00:11Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Business Africa. Je suis Ronald Kato.
00:15Cette semaine, après avoir affiché de solides performances en 2025, les économies africaines sont freinées par la crise du Golfe
00:23en 2026.
00:24Mais il y a une bonne nouvelle cette fois-ci. Les gouvernements sont bien mieux préparés.
00:31Soucieuse de préserver sa compétitivité industrielle et ébranlée par le choc énergétique provoqué par la guerre en Iran,
00:38l'Afrique du Sud pourrait ralentir sa transition du carbone vers les énergies renouvelables. Nous vous proposons une analyse à
00:44ce sujet.
00:46Coudre ses propres vêtements, nous rendons compte d'une nouvelle avancée dans les efforts de valorisation ajoutés du Bénin,
00:52alors que le pays commence à transformer localement le coton en vêtements finis.
00:58Merci de vous joindre à nous. Après avoir affiché des résultats plutôt satisfaisants en 2025,
01:04les économies africaines sont confrontées à un nouveau défi, la guerre au Moyen-Orient.
01:08Selon la Banque africaine de développement, celle-ci pourrait coûter au moins jusqu'à 1,5 point de pourcentage de
01:14croissance cette année.
01:15L'avantage, c'est que les responsables de la planification sont mieux préparés cette fois-ci,
01:19tout grâce aux enseignements tirés de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine.
01:25L'instabilité au Moyen-Orient a provoqué une flambée des prix du pétrole, du gaz et des engrais,
01:31accentuant les pressions inflationnistes à l'échelle mondiale.
01:35Pour l'Afrique, cette guerre risque de fragiliser les progrès enregistrés en 2025,
01:40notamment une croissance plus soutenue, un reflux de l'inflation et une amélioration graduelle des équilibres budgétaires.
01:48Le FMI prévoit désormais un ralentissement de la croissance régionale à 4,3% cette année,
01:55bien que Modeste se recule à des répercussions importantes.
01:59L'inflation, qui était tombée à 3,4%, devrait remonter vers 5% d'ici fin 2026.
02:06Les pays importateurs de carburant, comme le Malawi, la Sierra Leone et l'Ethiopie, sont les plus vulnérables.
02:12Selon le FMI, ils sont confrontés simultanément à une hausse du coût de la vie,
02:16à une détérioration de leur balance commerciale et à un resserrement du financement.
02:21Alors que la dette a diminué dans de nombreux pays,
02:24la guerre menace de faire grimper les coûts d'emprunt,
02:26ce qui pèsera encore davantage sur les finances publiques.
02:30La crise s'annonce comme une aubaine pour les exportateurs de pétrole,
02:34tels que le Nigeria et l'Angola.
02:35Après le Covid et la guerre en Ukraine,
02:37la guerre du Golfe pousse le FMI à appeler l'Afrique à accélérer ses réformes
02:42pour soutenir la croissance et rester résiliente.
02:47Amadou Si est directeur adjoint du département afrique du FMI.
02:51Merci beaucoup, monsieur, de nous accorder un peu de votre temps.
02:55Dans quelle mesure les progrès réalisés en 2025 ont-ils été compromis par la guerre au Moyen-Orient ?
03:05Jusqu'ici, l'impact reste limité, mais la marge de sécurité est faible.
03:11L'année 2025 a été globalement favorable pour les économies africaines,
03:16avec une croissance estimée autour de 4,5%.
03:21Mais les prévisions pour 2026 ont été revues à la baisse, à environ 4,3%.
03:28Dans le même temps, l'inflation qui avait commencé à ralentir en 2025
03:32devrait repartir à la hausse et atteindre autour de 5% en moyenne.
03:37La dynamique de croissance est donc en perte de vitesse,
03:41même si le recul reste encore modéré.
03:45La principale incertitude concerne désormais la durée du conflit,
03:48son intensité et l'ampleur des chocs économiques
03:52qu'il pourrait continuer à provoquer.
03:59Les monnaies africaines sont soumises à de fortes pressions
04:02et les coûts d'emprunt augmentent.
04:03Une crise de la dette se profite à l'horizon.
04:09Non, nous ne voyons pas venir une nouvelle crise de la dette.
04:12Il est vrai que les conditions financières se durcissent,
04:17mais il faut vraiment analyser les pays un par un.
04:22L'important est de regarder quelles marges de manœuvre ils ont
04:26et quelles politiques peuvent être mises en place pour absorber ce choc.
04:35En résumé, nous ne prévoyons pas de crise de la dette
04:39à l'échelle régionale dans les médias,
04:41mais nous avertissons que des dérapages politiques
04:43ou des chocs prolongés pourraient rapidement placer
04:47les pays les plus vulnérables en situation de difficulté.
04:53Les gouverneurs des banques centrales doivent faire face à des choix difficiles.
04:56Si vous étiez à Accra ou à Kampala, que feriez-vous ?
05:00Notre recommandation est d'aborder la situation pays par pays.
05:05De manière générale, si l'inflation dépasse l'objectif
05:08ou continue d'accélérer, il peut être pertinent
05:11de suspendre la baisse des taux, voire de les augmenter,
05:15afin de maintenir les anticipations d'inflation bien ancrées.
05:18C'est particulièrement important dans les pays
05:21où les variations du taux de change se répercutent fortement sur les prix
05:25ou lorsque les marchés financiers sont petits et peu actifs,
05:28ce qui rend les prix et le financement plus instables.
05:32En revanche, lorsque l'inflation reste dans la cible
05:35et que les anticipations sont bien stabilisées,
05:38nous recommandons de rester prudents
05:40et de prendre des décisions en fonction des données les plus récentes.
05:45La prudence et la crédibilité des politiques économiques restent essentielles.
05:51Depuis 2020, les économies africaines ont été frappées
05:54par une succession de chocs externes.
05:56À quoi ressemble réellement une véritable résilience ?
06:01Nous identifions quatre éléments qui peuvent aider à mieux absorber les chocs
06:06ou du moins à mieux les gérer.
06:08Le premier, ce sont des cadres macroéconomiques capables d'encaisser les chocs.
06:13Le deuxième pilier, ce sont des systèmes budgétaires qui protègent les populations.
06:18L'idée, c'est de protéger les personnes, pas les prix.
06:22Le troisième, c'est la croissance.
06:25Il faut produire de la croissance,
06:27ce qui implique des politiques comme des réformes structurelles,
06:31l'amélioration du climat des affaires
06:33et un renforcement de l'intégration régionale pour créer des emplois.
06:37Enfin, le quatrième élément concerne les capacités de l'État
06:42et le financement en monnaie nationale.
06:47Amadou Sy, merci beaucoup pour votre temps.
06:49Merci beaucoup, c'était un plaisir.
06:53L'Afrique du Sud a placé les énergies renouvelables au cœur de son avenir énergétique.
06:57Mais la guerre en Iran pourrait bouleverser la donne.
06:59L'économie la plus industrialisée d'Afrique dépend du charbon
07:03pour plus de la moitié de ses besoins énergétiques.
07:05Face à l'agitation des marchés,
07:07les analystes estiment que Pretoria va probablement ralentir la transition
07:11vers des énergies plus propres afin de préserver son avantage industriel.
07:16Alors que des puissances industrielles de premier plan,
07:19telles que l'Allemagne,
07:20prévoient de continuer à utiliser du charbon plus longtemps
07:22en raison de la guerre au Moyen-Orient,
07:24l'Afrique du Sud se demande si le passage aux énergies renouvelables
07:27ne serait pas trop précipité, voire naïf.
07:3074% de son électricité est produite à partir du charbon,
07:33mais le pays veut réduire ses émissions à zéro d'ici 2050.
07:39Pour les pays, y compris l'Afrique du Sud,
07:42la situation actuelle devrait être un signal
07:44indiquant qu'il n'est pas nécessaire
07:45de prendre des décisions précipitées en matière d'énergie.
07:48La sécurité énergétique est essentielle pour chaque pays
07:51et pour la population,
07:53l'accès à une énergie abordable est une priorité.
07:57Selon les opposants au charbon,
07:59le pays devrait procéder à son élimination progressive
08:02le plus tôt possible,
08:03au risque d'accroître son exposition
08:05à la fragilité énergétique mondiale.
08:07Mais en tant qu'économie émergente,
08:09l'Afrique du Sud peut difficilement atteindre
08:11la compétitivité industrielle sans le charbon.
08:14La Chine a beaucoup investi dans les énergies renouvelables,
08:19mais elle continue d'utiliser son charbon,
08:21son pétrole et son gaz.
08:23Alors qu'est-ce qui fait croire à un pays africain
08:24en développement qui peut dépendre uniquement
08:27des énergies renouvelables
08:28pour son développement économique ?
08:32Nous n'avons pas vu beaucoup d'industries
08:34qui utilisent des énergies renouvelables.
08:35Même les industries qui alimentent la transition énergétique,
08:38par exemple les industries minières,
08:40utilisent des combustibles fossiles.
08:42Nous avons simplement besoin de ce mix énergétique.
08:45Ce n'est pas parce que vous utilisez du charbon
08:47que vous ne pouvez pas utiliser d'énergie renouvelable.
08:52Les plans de transition énergétique de l'Afrique du Sud
08:55ont subi un coup dur avec le retrait des Etats-Unis
08:57d'une coalition de bailleurs de fonds en 2025.
09:03Aujourd'hui, le Bénin est devenu le premier producteur
09:05de cotons d'Afrique,
09:06avec une production annuelle dépassant les 720 000 tonnes
09:09depuis 2021.
09:10La majeure partie de la récolte était auparavant exportée
09:13à l'Etat brut, principalement vers le Bangladesh.
09:16Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
09:17Le Bénin fabrique désormais localement des vêtements
09:19confectionnés à partir de son propre coton
09:22dans le cadre d'une initiative visant à lancer
09:24une campagne d'industrialisation
09:26axée sur le secteur textile.
09:28C'est ici, dans la zone industrielle de Glodjigbey,
09:31que se trouve l'une des premières usines textiles
09:33utilisant du coton produit au Bénin.
09:35Le pays est désormais capable de transformer plus de 300 000 tonnes
09:39en fibres, mais il a décidé d'aller encore plus loin
09:42en fabriquant des vêtements prêts à porter.
09:45Sans transformation, ces fibres rapportent à peu près
09:48500 à 700 millions de dollars tous les ans.
09:52Avec la transformation de ces fibres,
09:54nous allons pouvoir générer une valeur marchande
09:57entre 12 et 14 milliards de dollars tous les ans.
10:01Une initiative qui vise à créer 300 000 emplois d'ici 2030
10:05dans les secteurs de la filature,
10:07du tissage du coton et de la confection.
10:10Grâce à Novaria Textile Bénin,
10:12j'ai eu à comprendre et à garder
10:14et à approfondir ma connaissance sur les machines.
10:16J'ai eu à prendre un overlock,
10:18blacklock single-lingueur
10:19et les opérations aussi,
10:21comme slivatage,
10:22selsim, choudeur.
10:24Le Bénin souhaite tirer parti du secteur textile
10:26pour relancer son processus d'industrialisation
10:29et maximiser la valeur de sa production cotonnière.
10:32La vocation principale de cette zone aujourd'hui
10:35est la transformation de nos matières premières agricoles
10:38et la substitution des produits d'importation
10:41en tels que les huiles, les vêtements,
10:44les produits pharmaceutiques, etc.
10:48Le Bénin prévoit d'augmenter ses exportations
10:50de 5 à 10 milliards de dollars d'ici 10 ans
10:52et de multiplier par 5 sa production.
10:57Et voilà, c'est tout pour cette édition de Business Africa.
11:00Je suis Ronald Cato.
11:01L'actualité continue à la télévision et en ligne.
11:04A bientôt.
11:04Rendez-vous dans le prochain épisode de Business Africa.
11:15Business Africa was presented by Turkish Airlines.
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