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  • il y a 19 heures
Commerce africain : rapprocher la ZLECAf des entreprises locales [Business Africa]

Dans un entretien avec Pamela Coke-Hamilton, directrice exécutive du Centre du commerce international (CCI), nous examinons pourquoi de nombreuses micro, petites et moyennes entreprises (MPME) n’ont pas encore pleinement bénéficié de la ZLECAf, malgré des avancées importantes

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00:00...
00:11Bienvenue dans cette édition de Business Africa, je suis Afolaké Olinloye, les titres.
00:17L'ambition commerciale de 7 milliards de dollars de l'Afrique se heurte à la réalité.
00:22Les petites entreprises restent largement exclues par la zone de libre-échange continentale africaine.
00:29Le Togo mise sur une industrie informatique pour renforcer sa souveraineté numérique et développer les compétences technologiques.
00:38En Égypte, les recycleurs de la ville des déchets voient la demande explosée.
00:42La guerre en Iran a perturbé les importations de plastique et poussé les industriels à se tourner vers les matériaux
00:48recyclés.
00:52Près de dix ans après le lancement du projet d'intégration économique le plus ambitieux du continent,
00:58la promesse d'un marché unique africain reste largement invisible pour les petites entreprises.
01:03Une situation qui relance les interrogations sur la capacité de l'ASLECAF à combler le fossé entre les ambitions politiques
01:10et la réalité économique.
01:13Il y a près de dix ans, l'Afrique s'est donnée pour ambition de créer un marché unique couvrant
01:1854 pays,
01:20plus d'un milliard d'habitants et un PIB de 3400 milliards de dollars.
01:25Selon la Banque mondiale, une mise en œuvre complète de l'ASLECAF pourrait générer près de 450 milliards de dollars
01:32de revenus supplémentaires d'ici 2035.
01:35Les dernières données révèlent un écart entre les ambitions de l'ASLECAF et la réalité.
01:42En 2024, 91% des chefs d'entreprise africains interrogés par PAFTRAC disent ne recevoir aucun soutien concret.
01:51Cette situation est aggravée par un contexte mondial plus complexe.
01:56L'aide internationale recule tandis que le commerce mondial privilégie l'investissement.
02:01Les entreprises restent vulnérables en raison de leur dépendance aux matières premières et au coût d'accès aux chaînes de
02:09valeur de l'économie verte.
02:11Pour dépasser le stade des intentions, le continent doit accélérer la création de valeur locale,
02:18numériser ses systèmes et mieux aligner les financements sur les capacités d'exécution.
02:25L'enjeu est désormais de transformer cette ambition en réalité économique.
02:37Nous sommes avec Pam Leco Camilton, directrice exécutive du Centre du commerce international.
02:44Bienvenue à vous.
02:45Selon vous, 75% des petites entreprises africaines estiment que l'ASLECAF n'a eu aucun impact sur leurs activités,
02:52alors que les principaux protocoles sont désormais finalisés.
02:56Quel est l'obstacle aujourd'hui ?
03:00En réalité, si 75% d'entre elles ne sont pas au courant, cela signifie que nous faisons quelque chose
03:06de travers.
03:07Nous devons donc également nous pencher sur les mécanismes que nous avons utilisés pour communiquer les avantages concrets de l
03:13'ASLECAF.
03:14Quel sera l'impact de ces bénéfices pour vous ? Comment pouvez-vous en tirer parti ?
03:19Nous avons publié un guide en collaboration avec l'ASLECAF et le secrétariat de l'ASLECAF sur la manière d
03:25'exporter dans le cadre de l'ASLECAF.
03:27En réalité, nous n'avons même pas besoin d'aller aussi loin, car l'un des principaux enjeux de l
03:31'ASLECAF est le commerce intracontinental.
03:38Il ne s'agit donc pas tant d'exporter vers d'autres destinations, mais plutôt de savoir comment tirer parti
03:44des processus régionaux,
03:45de l'ouverture régionale et des chaînes de valeurs régionales pour développer votre activité, accroître vos exportations ou renforcer votre
03:52capacité à attirer des investissements.
03:56Dans le contexte numérique, je pense que ce qui est encore plus important, c'est de savoir dans quelle mesure
04:01les gouvernements ont réellement pris conscience
04:03de la nécessité de transformer leur système de régulation numérique, afin de favoriser les fintechs, de permettre l'engagement numérique
04:10et de permettre aux gens de pouvoir commercer en ligne, d'exercer leur mobilité numérique.
04:20Le Botswana, vous l'avez fait remarquer, dépend d'une seule matière première, ce qui rend cette économie vulnérable au
04:25choc mondiaux.
04:26Comment l'ASLECAF peut-elle favoriser la diversification économique ?
04:33Pour nous, il s'agit de tirer parti de ces opportunités et de développer ces chaînes de valeurs dans le
04:38cadre de l'ASLECAF,
04:39en exploitant les possibilités offertes par la baisse des droits de douane.
04:44En effet, la réduction des droits de douane et des barrières entre les pays peut considérablement renforcer leur capacité à
04:50s'approvisionner en produits moins chers,
04:52à travailler sur une chaîne de valeurs couvrant par exemple l'Afrique de l'Ouest ou l'Afrique de l
04:57'Est,
04:57à créer une production à plus forte valeur ajoutée et par conséquent à exporter cette valeur ajoutée,
05:03plutôt que de continuer à exporter des matières premières au lieu de produits à valeur ajoutée.
05:10La dépendance vis-à-vis des matières premières reste un défi.
05:13Et malheureusement, il existe une corrélation directe entre l'absence de valeur ajoutée ou la dépendance vis-à-vis des
05:19matières premières
05:20et le fait de faire partie des pays les moins développés.
05:23Il est donc essentiel de s'affranchir de cette dépendance vis-à-vis des matières premières.
05:28L'ITC que vous dirigez accompagne de producteurs locaux.
05:32Comment faire de ces certifications un véritable avantage concurrentiel pour nos PME ?
05:39Nous avons constaté que les entreprises qui adoptent des procédés utilisant des énergies alternatives pour leur production
05:46affichent des coûts de production plus bas et une efficacité accrue.
05:50Oui, cela peut représenter une charge réglementaire.
05:53Ça ne fait aucun doute et je ne le nierai pas.
05:55Mais je pense que cela représente également une opportunité très concrète
05:59pour bon nombre de nos pays et de nos entreprises de se réorienter,
06:03compte tenu du fait que le changement climatique est une réalité qui ne disparaîtra pas.
06:07Et si nous ne nous adaptons pas maintenant, nous devrons le faire plus tard, à un moment ou à un
06:12autre.
06:13Ce dont elles ont besoin, c'est d'un accès au financement, d'une assistance technique.
06:17Ce dont elles ont besoin, c'est de la capacité à répondre à ces exigences et de l'aide des
06:22banques,
06:23de leurs gouvernements, d'institutions internationales comme la nôtre,
06:26qui fournissent ce type d'assistance pratique pour leur permettre de répondre à ces nouvelles exigences.
06:32Mais le respect de ces nouvelles exigences ne doit pas constituer en soi un obstacle.
06:37Il y a donc de nombreuses opportunités à saisir ici.
06:39Nous devons simplement adopter la bonne approche et veiller à ce qu'elle donne des résultats concrets.
06:45Merci d'avoir été avec nous.
06:53Au Togo, une entreprise assemble des ordinateurs à partir de composants importés.
06:58L'objectif est de créer une véritable industrie nationale de fabrication informatique.
07:03Au-delà de la production, le projet ambitionne de former des ingénieurs et créer des emplois qualifiés.
07:10Allomé, matrice industrie mise sur un nouveau modèle, créer une chaîne d'assemblée locale pour répondre aux enjeux informatiques du
07:17marché togolais.
07:17Au lieu de s'appuyer uniquement sur des produits finis venus de l'extérieur,
07:21avec une capacité de près de 200 machines assemblées par jour,
07:26l'entreprise ambitieure de développer une filière informatique locale.
07:29Au lieu de toujours continuer à consommer et payer, la chaîne propose mieux.
07:34D'abord, vous venez, on vous forme, vous allez chez vous, vous mettez l'industrie.
07:38Notre ambition ne se limite pas qu'à fabriquer des ordinateurs.
07:41Nous sommes bien au-delà de ça.
07:43Mettre en place une véritable industrie capable de pouvoir mettre à la disposition des Africains et des Togolais l'outil
07:50qu'ils ont besoin de tous les jours.
07:52Derrière la production, l'autre enjeu est celui des compétences.
07:55Former des ingénieurs capables de maîtriser toute la chaîne d'assemblage.
07:59Le défi pour Matrice Industrie est désormais de transformer l'assemblage en véritable filière industrielle.
08:05Le marché mondial du numérique représente une opportunité économique majeure.
08:09Selon la CNUSED, les technologies de l'information représentent plus de 12% du commerce mondial de marchandises.
08:15Pour l'Afrique, développer des capacités locales permettrait de capter davantage de valeur.
08:19C'est un potentiel énorme pour le Togo parce que cela permet de créer des emplois de qualité et également
08:27de pouvoir servir de souveraineté numérique.
08:30Des entreprises togolais commencent à adopter ces machines assemblées localement.
08:35Les ordinateurs de Matrice Industrie, avec ces machines, nous avons constaté qu'il y a une fluidité dans le travail.
08:44Du transfert de technologies à la production locale, le pari est désormais celui d'une industrie numérique conçue en Afrique
08:52pour répondre aux besoins du continent.
08:59En Égypte, l'immense centre de recyclage connu sous le nom de ville des déchets a le vent en poupe.
09:04Les perturbations du transport maritime dans le détroit d'Hormuz provoquées par la guerre en Iran compliquent les importations de
09:10matières plastiques.
09:12Les usines égyptiennes se tournent de plus en plus vers les plastiques recyclés localement.
09:17Dans le dédale de la cité des chiffonniers au du Caire, les usines de recyclage tournent à plein régime.
09:23Confrontées à la flambée des coûts d'importation et au retard de livraison,
09:27les industriels se tournent de plus en plus vers le plastique recyclé pour maintenir leur production.
09:34Pendant la guerre, les importations sont devenues très compliquées.
09:37Les coûts du transport ont fortement augmenté, les prix ont doublé, voire davantage.
09:42Nous craignons aussi que les matières premières n'arrivent plus à cause des difficultés d'expédition.
09:47La demande de plastique recyclé a donc augmenté.
09:49Heureusement, nous avons pu écouler une grande partie de nos stocks.
09:54De nombreuses usines, autrefois entièrement dépendantes du plastique vierge importé,
09:59incorporent désormais du plastique recyclé dans leur production afin de réduire leurs coûts et de maintenir leur activité.
10:08Avant, on traitait une dizaine de tonnes.
10:10Aujourd'hui, on est passé à 20 tonnes par jour.
10:13Comme les importations de matières premières sont devenues plus compliquées,
10:17beaucoup d'industriels utilisent désormais du plastique recyclé pour réduire leurs coûts et continuer à produire.
10:23Nous sommes évidemment opposés à la guerre et nous espérons un retour rapide de la paix.
10:27Mais, dans notre secteur, elle a aussi accéléré le développement de la production locale, du recyclage et du réemploi.
10:36Si le conflit a perturbé les chaînes d'approvisionnement mondiales, les acteurs du recyclage estiment qu'il a aussi mis
10:43en évidence la valeur stratégique d'une filière nationale,
10:46un secteur qui aide les industriels à faire face aux pénuries tout en espérant un retour à la paix.
10:55C'est la fin de cette édition de Business Africa.
10:59Merci de nous avoir suivis.
11:01Pour retrouver toute l'actualité économique du continent, restez sur African News ou rendez-vous sur africanews.com.
11:14Business Africa was presented by Turkish Airlines.

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