ne paye pas suffisamment.
07:08Et c'est la même question pour les infirmiers
07:10qui nous appellent, les infirmières et les infirmières
07:11qui nous appellent depuis ce matin.
07:13C'est que s'il y avait plus de marge,
07:14ça serait moins douloureux de devoir calculer
07:17au kilomètre près qui on peut aller soigner.
07:20Madame la ministre, une question aussi sur cette expression
07:21qui a été utilisée par Édouard Philippe la semaine dernière
07:23à propos des arrêts maladie.
07:24Il dit que c'est open bar les arrêts maladie.
07:26Écoutez, en tout cas, ce qui est sûr,
07:28c'est que notre sécurité sociale ne peut plus soutenir
07:30cette augmentation des arrêts maladie.
07:32Plus de 7% par an.
07:33Je ne suis pas sûre que votre salaire ait augmenté de 7% en un an.
07:37Et cette augmentation de 7% tous les ans d'arrêt maladie
07:40fait que si nous voulons continuer à payer les arrêts maladie,
07:43en tant que médecin, j'y tiens absolument,
07:45nous devons, un, lutter contre les abus.
07:48C'est le décret que j'ai pu sortir pour sanctionner les gens
07:51qui vont voir plusieurs médecins différents
07:52pour avoir plein de petits arrêts.
07:54Et d'autre part, faire que les gens aillent mieux
07:56pour avoir des arrêts maladie moins longs.
07:58Et c'est les mesures que je prends.
08:00Mais ça vous chaque fois, l'expression open bar ?
08:03Je pense que ça peut prendre conscience
08:07que si nous voulons continuer à pouvoir
08:10que la sécurité sociale paye les arrêts maladie,
08:12il faut, dans ce cas, que nous luttons,
08:14un, contre les abus, c'est le décret que j'ai pu sortir,
08:17et d'autre part, que nous fassions en sorte
08:20que les gens soient moins longtemps en arrêt maladie.
08:22Mais ça veut dire qu'effectivement,
08:23quand on a un candidat qui dit
08:24les arrêts maladie en France, c'est open bar...
08:27Non mais je suis médecin,
08:28donc je pense que les médecins prescrivent
08:31de façon sérieuse.
08:32Mais quand un malade fait,
08:35et il y a plus de 13 000 assurés
08:36qui font plus de 5 médecins généralistes différents
08:38en quelques mois...
08:39Donc c'est un peu open bar.
08:40Le médecin ne sait pas.
08:40Ce que vous êtes en train de nous dire,
08:41c'est qu'en effet, c'est un peu open bar.
08:42Je dis pour ces patients-là.
08:44Et donc, en fait, il faut,
08:45et c'est ce que nous mettons dans le décret,
08:47plus de sanctions pour les gens
08:48qui abusent de notre système
08:50et plus de mesures
08:51qui accompagnent les gens
08:52pour qu'ils aillent mieux
08:53et des arrêts maladie moins longs.
08:55Merci beaucoup Stéphanie Ries
08:56d'avoir répondu à nos questions
08:57et à celles des auditeurs,
08:59ministres de la Santé et de la Famille.
09:01On l'a bien compris,
09:02vous donnez rendez-vous à 17h.
09:03Vous leur dites qu'ils seront entendus
09:05et accompagnés.
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