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L'ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle 2027 Gabriel Attal était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Gabriel Attal.
00:04Bonjour à vous, bienvenue.
00:05Bonjour Laurence Ferrari.
00:06Dans l'élection présidentielle, les blocages dans les lycées se poursuivent, vous le savez.
00:09Est-ce que vous qualifiez, comme le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniez,
00:12ce qui se passe devant les lycées de violences urbaines, Gabriel Attal ?
00:15Oui, bien sûr. Je crois qu'il suffit de regarder les images pour s'en convaincre.
00:20Et ce qui est totalement insupportable dans cette situation,
00:23c'est qu'on voit que la France insoumise, à nouveau, se sert de notre jeunesse
00:29comme de la chair à canon politique.
00:31Ils sont présents, les élus et les fils, ce matin devant les lycées ?
00:34Ils sont présents et puis ils encouragent des jeunes à se mettre en danger eux-mêmes,
00:38à mettre en danger l'intégrité de leurs professeurs, de fonctionnaires de police
00:43et puis des bâtiments publics.
00:45Et c'est totalement insupportable. Ça, c'est la première chose.
00:48Et la deuxième chose, c'est que ça montre aussi une forme de banalisation
00:52que je dénonce depuis plusieurs années de la violence chez les jeunes.
00:55et le fait que notre réponse pénale n'est pas adaptée à ce rajeunissement de la violence
01:00et à cette banalisation de la violence.
01:01Pas tous les jeunes, évidemment. On a eu un exemple ce week-end,
01:04lors des rassemblements autour de la venue du pape, il n'y a pas eu de violence.
01:07Mais je dis que c'est de l'instrumentalisation parce que, encore une fois,
01:09la France insoumise, en faisant ça, ne rend pas service à la jeunesse
01:12puisqu'elle renvoie l'image qu'une jeunesse, que toute la jeunesse,
01:16effectivement, serait livrée à la violence.
01:19Ce n'est pas le cas. Ça ne rend pas service aux jeunes que de renvoyer cette image-là
01:22de poubelles qui brûlent et d'agressions. Par ailleurs, qu'il y ait des revendications
01:26et des colères chez des jeunes ou chez des personnels de l'éducation nationale,
01:30évidemment qu'il faut les entendre.
01:31Vous savez, j'ai fait des propositions sur l'éducation nationale à la rentrée en septembre,
01:36notamment sur la question des remplacements, qui est un vrai sujet en Seine-Saint-Denis.
01:40Je suis un des seuls à en avoir parlé en cette rentrée.
01:42Beaucoup de candidats se sont exprimés sur l'éducation.
01:44Je suis le seul à avoir dit qu'il y avait un vrai problème avec la question des remplacements.
01:48Donc oui, il faut répondre à ces enjeux-là.
01:49Mais ce n'est pas en bloquant et ce n'est pas en cassant qu'on y apporte une réponse.
01:53Mais vous avez fait une vidéo publiée hier sur les réseaux sociaux.
01:56Vous vous dites, on risque de vous coller une étiquette avec ces images de violence.
01:59Ils ont besoin de votre image, pas de votre avenir, ni de vous voir réussir.
02:02C'est qui, ils ?
02:03C'est la France insoumise.
02:04C'est ceux qui instrumentalisent, encore une fois, notre jeunesse.
02:07Ils s'en contrefichent du fond.
02:09Ils s'en contrefichent de régler les problèmes, des conditions de travail.
02:11Tout ce qu'ils veulent, c'est mettre, excusez-moi le terme, le bordel.
02:15Voilà, c'est ça qu'ils veulent.
02:16C'est leur projet pour le pays.
02:18Et en faisant ça, ils mettent en danger l'avenir des jeunes, encore une fois,
02:21en leur collant cette image qui est terrible.
02:23Puis ils mettent en danger, y compris physiquement, des jeunes
02:25qui se retrouvent à faire n'importe quoi devant des établissements scolaires.
02:28Gabriel Tal, certains vous ont répondu sur les réseaux sociaux.
02:30Il y en a un qui dit, eux aussi, les jeunes, ils ont bien compris qu'avec la Macronie,
02:33la seule façon d'obtenir quelque chose, c'est de casser et de bloquer.
02:36Si tu avais fait ton travail, ça n'arriverait pas.
02:38C'est pas au cas qui vous dit ça.
02:39Ça, c'est le discours...
02:39Non, mais vous les avez appelés à vous répondre sur les réseaux sociaux.
02:41Bien sûr, mais c'est le discours de la France insoumise.
02:43Vous savez, moi, j'ai été ministre de l'Éducation nationale pendant six mois.
02:45J'ai lancé énormément de chantiers, y compris d'ailleurs sur la rénovation
02:48des établissements scolaires, pour la rénovation thermique,
02:51parce qu'on sait que c'est un vrai problème dans des lycées
02:52où il fait très chaud l'été, très froid l'hiver.
02:55L'été, ils ne sont pas à l'école.
02:56Oui, vous savez qu'avec la canicule, dès le mois de juin, aujourd'hui,
02:58vous avez des situations qui sont très difficiles dans les établissements.
03:01Et ça a créé de la colère.
03:02Et on peut parfaitement l'entendre chez des jeunes
03:04et chez des personnels de l'Éducation nationale.
03:07Donc, j'ai agi autant que j'ai pu, le temps que j'ai eu.
03:10Et évidemment que je le poursuive.
03:11Et j'ai fait des propositions très fortes sur ce sujet-là.
03:13Les conditions de travail des enseignants et d'apprentissage des élèves,
03:16la rémunération de nos enseignants et évidemment le bâtiment, le bâtiment scolaire.
03:20La facture, a priori, ne serait-ce que pour la région Île-de-France,
03:23se montrait à un million d'euros.
03:25Madame Pécresse, la présidente de la région Île-de-France,
03:27a envoyé la facture à monsieur Balibbe Gaioko
03:28pour la rénovation du lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, 100 000 euros.
03:31Est-ce que c'est au contribuable de payer, Gabriel Attal ?
03:34Vous êtes le ministre qui avait dit
03:35« Tu casses, tu répares, tu scellis, tu nettoies, tu défies l'autorité,
03:37on t'apprend à la respecter ».
03:39Il ne s'est rien passé depuis ?
03:40Alors, j'ai changé une chose.
03:41Je n'ai pas eu le temps de faire tout ce que je voulais,
03:43mais j'ai changé une chose.
03:44C'est que maintenant, quand vous avez un jeune
03:46qui est mis en cause dans des dégradations d'équipement public,
03:48on peut aller chercher la responsabilité civile
03:50et donc financière de ses deux parents.
03:52Avant...
03:53Vous avez des statistiques sur ça ?
03:55Je ne suis plus au gouvernement,
03:56donc c'est au gouvernement de les donner.
03:57Mais avant, il faut bien comprendre ce qui se passait.
03:59On allait chercher la responsabilité uniquement du parent
04:02chez qui l'enfant réside.
04:03Souvent, c'est malheureusement une mère célibataire
04:05qui est en difficulté financière, qui est insolvable.
04:08Maintenant, on peut aller aussi chercher la responsabilité du père.
04:10Moi, j'ai présenté une réforme de la justice des mineurs.
04:13Comparution immédiate pour les mineurs,
04:14qui n'existe pas aujourd'hui.
04:16Atténuation de l'excuse de minorité,
04:18qui fait qu'aujourd'hui, vous avez des jeunes
04:19qui se retrouvent avec une sanction extrêmement légère,
04:21tout simplement parce qu'ils sont mineurs.
04:23Ce texte-là, je l'ai présenté.
04:26Malheureusement, dissolution de l'Assemblée nationale.
04:27J'ai dû quitter mes fonctions au gouvernement.
04:29Ce texte qui devait être adopté à l'automne 2024
04:31n'a pas pu être adopté.
04:33C'est factuel.
04:33J'ai présenté ma réforme
04:35et je n'ai pas eu le temps de la faire adopter.
04:36On sait que sur les 400 interpellations qu'il y a eu
04:38entre avant-hier et hier,
04:40il y en aura un qui aura une peine réelle.
04:42J'espère.
04:42Et vous savez, il faut se souvenir, en 2023,
04:45il y a eu une circulaire pénale
04:46qui a été extrêmement ferme et extrêmement claire
04:48au moment des émeutes de 2023, vous vous en souvenez.
04:50Il y a eu de la fermeté.
04:51Donc, c'est aussi une question de politique pénale.
04:54A adresser cette consigne, cette demande
04:57au procureur de la République.
04:58Deuxième chose,
04:59si on veut véritablement qu'il y ait des sanctions fortes
05:01qui soient prononcées dans ces situations-là,
05:03il faut faire évoluer notre justice pénale des mineurs.
05:06C'est ce que je propose,
05:07avec, encore une fois,
05:08la création d'une comparution immédiate
05:09qui n'existe pas aujourd'hui.
05:10Il faut bien comprendre qu'aujourd'hui,
05:12le code de justice pénale des mineurs,
05:14c'est que si vous êtes mineur,
05:16on peut reconnaître votre culpabilité tout de suite,
05:18mais la sanction, elle vient 8, 9, 10 mois plus tard.
05:21C'est un message d'impunité
05:22qui est envoyé évidemment aux jeunes concernés
05:24à tous les autres jeunes.
05:25Il faut en sortir.
05:25Gabriel Attal,
05:26revenons au rôle de la France Insoumise.
05:27Hier, Jean-Luc Mélenchon
05:29affirmait que les Insoumis sont fiers
05:31d'être aux portes des lycées
05:31pour défendre nos enfants,
05:32je cite,
05:33de la sauvagerie policière.
05:35Parents militants,
05:36mobilisez-vous pour vous interposer.
05:38Qu'est-ce que c'est, cet appel ?
05:40Encore une fois, ça dit deux choses.
05:41D'abord, ce n'est pas nouveau chez eux.
05:432017, je me souviens déjà,
05:44il y avait des députés de la France Insoumise
05:46qui avaient empêché des jeunes
05:48d'aller passer leurs examens,
05:49qui s'étaient mis devant des centres d'examens
05:50pour bloquer l'accès à des jeunes
05:52qui voulaient simplement passer leur diplôme.
05:53Je ne sais pas si on se rend compte.
05:55La deuxième chose,
05:55c'est toujours la mise en cause de la police.
05:58C'est la mise en cause
05:59de tous ceux qui incarnent l'autorité
06:00dans notre pays
06:01parce qu'ils n'aiment pas l'autorité,
06:02qu'ils veulent casser l'autorité en France.
06:04Donc ça, c'est supportable pour vous ?
06:06Ce sont des propos de sauvagerie policière
06:08que vous condamnez, Gabriel Attal ?
06:09Bien sûr que je les condamne.
06:10Ce sont des propos qui sont insupportables
06:11quand on sait qu'on a des forces de l'ordre
06:12dans des conditions extraordinairement difficiles
06:15qui risquent parfois leur vie.
06:17Évidemment que c'est des conditions très dures.
06:19Évidemment que vous avez en face de vous
06:20des jeunes, des mineurs
06:21et qu'il faut faire très attention
06:22et qu'ils sont dans cette situation, bien sûr,
06:24où ils doivent à la fois faire très attention
06:25et en même temps,
06:26vous avez des violences avec des blessés.
06:28Il y a eu, je crois, plusieurs dizaines de blessés
06:30dans ces émeutes,
06:31chez les personnels enseignants,
06:32chez les policiers
06:32et chez des jeunes eux-mêmes,
06:34encore une fois,
06:34parce qu'ils se mettent eux-mêmes en danger
06:35et la France Insoumise les met en danger
06:37en les poussant,
06:38en les encourageant à participer à ces violences.
06:41Bali Bagayoko, maire de Saint-Denis,
06:42dit que parfois,
06:43la violence peut être légitime,
06:44même s'il faut l'éviter, c'est mieux.
06:47Non, moi, je crois que
06:48quand on est responsable politique,
06:50on a une responsabilité
06:51dans le message qu'on adresse aux Français
06:54et notamment aux jeunes.
06:55Imaginez que pour des jeunes
06:56qui sont encore en construction,
06:59entendre un élu de la République
07:00avec son écharpe tricolore
07:01dire que la violence peut être légitime,
07:04vous vous rendez compte
07:04le message que ça envoie ?
07:06Au contraire, moi, je crois
07:06que les élus de la République
07:07doivent toujours condamner la violence.
07:10Il peut y avoir des grèves,
07:11il peut y avoir des manifestations,
07:12il peut y avoir des mobilisations.
07:13Mais la violence,
07:15mettre le feu à des équipements publics
07:16ou à côté d'équipements publics
07:18sans prendre physiquement
07:18à des forces de l'ordre,
07:20ça doit être toujours
07:20unanimement condamné.
07:21Vous voulez prendre les problèmes
07:23à bras-le-corps.
07:24Il y a une partie de cette jeunesse
07:25qui a grandi en France
07:26sans aimer son pays,
07:27qui rend l'école,
07:28l'État, responsable de tous ses échecs.
07:30Comment est-ce qu'on peut inverser
07:31cette spirale infernale, Gabriel Attal ?
07:33Je pense que ça commence très tôt.
07:34Et je pense que malheureusement,
07:35on voit maintenant,
07:36et c'est les enseignants
07:37qui me le disent,
07:37dès le collège,
07:39des élèves, des jeunes
07:40qui ont un comportement
07:41et une forme de refus
07:42de l'autorité
07:42et du respect des règles
07:43de la République
07:44qui est insupportable.
07:45Et de la France ?
07:46Mais bien sûr,
07:46mais de tout ce que la France
07:48porte et incarne
07:49et de ses lois.
07:50Mais moi, je porte l'idée
07:51que dès l'école primaire,
07:53on ait un rehaussement
07:54à la fois des conditions
07:56d'apprentissage,
07:57mais aussi des sanctions.
07:59Moi, je vois des enseignants...
08:00Je vois des enseignants
08:01en CM1, CM2
08:02qui me disent
08:03qu'on voit parfois
08:05certains comportements
08:05qu'on voyait auparavant
08:06à la fin du collège.
08:07Il y a un rajeunissement,
08:08une banalisation de la violence
08:10qui est liée, je pense aussi,
08:11aux réseaux sociaux
08:11et aux écrans très présents
08:13dès le plus jeune âge
08:13chez un certain nombre d'enfants.
08:15C'est pour ça que je milite
08:16pour l'interdiction
08:17des réseaux sociaux
08:17au moins de 15 ans.
08:18Par ailleurs,
08:19il faut solaniser davantage
08:20les sanctions très jeunes.
08:22Je propose par exemple
08:22qu'on crée un conseil
08:23de discipline à l'école primaire
08:25qui n'existe pas aujourd'hui
08:26pour solaniser les sanctions.
08:27Je propose qu'il y ait
08:29une échelle nationale
08:30des sanctions
08:31pour permettre aux enseignants,
08:33au personnel éducatif
08:34de prononcer plus facilement
08:36des sanctions
08:36quand il y a des jeunes
08:37qui ne respectent pas les règles.
08:38C'est aussi éducatif,
08:39la sanction.
08:40C'est aussi ce qui vous permet
08:41d'apprendre que les lois,
08:42que les règles,
08:43elles doivent se respecter
08:43en République.
08:44Gabriel Attal
08:45est notre invité sur CNews
08:46et sur Europe 1.
08:47Autre sujet dans l'actualité,
08:48Jordan Bardella est accusé
08:49d'avoir tenu et écrit
08:50des propos antisémites
08:51en 2013
08:52alors qu'il avait 17 ans.
08:53Accusation portée par Mediapart
08:55qui, à l'heure actuelle,
08:56n'a pas encore apporté
08:57de preuves de ses écrits.
08:58Est-ce que la campagne
08:58des boules puantes a commencé
09:00et qu'est-ce que vous dites
09:01de ces affaires ?
09:02C'est des propos
09:03qui sont très choquants
09:05et très graves.
09:06S'ils sont vérifiés ?
09:07J'allais y venir,
09:08Jordan Bardella
09:09les dément
09:10et Mediapart
09:11affirme les avoir authentifiés.
09:13Jordan Bardella a dit
09:14qu'il allait saisir
09:16la justice.
09:17Mediapart a dit
09:18qu'il pouvait produire
09:19des preuves.
09:20Vous venez de le dire,
09:20ils n'ont pas encore
09:21produit ces preuves,
09:22il faut qu'ils le fassent
09:23pour pouvoir trancher
09:24cette affaire.
09:26Maintenant,
09:26je le dis ici,
09:28il y a un climat
09:29qui est en train
09:30de devenir totalement
09:30irrespirable
09:31pour les Français juifs
09:32aujourd'hui.
09:33Là,
09:34il y a ces propos
09:34qui sont insupportables
09:36et qui sont à la une
09:36de tous les médias.
09:38Vous avez les propos
09:39de la France insoumise
09:40et de membres
09:41de la France insoumise
09:42qui prennent pour cible
09:43les Juifs.
09:43Vous avez Ségolène Royal
09:45la semaine dernière
09:46qui explique
09:46que les Français juifs
09:47devraient quasiment
09:48s'excuser,
09:49en tout cas
09:49se désolidariser
09:51de la politique
09:52du gouvernement israélien
09:53comme s'ils en étaient responsables.
09:54C'est insupportable
09:55ce climat.
09:56C'est insupportable
09:57pour eux,
09:58pour ces Français juifs
09:59qui le matin
10:00allument la télévision,
10:01écoutent les informations
10:02et on en remet une couche.
10:03Il y a un épisode supplémentaire
10:04où ils sont mis en cause,
10:05où ils sont pointés du doigt.
10:06Et moi,
10:07je pense que
10:07les responsables politiques,
10:08on a aussi une responsabilité
10:09de sortir de ce climat-là
10:11et de le combattre
10:11et de combattre
10:12l'antisémitisme
10:12d'où qu'ils viennent.
10:13D'accord,
10:14mais vous avez souvent débattu
10:15avec Jordan Bardella,
10:15vous le croyez capable
10:16d'antisémitisme ?
10:18Ce que je vois,
10:19c'est qu'au sein
10:22du Rassemblement National,
10:23vous avez un nombre
10:25assez important
10:25de personnalités politiques
10:27mises en cause
10:28pour des propos antisémites.
10:29Le ménage n'a pas été fait,
10:30Marine Le Pen
10:31a même sorti son père
10:32à l'époque.
10:33Regardez,
10:34vous avez Madame Parmentier,
10:35la députée Madame Parmentier,
10:37qui est, je crois,
10:37vice-présidente encore
10:38du groupe
10:39au Rassemblement National,
10:40à l'Assemblée Nationale,
10:41qui a tenu des propos pro-pétain,
10:42qui a écrit des propos pro-pétain.
10:44Il s'en est excusé.
10:45Vous avez un député
10:46au groupe Rassemblement National
10:48qui tenait une librairie
10:49négationniste
10:50avant de devenir député.
10:51Donc, c'est encore une réalité.
10:52Ils ne sont pas virés,
10:53ils ne sont pas sanctionnés.
10:54Donc, voilà,
10:54à un moment,
10:55la réalité,
10:56c'est que quand vous avez
10:56une série de cas isolés,
10:58ça finit par faire un système.
10:59Vous pensez que
11:00le Rassemblement National
11:01est toujours le Front National ?
11:03Ce que je dis,
11:03ce que je dis,
11:04c'est que c'est aux responsables
11:07des partis politiques
11:08de prouver que ça a changé
11:09et d'être intraitable
11:10dès que vous avez une affaire.
11:11Est-ce que vous demandez
11:12que Jordan Bardella
11:14quitte son plus ?
11:15Non, puisqu'on vient de le dire.
11:16Il y a un démenti
11:18de la part de Jordan Bardella
11:19et vous avez Mediapart
11:20qui dit qu'on va amener des preuves.
11:22Donc, voilà,
11:22il faut que cette affaire
11:23puisse être tranchée
11:24à un moment,
11:25soit par la justice,
11:26soit s'il y a des preuves
11:27qui sont présentées
11:28et qu'il y a des faits
11:28qui sont reconnus,
11:29qu'elle le soit de cette manière.
11:30Est-ce que cette affaire
11:31arrive au hasard
11:31alors que, évidemment,
11:33Marine Le Pen
11:33n'a jamais été aussi haut
11:34dans les sondages ?
11:35Elle creuse l'écart
11:35au second tour
11:36de la présidentielle,
11:37que ce soit, évidemment,
11:38face à Jean-Luc Mélenchon
11:39ou encore face à Édouard Philippe ?
11:40Mais je pense que le sujet
11:42n'est pas tant le timing.
11:43Est-ce que c'est vrai ou pas ?
11:44C'est ça la question, en fait.
11:45Je pense que c'est ça
11:46la question à laquelle
11:46les Français veulent avoir
11:47la réponse.
11:48Donc, je veux dire,
11:49si c'est vrai,
11:50je vais vous dire,
11:51ce n'est pas choquant
11:52que ça sorte à ce moment-là.
11:54Je veux dire,
11:54à un moment,
12:00parce que c'est gravissime
12:01qu'on se dise
12:02que quelqu'un
12:03qui aurait pu devenir
12:03Premier ministre
12:04ou qui aspire à l'être
12:05à l'avenir
12:06ait pu tenir ou écrire
12:08ce type de propos
12:09et, par ailleurs,
12:10puisse mentir
12:11en expliquant
12:12qu'il ne les a pas tenus
12:12ou qu'il ne les a pas écrits.
12:14Gabriel Attal,
12:14les Français,
12:15pendant ce temps-là,
12:15ont les yeux rivés
12:16sur leurs fins de mois
12:17qui sont difficiles.
12:18Le gouvernement doit nous présenter
12:19demain son projet de budget.
12:21Est-ce que vous en avez des pistes ?
12:22Est-ce que vous savez
12:23si ce sera un budget offensif,
12:24une cure d'austérité ?
12:25Vous avez des informations ?
12:26Pas vraiment.
12:27C'est inquiétant ?
12:29Oui,
12:29il y a la présentation
12:30demain en Conseil des ministres.
12:31On aura à ce moment-là
12:32les informations.
12:33J'ai par ailleurs vu
12:33les déclarations
12:35dans la presse
12:35du Premier ministre.
12:37Moi, je vais vous dire,
12:38il faut qu'on ait un budget.
12:40Quel qu'il soit,
12:41aussi imparfait soit-il.
12:42La situation financière
12:44du pays est grave
12:46et a été très aggravée
12:47par la dissolution.
12:48On est en crise.
12:49On doit éviter
12:50une crise de la dette.
12:51Mais on n'en est pas loin.
12:52On doit éviter
12:53une crise de la dette
12:54et aujourd'hui,
12:54on a une situation financière
12:55qui nous en rapproche.
12:56C'est ça, la réalité.
12:57Vous avez des taux d'intérêt
12:58qui ont beaucoup monté.
12:59Un écart de taux
13:00avec nos voisins allemands
13:02qui a beaucoup monté.
13:03Depuis la dissolution,
13:05vous avez une situation
13:07qui s'est très largement dégradée.
13:08Pourquoi ?
13:09Parce que depuis 2024,
13:10vous n'avez eu
13:11aucun véritable effort
13:12de réduction de la dépense publique
13:13et vous avez eu
13:14des oppositions,
13:15RN et la gauche,
13:16qui ont bloqué
13:17toutes les tentatives
13:18d'économie
13:19ou les pistes de réforme
13:20et qui ont même conduit
13:21le gouvernement
13:22à revenir
13:23sur certaines réformes
13:24qui avaient été portées,
13:25notamment la réforme des retraites.
13:26Et donc,
13:27vous avez aujourd'hui
13:27une situation
13:28qui est très tendue.
13:29Et vous savez,
13:30les Français le voient déjà
13:30dans leur quotidien.
13:32Moi,
13:32ce qui me révolte le plus,
13:33en tout cas,
13:33une des choses
13:34qui me révolte le plus,
13:35c'est les jeunes couples
13:36de trentenaires en CDI
13:37qui ne peuvent pas
13:38devenir propriétaires.
13:39Pourquoi ils peuvent pas
13:40devenir propriétaires ?
13:41Parce qu'ils ne peuvent pas
13:42emprunter.
13:42Pourquoi ils peuvent pas
13:43emprunter ?
13:44Parce que les taux d'intérêt
13:44ont explosé.
13:45Pourquoi les taux d'intérêt
13:47explosent ?
13:47Parce qu'on a cette situation
13:48budgétaire.
13:49Donc,
13:49il faut un budget
13:50et il faut réduire
13:51le déficit.
13:52Moi,
13:52ça sera ma boussole
13:53avec les députés
13:53de mon groupe
13:54pendant cette période budgétaire.
13:55Est-ce que ça veut dire
13:56que je serai d'accord ?
13:57Vous accepterez
13:57toutes les mesures proposées.
13:59Est-ce que ça veut dire
13:59que je serai d'accord
13:59avec toutes les mesures ?
14:00Évidemment non.
14:01Il y a des mesures
14:02avec lesquelles je serai
14:02probablement en désaccord.
14:03Qu'est-ce que je ferai ?
14:04Je voterai contre ces mesures
14:05avec les députés de mon groupe.
14:07Il est possible
14:08qu'à la fin,
14:08ils soient quand même
14:08dans le budget
14:09puisque vous savez
14:09que le gouvernement
14:10peut avoir recours
14:11au 49,3.
14:12Eh bien,
14:12si c'est le cas,
14:13je serai clair
14:13avec les Français
14:14sur le fait
14:15que s'ils me font confiance
14:16et que je deviens
14:16président de la République
14:17l'année prochaine,
14:18je reviendrai sur ces mesures
14:19et donc il faut voir
14:20ce budget
14:20comme un budget
14:21pour six mois.
14:22Et vous reviendrez
14:22sur la réforme des retraites
14:23dont vous dites
14:24qu'elle a été abandonnée
14:25en cours de route.
14:26Hier,
14:26Edouard Philippe
14:27a changé de cap.
14:28Il pensait aller
14:29proposer la retraite
14:30à 67 ans.
14:31Désormais,
14:31c'est 65 ans
14:32avec 45 ans
14:33d'annuité de cotisation.
14:35Qu'est-ce que vous dites
14:36de ce revirement,
14:37en tout cas,
14:37de ce changement de cap ?
14:38Et vous,
14:38qu'est-ce que vous proposez,
14:39Gabriel Attal,
14:40sur la retraite ?
14:40Sa proposition,
14:41c'est la proposition
14:42Macron en 2022.
14:44Rien ne change, quoi.
14:45C'est exactement
14:45la proposition
14:46qu'a faite Emmanuel Macron
14:47en 2022
14:48dans sa campagne présidentielle.
14:49Moi,
14:49ce que je crois,
14:51c'est que sur notre système
14:51de retraite
14:52et sur notre modèle social,
14:53on n'en est plus
14:54à bouger les paramètres
14:55ou les curseurs.
14:56On n'en est plus
14:56à prendre des mesures,
14:57pardon,
14:57mais de soins palliatifs
14:59pour permettre
14:59à un système de survivre
15:01alors que ce système,
15:02objectivement,
15:02ne tient plus.
15:03La réalité aujourd'hui,
15:04c'est que le problème,
15:06pour moi,
15:06ce n'est pas les curseurs,
15:07c'est le système lui-même.
15:08Et donc, moi,
15:08ce que je propose,
15:09c'est qu'on change
15:09de système de retraite,
15:10qu'on ait d'abord
15:11un système universel,
15:12les mêmes règles
15:13pour tout le monde,
15:14qu'on ait un système libre.
15:15Je ne crois pas
15:16que l'âge légal de départ
15:17permette encore
15:18de piloter
15:19notre système de retraite.
15:20Je propose
15:20qu'on prenne
15:21la durée de cotisation.
15:23Vous avez une vraie décote
15:24si vous partez tôt,
15:25une vraie surcote
15:26si vous partez tard.
15:27Vous partez tôt,
15:28vous avez peu.
15:28Vous partez tard,
15:30vous avez beaucoup plus.
15:31Mais les gens
15:32sont responsabilités
15:33et ils font leur choix
15:34en conscience.
15:34Le même système
15:35pour tout le monde,
15:35vous dites,
15:36c'est-à-dire public-privé,
15:37on a ligné de régime ?
15:37Oui, et indépendant.
15:38Salarié, fonctionnaire
15:40et indépendant.
15:40Et trois,
15:41qu'on ait une vraie part
15:42de capitalisation
15:43dans notre système de retraite.
15:44Ce qui sera bon
15:45pour les dépenses publiques,
15:46pour les retraites
15:47des Français,
15:48parce que les systèmes
15:49qui sont par capitalisation,
15:51je peux vous dire
15:52que les pensionnés
15:52ont de meilleures pensions
15:53de retraite,
15:54est bon pour notre économie
15:55parce que ça permettra
15:56d'avoir des fonds de pension
15:57en France
15:57qui pourront financer aussi
15:58nos start-up,
15:59nos entreprises,
16:00nos PME dans les territoires
16:01pour les faire grandir
16:02et ça sera bon
16:03pour l'économie française.
16:04Donc moi,
16:05c'est d'ailleurs
16:05une vraie différence
16:06qu'on a avec Edouard Philippe.
16:07Il propose la réforme Macron 2022
16:10qui vise à faire bouger
16:12les curseurs du système actuel.
16:14Moi, je pense qu'on doit
16:15changer de système
16:15aussi parce que je vois
16:16que dans ma génération,
16:17la plupart des jeunes
16:18ne croient pas
16:19une seule seconde
16:19qu'ils auront une retraite
16:20dans le système actuel
16:21parce qu'ils savent très bien
16:22que des réformes
16:23comme celle-ci
16:24qui a été proposée,
16:26tous les 3-4 ans
16:27elles sont présentées.
16:28On dit que ça va régler le problème.
16:29Donc il manque de courage
16:31Edouard Philippe, selon vous ?
16:32Ce n'est pas ce que je dis.
16:32C'est deux propositions
16:33qui sont différentes.
16:34Donc vous ne pourriez pas
16:35vous rallier à lui
16:36s'il maintient ses positions là-dessus ?
16:38Je pense qu'il faut d'abord
16:39que chacun fasse campagne
16:40sur son projet.
16:41Cherche à convaincre
16:42les Français avec une vision.
16:43Moi, je dis aux Français...
16:44Vous démentez la rumeur
16:45d'un ralliement en janvier
16:46à Edouard Philippe, mais...
16:47Franchement, si je devais
16:47démentir toutes les rumeurs,
16:49je passerais mon temps
16:49à faire ça matin, midi et soir.
16:51Moi, ce que je dis,
16:51c'est que je veux que
16:52notre pays redevienne
16:53la première puissance d'Europe
16:54en 10 ans.
16:55C'est possible à condition
16:56de réussir sur 4 chantiers capitaux.
16:59École, salaire, frontière,
17:01IA, intelligence artificielle,
17:02et résorber la dette publique.
17:04C'est possible d'y arriver
17:05à condition de faire des choix,
17:06mais ça ne peut pas être
17:06des choix juste de paramètres,
17:09des choix techniques, techniciens.
17:11Il faut assumer
17:11qu'on est au bout d'un modèle,
17:12au bout d'un système
17:13et qu'il faut le changer.
17:14Voilà.
17:14Et c'est peut-être
17:14la responsabilité de ma génération.
17:16Je suis le seul candidat
17:17d'une nouvelle génération
17:18dans cette campagne présidentielle
17:19et c'est ce que je vais défendre
17:20et ce que je vais porter
17:21dans les semaines qui viennent.
17:22Et vous nous redis,
17:23aujourd'hui,
17:25jamais LFI,
17:25jamais un vote pour LFI.
17:28On vous a beaucoup rapproché
17:29cet appel.
17:30Vous l'avez déjà dit
17:31sur notre plateau,
17:31mais les téléspectateurs,
17:33éditeurs,
17:34aiment avoir les idées claires.
17:35Je crois qu'aujourd'hui,
17:36aucun démocrate et républicain
17:38ne peut raisonnablement
17:39appeler à voter pour LFI.
17:40De la même manière
17:41que je n'appellerai jamais
17:42à voter pour le Rassemblement national.
17:43Et je vais vous dire,
17:44je pense que les Français
17:46ils en ont marre
17:46d'entendre parler
17:48de barrage en permanence.
17:49Le barrage,
17:49ce n'est pas un projet politique.
17:50Si on veut convaincre les Français,
17:52il faut leur parler d'idées,
17:53il faut leur parler de fonds,
17:54il faut leur donner envie
17:55de venir voter pour un projet.
17:56C'est exactement ce que je viens
17:57de vous décrire
17:57avec le projet que je porte,
17:59que je défends.
18:00On peut être d'accord,
18:00on peut être pas d'accord,
18:01mais en tout cas,
18:02c'est ma ligne.
18:02Et plutôt que de parler des autres,
18:04moi, je vais parler
18:04de ce que je propose
18:05et de ce que je vais proposer.
18:06Gabriel Attal,
18:07un dernier mot concernant Robert Ménard,
18:09le maire de Béziers.
18:09Aujourd'hui, a lieu son procès.
18:11Il a refusé, vous le savez,
18:11de marier une personne
18:13sous OQTF,
18:14un Algérien.
18:15Il risque 50 prisons,
18:1675 000 euros d'amende
18:17et une peine d'éligibilité
18:19de perdre son siège de maire.
18:20Est-ce que l'État français
18:21marche sur la tête ?
18:22Il faut changer, en fait,
18:23nos règles.
18:24C'est vrai que c'est une règle
18:25qui est aberrante aujourd'hui.
18:27Qu'un maire ne puisse pas
18:28s'opposer à un mariage
18:31avec une personne sous OQTF,
18:33c'est-à-dire qui doit être expulsée
18:34du territoire national,
18:35ça n'est pas normal.
18:36J'ai déjà eu l'occasion de le dire.
18:37Mon groupe politique
18:39il faudra changer cette règle.
18:40Il y a plusieurs propositions
18:41qui ont été faites en la matière.
18:43Aussi, le voyage du pape
18:44qui s'est terminé lundi soir.
18:46Comment est-ce que vous avez vécu
18:47cette parenthèse ?
18:48Est-ce que vous dites
18:48qu'on a vécu une parenthèse enchantée,
18:49que c'est la France,
18:51c'est le cœur de la France
18:52qui battait pendant ces journées-là ?
18:54C'est cette France-là
18:55à laquelle vous aspirez ?
18:56Moi, je crois que,
18:57que l'on soit croyant ou pas,
18:59que l'on soit catholique ou pas,
19:01on ne peut que reconnaître
19:04qu'il y a eu une forme
19:05d'élan d'espérance,
19:06d'unité, de rassemblement,
19:09autour de la venue du pape
19:10en France.
19:12Une venue qui s'est par ailleurs
19:13bien passée.
19:13Il y a quand même
19:14des millions de personnes
19:15qui ont été mobilisées
19:19partout en France.
19:20Et je veux dire,
19:20il n'y a pas eu de problème
19:21de sécurité.
19:22Moi, j'essaye de regarder
19:23les choses positivement.
19:24Ça veut dire que c'est possible
19:25en France.
19:26Ça veut dire que c'est possible
19:27d'avoir des moments de rassemblement,
19:28que c'est possible d'avoir
19:29des centaines de milliers de personnes
19:30qui se réunissent
19:30sans qu'il y ait de problème.
19:32Et donc, ça me donne foi
19:33au sens républicain du terme
19:35en l'avenir.
19:36Donc, c'est un message
19:36que vous adressez
19:37aux lycéens aussi
19:38qui sont aujourd'hui
19:39en train de bloquer
19:40leurs établissements.
19:40À tout le monde.
19:41Moi, je n'oppose pas
19:41les uns aux autres.
19:42Ce que je dis,
19:42c'est que la France,
19:43elle est capable du meilleur.
19:45Regardons ça
19:46et faisons en sorte
19:46que ça soit le cas tout le temps.
19:48Merci, Gabriel Attal.
19:49En homme libre,
19:49c'est votre livre
19:50aux éditions de l'Observatoire.
19:51Merci d'être venu ce matin
19:52sur CNUS et sur Europe.
19:53Bonne journée.
19:53Sous-titrage Société Radio-Canada
19:56Sous-titrage Société Radio-Canada

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