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  • il y a 5 heures
Envie de reprendre un peu d’info ? Ça tombe bien c’est le week-end et on peut encore plus prendre son temps. 120 minutes pour revenir sur les événements avec les acteurs de l'actualité.

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Transcription
00:00On va maintenant s'intéresser à, c'est de la politique en fait ce qui se passe, on le voit
00:04bien,
00:04avec cette lettre adressée à Laurent Nunes, ministre de l'Intérieur, par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin.
00:11Vous vous souvenez, après le drame terrible, le meurtre de la petite Liana,
00:16on avait parlé de ces plaintes qui étaient restées lettres mortes.
00:20Et Gérald Darmanin avait demandé à ce qu'on s'occupe de ces 57 000, je crois, Maxime Brandstetter.
00:25C'était le chiffre qui avait été venu.
00:28Alors on est plus autour des 80 000.
00:30Mais ce qui aujourd'hui met en colère les policiers, c'est la lettre de Gérald Darmanin
00:34qui parle d'un gigantesque stock fantôme de procédures non transmises par la police et la gendarmerie.
00:40Là, il les pointe du doigt, il dit voilà, si ça dysfonctionne, c'est aussi à cause de vous.
00:45Alors il a demandé à tous les parquets généraux de faire un inventaire
00:50et d'essayer de lui faire remonter ce que eux voient comme problème
00:54qui ont pu conduire au drame de Liana, mais à toutes ces plaintes non traitées.
00:57Et il y a quasiment un petit peu moins d'une quarantaine de procureurs généraux qui lui ont répondu.
01:02Et dans une lettre qu'il a écrite, que Gérald Darmanin a écrite au ministre de l'Intérieur, Laurent Nunes,
01:08il liste les problèmes que lui ont fait remonter les procureurs qui sont sous son autorité.
01:12Et c'est vrai qu'il y en a beaucoup et qui sont assez accablants.
01:15Alors, exemple ?
01:19Première chose, le nombre de stocks fantômes ou de procédures non étudiées.
01:24Il dit que, voilà, par exemple, le parquet d'Aix-en-Provence relève un grand nombre de procédures
01:28en ayant fait l'objet d'aucun acte d'enquête depuis la plainte ou la saisine du parquet.
01:33Le parquet de Bastère qui dit que des procédures de plus de trois ans,
01:37on parle de violences sexuelles sur des mineurs,
01:40des procédures de plus de trois ans, avec un auteur identifié ou identifiable,
01:44donc avec quelqu'un qu'on connaît, en total abandon.
01:47Celui de Melun parle de très nombreuses procédures laissées à l'investigation
01:50pendant des mois, voire des années, alors que l'auteur a été désigné.
01:54Typiquement, des procédures qui traînent, alors qu'on pourrait faire quelque chose.
01:58Il y a ça.
01:58Et on explique pourquoi elle traîne ou pas ?
02:02Est-ce que dans sa lettre, le garde des Sceaux explique ?
02:05Non, le garde des Sceaux pointe les problèmes.
02:08Après, je pense qu'on va en discuter autour de ce plateau.
02:10Je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui ont des avis sur pourquoi elle traîne.
02:12Souris, mais il sourit jaune, Jean-Pierre Colombiès.
02:14Oui, oui, parce que là...
02:15L'ancien flic.
02:16L'ex-flic.
02:17Mais enfin, vous restez toujours flics, c'est ce que vous nous dites tout le temps.
02:19Il y a un petit réflexe citoyen, si vous le permettez,
02:22sans être policier en activité.
02:26Mais enfin, oui, il y a du rire jaune, du rire cynique,
02:29parce qu'on est en train d'assister à...
02:30La guerre poli-justice ?
02:32Mais surtout, une démonstration de cynisme politique,
02:35comme on en a rarement vu.
02:37Parce que là, les dysfonctionnements qui sont pointés par le ministère de la Justice
02:40via son porte-parole officiel, donc le ministre de la Justice,
02:44qui adresse au ministre de l'Intérieur qu'il fut,
02:46il n'y a pas si longtemps que ça.
02:47Donc ça le concerne aussi ?
02:48Un petit peu, c'est son nom quand même.
02:50Mais on va être très clair, je n'ai pas là pour avoir la langue de bois, je crois,
02:54tout le monde connaît cet état des lieux.
02:56Bien sûr.
02:57Tout le monde.
02:58Des stocks fantômes comme ça ?
02:59Bien sûr.
03:00Bien sûr.
03:00Mais tous les officiers, tous les cadres des services de police,
03:03particulièrement des services de proximité, sûreté,
03:07ou commissariat, ou tout ce que vous voulez, même PJ,
03:10ont pour mission première, lorsque vous prenez un commandement,
03:13de faire un état des lieux, des dossiers en stock,
03:16qui sont remontés à votre hiérarchie,
03:18qui elle-même les remontre à la hiérarchie supérieure,
03:21et ainsi de fil en aiguille jusqu'au ministère.
03:23Donc là, on joue, on joue finalement à qui pergagne un petit peu.
03:26Oui, ce n'est pas de ma faute, c'est la sienne,
03:28c'est vraiment le jeu de la patate chaude que les uns et les autres essaient de filer.
03:33Oui, mais ces stocks fantômes, ils sont dus à quoi ?
03:35Un stock invraisemblable de dossiers,
03:37et le parquet a sa responsabilité.
03:39Là, je vais me faire l'avocat du diable,
03:40enfin, ce n'est même pas l'avocat du diable, je parle de faits, d'accord ?
03:43Je n'ai pas de parti pris là-dedans.
03:44Les services de police sont noyés sous des dossiers parqués
03:48qui arrivent par tombeau en entier auprès des services d'investigation
03:51qui n'ont tout simplement pas les moyens humains, logistiques, gérés.
03:56Mais bien sûr.
03:57Alors, attendez, je voudrais, avant de continuer la discussion avec vous,
04:00je terminerai là-dessus.
04:02Un commissariat parisien, que je n'ai pas envie de nommer,
04:04dont j'ai pris le commandement au niveau du service judiciaire en 2015,
04:0713 000 dossiers étaient enfermés dans une pièce aveugle
04:10parce qu'ils n'étaient pas traités.
04:12Mais je ne parle pas, attention, je ne parle pas de violence aux personnes,
04:14encore moins de violence faite aux mineurs.
04:1613 000 dossiers qui étaient là, qui n'étaient pas traités.
04:18Vous êtes débordés, quoi, en fait.
04:19Bien sûr.
04:20Sans parler du nombre de plaintes et de mains courantes qui ne sont pas reçues.
04:25Nous avons une avocate présente ici.
04:27Nous, en tant qu'association, nous sommes régulièrement saisis
04:30par des parents, maman ou parents, les deux, qui nous disent,
04:34je sors du commissariat de police, on a refusé de prendre ma plainte.
04:37On a patienté 15 minutes dans le hall d'un commissariat en attendant,
04:40comme moi, ça peut m'arriver quand je me rends aux côtés d'un de mes clients.
04:44Dans le hall, vous entendrez très souvent des personnes qui déclinent une plainte,
04:51quelqu'un qui vient déposer une plainte.
04:52Or, depuis la loi de 2000, le guichet unique impose de prendre des plaintes.
04:55Il est vrai que chacun bricole dans son coin pour gérer des ressources humaines
05:01qu'ils n'ont pas.
05:02Personne n'a envie de laisser passer un mortier d'enfant ou un pédophile.
05:06C'est un manque de moyens.
05:07C'est évidemment un manque de moyens.
05:08Vous imaginez bien que quand même, là, ce qu'on feint de découvrir,
05:11il y avait un rapport de 2024 qui déjà le dénonçait.
05:14Tout à fait.
05:14De 2023.
05:16Monsieur Darmanin a été ministre de l'Intérieur de 2020 à 2024.
05:19Là, il découvre que finalement, ses propres services...
05:23Il ne découvre rien du tout.
05:24Il fait de la politique, là.
05:25Il fait de la politique et je crois que les parents de Liana...
05:28Je crois que les enfants et cette cause-là qui est étiquetée prioritaire
05:32méritent mieux que cela.
05:33Et à force de mettre des étiquettes prioritaires sur tous les drames du fait divers du quotidien...
05:37C'est potentiellement candidat à l'élection présidentielle aussi.
05:39Mais plus rien n'est prioritaire.
05:40Quand vous énoncez chaque cause comme prioritaire, il y a un problème de braquage,
05:43ça devient prioritaire, la criminalité organisée.
05:45Il y a un problème de stupéfiants, les stupéfiants deviennent prioritaires.
05:48Et quand vous avez des services de police avec deux personnes
05:51qui sont formées aux auditions Mélanie et à entendre les enfants
05:53et qui, finalement, ne peuvent pas gérer,
05:56en fait, c'est vraiment de l'affichage politique.
05:57Et ça, ce n'est pas possible de dire aux gens cela.
05:59Oui. Je pense aussi qu'il faut qu'on dépasse cela.
06:04Aujourd'hui, on a des éléments concrets, factuels, d'information.
06:09Qu'est-ce que nous demandons à nos ministres, à nos politiques ?
06:15Qu'est-ce que nous demandons aussi à nos députés ?
06:17Parce que nos députés, ils ont une part de responsabilité.
06:20C'est eux, quand même, qui préparent des lois, qui font adopter des lois,
06:24qui vous amènent tout le temps des lois plus, plus, plus.
06:28On en est à la sixième, septième loi sur la protection de l'enfance.
06:31On va encore avoir une loi intégrale.
06:34Qui sera inapplicable.
06:36Exactement.
06:36La dernière loi, elle reprend un article de la loi Taquet,
06:41qui date de 2022.
06:43Je pense qu'aujourd'hui, moi, j'aurais envie de dire,
06:45sortons de la politique.
06:47Là, il y a un sujet sociétal
06:49qui touche l'avenir de notre société,
06:51qui sont les enfants.
06:53Faisons en sorte, aujourd'hui,
06:54d'apporter des réponses à ce que ce rapport met en évidence.
06:58Je voudrais simplement qu'on ait,
06:59parce qu'il est en ligne, il est au téléphone avec nous,
07:01c'est Jérôme, qui fait partie de l'NPJ.
07:04L'NPJ, c'est l'association nationale de la police judiciaire.
07:07Il milite pour la filière investigation.
07:10Voilà, mais justement,
07:12et vous êtes en colère, Jérôme,
07:14d'avoir été pointé du doigt par le ministre de l'Intérieur.
07:17Oui, bonjour à tous.
07:18En colère, non, mais un peu,
07:21comme le disait la personne présente,
07:24on rit un peu jaune,
07:24parce qu'au final, le ministre, le garde des Sceaux,
07:30fait le constat de choses qui sont connues par tout le monde
07:33depuis maintenant 2022-2023
07:36et par les professionnels depuis bien plus longtemps.
07:38C'est-à-dire une filière judiciaire qui est exempte,
07:41qui est de pouvoir traiter l'intégralité des dossiers
07:45qu'elle devrait avoir à traiter
07:47et un manque cruel de personnel
07:51pour pouvoir réaliser ses missions.
07:53Oui, mais comment est-ce qu'on explique,
07:56je repose cette question,
07:57ces stocks fantômes ?
07:58Parce que, d'abord, derrière ces stocks fantômes,
08:01qui est une espèce de terme un peu générique,
08:03il y a aussi des plaignants,
08:05il y a des familles qui sont en souffrance,
08:07qui attendent que le dossier avance.
08:09Et puis, il y a simplement des citoyens
08:10qui découvrent que,
08:12pour citer quelques exemples,
08:14il peut y avoir 1200, 1500 procédures
08:17qui sont là, qui sont bloquées,
08:18qui n'avancent pas.
08:19Pourquoi ça n'avance pas, Jérôme ?
08:22Comment voulez-vous faire avancer des dossiers
08:24quand vous êtes, de manière systémique,
08:28sous-dimensionné pour traiter les dossiers
08:29que vous avez à faire ?
08:30Ce n'est pas possible.
08:32À un moment, contrairement à ce qui est dit
08:36depuis plusieurs années,
08:38la filière judiciaire n'a pas été renforcée.
08:40Au contraire, elle s'appauvrit de jour en jour.
08:43Et aujourd'hui, avec une population
08:46qui a augmenté 15% sur les 20 dernières années,
08:49on a vu une filière judiciaire,
08:51police nationale française,
08:52perdre des effectifs
08:54par rapport au début des années 2000.
08:57Quand vous rajoutez à ça
08:58la complexification de la procédure pénale,
09:01donc des dossiers qui nécessitent
09:03plus d'investigation,
09:04plus de temps, plus de travail,
09:06et effectivement,
09:08une recrudescence normative,
09:10vous arrivez à une situation
09:12où vous êtes totalement enseveli
09:14par la vague
09:15et vous ne pouvez plus faire place.
09:17Donc, effectivement,
09:19les priorités se succèdent
09:20et tout devient prioritaire.
09:22Merci, Jérôme.
09:23Vous êtes policier,
09:24vice-président de l'Association nationale
09:26de police judiciaire.
09:27Maxime Branscheter.
09:28Quand on continue sur la lettre
09:29de Gérald Darmanin,
09:30on s'aperçoit que peut-être
09:32tout n'est pas un problème d'effectifs.
09:33Il y a aussi des problèmes
09:34qui sont pointés,
09:36qui étonnent.
09:37Je prends un exemple,
09:38les logiciels
09:39qui sont utilisés
09:40par la police et la justice.
09:42Vous savez,
09:42c'est dématérialiser
09:43les procédures.
09:46C'est un enjeu hyper important
09:47parce que typiquement,
09:48la Ferliana,
09:48vous savez,
09:49il y a une histoire de courrier
09:49qui est parti,
09:50qui est reparti.
09:51Ça a perdu beaucoup de temps.
09:52C'est hyper important
09:53de dématérialiser.
09:53Parce que ce n'était pas
09:54la bonne juridiction.
09:55Exactement.
09:55Si vous avez tout
09:56sur fichier informatique
09:57et dans un même logiciel,
09:58ça marche bien.
09:59Le courrier du garde des Sceaux
10:00relève que les logiciels informatiques,
10:03alors c'était connu aussi,
10:04mais des policiers sont vétustes
10:06à tel point
10:07que cette numérisation
10:09des procédures,
10:10ça ne marchait pas,
10:11ils n'arrivaient pas
10:11à transmettre à la justice
10:12parce qu'ils n'avaient pas
10:13les mêmes logiciels.
10:13Ils ont dû faire l'inverse,
10:15réimprimer toutes les procédures,
10:16refaire des procédures papier.
10:18Oui,
10:18typiquement,
10:19c'est une perte de temps.
10:20Mais au-delà de ça,
10:23d'une part,
10:24le logiciel gendarmerie
10:25ne coïncide pas
10:27avec le logiciel justice.
10:29Quand vous pensez
10:30qu'aujourd'hui,
10:31il y a la loi Guigou,
10:341998,
10:35pour l'enregistrement
10:36des révélations des enfants,
10:38on enregistre,
10:39eh bien aujourd'hui,
10:40les magistrats
10:41ne visionnent pas
10:42ces enregistrements.
10:43Donc,
10:44les enquêteurs...
10:45Pourquoi ?
10:46Pas le matériel.
10:47Ils n'ont pas le temps.
10:47Les enquêteurs retranscrivent.
10:51C'est-à-dire que vous avez
10:52une audition qui dure
10:5240 minutes aujourd'hui.
10:54Il faut 3 heures
10:56pour la retranscription.
10:57Alors qu'il y a des logiciels.
10:58C'est la voix de l'enfant,
11:00ces dernières années,
11:01qui a financé
11:02le logiciel de retranscription
11:04dans les unités d'accueil
11:06où interviennent
11:06police et gendarmes.
11:07Quand on dépose une plainte,
11:08nous autres avocats,
11:09on sait que si on n'apporte
11:10pas des pièces exploitables,
11:11c'est-à-dire avec des
11:13retranscriptions in extensos,
11:14etc.,
11:14ce sera très difficile.
11:15Quand on demande
11:16où on est une procédure,
11:17on est même content
11:18d'arriver à avoir
11:20un retour.
11:21C'est-à-dire que
11:21il y a récemment
11:23un parquet
11:23qui m'a demandé
11:24un numéro
11:24parce qu'avec le nom
11:25et le prénom,
11:27il ne parvenait pas à...
11:28Il faut imaginer quand même
11:29la bétusteté
11:30de ces équipements.
11:31Et c'est un cercle vicieux
11:32parce que quand des personnes
11:33travaillent dans ces services-là
11:34et qu'elles sont confrontées
11:35à ces constats d'échec-là,
11:36ils partent.
11:37Donc effectivement,
11:38vous ne pourrez pas avoir
11:39des services
11:40qui soient compétents.
11:40Les personnes qui sont formées...
11:41On a des policiers exceptionnels
11:44qui sont formés.
11:44Ils arrivent à 25 ans
11:45dans un commissariat.
11:46Ils voient ce qu'ils sont
11:47concrètement en mesure
11:48de pouvoir apporter
11:49comme réponse.
11:50C'est désespérant.
11:51Ils s'en vont.
11:51Attendez, je pose une question.
11:53Est-ce que c'est une question
11:54aussi de rythme de travail
11:55des policiers ?
11:55Ou de temps de travail
11:56des policiers ?
11:57Non, c'est plus profond que ça.
11:58Non, non, mais vraiment,
11:59je pose la question...
12:00Parce que je me souviens...
12:01Je me souviens certains
12:02m'aient même parlé des magistrats
12:03en disant,
12:03les magistrats,
12:04il y a un moment où
12:06j'ai fini, j'ai terminé,
12:07j'ai fini mon temps de travail.
12:09Est-ce que c'est une question
12:11de 35 heures,
12:11d'horsup qui ne sont pas payés,
12:13de stock d'horsup ?
12:14Je veux répondre
12:15à toutes vos questions.
12:16Il y a une perte de sens
12:17totale du judiciaire.
12:18Pourquoi ?
12:19Tout simplement
12:20parce que ça fait plus de 20 ans
12:21qu'on a priorisé
12:22la voie publique.
12:23D'accord ?
12:23Donc tout ce que ça représentait,
12:25nombre d'interpellations,
12:26les fameuses IRAS,
12:27efficacité,
12:28du maintien de l'ordre,
12:29les conclusions
12:30du Beauvau de la sécurité
12:31sont caricaturales
12:32à ce niveau-là.
12:33Il n'y a quasiment pas un mot
12:34sur le judiciaire.
12:34Le judiciaire passe au second plan
12:36dans ce pays aujourd'hui.
12:38Ce qui est un vrai problème,
12:38pas simplement technique,
12:39mais de démocratie.
12:40Ce que vous appelez le judiciaire,
12:41c'est l'enquête.
12:42Oui, c'est l'enquête.
12:43Mais pour moi,
12:44c'est un vrai problème démocratique
12:45parce que vous ne répondez plus
12:47à une demande essentielle
12:47de la population
12:48qui est la protection.
12:49Là, on parle de violence sexuelle.
12:51Je parle de ça aussi.
12:52On parle de violence
12:53faite aux enfants,
12:54faite aux femmes.
12:55Ça, ça doit être une priorité.
12:57Mais non, ça ne l'est plus.
12:58On a supprimé des effectifs.
12:59Pourquoi ?
13:00Parce qu'on demandait
13:00des résultats et des chiffres.
13:02On demandait des résultats
13:03et des chiffres
13:03que la voie publique
13:04pour des policiers,
13:05on a un constat,
13:06une résolution sur le judiciaire.
13:08C'est long, c'est très vieux.
13:09Et aujourd'hui,
13:10on se vient de découvrir en 2026
13:11qu'on a des problèmes
13:12de criminalité organisée,
13:13on a des problèmes
13:13de délinquance sexuelle,
13:15on a des problèmes d'inceste.
13:15Et comment on règle ça
13:16avec des policiers
13:17qui sont chargés, investis
13:19et qui ont les moyens
13:20d'investir au long cours ?
13:21Ce que j'aurais, moi, souligné,
13:22c'est qu'il n'y a pas
13:22que les policiers.
13:23Parce que ce qui est intéressant
13:25et pour vos auditeurs,
13:27c'est que nous avons
13:28une législation très particulière
13:29en matière de protection
13:30de l'enfance
13:31et des violences
13:32et des agressions sexuelles.
13:33C'est-à-dire que le parent
13:35ou la personne
13:36qui va déposer plainte,
13:37il ne va pas y avoir
13:38tout de suite une procédure
13:40avec un juge d'instruction.
13:41Il va d'abord y avoir
13:42une enquête préliminaire
13:44où il y a ou policiers
13:46ou gendarmes.
13:47Et aujourd'hui,
13:48il n'y a pas de gendarmes ici.
13:49Parce que ce n'est pas
13:51le même type de fonctionnement
13:52non plus.
13:53Il faut le souligner.
13:54Bon, il y a cette enquête
13:55préliminaire.
13:56Et ensuite,
13:58c'est selon le résultat
13:59de cette enquête préliminaire
14:00que le parquet décide
14:02ou non
14:02d'une ouverture d'instruction.
14:04Donc vous voyez,
14:05il y a tout un cheminement,
14:06même pour les enquêteurs,
14:08qui peuvent être appelés
14:09cinq ou six ans après
14:11pour témoigner à la barre
14:12de l'enquête
14:13qu'ils ont menée.
14:14C'est toute une chaîne,
14:15la procédure.
14:16Vous voulez des solutions ?
14:17Je vous en donne des solutions.
14:19Déjà, on revient
14:19sur la réforme d'Armana.
14:21Cette déforme
14:21de la départementalisation
14:22qui n'est ni plus ni moins
14:24qu'une entreprise
14:24de sabotage totale
14:25sur la filière judiciaire.
14:27Que d'ailleurs,
14:27cette association
14:28qui a été mentionnée
14:29préalablement
14:30avait dénoncé déjà,
14:31mais pas seulement
14:32cette association
14:32qui a été écrasée totalement
14:34par la hiérarchie policière
14:36en la personne
14:36de certaines autorités
14:37qui d'ailleurs
14:37en étaient issus
14:39de la PJ.
14:40Ça a été dénoncé
14:41par les avocats,
14:42c'est été dénoncé
14:42par les magistrats
14:43et malgré tout,
14:44Darmanin,
14:45Gérald Darmanin
14:45a imposé cette réforme.
14:47Vous voulez des solutions ?
14:48Eh bien,
14:48tout simplement créer à nouveau,
14:50recréer plutôt
14:50la filière judiciaire
14:51telle qu'elle existait
14:52avant 1995,
14:54former des enquêteurs.
14:55Ce qui n'existe plus
14:56en France.
14:56On ne forme plus d'enquêteurs.
14:58Il faut quand même le savoir.
14:59Il y a un vrai scandale
15:00d'État derrière tout ça.
15:01D'ailleurs,
15:01plus personne ne veut
15:02être enquêteur.
15:03Pardon ?
15:03Plus personne ne veut
15:04être enquêteur.
15:04Et pourquoi ?
15:04On va les expliquer pourquoi.
15:05Chez les gendarmes,
15:07je suis désolé,
15:08il y a des formations.
15:09Laissez-moi terminer.
15:09Oui, non mais attendez,
15:10je crois qu'il y a aussi
15:11l'objectivité.
15:12Je vous ai expliqué policier.
15:13Oui, mais moi je vous parle aussi
15:14des enquêteurs qu'on connaît
15:15et policiers et gendarmes.
15:16Avec les voix de l'enfant
15:16et l'association.
15:17Alors finissez.
15:18Les policiers ne sont plus
15:19formés spécifiquement
15:20aux judiciaires
15:20à la différence effectivement
15:21des gendarmes.
15:22Ils n'ont pas le même non plus
15:23la même force de faible
15:24que les policiers.
15:25On a détruit cette filière
15:27sciemment.
15:28D'accord ?
15:29Je pèse mes mots.
15:30Sciemment.
15:31On ne voulait plus
15:31d'une police judiciaire
15:33efficace.
15:33Donc il faut revenir à ça
15:34et réinstaurer
15:35ou instaurer un système
15:37de filière judiciaire
15:38qui aille de la plainte
15:39aux magistrats
15:40en passant par des gens
15:41spécialisés
15:42et formés expressément là-dessus.
15:43Ce qui n'existe plus.
15:44On a Bruno Bartosetti
15:46qui était avec nous.
15:46Lui aussi il intervient régulièrement.
15:48Il est secrétaire national
15:48chargé de la zone sud.
15:50Il représente le syndicat
15:51unité SGPFO.
15:53Bonsoir Bruno Bartosetti.
15:54Je voulais que vous soyez avec nous
15:55parce que souvent
15:56quand on regarde
15:56les fameux stocks fantômes
15:57on s'aperçoit que la zone sud
15:59en matière de stocks fantômes
16:01apparemment vous êtes bien loti.
16:02Est-ce que vous avez une idée
16:03vous du nombre de plaintes
16:06justement qui sont là
16:07qui sont en attente d'instruction ?
16:10Oui bonjour.
16:11Alors non je n'ai pas le nombre
16:12exact en tête.
16:14Et d'ailleurs même lorsque
16:15la première fois
16:16M. Darmanin a parlé
16:17de 60 000 dossiers en souffrance
16:20il était en deçà
16:21du nombre de dossiers
16:22qui justement
16:23étaient en attente.
16:25Alors en zone sud
16:25nous en avons évidemment beaucoup
16:27mais j'ai entendu
16:28surtout
16:29sur ce plateau
16:31tout a été dit
16:32de manière
16:33j'ai envie de dire
16:33constructive.
16:34En tout cas j'espère
16:35que ça va être constructif
16:36pour l'avenir
16:36parce que c'est ce qui se passe
16:37aujourd'hui.
16:38Aujourd'hui on a priorisé
16:39des dossiers
16:40en fonction de l'actualité politique.
16:42Tout doit être prioritaire
16:43avec les mêmes services.
16:45C'est là où ça ne va pas.
16:46Qu'est-ce qui se passe
16:46aujourd'hui pour la brigade
16:47des mineurs ?
16:48On va chercher aujourd'hui
16:49des enquêteurs
16:50qui sont à la brigade financière.
16:51Donc ce sera au détriment
16:52d'autres services
16:53pour essayer d'avancer
16:55sur ces dossiers
16:55en souffrance
16:56mais il faut de l'expérience.
16:58Il faut une formation.
16:59Quand vous voyez
17:00que chez les enquêteurs
17:01on prend des stagiaires
17:02parfois pour avancer
17:03on prend donc du retard.
17:05Et tout a été dit
17:05sur ce plateau.
17:07Les dossiers
17:07qui sont en souffrance
17:08sont des dossiers
17:09qui sont très difficiles
17:10pour nous
17:11parce que nous sommes
17:12pères et mères de famille
17:13et quand vous avez
17:13des dossiers
17:14notamment lorsque ça touche
17:15l'enfance
17:16qui n'avance pas
17:17et bien c'est vrai
17:17que ça commence
17:18à devenir très lourd
17:19très pesant
17:20et quand on fait
17:21un constat aujourd'hui
17:22de ce qui se passe
17:22dans notre pays
17:23à une encabure
17:24des élections présidentielles
17:25on se demande
17:25à qui va profiter le crime.
17:27En tout cas
17:28certainement pas
17:29aux policiers
17:29et gendarmes
17:31qui sont vraiment
17:31en souffrance là-dedans.
17:32Alors répondre avec précision
17:33sur les stocks
17:33en attente
17:34ce que je peux vous dire
17:35aujourd'hui
17:36et c'est très mathématique
17:37quand vous prenez
17:38ne serait-ce que le chiffre
17:39de 70 000 en souffrance
17:41parce qu'un enquêteur
17:42a dans les mains
17:43un dossier
17:43la plainte a été prise
17:44par un autre fonctionnaire
17:46lorsqu'il a un dossier
17:46dans les mains
17:47au mieux
17:47ça peut être réglé
17:49en 15 jours
17:49mais ça peut prendre
17:502, 3, 4, 6 mois
17:51avec 2 ou 3 enquêteurs
17:53lorsqu'il y a des perquisitions
17:54faites le compte
17:54c'est impossible
17:55il faudrait aujourd'hui
17:56mais c'est mathématique
17:57il faudrait
17:5810 000 policiers
17:59et gendarmes formés
18:02pour travailler
18:02en brigade des mineurs
18:03vous imaginez
18:05un petit peu
18:05le retard qu'on a
18:06et ça va continuer
18:07parce qu'on va faire
18:07dans l'à peu près
18:08et en fonction
18:09de l'actualité
18:10on priorisera encore
18:11d'autres informations
18:13d'autres cibles
18:17pour pouvoir
18:18gagner du temps
18:19le temps c'est simple
18:20on en perd
18:20parce qu'on manque
18:21effectivement
18:22d'effectifs
18:23mais vous l'avez souligné
18:23aussi
18:24il n'y a pas que les effectifs
18:25il y a aussi
18:25toute cette formation
18:26et la motivation
18:27qui n'est plus
18:28chez les enquêteurs
18:28aujourd'hui
18:29ou très peu
18:29maître
18:30vous voulez réagir
18:31c'est que depuis un mois
18:33et depuis ces annonces
18:34du ministre de la justice
18:35de la nécessité de réagir
18:37et de vider ces stocks fantômes
18:38comment ils font les enquêteurs
18:39et bien ils sortent des dossiers
18:41ils placent des personnes
18:42en garde à vue
18:42qui vont parfois chercher
18:43chez eux à 6h du matin
18:44alors que la plainte date
18:45de 3 ans
18:46et puis ils sortent à 15h
18:47et en fait c'est des
18:48on ment en fait aux gens
18:50on leur fait croire
18:51qu'on va gérer ces dossiers
18:52on bâcle
18:53on vient sortir du stock
18:54très mal
18:55là dedans il y aura forcément
18:57des gens qu'on va laisser sortir
18:58et par ailleurs
18:58là la conséquence
19:00ce n'est pas un braquage
19:01ou un cambriolage
19:03ce sont des enfants
19:04qui sont parfois
19:04entendus par téléphone
19:05mal
19:06qui vont être ensuite
19:07réentendus
19:09triplement réentendus
19:10avec le traumatisme
19:11qu'on connaît
19:12de répéter
19:13de sous-répéter
19:14et que ce soit
19:15des femmes victimes
19:16de violences sexuelles graves
19:17ou que ce soit des enfants
19:18les conséquences
19:19elles sont dramatiques
19:20et on vient dire
19:20en faisant mal
19:21en énonçant mal
19:22que c'est de la politique
19:23mais cette politique là
19:24elle a des conséquences
19:25sur le judiciaire
19:26et sur les gens
19:26justement je voulais me tourner
19:27vers vous Edgar
19:27Arbé qui est du service
19:28politique de BFMTV
19:30à quoi joue Gérald Darmanin
19:32dans cette histoire
19:33parce qu'en plus
19:34ça lui revient
19:35comme un boomerang
19:35il a été ministre
19:36de l'Intérieur
19:37on a en quelque sorte
19:38un match
19:39entre les deux administrations
19:41et de fait
19:41entre les deux ministres
19:42pour l'instant
19:43on a un match amical
19:45en quelque sorte
19:46mais vous l'avez dit
19:46Gérald Darmanin
19:48vise directement
19:49pointe du doigt
19:50directement
19:50le ministère de l'Intérieur
19:52donc son ancien ministère
19:53sur ses réseaux sociaux
19:54il écrit hier
19:55chacun doit améliorer
19:57son process de travail
19:58à la justice
19:58comme dans les forces de l'ordre
20:00le message est très clair
20:01et puis il y a quelque chose
20:02aussi de très politique
20:03forcément
20:04on sent que
20:05Gérald Darmanin
20:06veut reprendre l'ascendant
20:08sur son homologue
20:09Laurent Nunez
20:09Laurent Nunez
20:10que l'on a beaucoup vu
20:11ces dernières semaines
20:13sur le terrain
20:13sur le front
20:14des incendies
20:15toujours dans son poste
20:16Gérald Darmanin
20:17dit ceci
20:18personne n'a créé
20:19autant d'effectifs
20:20aux policiers
20:21et aux gendarmes
20:21plus de 8000
20:22donné autant de moyens
20:24et s'est intéressé
20:24autant à la protection
20:26des mineurs
20:26que lors de mon passage
20:27à l'Intérieur
20:28voilà deux ans
20:28l'ancien ministre
20:29de l'Intérieur
20:30en profite donc
20:31pour défendre son bilan
20:32lorsqu'il était à Beauvau
20:33c'est faux
20:35Pierre Colombiès
20:35faisait ses faux
20:36à côté
20:36oui c'est faux
20:37parce que jamais
20:37on n'en a autant
20:38démissionné surtout
20:38donc à un moment donné
20:39les chiffres
20:40on leur fait dire
20:40ce que l'on veut
20:41et il faut savoir aussi
20:42qu'on a recruté
20:43essentiellement
20:44pour les services
20:45de maintien
20:46de l'ordre
20:46et pas du judiciaire
20:47en se focalisant
20:49essentiellement
20:50ces dernières années
20:50en plus sur la lutte
20:51contre les stupéfiants
20:53au détriment peut-être
20:55d'autres délits
20:57d'autres méfaits
20:58écrits
20:58dernier mot Martine Brousse
20:59oui dernier mot
21:00je pense qu'il est important
21:01de souligner
21:03certes il y a un problème
21:04sans doute de manque
21:05humain
21:06il y a un problème
21:07de manque matériel
21:07mais il faut qu'on évolue
21:09il faut que tout le monde
21:10évolue dans les mentalités
21:12qu'il y ait davantage
21:13de travail pluridisciplinaire
21:15en transversalité
21:16là où il y a des unités
21:17d'accueil pédiatrique
21:18en fond d'Angers
21:19où policiers
21:21ou gendarmes
21:21médecins
21:22magistrats
21:23travailleurs sociaux
21:24travaillent ensemble
21:25je peux vous assurer
21:27que de ce fait
21:28les dossiers
21:29sont menés
21:30jusqu'au bout
21:31arrivent au parquet
21:33et que les magistrats
21:35prennent un dossier
21:36où il y a eu un travail
21:37où les regards
21:38ont été croisés
21:39l'enfant a été protégé
21:40parce que c'est ça
21:41l'important
21:42et donc je pense
21:43qu'il faut qu'on reparte
21:44de retenons aussi
21:45ce qui fonctionne
21:47valorisons ce qui fonctionne
21:49renforçons la formation
21:50des enquêteurs
21:51donnons-leur un rôle
21:52bien défini
21:53j'ai compris qu'on parle
21:54d'un autre système
21:55qui doit être mis en place
21:56d'un système global
21:57merci
21:58merci de votre franchise
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