00:00Vous l'avez entendu sur Europe 1, par Jean-Baptiste Marty, qui est l'un de nos reporters,
00:06à Aulnay-sous-Bois, une mosquée fermée pour incitation à la violence et apologie du terrorisme.
00:12La préfecture de Seine-Saint-Denis a donc annoncé la fermeture de cette mosquée de Chanteloup à Aulnay-sous-Bois
00:17et la préfecture lui reproche de promouvoir la violence et de faire l'apologie d'actes de terrorisme.
00:24Et cela à travers des imams réguliers, des imams qui parlent dans les mosquées et diffusent leur haine sur les
00:32réseaux sociaux.
00:33Nous sommes avec Georges Fenech et Alexandre Malafaille.
00:35Est-ce que la fermeture, Georges Fenech, de cette mosquée, de ces mosquées, qui sont visées en tout cas, ou
00:42soupçonnées,
00:43peut mettre fin réellement aux activités de celles-ci ?
00:46En tout cas, elle est fermée pour six mois déjà, c'est une durée suffisamment longue,
00:52pour peut-être qu'une association culturelle réorganise cette mosquée,
00:58qui avait déjà été fermée il y a quelques années.
01:02Nous sommes confrontés toujours à ces imams, alors que pourtant, depuis la loi séparatisme de 2024,
01:07on a mis fin aux imams détachés, c'est-à-dire rémunérés par des pays étrangers.
01:12Donc, logiquement, tous nos imams doivent être salariés en France d'associations.
01:17Mais est-ce que ça change quelque chose ?
01:18Bien sûr, ça change tout.
01:19Est-ce que les imams sont plus contrôlés ?
01:20Ça change tout.
01:21D'abord, ils sont astreints à suivre des formations, de respect des règles,
01:27et puis des valeurs françaises, de la République,
01:29et puis ils sont rémunérés en France, ils ne dépendent pas de l'étranger.
01:33Donc ça, c'est très important.
01:35Donc, jusque depuis 2024, on n'a pas eu un seul imam détaché nommé en France.
01:41Mais ceux qui étaient, sont restés.
01:43Alors, ce qui explique peut-être qu'il y a encore quelques dérives de ce type,
01:46il faut être extrêmement vigilant parce que ces discours tombent dans les oreilles de certains jeunes radicalisés
01:52et peuvent aboutir à des actions violentes.
01:54Oui. Et alors, la Direction nationale du renseignement territorial, Alexandre Malafaille,
01:59alerte sur les tentatives de prise de contrôle des salles de prière par la mouvance salafiste.
02:04Et d'après les rédacteurs du rapport, 119 mosquées en France seraient aux mains des salafistes.
02:10Une mouvance très rigoriste de l'islam.
02:12Ça vous inquiète ?
02:14Non seulement ça m'inquiète, mais ça me conforte dans ce qu'on voit et ce qu'on analyse depuis
02:20des années.
02:20C'est-à-dire que vous avez une dérive islamiste instrumentalisée,
02:24mais pas seulement, spontanée par ailleurs aussi,
02:27parce qu'influencé par les réseaux sociaux, pour toutes sortes de raisons, qui s'est installée.
02:31Et la seule bonne nouvelle que je vois aujourd'hui dans le paysage politique, si je puis dire,
02:36c'est qu'on commence à en prendre conscience.
02:38Et on commence, comme l'a très bien dit Georges Fenech, à prendre des dispositions pour mener un combat
02:44qui est, j'allais dire, quasi civilisationnel.
02:46C'est-à-dire que ceux qui promeuvent cette idéologie islamiste veulent vivre autrement sur notre territoire.
02:51Et leur rêve, c'est de vivre autrement, que tout le monde vive à leur façon.
02:54C'est ça le projet qu'ils portent.
02:56Alors ils se servent de tous les moyens qui sont à leur disposition,
02:58et dans le cadre de l'État de droit, il y en a beaucoup.
03:00Donc il faut mener ce combat.
03:02La seule chose qui fera qu'on le gagnera, c'est la persévérance.
03:05C'est-à-dire qu'il faut se dire qu'on en a pour 15 ans, ou pour 20 ans.
03:10Mais évidemment, c'est à l'échelle d'une génération.
03:11Parce qu'il faut, entre guillemets, il faut reformater tous les cerveaux des jeunes et des un peu moins jeunes.
03:16Mais comment ça se fait qu'on doit reformater les cerveaux de jeunes ?
03:19Parce qu'ils sont totalement désorientés.
03:21Parce que leurs points de repère ne sont pas ceux de la France, de nos valeurs, de notre République, de
03:25l'Europe, de la liberté, du rapport à la femme, etc.
03:27Et à l'école, ils n'apprennent pas les familles ?
03:29Mais à l'école, on n'enseigne pas ça.
03:31À l'école, on n'enseigne plus ça. On n'ose pas enseigner ça.
03:33Et les familles ?
03:34Non mais les familles, quand il s'agit des familles qui sont elles-mêmes dans cette logique islamiste,
03:39qu'en voulez-vous qu'elles transmettent autre chose que ce qu'elles savent et ce qu'elles ont appris
03:42?
03:42Donc de fait, il y a un vrai travail de fond.
03:43C'est pour ça qu'il ne faut pas lâcher l'affaire, il ne faut pas renoncer.
03:45Donc une fermeture de mosquée, ce n'est pas simplement un fait anecdotique.
03:49C'est un élément qui tisse quelque chose.
03:51Mais après, il faudra de la constance et de la persévérance.
03:53Georges Fenech, vous êtes ancien magistrat.
03:55Le rôle du juge administrat, qui a le pouvoir, s'il est saisi, de casser la décision de fermeture.
04:02Alors, est-ce qu'il peut le faire ? Est-ce qu'il va le faire ?
04:04Oh, c'est déjà arrivé.
04:05C'est déjà arrivé que les juridictions administratives infirment des décisions préfectorales.
04:11C'est déjà arrivé.
04:12J'espère qu'ici, ce ne sera pas le cas, puisque manifestement,
04:15tous les critères sont remplis pour une fermeture.
04:18J'ajoute à ce que vient de dire Alexandre Malafaille,
04:20il y a aussi un lieu de radicalisation extraordinaire,
04:23c'est les prisons.
04:24Les prisons ont à peu près 1500 détenus radicalisés, d'après les estimations.
04:29Je rappelle que les deux jeunes qui étaient...
04:31Et le centre des rétentions administratives aussi.
04:33Qui pourrait être.
04:34Qui pourrait être, oui.
04:35Mais les prisons, c'est beaucoup plus problématique.
04:38Parce qu'ils y passent quelques fois des années,
04:40ils sortent totalement radicalisés.
04:41Je rappelle que les deux jeunes de 18 et 19 ans,
04:43qui ont égorgé le père Hamel,
04:45étaient sortis de prison,
04:47et s'étaient radicalisés en prison,
04:48au contact d'un ancien radicalisé.
04:50Il y a eu un hommage, il y a quelques jours, un dimanche,
04:53avec une messe en présence.
04:54De la sœur du père Hamel, parce qu'il a été victime de ça en réalité.
04:57De la sœur du père Hamel.
04:58Nous avons devant nous un défi extraordinaire,
05:00ce d'autant plus que déradicaliser un individu,
05:03on sait que ça n'existe pas.
05:04Vous pouvez l'amener éventuellement à abandonner l'idée de violence,
05:08pour mettre en œuvre ses idées,
05:11mais lui changer, comme on dit, de logiciel,
05:13c'est extrêmement compliqué.
05:14C'est ça qui est intéressant, Alexandre Malafaille,
05:16parce que ce que dit Georges Fenech,
05:17finalement, on peut fermer des mosquées,
05:19mais on ne peut pas totalement arrêter les activités, en fait.
05:21Non, mais après, la liberté de pensée
05:25restera l'apanage des modèles dans lesquels on vit.
05:27Vous pouvez très bien avoir une liberté de pensée
05:29et une façon de vouloir vivre avec votre religion
05:32d'une manière qui est différente.
05:33On n'empêche pas un certain nombre de populations
05:35aujourd'hui en France de pratiquer leur religion
05:37d'une manière fondamentaliste,
05:39ou perçue comme étant intégriste.
05:40Mais dans la mesure où vous ne portez pas atteinte à autrui,
05:43dans la mesure où votre religion ne trouble pas l'ordre public,
05:45dans la mesure où vous n'avez pas de projet vengeur ou assassin,
05:48vous avez le droit de vivre comme vous êtes.
05:50Ça, c'est la grande force de nos modèles.
05:52Et c'est là où, en plus, on devrait les défendre encore plus
05:54que dans le reste du monde.
05:55Ce type de comportement n'est pas toléré.
05:58Allez pratiquer votre religion de manière ostentatoire
06:00dans un certain nombre de pays musulmans,
06:01je peux vous garantir que vous allez voir ce que vous allez voir.
06:03D'ailleurs, les spécialistes ne parlent plus de déradicalisation,
06:05mais parlent de désengagement.
06:07Vous désengagez de l'action violente.
06:08Après, vous pouvez penser ce que vous voulez.
06:10Merci.