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  • il y a 13 heures
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Nous évoquions à l'instant avec mon invité Ludivine Delarochère le fond du texte et les saisines du Premier ministre
00:09Lecornu.
00:10J'aimerais messieurs évoquer les retentissements et les significations politiques de ces saisines du Premier ministre Lecornu,
00:19saisines auprès du Conseil constitutionnel.
00:23Cela montre tout de même que le Premier ministre Lecornu, alors qu'il ne s'est jamais ou quasiment jamais
00:31exprimé sur la question de la fin de vie ces derniers mois et durant les débats,
00:37dorénavant, on a son point de vue. Et là, il y a quelque chose qui change, Vincent Roi, c'est
00:42nouveau.
00:42Ah non mais attendez, Sébastien Lecornu est un catholique, fervent.
00:47Ah oui, mais il ne s'était jamais exprimé à ce sujet.
00:49Je vous le confirme, effectivement.
00:51Fervent. Donc, il n'est pas étonnant qu'il prenne position.
00:56C'est-à-dire que là, de toute façon, pour lui, si vous voulez, il faut être très clair, cette
01:01loi est tout à fait inacceptable.
01:03Et donc, si vous voulez, les saisine.
01:06Sa saisine, j'allais dire, va de soi.
01:09C'est logique. Mais alors, pourquoi ne l'a-t-il jamais fait ? Pourquoi ne s'est-il pas
01:13exprimé ?
01:13Alors, vous allez dire, c'est de bon ton, effectivement, quand on est Premier ministre, on évite, là-dessus, pendant
01:18des débats,
01:19de prendre parti, même si certains ne s'en sont jamais privés.
01:22Mais tout de même, ça montre aussi, et là, je m'adresse également à Gilles Boutin,
01:27ça montre aussi, parce que c'est vrai qu'Emmanuel Macron, il n'a pas encore de réforme sociétale à
01:32son actif.
01:33Ni dans ce quinquennat, ni dans celui d'avant.
01:36Et là, ça montre quand même une sorte de, j'ose le mot, une division entre, d'un côté, Emmanuel
01:41Macron, Gilles Boutin,
01:42et de l'autre, eh bien, M. Lecornu.
01:44Ça prouve que l'alignement dont tout le monde parlait entre Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron n'est pas absolu,
01:49et que l'éminence grise d'Emmanuel Macron a sa propre pensée et sa propre volonté.
01:55Ce qui est délicat dans la position de Sébastien Lecornu, c'est qu'il veut rester là où il est,
01:59il veut assumer ses positions et trouver un compromis délicat, si ce n'est impossible,
02:05entre ses convictions personnelles et la volonté générale de son camp,
02:08puisque, globalement, le camp centriste est très favorable à cette loi.
02:15Donc, il joue après coup, et aussi, il s'est engagé à ne pas interférer dans le travail parlementaire,
02:21puisqu'il se sait dans l'incapacité d'imposer ses vues, puisqu'il n'a pas de majorité absolue.
02:26Donc, le contrat, c'est « je vous laisse faire, débrouillez-vous ».
02:28Il l'avait fait notamment sur le budget, il va sans doute le refaire, pour justifier.
02:34Et donc, il arrive après coup.
02:35Ça veut dire aussi qu'il joue un peu avec les règles.
02:38Il en a le droit, évidemment.
02:39Et là, son ambiguïté est manifeste.
02:43Mais donc, il fait avec les moyens du bord,
02:46et il donne tout simplement le sentiment d'être, sur ce sujet, coincé dans son camp,
02:50et d'appartenir au camp de l'Édivine de la Rochère,
02:53mais il ne peut pas le dire, en fait.
02:55Tout à fait.
02:56Si j'osais une formule, je vous dirais qu'entre Sébastien Lecornu et M. Macron,
03:01les planètes ne sont pas alignées.
03:03J'ose la formule, j'ose la formule ce soir.
03:05Non, mais il est resté discret, ça veut dire qu'il est bien élevé.
03:08Il n'y a pas eu clip, ça.
03:08Non, mais il est Premier ministre, il dirige le gouvernement,
03:11il entend la volonté d'Emmanuel Macron,
03:14par conséquent, il ne s'oppose pas de front,
03:17il ne s'oppose pas directement.
03:18Durant les débats, il reste excessivement silencieux,
03:23il laisse la machine fonctionner,
03:26et puis il sort du guet,
03:29ses convictions, il en a le droit,
03:30ses convictions sont plus fortes,
03:33et donc, elles sont si fortes d'ailleurs,
03:36qu'il saisit le Conseil constitutionnel,
03:37sur un point notamment, j'y reviens,
03:39sur cette question du consentement,
03:41qui est le point central.
03:42J'aimerais quand même évoquer avec vous,
03:45messieurs Roy et Boutin,
03:46la composition du Conseil constitutionnel.
03:49Là, ça pose problème.
03:50Alors, expliquez-nous, Vincent Roy,
03:52parce qu'il y a neuf sages,
03:54je le rappelle à tous nos auditeurs,
03:56et sur les neuf sages,
03:57il y en a cinq qui ont déjà pris des positions publiques
04:01sur la question de la fin de vie.
04:03Voilà, alors, là, ça pose une vraie question,
04:06d'abord parce que,
04:07s'ils étaient si sages,
04:09ils n'auraient pas parlé,
04:10ben oui, ben oui, ça les met dans une position.
04:13C'est peut-être avant qu'ils soient nommés
04:15au Conseil constitutionnel, Vincent Roy.
04:16Oui, mais comment voulez-vous être,
04:18ben oui, mais écoutez,
04:19comment voulez-vous,
04:20dans le cas qui nous occupe,
04:21être à la fois jugé parti ?
04:23Vous ne pouvez pas avoir déclaré
04:26que vous étiez pour ou contre, d'ailleurs,
04:29cette loi, après siéger ?
04:32Moi, je pense qu'il, là,
04:34il y a quasiment, pour moi,
04:36une obligation sur ces questions
04:38de se déporter dès lors qu'on y a répondu.
04:42Gilles Boutin,
04:43alors, j'aimerais qu'on avance
04:44parce que, à l'aube du débat sur le budget
04:47qui s'annonce, en tout cas,
04:50assez fleuri, voire très agité,
04:53est-ce que ça révèle au grand jour,
04:55finalement, des divisions
04:56au sein de la majorité ?
04:59Notamment, voilà, alors là,
05:00effectivement, des divisions,
05:02Macron le cornu,
05:03mais pas seulement.
05:04Est-ce que cela met en lumière,
05:06finalement, des divisions
05:07au sein de cette famille
05:08du bloc central, justement,
05:09Gilles Boutin ?
05:11Oui, clairement,
05:12il y a des divisions,
05:13ça montre bien que...
05:13On ne l'a pas découvert aujourd'hui,
05:14je suis d'accord, oui.
05:15Ce que je veux dire,
05:15c'est que ça montre bien
05:16que la Macronie est traversée
05:17par des courants,
05:18et même des...
05:18On a cherché à mélanger
05:19l'huile et le vinaigre,
05:21la droite traditionnelle,
05:23celle, en tout cas,
05:23qui conserve,
05:25qui reste solide
05:25sur ses appuis idéologiques.
05:28Et les valeurs sociétales.
05:28Je dis celle-ci
05:29puisque certains ont évolué,
05:31c'est-à-dire que je prends
05:33l'exemple d'un Bruno Le Maire
05:35qui, par exemple,
05:36s'était dit à une époque
05:38opposée au mariage pour tous,
05:39a finalement évolué sur la question,
05:41et beaucoup d'autres
05:42ont suivi ce genre de trajectoire,
05:44ou même d'autres
05:45sur la GPA aussi.
05:46Tout à fait.
05:48Donc, ceux-là ont mis
05:49de l'eau dans leur vin,
05:50pour le coup.
05:51Ils ont été corporate,
05:53disons.
05:53Mais de la part...
05:54Mais donc,
05:54on ne peut pas exclure,
05:55en revanche,
05:56que typiquement,
05:57un Bruno Retailleau
05:58qui, bon, certes,
05:59ne fait pas partie explicitement
06:00de la majorité,
06:01mais a quand même participé
06:02au gouvernement précédent,
06:04qui était en tout cas
06:05dans une forme de collaboration.
06:07Vous ne pouvez pas mélanger tout ça,
06:08et ça montre bien aussi
06:09la supercherie historique,
06:11finalement,
06:12du macronisme.
06:12Ça a réussi en 2017
06:14sur une promesse
06:16un peu nouvelle,
06:17un visage nouveau,
06:18où on allait transcender,
06:20transgresser même
06:20l'idée du bipartisme.
06:22En 2022, honnêtement,
06:24les gens n'en voulaient plus déjà,
06:25mais bon,
06:25la situation géopolitique
06:26de l'époque a fait
06:27qu'Emmanuel Macron
06:28en a profité
06:29pour se faire réélire
06:30parce qu'il était
06:30le seul à rassurer,
06:31mais ça aurait déjà dû
06:32se terminer avant,
06:33en fait,
06:34en termes de tectonique
06:35des plaques.
06:35Mais le bloc central,
06:37c'est quoi ?
06:37C'est un machin.
06:38Est-ce qu'on en a défini ?
06:39Non mais est-ce qu'on en a...
06:41François Bayrou a une idée
06:41très précise sur ce bloc central.
06:43M. Bayrou,
06:45c'est le...
06:45Vincent Roy.
06:46Alors, vraiment,
06:47c'est le centre.
06:49C'est-à-dire,
06:51le centre est partout
06:52chez M. Bayrou,
06:53le problème,
06:54c'est que la circonférence
06:54n'est nulle part.
06:55C'est ça son problème,
06:56M. Bayrou.
06:57Mais le bloc central,
06:59quand je dis
06:59c'est un machin,
07:01quels en sont exactement
07:02les contours ?
07:02Parce que,
07:03si c'est allé
07:04de M. Glucksmann
07:06à M. Retailleau,
07:07non mais pardonnez-moi,
07:08mais ça ne me paraît plus
07:10le grand écart.
07:11Ça me paraît simplement
07:12le bazar pour rester poli.
07:14ça ressemble à une primaire
07:14dont a parlé un ancien
07:15Premier ministre,
07:16cette histoire-là,
07:17ce que vous décrivez.
07:17Et ça tombe bien,
07:18Vincent Roy,
07:19parce que j'aimerais parler
07:19de François Bayrou.
07:20Non mais oui,
07:21on y va,
07:21mais juste pour terminer,
07:23le bloc central,
07:24c'est le principe de la pizza.
07:26Il y a une pâte,
07:27mais vous mettez absolument
07:28n'importe quoi dedans.
07:30C'est de la politique
07:34rapide,
07:34le bloc central.
07:35Quand on dit ça,
07:35on n'a rien dit.
07:36De la politique rapide,
07:37effectivement.
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