00:00Je voulais vous entendre également sur le périscolaire à Paris.
00:03Anne Hidalgo et Patrick Bloch, son adjoint,
00:06sont visés par trois plaintes pour non-assistance à personnes en danger
00:09dans le scandale du périscolaire parésien,
00:12c'est-à-dire des enfants agressés sexuellement,
00:13des tout-petits par des animateurs.
00:16Est-ce qu'il faut, selon vous, que l'ancienne maire de Paris
00:19et son adjoint rendent des comptes ?
00:21Je serais bien qu'elle s'en explique enfin.
00:24Alors, il y aura une procédure judiciaire,
00:26donc là-dessus, je n'ai pas à m'exprimer sur la procédure judiciaire.
00:28Ce que je constate, c'est quoi ?
00:30C'est qu'on parle de dizaines d'enfants,
00:32de dizaines d'animateurs périscolaires
00:34dans la plus grande ville de France,
00:37celle qui est dotée des plus grands moyens
00:39et qui aurait donc dû mettre en place les plus grands outils de contrôle
00:42et de vérification pour savoir qui on recrute,
00:45ce qui se passe à l'intérieur des établissements scolaires,
00:48pour détecter, pour repérer, pour croire et accompagner la parole des enfants.
00:52Et ce qui est insupportable dans ce que les parents disent,
00:55parce que ces parents, ils ont accompagné la parole de leurs enfants,
00:59ils ont cru leurs enfants, ils ont eu raison de le faire,
01:02ils sont allés jusqu'à porter plainte, ils ont eu ce courage-là,
01:04ils le sont même exprimés à visage découvert
01:06et je veux rendre hommage à ces pères, à ces mères qui l'ont fait
01:09et parce que c'est évidemment essentiel d'accompagner nos enfants,
01:13c'est que c'est un système qui a pu perdurer pendant des années,
01:17des animateurs qui ont été déplacés d'un établissement à un autre.
01:20Vous savez, on parle de principe de précaution matin, midi et soir.
01:23S'il y a bien un endroit où le principe de précaution devrait prévaloir,
01:28ce sont nos enfants.
01:29Les enfants, c'est ce qu'il y a de plus vulnérable,
01:31c'est ce qu'il y a de plus fragile,
01:32c'est les êtres que nous devons absolument et impérativement protéger
01:36et là, il y a une défaillance évidente sur la protection qu'on doit à nos enfants.
01:41Aurore Berger, comment vous qualifiez l'attitude d'Anne Hidalgo ?
01:44Silencieuse en tout cas, très silencieuse sur ce sujet.
01:47Trop silencieuse ?
01:49En fait, la qualification juridique, ce n'est pas à moi de le dire.
01:53Ça, ce seront les magistrats qui le diront.
01:55Mais je trouve étonnant qu'elle n'ait pas présentée d'excuses aux familles,
01:59qu'elle ne les ait pas, par exemple, toutes reçues.
02:02On parle encore une fois...
02:03Elle n'était pas à la hauteur ?
02:04On parle encore une fois de familles et d'enfants,
02:07d'enfants qui ont vécu des attouchements sexuels,
02:10des violences sexuelles,
02:12et vous l'avez dit, des tout-petits,
02:14des enfants en maternelle, des enfants à l'école primaire,
02:17des enfants dont nous savons, les médecins savent,
02:20que c'est des années avec lesquelles ils vont devoir vivre
02:22avec des traumatismes pour les accompagner,
02:25pour parfois garantir qu'ils puissent sortir, évidemment,
02:28parce qu'heureusement, on arrive à sortir de ces traumatismes-là
02:30quand on est bien accompagné.
02:31Mais malheureusement, pendant des années,
02:34il y a un système qui a prévalu.
02:36Il faut garantir que plus jamais ce ne soit le cas.
02:38C'est aussi ce qu'on fait maintenant sur la vérification,
02:40évidemment, de tous les antécédents judiciaires
02:43de celles et ceux qui sont au contact des enfants.
02:45C'est aussi sortir de la précarisation, sans doute,
02:48de ces métiers-là, pour garantir que ce soit des personnes
02:50mieux qualifiées, évidemment,
02:52qui puissent être auprès de nos enfants,
02:54parce qu'il n'y a rien de plus important.
02:55Quand on confie son enfant,
02:57comme c'est mon cas en tant que mère,
02:58mais comme des millions de parents le matin,
03:00on veut pouvoir le faire en se disant
03:02que nos enfants sont en sécurité.