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Chaque soir, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Bonsoir à tous, de Charles de Gaulle à Abraham Lincoln, d'un porte-avions à un autre.
00:04On voulait vous parler ce soir de l'USS Abraham Lincoln, l'un des porte-avions américains déployés dans le
00:09cadre de la guerre en Iran.
00:105 000 militaires à bord qui vivent un enfer visiblement.
00:13Antoine Hollard, on vous retrouve, vous êtes en direct de Washington.
00:15Ce sont des familles de marins qui ont alerté sur les conditions de vie devenues impossibles pour eux.
00:24Oui, parce que ça fait plus de 200 jours que le Lincoln est en mer.
00:28C'est un record. Le problème, c'est que ce type de porte-avions n'est pas conçu pour rester
00:32aussi longtemps sur l'eau.
00:34En théorie, il devrait faire des escales régulières.
00:36Et faute d'escales, il y a des problèmes techniques à répétition à bord du Lincoln.
00:40Il y a notamment de la moisissure dans les douches. Il y a des toilettes qui sont bouchées.
00:44Il y a aussi et surtout des problèmes de ravitaillement.
00:47Il n'y a plus suffisamment de savon. Il n'y a plus suffisamment de dentifrice.
00:50Il n'y a plus suffisamment de nourriture.
00:52Alors, certains marins ont envoyé à leurs proches des photos de leur plateau repas, des plateaux à moitié vides.
00:59Les rations sont devenues faméliques.
01:01Et tout cela finit par peser sur le moral des troupes, à tel point que certains marins auraient cherché à
01:07se suicider.
01:07L'un d'entre eux, notamment, qui s'est jeté par-dessus bord pour se tuer.
01:11Heureusement, il a pu être récupéré et évacué.
01:14Les familles ont donc alerté, elles sont très inquiètes, elles ont alerté l'état-major.
01:19Elles ont été reçues la semaine dernière.
01:21Il y a eu une grande réunion, mais droite dans ses bottes, en expliquant qu'il n'y a pas
01:25de problème particulier de santé mentale à bord.
01:27Ces explications ne convainquent pas du tout les élus démocrates.
01:31Ils ont interpellé Pete Exet, le ministre de la Guerre.
01:33Ils exigent l'ouverture d'une enquête.
01:36Et il faut croire que cette pression politique, la pression des familles et la pression médiatique aussi,
01:40parce qu'évidemment, cette affaire fait les gros titres ici aux Etats-Unis.
01:44Tout cela a fini par porter ses fruits, puisque le Pentagone, aujourd'hui, a annoncé
01:48que le Abraham Lincoln allait bientôt revenir à son porte d'attache aux Etats-Unis.
01:53Un autre porte-avions, l'USS George Washington, est sur le point de partir pour le Moyen-Orient,
01:58où il va relever le Lincoln et ses marins, qui donc, depuis plusieurs semaines, vivent un calvaire à bord.
02:05Antoine Lara, Washington, pour BFM TV.
02:07On en parle avec nos invités sur ce plateau.
02:10Sergei Jernoff, ancienne officielle, renseignement du KJV.
02:12Bonsoir, Sergei.
02:13À vos côtés, Jérôme Klech, consultant défense BFM TV.
02:16Ulysse Gosset, notre éditorialiste internationale.
02:18Ulrich Bounat, notre consultant géopolitique.
02:22Et puis, Djilali Ben-Shaban, bonsoir.
02:24Vous êtes analyste géopolitique, directeur de CEO Stratégie et Conseil.
02:27On est aussi à distance, en ligne avec Alain Houdot de Dainville.
02:30Bonsoir.
02:31Vous êtes ancien chef d'état-major de la Marine nationale.
02:34Je commence par vous.
02:35Vous avez notamment été le commandant du porte-avions Clémenceau.
02:39On vient d'entendre notre correspondant à Washington.
02:41Une situation étonnante.
02:43Une nourriture qui manque, pas d'eau chaude, des toilettes hors d'usage
02:46et plus de 200 jours en mer.
02:48Est-ce que cette situation sur ce porte-avions vous surprend ?
02:52Non, pas du tout.
02:53Parce que moi, j'ai passé de très longues périodes sur les porte-avions français.
02:58Et les toilettes bouchées, c'était ce qu'on vivait tous les jours.
03:01Et donc, c'est une lutte permanente pour les rendre disponibles, pour que l'équipage ait un minimum de conditions
03:08acceptables pour vivre.
03:10Ce qui me surprend le plus, c'est ce qui est dit sur la nourriture à bord.
03:16Parce que la nourriture à bord, ça dépend de ravitaillement.
03:19Et que la marine américaine ait des lacunes dans le ravitaillement en nourriture, ça, cela me surprend beaucoup.
03:27Mais comme l'a dit le correspondant aux Etats-Unis, ce porte-avions va bientôt être relevé par un porte
03:33-avions Washington
03:33qui se trouve pas très loin de la zone, dans le détroit de Malacca.
03:38À l'un ou d'autre d'un ville, plus de 200 jours en mer sans relève.
03:41Là, on est sur un fonctionnement qui n'est pas dans la norme, ou je me trompe ?
03:45Écoutez, le porte-avions Gerald Ford a passé plus de 300 jours dans le même théâtre et est rentré à
03:53ce moment-là.
03:54Mais c'est vrai que la marine américaine tire sur la corde des porte-avions américains en ce moment.
04:00Et donc, ce qui prouve l'impérieux besoin qu'ils ont de ces bateaux.
04:04Et c'est effectivement une situation qui est anormale, mais qui est liée au blocus du détroit d'Hormuz.
04:11Parce que ce sont les porte-avions américains qui assurent le blocus du détroit d'Hormuz.
04:17Et c'est par ce moyen de pression que les États-Unis peuvent aboutir à quelque chose dans le détroit
04:23d'Hormuz.
04:24– Jérôme Klesch, pas de relève, ça c'est assez étonnant.
04:29Et j'imagine que pour les marins, dans un milieu fermé, avec des cadences de travail qui sont évidemment très
04:34très très fortes,
04:35parce qu'on est sur un théâtre d'opérations, avec des départs d'avions notamment au plus fort des opérations
04:40militaires,
04:41ça, ça pose effectivement un problème.
04:43– Oui, mais comme vous dites, les cadences de travail, entre 12 et 16 heures, ininterrompues pendant 200 jours.
04:48Bon, les pénuries, comme le disait l'amiral, les pénuries de commandes de nourriture, ça paraît un peu étonnant.
04:52Mais tout ce qui est commodité, hygiène à bord, etc., il se peut même parfois, vous savez, sur un sous
04:58-marin d'attaque,
04:59qu'au bout de trois jours, les toilettes soient bouchées.
05:01Donc, on imagine ce qui peut se passer en 200 jours sur un porte-avions.
05:05Bon, cette boutade mise à part, effectivement, les conditions de vie peuvent être très compliquées.
05:09Il faut savoir que la marine américaine a quand même mobilisé jusqu'à trois porte-avions en permanence, là, sur
05:15la zone.
05:16Il y a encore aujourd'hui plus de 20 bâtiments, destroyers compris, deux porte-avions, donc on le disait.
05:23Et c'est ce qui est nécessaire pour les États-Unis, de façon à contenir de l'Iran, dans une
05:28situation de renversement stratégique.
05:30J'allais dire, c'est assez inédit, parce que c'est quand même la première puissance, la première puissance militaire
05:35du monde
05:36qui s'est retrouvée, pour devoir contenir l'Iran et pour devoir faire face à son pouvoir de coercition et
05:41de destruction
05:41sur ces infrastructures dans le Golfe et sur les pays du Golfe eux-mêmes,
05:46à devoir assurer une défense antiaérienne massive.
05:49Et on sait que nombre de patriotes, 1500 et au total plus de 2000 missiles antiaériens ont été tirés.
05:57s'est retrouvés à devoir donc mener une guerre de haute intensité pour arriver finalement à un statu quo que
06:04l'on connaît aujourd'hui
06:05et qui ne débouche sur rien.
06:07Et donc la question qui se pose, c'est finalement, est-ce que les États-Unis vont continuer à maintenir
06:11leur présence, blocus compris,
06:14ou est-ce que, comme le demande l'Iran, parce qu'on en est là, dans ce qui est l
06:18'accord intérimaire en vue du déblocage du détroit d'Hormuz,
06:21est-ce que les États-Unis vont souscrire à l'ensemble des conditions posées par l'Iran qui sont exorbitantes
06:27et qui vont, de la levée du blocus, ça va sans dire, jusqu'à la garantie de l'arrêt total
06:33des frappes sur l'Iran
06:35et sur leurs alliés ou partenaires, ce sont la Palestine, le Liban, le Yémen, les milices en Irak.
06:42Ce qui veut dire que les États-Unis sont confrontés à un choix, battent véritablement en retraite et retirer leur
06:47dispositif,
06:48l'alléger considérablement ou maintenir, ce qui vraisemblablement n'est pas tenable,
06:55des rotations avec des durées sur place qui triplent les temps normaux.
06:59Alain Oudo de Dainville, vous êtes toujours avec nous.
07:02Est-ce qu'au fond, les États-Unis ne touchent pas là les limites de leur capacité d'engagement militaire,
07:08même si on a annoncé ce soir qu'il y aurait l'envoi sur place de l'USS George Washington
07:12pour relever justement l'Abraham-Nilcon ?
07:16– Si, ils arrivent un petit peu, enfin ils arrivent aux limites, oui, mais ils sont quand même en deçà
07:21de la limite,
07:22parce que Washington va remplacer le Lincoln et une durée de déploiement qui est très longue, c'est certain,
07:34mais par le passé, les porte-avions français, par exemple, sont restés plus d'un an à la mer.
07:39Donc c'est quand même pas exceptionnel, c'est quelque chose qui est dur à supporter pour les équipages,
07:45mais surtout pour les familles qui sont à terre, mais c'est la vie du marin.
07:50Ils sont entrés dans la marine pour partir en mer, pas pour rester à terre, dans des bureaux.
07:56Donc pour moi, c'est quelque chose de dur, de compliqué, mais acceptable.
08:01– Ulrich Bounat, on a comptabilisé 40 000 sorties depuis son arrivée sur zone,
08:09et chaque sortie, évidemment, mobilise non seulement les pilotes,
08:11mais il y a tout un écosystème sur le porte-avions,
08:14ce qui veut dire que l'ensemble des 5 000 militaires sont évidemment mobilisés au maximum depuis plus de 200
08:19jours.
08:20– C'est ça, effectivement, enfin, on parlait tout à l'heure de missions de longue intensité,
08:23de très longue journée, enfin, on est complètement là-dedans, effectivement,
08:26et ça ne s'est pas arrêté avec la fin des bombardements.
08:29Le maintien du blocus nécessite, effectivement, d'avoir des avions qui sortent sur zone
08:33pour vérifier qu'il n'y a pas de navires qui tentent, en quelque sorte, de forcer le passage,
08:36enfin, avions ou hélicoptères, d'ailleurs.
08:38Et donc, effectivement, c'est très compliqué, mais ça montre, en fait, et surtout,
08:41enfin, à mon sens, l'autre problème, c'est que, comme le disait Jérôme Clèche,
08:44comme il n'y a pas de notion de blocus qui pourrait durer encore des mois
08:47si on écoute Donald Trump, en fait, finalement, c'est, je pense, ça aussi
08:50qui va se dire, en fait, on est déployé depuis six mois,
08:52mais on pourrait être déployé encore pendant six mois, un an, que sais-je.
08:55Donc, en fait, il y a aussi ça qui est rentré, je pense, en ligne de compte,
08:57et ça montre quand même, d'une certaine façon, au même titre qu'ils ont tiré
09:021500 intercepteurs patriotes parce qu'ils n'étaient pas prêts à recevoir
09:05les missiles balistiques iraniens et surtout les drones iraniens,
09:08il y a probablement un manque de préparation stratégique de la part des Américains
09:12qui n'avaient pas envisagé que de devoir laisser un tel dispositif sur place
09:16pendant des mois et des mois.
09:17Juste, je rappellerai que le nom qui était signé il y a deux mois
09:19et que donc, normalement, ce dispositif, si tout s'était bien passé,
09:22aura dû être levé.
09:24On a signalé de suicide plusieurs marins qui auraient tenté de se...
09:26Notamment des images écologiques, on voit notamment des...
09:29Pour autant, c'est pas forcément suffisant et il y a un enfermement quand même
09:34qui doit être, on va dire, un minimum encadré et permettre des relèves
09:38parce que sinon, il y a des risques, effectivement, sur la santé mentale
09:43des marins qui sont à bord.
09:44Sur ce type de mission longue, il y a effectivement une nécessité
09:48de prendre en considération à la fois l'état matériel, mais surtout des hommes,
09:53car le matériel n'est rien sans les hommes et la plus-value qu'ils amènent.
09:56La difficulté, elle tient aussi à ce manque de perspectives stratégiques.
10:00Lorsque vous partez en mission et que vous avez un cap qui change
10:04à chaque négociation, à chaque revirement de la part de votre chef,
10:09notamment du président Trump, vous avez cet aléa qui pèse sur le moral des troupes
10:13qui finalement ne sait pas, et ça a été souligné très justement,
10:15jusqu'à quand il va être mobilisé.
10:17Et surtout, vous avez pour les États-Unis une difficulté supplémentaire
10:20et je pense au président Trump, cette image chaotique d'une armée américaine
10:25qui est de plus en plus en difficulté, à la fois dans sa capacité de projection,
10:29parce que ce dont on parle, c'est la capacité de projection et surtout de durée.
10:32Il ne faut pas l'oublier que le conflit d'Hormuz, c'est une guerre d'usure,
10:37usure sur le plan économique, avec le poids que fait peser ce conflit
10:42sur notre économie mondiale avec le containment des flux de circulation commerciaux.
10:48Vous avez une guerre d'usure aussi en termes de coûts,
10:51puisque vous avez un coût militaire.
10:53Vous avez un déploiement des forces américaines qui coûte l'équivalent
10:56d'un milliard de dollars, ce qui n'est pas rien à chaque fois.
10:59Et vous avez finalement cet aléa avec un Iran qui ne bouge pas,
11:03qui montre une capacité de résilience et qui finalement joue à la fois
11:07sur cette communication, sur cette usure,
11:08et c'est sur cette incertitude totale du cap américain
11:12que vous vous retrouvez dans une situation qui devient de plus en plus intenable
11:16avec cette idée de, on arbitre un retrait,
11:19on arbitre une concession,
11:20ou est-ce qu'on relance des opérations, mais pour quel résultat ?
11:23Alain Oudo de Dainville, vous êtes toujours en direct avec nous.
11:26On a vu ces images de l'armée américaine qui montrent comment on prend soin,
11:30on va dire, de la santé mentale des marins sur justement ce porte-avions.
11:34Quel regard vous portez sur ces éléments ?
11:36Est-ce que vous dites que c'est nécessaire, c'est insuffisant,
11:38ou ça ne sert à rien ? Comment vous réagissez ?
11:41Vous savez, les marins à bord du porte-avions,
11:46ils sont loin de toutes les considérations stratégiques.
11:49Ils ont un boulot, comme vous le disiez précédemment.
11:51Il y a d'ailleurs ce qu'on voit, ce sien jaune qu'on voit passer,
11:55c'est un de ceux qui mettent en œuvre les avions.
11:58Eux, ils sont focalisés sur la mise en œuvre des avions.
12:01Seuls les pilotes savent ce qu'ils vont,
12:04enfin les pilotes et les équipages des avions savent ce qu'ils vont faire.
12:09Les autres sont concentrés sur leur mission.
12:12Alors c'est vrai qu'avec le temps, la lassitude s'installe,
12:16et en particulier il y a ce syndrome de se jeter à la mer
12:20qui a toujours existé et qui existera toujours.
12:23Et c'est là où il faut faire un effort particulier,
12:27ce qu'on voit à l'écran, pour préserver la santé mentale,
12:30mais aussi l'effort, il faut le faire à terre
12:33pour que les messages qui arrivent via l'Internet
12:37soient rassurants et réconfortants pour les équipages qui sont à bord.
12:41Ulysse Gosset, cette affaire prend aussi une dimension politique aux États-Unis
12:44puisque le Sénat s'en est saisi et a interpellé notamment le ministre des Armées.
12:49Oui, parce qu'on est en pleine campagne électorale avec les élections de novembre
12:53et les démocrates évidemment veulent mettre le doigt où ça fait mal.
12:57Et ils sont évidemment en accord avec les familles
12:59qui demandent pourquoi ce si long déploiement.
13:02Alors vous avez parlé de 200, 240 jours.
13:05Il faut rappeler que le porte-avions avait quitté San Diego en Californie en novembre 2025.
13:12Il arrive en janvier en Golfe d'Arabie
13:15et il reste là donc jusqu'au début du mois d'août.
13:17Ça fait au total près de neuf mois en mer, dont huit mois sans escale.
13:22C'est là le point le plus délicat pour les marins,
13:26je pense que l'amiral le confirmera,
13:27c'est le fait qu'il n'y ait pas eu d'escale pendant tous ces mois.
13:30Ce n'est pas uniquement la longueur de la mission.
13:32C'est le fait qu'il n'ait pas pu prendre un peu d'oxygène,
13:34un peu de repos, un peu d'ouverture sur le monde
13:38en débarquant à terre pendant 24 ou 48 heures.
13:41C'est cela qui a très certainement joué sur le stress de l'équipage
13:45des quelques 5 000 personnes à bord.
13:46Vous imaginez, 5 000 personnes, c'est une petite ville.
13:49Il faut nourrir, équiper, il faut réparer tout le temps
13:52et pas simplement les toilettes.
13:53Il faut du carburant pour les avions.
13:55Donc c'est une machinerie absolument colossale.
13:58À titre de comparaison,
14:00la plus longue mission opérationnelle du Charles de Gaulle a duré sept mois.
14:04C'était en 2001 et 2002, après les attentats du 11 septembre à New York,
14:09dans la préparation de l'intervention en Afghanistan,
14:12l'intervention américaine en Afghanistan avec les alliés.
14:15Donc si vous voulez, là on est sur presque 9 mois,
14:18donc entre 240 et 250 jours,
14:20ça dépend si on parle uniquement de la période dans le Golfe ou pas,
14:24mais effectivement c'est extrêmement long.
14:27Et donc des sénateurs démocrates s'appuyant sur les témoignages des familles
14:30ont écrit à l'US Navy, au patron de la marine américaine
14:34et au ministre de la guerre, pour demander des explications
14:38et demandant même une commission d'enquête.
14:40C'est une façon de mettre un peu en difficulté Pitexet,
14:44vous savez, qui est souvent critiqué, le ministre de la guerre,
14:46le jeune ministre de la guerre, ancien journaliste,
14:48commentateur de télévision,
14:50qui est un fan absolu de Donald Trump,
14:52qui a déjà été d'ailleurs, comme on dit,
14:55mis en discuter par Donald Trump lui-même,
14:56lorsqu'il a dû répondre au président,
14:58qui lui demandait « mais est-il exact que nous n'avons pas assez de stocks
15:01de missiles patriotes ? »
15:02Et lui disant « mais non, etc. »,
15:04il a dû quand même répondre aux explications.
15:05Donc tout ça permet aux démocrates, finalement,
15:08de lancer la campagne,
15:10mais ça a un certain retentissement, effectivement,
15:12dans l'opinion publique américaine,
15:14qui est très attachée au drapeau, comme vous le savez,
15:16et à ses forces armées,
15:18et donc qui tient effectivement à ce qu'elles soient bien traitées
15:20lorsqu'on montre les rations,
15:22les maigrichonnes qui sont servies aux marins
15:24et qu'on parle de toutes ces difficultés.
15:26Ce n'est pas bon pour la réputation de la marine.
15:28Néanmoins, vous l'avez dit,
15:30il y a déjà un autre porte-avions qui arrive.
15:32Il faut rappeler que le USS Lincoln dont on parle,
15:35c'est un bâtiment qui a près de 40 ans d'âge,
15:38qui a 10 ans de plus que le Charles de Gaulle.
15:40Donc c'est vrai qu'il est un peu, je ne dirais pas, vieillissant,
15:42puisque la durée de vie des porte-avions,
15:44c'est autour d'une cinquantaine d'années environ.
15:46Donc à 40 ans, il commence effectivement à souffrir un peu.
15:50Et là, il a été dans le golf.
15:51Il y a eu des missions opérationnelles de combat.
15:54Il y a eu des très nombreux départs d'avions
15:56pour aller bombarder l'Iran.
15:58Donc ça a mis l'équipage et les matériels à l'épreuve.
16:02Et ça explique effectivement qu'à un certain moment,
16:04il y a eu une réaction au sein des quelques 5 000 personnes,
16:09un ou deux cas extrêmes.
16:11La marine a réagi assez rapidement, vous avez vu.
16:14Réunion avec les familles la semaine dernière au Pentagone.
16:17Et puis décision là, on l'a appris aujourd'hui,
16:20d'envoyer un autre porte-avions.
16:22Je rappelle enfin que les Américains ont 11 porte-avions.
16:2611 porte-avions.
16:26Alors là, il fait partie de la cinquième flotte,
16:28qui est dans le Golfe.
16:30Mais il y en a d'autres.
16:31Il y en a d'autres qui sont en particulier dans le Pacifique.
16:34Et pourquoi c'est si important,
16:35cette répartition stratégique et cette planification ?
16:38C'est parce qu'il n'y a pas que l'Iran, il y a aussi la Chine.
16:41Et donc, il faut être présent partout
16:43et être capable de réagir avec les moyens nécessaires
16:46pour faire face à toute éventualité.
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