00:10Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle édition de Business Africa.
00:15Je suis Yasmina El Abbasire et voici les titres.
00:18L'Afrique envoie aujourd'hui plus d'argent à la Chine qu'elle n'en reçoit.
00:22Entre baisse des prêts et échanges commerciaux en hausse,
00:25la coopération sino-africaine se recentre sur l'économie réelle.
00:30En Libye, la crise des liquidités bloque l'économie.
00:34Retraits limités, billets rares et paiements électroniques défaillants compliquent le quotidien des citoyens.
00:42Abidjan se positionne comme un hub régional de créativité.
00:46Ses industries culturelles et artistiques créent emploi et attractivité pour la Côte d'Ivoire.
00:53Selon l'Université de Boston, l'Afrique envoie plus d'argent vers la Chine qu'elle n'en reçoit,
00:58reflétant la chute des prêts chinois et la hausse des échanges commerciaux.
01:03Cela marque la fin d'une ère de financement massif et le début d'une coopération centrée sur l'économie
01:09réelle et le développement local.
01:13Les relations économiques entre la Chine et l'Afrique évoluent.
01:18Un récent rapport montre que le continent africain envoie aujourd'hui plus d'argent vers la Chine qu'il n
01:23'en reçoit,
01:24une situation liée à la baisse marquée des financements chinois et à la montée des échanges commerciaux.
01:29Pendant plus d'une décennie, la Chine a été un partenaire financier majeur de l'Afrique.
01:33Selon la base de données de l'Université de Boston, les prêts chinois au continent ont dépassé 10 milliards de
01:39dollars par an entre 2012 et 2018,
01:41avec un pic à 28,8 milliards de dollars en 2016.
01:45A partir de 2019, la tendance s'inverse.
01:48Les prêts chutent de plus de 60% à 6,8 milliards de dollars,
01:52puis s'établissent en moyenne à un peu plus de 2 milliards de dollars par an depuis 2020.
01:56En 2024, ils atteignent 2,1 milliards de dollars, soit une baisse de plus de 90% par rapport au
02:02pic de 2016.
02:04Dans le même temps, les flux financiers entre l'Afrique et la Chine se transforment.
02:08Les remboursements de dettes, les importations africaines et les revenus rapatriés vers la Chine
02:12dépassent désormais les nouveaux financements entrants.
02:15Cette évolution s'explique par un changement de stratégie des prêteurs chinois,
02:19devenu plus prudent, et par des contraintes de financement côté africain,
02:23liées aux restructurations de dettes et aux chocs économiques post-pandémie.
02:27Elles marquent aussi une phase de consolidation.
02:29Plusieurs pays africains réduisent leur recours à l'endettement extérieur,
02:33renégocient leurs accords et privilégient des projets plus ciblés,
02:36notamment dans l'industrie, l'énergie et la transformation locale.
02:40Ces données traduisent une relation sino-africaine moins centrée sur les volumes de prêts
02:44et davantage sur les échanges économiques,
02:47dans un contexte où l'Afrique cherche à renforcer sa soutenabilité financière
02:50et sa capacité de négociation.
02:53Nous recevons le professeur Yoro Diallo, chercheur principal
02:56et directeur du centre d'études francophones à l'université Zhejiang en Chine.
03:02Merci d'avoir accepté notre invitation.
03:05Selon les derniers rapports, l'Afrique envoie plus d'argent vers la Chine qu'elle n'en reçoit.
03:09Ces flux liés en partie au remboursement de la dette
03:12freinent-ils le continent dans son développement ?
03:15Lorsqu'une dette me permet de sortir la tête de l'eau, je n'hésite pas à la prendre.
03:20En fait, lorsqu'on parle de ce basculment-là, il ne s'agit pas seulement de la Chine,
03:25mais c'est surtout que ces flux-là sont plus importants du côté des pays occidentaux.
03:30De nombreux médias, surtout en Occident, se focalisent sur la dette de la Chine,
03:37comme si cette dette-là était un gouffre qui empêchait le développement économique,
03:44social et culturel du continent africain.
03:46La Chine, dans ses actions économiques, n'impose pas son point de vue,
03:51elle n'impose pas son système, elle n'impose pas ses caractéristiques.
03:54Et le choix est fait par les pays africains, choix politique, choix social.
04:00Mais avec ces flux inversés, les dirigeants africains font-ils toujours le bon choix
04:05en continuant à coopérer avec la Chine pour l'économie ?
04:08En 300 ans de colonisation et de domination, l'état de l'Afrique était tel que nous cherchions entre les
04:15autres.
04:16En 25 ans de la création du Forum sur la coopération sino-africaine,
04:20le visage de l'Afrique a changé, le visage des capitales africaines a changé.
04:25Depuis l'arrivée de Xi Jinping, si cette coopération-là a pris un autre sens,
04:30et le résultat est là, ces 25 dernières années,
04:32nous notons que la Chine a construit, a aidé l'Afrique à réaliser des centaines de milliers de kilomètres de
04:43routes,
04:43d'autoroutes et des ports, des aéroports.
04:47La Chine, aujourd'hui, est le premier pays qui offre le maximum de bourses d'opportunités,
04:56de formation, d'études au continent africain.
05:00Et aujourd'hui, la contribution de la Chine dans le plan de l'industrialisation
05:04constitue des avancées, des propositions concrètes aux pays africains d'amorcer le développement.
05:12Sans la coopération sino-africaine, beaucoup de capitales africaines seraient encore de gros villages.
05:17Pour finir pour vous, comment les relations économiques sino-africaines
05:21pourraient-elles devenir plus équilibrées et plus bénéfiques pour l'économie africaine ?
05:25Je pense que ne pas se focaliser sur ce déséquilibre-là,
05:30mais faire de ce déséquilibre une action allant vers l'engagement du développement de l'Afrique.
05:37Tant que ce déséquilibre sert les pays africains aujourd'hui parce que l'Afrique a besoin de capitaux,
05:41c'est en cela que nous devons accompagner aujourd'hui la coopération sino-africaine
05:47afin qu'à la fois sur le plan culturel et sur le plan économique et social,
05:53cette coopération qui a fait ses preuves et qui a des résultats concrets indéniables
05:59continue pour permettre aux pays africains d'amorcer davantage le chemin de la modernisation.
06:06Et la Chine a accordé des droits de douane gratuits à une quarantaine de pays africains
06:11qui favorisent cette action-là.
06:15Et le marché chinois est ouvert à beaucoup de produits africains.
06:18Voyons des produits agricoles maliens qui sont vendus en Chine,
06:22des produits du Kenya, du Tanzanie, le café du Cameroun.
06:29Voilà des actions concrètes qui constituent, comme on dit,
06:34des petites rivières qui vont constituer les grands fleuves.
06:37Et c'est ces grands fleuves-là que la coopération entre la Chine et l'Afrique converge.
06:45Pour le développement commun.
06:46Monsieur Diallo, merci pour votre participation.
06:49Le plaisir est pour moi.
06:51En Libye, la crise des liquidités plonge le pays dans une paralysie financière.
06:56Les retraits d'argent sont limités.
06:58Les billets manquent et les paiements électroniques sont censés pallier.
07:01La pénurie connaissent eux aussi de nombreux dysfonctionnements.
07:07Dans cette banque commerciale de Tripoli, Ahmed Arkoub n'est pas venu pour retirer de l'argent liquide,
07:13car il n'y en a pas.
07:15Mais il est là pour porter plainte, après un paiement électronique débité sans avoir été finalisé.
07:22Je constate que le nombre de commerces, lorsqu'on essaie de payer par carte,
07:26prétendant que le terminal est hors service,
07:30je ne sais pas s'il fonctionne réellement ou non,
07:33mais tout le monde se plaint de cette situation.
07:37Depuis le retrait de 47 milliards de dinars par la banque centrale de Libye,
07:42le pays fait face à une grave pénurie de liquidités,
07:45poussant les citoyens vers les paiements électroniques.
07:47Dans certaines banques, seules les coupures d'un dinar circulent,
07:52les billets de forte valeur manquent
07:53et les autorités alertent sur l'hausse des faux billets.
07:57Avec les paiements électroniques, il n'y a pas de fausse monnaie.
08:00Tout est numérique, sécurisé par un co-billet,
08:03au nom exact, des données vérifiées et l'application appropriée.
08:09Sur le terrain, les dysfonctionnements des paiements électroniques perturbent l'activité commerciale.
08:17Les citoyens font face à des taux de change différents selon le mode de paiement.
08:21Les retraits en espèces se font souvent à des taux défavorables,
08:26tandis que les paiements par carte entraînent des frais supplémentaires.
08:30Cette situation, liée à la crise des liquidités et au manque d'accès au cash,
08:35notamment pour le carburant et les produits essentiels,
08:38aggravent les difficultés quotidiennes des citoyens
08:42et compliquent l'accès aux biens de première nécessité.
08:49Coincés entre pénurie de liquidités et systèmes défaillants,
08:52de nombreux les biens peinent encore à accéder à leur propre argent.
09:01A Abidjan, en Côte d'Ivoire, les industries culturelles et créatives deviennent un moteur essentiel de l'économie.
09:08Musique, cinéma, mode ou art visuel,
09:11elles créent des emplois, attirent des investissements
09:13et renforcent l'influence culturelle de la ville et du pays.
09:20De la musique au cinéma, de la mode aux arts virtuels,
09:23les industries culturelles et créatives sont aujourd'hui un moteur économique à Abidjan.
09:28Dans la méga polygorienne, la culture dépasse de simples cadres artistiques.
09:33Elle devient un levier d'emploi, d'influence et de souveraineté.
09:37Pour nous, la souveraineté, c'est justement cette capacité à se projeter soi-même,
09:42redéfinir l'imaginaire collectif sur l'Afrique avec nos propres mots, nos propres images.
09:51Portés par une jeunesse créative et des entrepreneurs engagés,
09:54les industries culturelles participent à la construction d'un soft power africain affirmé.
09:59On a tous voulu visiter des villes américaines ou européennes
10:04parce qu'elles ont été fantasmées dans des séries ou dans des longs métrages.
10:08Je pense qu'il est temps pour nous, jeunes Africains, jeunes créateurs,
10:11de pouvoir utiliser le même chemin pour nous vendre nous-mêmes.
10:17Au cœur de cette dynamique, l'industrie musicale se distingue comme un levier économique à part entière.
10:23Aujourd'hui, la musique, c'est 50 millions d'emplois pour les jeunes de 15 à 29 ans.
10:29C'est-à-dire à quel point également la musique arrive à attirer ou sinon à attirer les jeunes partout
10:36dans le monde.
10:37Selon l'UNESCO, les industries créatives pourraient représenter 10% du PIB ivoirien d'ici à 2030.
10:44À Abidjan, elles deviennent un moteur économique incontournable pour la ville comme pour tout le pays.
10:54C'est la fin de cette édition de Business Africa.
10:56Merci de nous avoir suivis.
10:58Pour plus d'informations, restez sur Africa News et rendez-vous sur notre site africanews.com.
11:11Business Africa was presented by Turkish Airlines.
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