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00:11Bienvenue dans cette édition de Business Africa, je suis Afolaké Olinloye, les titres.
00:17L'ambition commerciale de 7 milliards de dollars de l'Afrique se heurte à la réalité.
00:22Les petites entreprises restent largement exclues par la zone de libre-échange continentale africaine.
00:29Le Togo mise sur une industrie informatique pour renforcer sa souveraineté numérique et développer les compétences technologiques.
00:38En Égypte, les recycleurs de la ville des déchets voient la demande explosée.
00:42La guerre en Iran a perturbé les importations de plastique et poussé les industriels à se tourner vers les matériaux
00:48recyclés.
00:52Près de dix ans après le lancement du projet d'intégration économique le plus ambitieux du continent,
00:58la promesse d'un marché unique africain reste largement invisible pour les petites entreprises.
01:03Une situation qui relance les interrogations sur la capacité de l'ASLECAF à combler le fossé entre les ambitions politiques
01:10et la réalité économique.
01:13Il y a près de dix ans, l'Afrique s'est donnée pour ambition de créer un marché unique couvrant
01:1854 pays,
01:20plus d'un milliard d'habitants et un PIB de 3400 milliards de dollars.
01:25Selon la Banque mondiale, une mise en œuvre complète de l'ASLECAF pourrait générer près de 450 milliards de dollars
01:32de revenus supplémentaires d'ici 2035.
01:35Les dernières données révèlent un écart entre les ambitions de l'ASLECAF et la réalité.
01:42En 2024, 91% des chefs d'entreprise africains interrogés par PAFTRAC disent ne recevoir aucun soutien concret.
01:51Cette situation est aggravée par un contexte mondial plus complexe.
01:56L'aide internationale recule tandis que le commerce mondial privilégie l'investissement.
02:01Les entreprises restent vulnérables en raison de leur dépendance aux matières premières et au coût d'accès aux chaînes de
02:09valeur de l'économie verte.
02:11Pour dépasser le stade des intentions, le continent doit accélérer la création de valeur locale,
02:18numériser ses systèmes et mieux aligner les financements sur les capacités d'exécution.
02:25L'enjeu est désormais de transformer cette ambition en réalité économique.
02:37Nous sommes avec Pam Leco Camilton, directrice exécutive du Centre du commerce international.
02:44Bienvenue à vous.
02:45Selon vous, 75% des petites entreprises africaines estiment que l'ASLECAF n'a eu aucun impact sur leurs activités,
02:52alors que les principaux protocoles sont désormais finalisés.
02:56Quel est l'obstacle aujourd'hui ?
03:00En réalité, si 75% d'entre elles ne sont pas au courant, cela signifie que nous faisons quelque chose
03:06de travers.
03:07Nous devons donc également nous pencher sur les mécanismes que nous avons utilisés pour communiquer les avantages concrets de l
03:13'ASLECAF.
03:14Quel sera l'impact de ces bénéfices pour vous ? Comment pouvez-vous en tirer parti ?
03:19Nous avons publié un guide en collaboration avec l'ASLECAF et le secrétariat de l'ASLECAF sur la manière d
03:25'exporter dans le cadre de l'ASLECAF.
03:27En réalité, nous n'avons même pas besoin d'aller aussi loin, car l'un des principaux enjeux de l
03:31'ASLECAF est le commerce intracontinental.
03:38Il ne s'agit donc pas tant d'exporter vers d'autres destinations, mais plutôt de savoir comment tirer parti
03:44des processus régionaux,
03:45de l'ouverture régionale et des chaînes de valeurs régionales pour développer votre activité, accroître vos exportations ou renforcer votre
03:52capacité à attirer des investissements.
03:56Dans le contexte numérique, je pense que ce qui est encore plus important, c'est de savoir dans quelle mesure
04:01les gouvernements ont réellement pris conscience
04:03de la nécessité de transformer leur système de régulation numérique, afin de favoriser les fintechs, de permettre l'engagement numérique
04:10et de permettre aux gens de pouvoir commercer en ligne, d'exercer leur mobilité numérique.
04:20Le Botswana, vous l'avez fait remarquer, dépend d'une seule matière première, ce qui rend cette économie vulnérable au
04:25choc mondiaux.
04:26Comment l'ASLECAF peut-elle favoriser la diversification économique ?
04:33Pour nous, il s'agit de tirer parti de ces opportunités et de développer ces chaînes de valeurs dans le
04:38cadre de l'ASLECAF,
04:39en exploitant les possibilités offertes par la baisse des droits de douane.
04:44En effet, la réduction des droits de douane et des barrières entre les pays peut considérablement renforcer leur capacité à
04:50s'approvisionner en produits moins chers,
04:52à travailler sur une chaîne de valeurs couvrant par exemple l'Afrique de l'Ouest ou l'Afrique de l
04:57'Est,
04:57à créer une production à plus forte valeur ajoutée et par conséquent à exporter cette valeur ajoutée,
05:03plutôt que de continuer à exporter des matières premières au lieu de produits à valeur ajoutée.
05:10La dépendance vis-à-vis des matières premières reste un défi.
05:13Et malheureusement, il existe une corrélation directe entre l'absence de valeur ajoutée ou la dépendance vis-à-vis des
05:19matières premières
05:20et le fait de faire partie des pays les moins développés.
05:23Il est donc essentiel de s'affranchir de cette dépendance vis-à-vis des matières premières.
05:28L'ITC que vous dirigez accompagne de producteurs locaux.
05:32Comment faire de ces certifications un véritable avantage concurrentiel pour nos PME ?
05:39Nous avons constaté que les entreprises qui adoptent des procédés utilisant des énergies alternatives pour leur production
05:46affichent des coûts de production plus bas et une efficacité accrue.
05:50Oui, cela peut représenter une charge réglementaire.
05:53Ça ne fait aucun doute et je ne le nierai pas.
05:55Mais je pense que cela représente également une opportunité très concrète
05:59pour bon nombre de nos pays et de nos entreprises de se réorienter,
06:03compte tenu du fait que le changement climatique est une réalité qui ne disparaîtra pas.
06:07Et si nous ne nous adaptons pas maintenant, nous devrons le faire plus tard, à un moment ou à un
06:12autre.
06:13Ce dont elles ont besoin, c'est d'un accès au financement, d'une assistance technique.
06:17Ce dont elles ont besoin, c'est de la capacité à répondre à ces exigences et de l'aide des
06:22banques,
06:23de leurs gouvernements, d'institutions internationales comme la nôtre,
06:26qui fournissent ce type d'assistance pratique pour leur permettre de répondre à ces nouvelles exigences.
06:32Mais le respect de ces nouvelles exigences ne doit pas constituer en soi un obstacle.
06:37Il y a donc de nombreuses opportunités à saisir ici.
06:39Nous devons simplement adopter la bonne approche et veiller à ce qu'elle donne des résultats concrets.
06:45Merci d'avoir été avec nous.
06:53Au Togo, une entreprise assemble des ordinateurs à partir de composants importés.
06:58L'objectif est de créer une véritable industrie nationale de fabrication informatique.
07:03Au-delà de la production, le projet ambitionne de former des ingénieurs et créer des emplois qualifiés.
07:10Allomé, matrice industrie mise sur un nouveau modèle, créer une chaîne d'assemblée locale pour répondre aux enjeux informatiques du
07:17marché togolais.
07:17Au lieu de s'appuyer uniquement sur des produits finis venus de l'extérieur,
07:21avec une capacité de près de 200 machines assemblées par jour,
07:26l'entreprise ambitieure de développer une filière informatique locale.
07:29Au lieu de toujours continuer à consommer et payer, la chaîne propose mieux.
07:34D'abord, vous venez, on vous forme, vous allez chez vous, vous mettez l'industrie.
07:38Notre ambition ne se limite pas qu'à fabriquer des ordinateurs.
07:41Nous sommes bien au-delà de ça.
07:43Mettre en place une véritable industrie capable de pouvoir mettre à la disposition des Africains et des Togolais l'outil
07:50qu'ils ont besoin de tous les jours.
07:52Derrière la production, l'autre enjeu est celui des compétences.
07:55Former des ingénieurs capables de maîtriser toute la chaîne d'assemblage.
07:59Le défi pour Matrice Industrie est désormais de transformer l'assemblage en véritable filière industrielle.
08:05Le marché mondial du numérique représente une opportunité économique majeure.
08:09Selon la CNUSED, les technologies de l'information représentent plus de 12% du commerce mondial de marchandises.
08:15Pour l'Afrique, développer des capacités locales permettrait de capter davantage de valeur.
08:19C'est un potentiel énorme pour le Togo parce que cela permet de créer des emplois de qualité et également
08:27de pouvoir servir de souveraineté numérique.
08:30Des entreprises togolais commencent à adopter ces machines assemblées localement.
08:35Les ordinateurs de Matrice Industrie, avec ces machines, nous avons constaté qu'il y a une fluidité dans le travail.
08:44Du transfert de technologies à la production locale, le pari est désormais celui d'une industrie numérique conçue en Afrique
08:52pour répondre aux besoins du continent.
08:59En Égypte, l'immense centre de recyclage connu sous le nom de ville des déchets a le vent en poupe.
09:04Les perturbations du transport maritime dans le détroit d'Hormuz provoquées par la guerre en Iran compliquent les importations de
09:10matières plastiques.
09:12Les usines égyptiennes se tournent de plus en plus vers les plastiques recyclés localement.
09:17Dans le dédale de la cité des chiffonniers au du Caire, les usines de recyclage tournent à plein régime.
09:23Confrontées à la flambée des coûts d'importation et au retard de livraison,
09:27les industriels se tournent de plus en plus vers le plastique recyclé pour maintenir leur production.
09:34Pendant la guerre, les importations sont devenues très compliquées.
09:37Les coûts du transport ont fortement augmenté, les prix ont doublé, voire davantage.
09:42Nous craignons aussi que les matières premières n'arrivent plus à cause des difficultés d'expédition.
09:47La demande de plastique recyclé a donc augmenté.
09:49Heureusement, nous avons pu écouler une grande partie de nos stocks.
09:54De nombreuses usines, autrefois entièrement dépendantes du plastique vierge importé,
09:59incorporent désormais du plastique recyclé dans leur production afin de réduire leurs coûts et de maintenir leur activité.
10:08Avant, on traitait une dizaine de tonnes.
10:10Aujourd'hui, on est passé à 20 tonnes par jour.
10:13Comme les importations de matières premières sont devenues plus compliquées,
10:17beaucoup d'industriels utilisent désormais du plastique recyclé pour réduire leurs coûts et continuer à produire.
10:23Nous sommes évidemment opposés à la guerre et nous espérons un retour rapide de la paix.
10:27Mais, dans notre secteur, elle a aussi accéléré le développement de la production locale, du recyclage et du réemploi.
10:36Si le conflit a perturbé les chaînes d'approvisionnement mondiales, les acteurs du recyclage estiment qu'il a aussi mis
10:43en évidence la valeur stratégique d'une filière nationale,
10:46un secteur qui aide les industriels à faire face aux pénuries tout en espérant un retour à la paix.
10:55C'est la fin de cette édition de Business Africa.
10:59Merci de nous avoir suivis.
11:01Pour retrouver toute l'actualité économique du continent, restez sur African News ou rendez-vous sur africanews.com.
11:14Business Africa was presented by Turkish Airlines.