00:00J'aimerais que nous évoquions la visioconférence d'hier post-Ceuta entre ministre de l'Intérieur européen Laurent Nunez, à
00:07l'issue de ce moment, a pris la parole
00:10et il a expliqué, notre ministre de l'Intérieur, que les images de ces migrants arrivant sur Ceuta ont été
00:19instrumentalisées par l'extrême droite,
00:21qu'elles ont été sorties de leur contexte et il a, non pas remis en cause la véracité de ces
00:28images, mais il pose des réserves et demande qu'on prenne de la distance dessus.
00:33Alors, à ce sujet, pour contextualiser un petit peu notre début de discussion sur ce thème, j'aimerais que nous
00:39écoutions Alexandre Devecchio qui a réagi justement aux propos du ministre de l'Intérieur.
00:44On écoute Alexandre Devecchio, c'était donc ce matin sur Europe.
00:47C'est une politique de censure au nom de bonnes intentions. En fait, il nous explique que pour maintenir l
00:53'unité, la cohésion, en fait, il faudrait que les journalistes s'auto-censurent.
00:57Il est possible que certains le fassent.
00:59Et alors, le grand menace pour la société n'est pas justement la migration de masse, le problème de la
01:05désintégration, de l'échec de l'assimilation qui va derrière, de la montée de l'islamisme.
01:10Le plus grand problème, c'est la montée de l'extrême droite.
01:12Donc, comme le risque, c'est que ça doit faire monter les partis dits populistes, eh bien, il faudrait cacher
01:17la réalité.
01:18Je crois que ce n'est pas le travail des journalistes. Le travail des journalistes, c'est de montrer le
01:21réel.
01:22Ensuite, ce qui est vrai, c'est qu'effectivement, d'autres, nos adversaires, peuvent exploiter ces images.
01:28Il est possible que les Russes, puisqu'ils les désignent, exploitent ces images. Mais enfin, ils ne font qu'exploiter
01:34le réel.
01:34Voilà, Alexandre Devecchio, ce matin, sur Europe 1. Alors, Thomas Bonnet, Michel Fayad, est-on dans le vrai lorsqu'on
01:42montre ces images ?
01:44Thomas Bonnet, parce que le ministre de l'Intérieur émet des réserves, en tout cas, et demande qu'on prenne
01:50nos distances à ce sujet.
01:51Écoutez, je vais vous dire, je sais qu'on est au cœur de l'été et qu'un certain nombre
01:54de Français sont éloignés de l'actualité.
01:57Je trouve que cette déclaration de Laurent Nunez est l'une des plus importantes de ces dernières semaines et elle
02:02mérite qu'on s'y attarde.
02:03Parce qu'on est au cœur du logiciel de pensée de ce qu'on appelle parfois l'extrême centre.
02:08C'est-à-dire que le déni, mais pire que ça, la volonté de cadenasser une partie de la parole
02:14publique, une partie du débat politique.
02:16C'est-à-dire que que des puissances étrangères qui ne soient hostiles utilisent ces images pour s'opposer à
02:22nous, c'est indéniable, c'est un fait.
02:24En revanche, regretter la circulation de ces images au titre qu'elles feraient le jeu de je-ne-sais-quelle
02:30puissance ou je-ne-sais-quelle partie de l'échiquet politique, c'est très dangereux.
02:33C'est-à-dire qu'on est en train de nous dire qu'il ne faut pas que les Français
02:35aient accès à ces informations et aient accès à ces images parce que ça va...
02:40On n'est pas dans la censure non plus, mais selon vous, on est à la frontière, c'est ça
02:44?
02:44C'est-à-dire que quand vous en êtes avec un gouvernement qui, d'une part, veut réguler l'accès
02:48aux réseaux sociaux, labelliser les bons et les mauvais médias,
02:51puis ensuite vous dit que la circulation de telles ou telles images est problématique, pardonnez-moi de trouver ça très
02:56inquiétant.
02:56On est au minimum dans une dérive illibérale qui mérite qu'on s'y attarde.
03:00Alors, Thomas Bonnet, Michel Fayad, alors ce n'est pas la première fois que vous deux, vous...
03:06En tout cas, vous dites que Laurent Nounès est dans le déni, ce n'est pas la première fois que
03:11vous le dites,
03:11parce que je me souviens il y a quelques mois, Thomas Bonnet, quelques semaines même, vous parliez de Laurent Nounès.
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