- il y a 6 jours
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00:03Bonjour Gaëtan Bruel. Bonjour. Vous êtes le président du CNC, le Centre National du Cinéma et de l'Image Animé.
00:11Merci de venir parler aux auditeurs et auditrices de Radio Classique.
00:15Alors, le CNC, c'est un établissement public. Est-ce que vous pouvez nous rappeler, pour commencer, en quelques mots,
00:20pour celles et ceux qui s'interrogent, à quoi ça sert, comment il est financé ?
00:23Alors, en quelques mots, la vocation du CNC, c'est de faire de la France un grand pays de cinéma
00:29et de création audiovisuelle.
00:30C'est l'un des arts les plus jeunes. Il a 130 ans et, en même temps, c'est l
00:35'un des plus importants
00:36par le nombre de spectateurs en France et dans le monde qui se rendent dans les salles de cinéma.
00:41C'est aussi l'un des plus complexes et c'est pour cela que s'assurer, non seulement que nous
00:45produisons des films
00:46qui vont rencontrer tous les goûts, mais aussi s'assurer qu'il y a des salles de cinéma partout en
00:50France,
00:51y compris dans des territoires qui seraient les plus ruraux, ça, ça fait partie de nos missions.
00:55Comment il est financé ? D'une manière assez originale, puisque ce n'est pas l'argent de nos impôts,
01:01mais c'est l'argent du secteur lui-même qui finance le CNC.
01:05Ça veut dire qu'on a posé un principe, c'était après la Seconde Guerre mondiale, l'Assemblée constituante.
01:10L'idée était de dire à ceux qui diffusent des œuvres, depuis le début des films et puis ensuite des
01:15séries,
01:17parce qu'ils ont un intérêt à la qualité de ces œuvres, ils vont accepter de payer, en plus de
01:21leurs impôts,
01:21impôts sur les sociétés, une petite part supplémentaire qui va au CNC.
01:25Et donc, de cette façon, le secteur paye pour son propre avenir.
01:29Ce qu'il faut ajouter pour que ce soit très concret, vous n'avez pas de voiture en France,
01:33vous allez quand même payer pour l'entretien des routes, c'est normal, c'est la vocation de nos impôts.
01:38Le fait qu'il n'y ait pas de l'argent qui vienne de l'État dans le CNC,
01:41fait qu'au fond, ça n'est pas l'ensemble des contribuables, mais simplement ceux qui vont au cinéma,
01:46ou ceux qui ont un abonnement pour gagner des séries,
01:48qui effectivement vont, par ce biais, investir pour l'avenir du cinéma de notre pays.
01:53Alors, puisque vous êtes notamment financé par les tickets d'entrée dans les cinémas,
01:57j'imagine que vous avez un regard particulier sur ce bel été,
02:00au-delà de cette belle année qui semble se dessiner concernant la fréquentation des salles.
02:0517,5 millions d'entrées en juillet, les 190 millions peut-être atteintes et dépassées en fin d'année,
02:11donc potentiellement la meilleure année depuis le Covid.
02:14Parmi les succès, on l'a évoqué ce matin dans les journaux de la rédaction,
02:17les deux volets de la bataille de Gaulle d'Antonin Baudry,
02:19qui ont attiré 4,5 millions de spectateurs.
02:28Le gouvernement français vous a déchus de votre nationalité,
02:31et la Cour martiale nous a condamné à mort.
02:36Autre chose ?
02:39Partout, des réseaux sont en train de se former.
02:41La France n'a pas capitulé.
02:46L'armée du Général Giraud reprend la main.
02:50Giraud est une marionnette des Américains.
02:53Les résistants doivent s'unir.
02:55Si nous ne nous imposons pas sur le terrain, il n'y aura pas de France.
03:00J'incarne tout ce que les Américains détestent.
03:03Je suis faible.
03:05Et je tiens tête.
03:06Le Général de Gaulle incarné par Simon Abkarian.
03:09Citons aussi dans les films à succès en ce moment de la comédie française,
03:13de Bertrand Husclat et Martin Darondeau,
03:14comédie sur cette institution culturelle, plus de 500 000 entrées.
03:17Et bien sûr aussi les blockbusters, les films à gros budget,
03:19comme l'Odyssée de Christopher Nolan.
03:22Il y a bien sûr eu les vagues de chaleur à répétition depuis le mois de mai
03:26qui coïncident avec la sortie des films que je viens de citer.
03:29J'imagine que ces fortes chaleurs,
03:30elles n'expliquent peut-être pas elles seules cette forte fréquentation ?
03:35La réalité, c'est que quand vous comparez avec le reste du monde,
03:38chaque année en France, la fréquentation est excellente.
03:41Donc vous me direz c'est la canicule, je répondrai c'est le goût des Français pour le cinéma.
03:46La France est dans le monde le pays où on va de loin le plus au cinéma.
03:50L'an dernier, qui pourtant était une petite année par rapport à, on l'espère, cette année,
03:56on a quand même deux Français sur trois qui sont allés dans une salle de cinéma.
03:59Ils y sont allés en moyenne quatre fois dans l'année.
04:02Pourquoi ?
04:03D'abord parce qu'en France, on développe le goût du cinéma dès le plus jeune âge.
04:06On a ce programme magnifique porté par l'Éducation nationale et le ministère de la Culture,
04:11Ma Classe au cinéma.
04:12Chaque année, c'est deux millions d'élèves de la maternelle à la terminale
04:16qui vont trois fois dans l'année avec leurs professeurs dans une salle de cinéma.
04:20Ensuite, on a la chance d'avoir des salles de cinéma absolument partout.
04:2490% de nos concitoyens vivent à moins de 30 minutes d'une salle de cinéma.
04:28Mais pour ceux qui en sont un peu plus éloignés, on a 120 circuits itinérants
04:32qui quadrillent le territoire dans les campagnes, dans les îles, aussi outre-mer,
04:37et qui apportent une offre cinéma là où il n'y a pas de salle de cinéma.
04:41La salle de cinéma est ainsi le deuxième équipement culturel de proximité en France après les bibliothèques.
04:466500 écrans en France ?
04:47Absolument. C'est dans le monde, avec les Etats-Unis, le pays où on a la densité,
04:54le nombre d'écrans par habitant qui est la plus importante.
04:57La différence, c'est qu'aux Etats-Unis, ce nombre recule.
04:59Nous, en France, ils continuent de progresser.
05:01Mais la troisième raison que vous avez fait allusion, c'est évidemment la diversité de l'offre.
05:05Il y a des films pour tous les goûts.
05:07Et c'est ça la grande différence aussi entre la France et d'autres pays.
05:10Les films dont vous avez parlé, l'Odyssée, Spiderman, ils font un grand succès en France comme ailleurs.
05:15La grande différence, c'est qu'en France, on a aussi des films français qui font un carton et qui
05:19est très mérité.
05:20J'invite chacun qui ne l'aurait pas encore vu, non seulement à aller voir les deux De Gaulle,
05:24à aller voir de la comédie française, à aller voir Jim Quinn et tant d'autres films.
05:28C'est ça aussi la France, une capacité à produire des films pour tous les goûts
05:32qui font qu'en France, 40% des billets de cinéma vendus le sont pour des films français.
05:37Est-ce qu'on peut dire, Gaëtan Bruel, qu'il y a un changement ?
05:41Je renvoie nos auditeurs vers le décryptage écho de David Barraud hier.
05:44Ce que nous a expliqué David, c'est que ces bons chiffres s'expliquent aussi par la période l'été
05:49qui est devenue une période à part entière de sorties de films importants.
05:53Ce n'était pas le cas avant ?
05:55Ça a toujours été un moment privilégié pour sortir des films.
06:01En réalité, quand vous regardez cette année, vous avez des films importants attendus,
06:06d'autres qui le sont moins mais qui font un franc succès, tout au long de l'année.
06:09Au point qu'on peut avoir le sentiment, non pas d'un embouteillage,
06:12mais comme en ce moment, il faut aller au cinéma au moins deux fois par semaine
06:16pour pouvoir voir tous les films qu'on a envie de voir.
06:20C'est vrai qu'après, les habitudes évoluent.
06:22On ne va pas se mentir.
06:24La place du cinéma a changé dans nos vies, a changé dans la société,
06:29a même changé dans les médias.
06:30On en parle un peu moins ou différemment qu'avant.
06:33Et c'est aussi en ayant conscience de cela, en ayant conscience par exemple
06:37qu'il n'y a plus la sortie automatique le vendredi soir
06:41que dans le monde d'avant que j'ai connu quand j'étais étudiant.
06:45Au fond, on allait au cinéma le week-end sans savoir le film qu'on allait voir.
06:50On décidait un peu en allant au cinéma.
06:51Je crois qu'aujourd'hui, plus personne ne fait cela.
06:53On va au cinéma parce qu'on a envie de voir un film en particulier,
06:57parce qu'on a entendu parler de lui.
06:59Et donc, il ne s'agit pas de dire qu'on va moins au cinéma qu'avant.
07:02La réalité, c'est que ce qu'on appelle la population cinématographique,
07:06c'est-à-dire le nombre de Français qui vont au cinéma,
07:08on a déjà retrouvé les films pré-pandémiques.
07:10Il y a autant de Français qui vont au cinéma que dans l'année 2010.
07:13En revanche, les habitudes ont un peu changé.
07:15Et en particulier, il y a moins de spectateurs qu'on appelle assidus,
07:20ceux qui vont très régulièrement,
07:21et un peu plus de spectateurs occasionnels, qui vont un peu moins souvent.
07:24Et donc, c'est ça le défi.
07:26C'est que, d'une part, ceux qui ne vont plus au cinéma,
07:29mais ils sont une minorité en France, retrouvent le goût de la salle.
07:31Mais ceux qui ont le goût de la salle,
07:33eh bien, fassent ce pari.
07:37C'est avant tout de dire, et si j'allais une fois de plus ?
07:38Si j'allais voir quelque chose auquel je ne m'attendais pas ?
07:41Et c'est là où c'est comme lire un livre ou écouter sa radio préférée.
07:45On est à chaque fois heureusement surpris
07:48par des choses auxquelles on ne s'attendait pas forcément.
07:50Ces dernières années, on a beaucoup parlé de pouvoir d'achat
07:52avec la guerre en Ukraine, l'inflation, la guerre au Moyen-Orient.
07:55Il est souvent question d'arbitrage.
07:57En ce moment, est-ce que les arbitrages se font en faveur des sorties cinéma ?
08:02Est-ce que c'est ça que nous disent aussi ces chiffres ?
08:04Les chiffres le disent, je crois que oui.
08:07Sur le prix des places, il faut se dire les choses.
08:10Le prix moyen d'un ticket de cinéma en France, c'est 7,40 euros.
08:15Ça veut dire que si c'est le prix moyen,
08:17ma mère, dans le sud de la France,
08:19quand elle achète son carnet de 10 tickets,
08:21ça lui revient à 16 euros la place.
08:23Et pour ce prix, elle peut aller voir certains des grands films qu'on a cités.
08:26Donc, je crois que, et les chiffres le disent,
08:30en France, nous payons notre place de cinéma moins chère qu'ailleurs.
08:34Ça ne veut pas dire, notamment si vous êtes dans les grandes villes,
08:37oui, vous allez payer,
08:39notamment si vous ne regardez pas,
08:40si vous allez un samedi soir dans certaines salles,
08:42oui, vous allez payer.
08:43Atteindre les 15 euros, facilement.
08:45Vous pouvez atteindre les 15 euros.
08:46Dans les grands complexes, notamment.
08:46Mais si le prix moyen est à 7,40 euros,
08:49ça veut dire que le cinéma est vraiment l'une des pratiques culturelles
08:52les plus abordables.
08:54Et vraiment, ce qu'il faut rappeler,
08:55c'est qu'un film,
08:57notamment parce qu'il n'est pas gonflé à l'IA,
08:59pardon de le dire,
09:00oui, ça coûte cher,
09:01oui, c'est complexe à faire.
09:02D'autre part, faire tourner une salle de cinéma,
09:05ce n'est pas gratuit,
09:06ce n'est pas simple.
09:07Je disais, c'est le deuxième équipement culturel de proximité
09:09après les bibliothèques.
09:10Ce n'est pas faire offense aux bibliothèques
09:11que dire que même dans une petite commune rurale,
09:13vous pouvez avoir une annexe de la salle municipale,
09:15vous avez quelques centaines de livres,
09:17un permanent qui est là deux jours par semaine.
09:19Votre bibliothèque fonctionne.
09:20Pour qu'une salle de cinéma fonctionne,
09:22c'est autrement plus complexe.
09:24Et donc, on a la chance en France
09:25d'avoir un modèle de soutien au cinéma,
09:27d'avoir des gens qui sont absolument engagés
09:31pour faire vivre le cinéma et les cinémas.
09:34Et donc, de ce point de vue,
09:35la réalité, c'est que le prix du billet,
09:37c'est un peu un reste à charge.
09:39Et donc, c'est une expérience culturelle très accessible.
09:41Gaëtan Bruel, vous êtes président du CNC,
09:43le Centre National du Cinéma.
09:44Venons-en à la question du financement.
09:46On a appris la semaine dernière
09:47que Canal+, va rester premier financeur du cinéma français
09:50avec près d'un milliard d'euros
09:53injectés sur cinq ans entre 2028 et 2032.
09:55Bonne nouvelle pour cette industrie
09:57qui représente près de 300 000 emplois.
09:58Excellente nouvelle !
09:59Près de 300 000 emplois.
10:01Bonne nouvelle et fin de la polémique, peut-être,
10:03parce qu'on rappelle aussi que
10:06cette annonce de financement,
10:07elle a fait suite à une période de remont,
10:08un parti d'une tribune
10:09visant Vincent Bolloré et son groupe Canal+,
10:11un texte qui a dénoncé
10:13la montée de Canal au capital du GC,
10:15le GC qui a plus de 500 salles en France.
10:18Certains s'inquiètent,
10:19après cette annonce de financement,
10:21de la création d'une éventuelle liste noire.
10:23Je vais citer Maxime Saada,
10:24le président du directeur de Canal+.
10:27Il a qualifié l'accord d'historique,
10:29mais affirme qu'il n'oublie rien.
10:30Je reste sur ma position
10:31qui est que si des gens portent préjudice
10:33à l'image de Canal+,
10:34on ne financera pas leur film.
10:36Est-ce que le rôle du CNC,
10:37ça va être aussi,
10:38après cette période de remont,
10:39de jouer éventuellement un rôle
10:41d'observateur, voire de médiateur ?
10:43C'est le rôle que le CNC a toujours joué
10:46et il va continuer.
10:47Je crois qu'en réalité,
10:48il faut rappeler deux choses.
10:50D'une part,
10:51non seulement le droit à la critique est absolu,
10:54mais il faut entendre et respecter
10:59ceux qui, effectivement,
11:00émettent pas que des critiques,
11:01aussi des inquiétudes
11:02qui peuvent être légitimes sur l'avenir.
11:04Et donc, je crois qu'il faut d'abord
11:06ne pas tomber nous-mêmes
11:08dans ce piège qui consisterait
11:11à balayer la possibilité
11:12que d'autres avis soient exprimés.
11:14Mais en même temps,
11:15il faut être extrêmement attentif
11:17à l'exactitude des faits.
11:19Et je crois que la décision
11:21qui vient d'être annoncée,
11:23ce presque un milliard d'euros,
11:24c'est effectivement une réponse
11:26à ces inquiétudes.
11:28Est-ce que Canal+,
11:30reste le premier soutien privé
11:33du cinéma français
11:34et de sa diversité ?
11:35La réponse est oui.
11:37Ces dernières années,
11:38on en a eu la preuve continue.
11:40Des films comme Dossier 137,
11:41Histoire de Souleymane,
11:42ont été financés par Canal+,
11:44et je crois que c'est le sens
11:46de ce qui a été annoncé.
11:50Donc, je pense qu'il faut
11:52à la fois entendre
11:53ceux qui ont des anxiétés
11:55à exprimer pour l'avenir,
11:56mais qu'on ne méconnaisse pas
11:57au présent,
11:58non seulement le rôle de Canal+,
12:00mais le fait qu'en France,
12:01en réalité,
12:02ce qui s'inquiète
12:03d'une concentration
12:04dans le domaine du cinéma,
12:06on est l'un des pays,
12:07en raison justement de ce modèle,
12:09où notre parc de salles,
12:11où les financeurs du cinéma
12:12sont les moins concentrés.
12:14Et même Canal,
12:15Canal, il y a 15 ans,
12:16c'était quasiment 90%
12:18des films français.
12:19Ces dernières années,
12:20c'est plutôt 50%
12:22du cinéma français.
12:23C'est beaucoup
12:23et on s'en réjouit.
12:24En même temps,
12:25ce n'est pas tout le cinéma français.
12:26Et je crois que justement,
12:28c'est la diversité des financeurs,
12:30diversité des modes de financement.
12:31C'est le fait qu'en France,
12:32à côté de Canal+,
12:33vous avez France Télévisions,
12:35vous avez TF1,
12:36qui joue un rôle très important
12:37dans le financement du cinéma.
12:38Vous avez le CNC.
12:40C'est la pluralité
12:41de ces modes de financement
12:42qui en garantit la diversité.
12:43Ce qu'il faut ajouter aussi,
12:45et c'est peut-être la différence
12:47entre l'édition et le cinéma,
12:50vous avez en France,
12:51quand vous regardez
12:52la taille du marché,
12:54184 millions d'entrées
12:55en 2024,
12:56ça nous plaçait
12:57à la troisième position mondiale
12:58après la Chine et les Etats-Unis.
13:00Il y a trois pays,
13:01enfin il y a trois sujets
13:03dans lesquels la France
13:03est dans le top 3 mondial
13:05avec la Chine et les Etats-Unis.
13:06C'est le nombre
13:06de réacteurs nucléaires,
13:08c'est les exportations d'armement
13:09et c'est la taille
13:10du box-office,
13:11le marché cinéma.
13:12Ce qui fait qu'on est
13:13à ce niveau-là,
13:14c'est qu'il y a
13:15de la part d'acteurs
13:16comme Canal+,
13:16ou d'autres,
13:18il y a de vraies raisons économiques
13:19à soutenir la diversité
13:21du cinéma.
13:21C'est ce qui fait que,
13:22pour ma part,
13:22je suis très confiant
13:23sur les prochaines années
13:24et les annonces
13:25qui ont été faites
13:25me renforcent en ce sens.
13:26Vous avez évoqué
13:27la Chine et les Etats-Unis.
13:29Dans un mois,
13:29le 7 septembre,
13:30le CNC organise
13:31le sommet des Lumières
13:32à Saint-Paul-de-Vence
13:33dans les Alpes-Maritimes,
13:35non loin de Cannes.
13:36Est-ce que l'idée
13:38de ce rendez-vous
13:39que vous allez nous expliquer,
13:41c'est d'essayer
13:41de prendre un peu
13:42de terrain aux Etats-Unis
13:43dont le cinéma traverse
13:44une période un peu difficile
13:45du côté d'Hollywood ?
13:46C'est un aspect du sujet.
13:47C'est un sommet
13:48qui est voulu par le président
13:49de la République
13:49et son homologue coréen
13:51qui est organisé
13:51par le ministère de la Culture
13:52et le ministère de l'Europe
13:53des Affaires étrangères.
13:54Le CNC joue effectivement
13:55un rôle important
13:57pour faire aboutir
13:58ce projet.
13:59L'idée,
14:00c'est que quand en France
14:01on a perdu 20%
14:02de la fréquentation
14:03entre avant et après le Covid,
14:05on est en train d'y revenir,
14:06dans le monde,
14:06c'est 40%.
14:07C'est-à-dire que
14:08nous avons perdu
14:0940% de la fréquentation mondiale
14:11en quelques années.
14:11Mais on n'est plus
14:13dans un monde
14:13où ce serait Netflix,
14:15par exemple,
14:16qui concurrencerait d'abord
14:17les salles de cinéma.
14:17En réalité,
14:18ce que nous constatons partout,
14:19c'est que ce sont
14:20l'ensemble des modèles premium,
14:22cinéma,
14:22télévision,
14:23streaming,
14:24qui sont concurrencés
14:25par des modèles low-cost,
14:26par la bascule des audiences
14:27vers les plateformes gratuites.
14:28Ce constat,
14:28le monde entier le fait.
14:30Et donc,
14:30l'objectif de ce sommet,
14:32c'est de se dire
14:32ces grandes questions
14:33qui s'opposent
14:34sur l'avenir du cinéma,
14:35de la création du visuel
14:37et du jeu vidéo,
14:38la France a une partie
14:39de la réponse,
14:40d'autres l'ont également.
14:41C'est vrai que pendant un siècle,
14:43Hollywood a eu
14:44un leadership
14:44sans partage
14:46sur cette filière mondiale,
14:48au point que dans
14:48beaucoup de pays,
14:49le cinéma s'identifie
14:51au cinéma américain.
14:53Hollywood va un peu
14:54moins bien
14:54ces dernières années.
14:55Ce n'est pas d'abord
14:56la faute de Trump,
14:57c'est peut-être
14:59une financiarisation
15:00et la grève
15:02des scénaristes,
15:03peut-être une course
15:04à la franchise,
15:05aux solutions sérielles
15:06qui font qu'il y a peut-être
15:07une créativité différente.
15:08Bref,
15:09l'objectif du sommet Lumière,
15:10c'est de réunir
15:11les 150 figures
15:13les plus importantes
15:14de cette filière mondiale
15:15venant de tous les continents
15:17pour discuter
15:18autour d'une compréhension
15:20commune
15:20de ces enjeux
15:21et trouver ensemble
15:22des réponses.
15:23C'est non seulement
15:24rapprocher
15:25les États-Unis
15:25de l'Europe,
15:26mais aussi tendre
15:27la main aux Asiatiques,
15:28voir comment
15:29entre cinéma
15:30et séries,
15:31il y a aujourd'hui
15:31des enjeux
15:32de rapprochement
15:33avec le jeu vidéo aussi
15:34et surtout
15:35faire prendre conscience
15:36qu'il n'y a peut-être
15:37pas de danger
15:39plus grand
15:39que le rapport
15:40de nos enfants
15:41aux écrans.
15:41Si nous voulons changer
15:42ce rapport aux écrans,
15:43alors il faut que le cinéma,
15:45il faut que les séries
15:46jouent tout leur rôle
15:47et c'est aussi
15:47l'enjeu
15:48de ce sommet Lumière.
15:49Sommet des Lumières
15:50donc le 7 septembre.
15:52Merci Gaëtan Bruel
15:53d'être venu parler
15:54aux auditeurs
15:55et aux auditrices
15:55de Radio Classique
15:56ce matin.
15:56Je rappelle que vous êtes
15:57le président du CNC,
15:59le Centre National du Cinéma
16:01et de l'image animée.
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