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  • il y a 6 heures
Coopération sino-africaine : un nouveau tournant [Business Africa]

Selon les données de l’université de Boston, l’Afrique envoie aujourd’hui davantage de flux financiers vers la Chine qu’elle n’en reçoit. Une évolution qui marque un changement notable dans la nature des relations économiques entre Pékin et le continent africain.

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00:10Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle édition de Business Africa.
00:15Je suis Yasmina El Abbasire et voici les titres.
00:18L'Afrique envoie aujourd'hui plus d'argent à la Chine qu'elle n'en reçoit.
00:22Entre baisse des prêts et échanges commerciaux en hausse,
00:25la coopération sino-africaine se recentre sur l'économie réelle.
00:30En Libye, la crise des liquidités bloque l'économie.
00:34Retraits limités, billets rares et paiements électroniques défaillants compliquent le quotidien des citoyens.
00:42Abidjan se positionne comme un hub régional de créativité.
00:46Ses industries culturelles et artistiques créent emploi et attractivité pour la Côte d'Ivoire.
00:53Selon l'Université de Boston, l'Afrique envoie plus d'argent vers la Chine qu'elle n'en reçoit,
00:58reflétant la chute des prêts chinois et la hausse des échanges commerciaux.
01:03Cela marque la fin d'une ère de financement massif et le début d'une coopération centrée sur l'économie
01:09réelle et le développement local.
01:13Les relations économiques entre la Chine et l'Afrique évoluent.
01:18Un récent rapport montre que le continent africain envoie aujourd'hui plus d'argent vers la Chine qu'il n
01:23'en reçoit,
01:24une situation liée à la baisse marquée des financements chinois et à la montée des échanges commerciaux.
01:29Pendant plus d'une décennie, la Chine a été un partenaire financier majeur de l'Afrique.
01:33Selon la base de données de l'Université de Boston, les prêts chinois au continent ont dépassé 10 milliards de
01:39dollars par an entre 2012 et 2018,
01:41avec un pic à 28,8 milliards de dollars en 2016.
01:45A partir de 2019, la tendance s'inverse.
01:48Les prêts chutent de plus de 60% à 6,8 milliards de dollars,
01:52puis s'établissent en moyenne à un peu plus de 2 milliards de dollars par an depuis 2020.
01:56En 2024, ils atteignent 2,1 milliards de dollars, soit une baisse de plus de 90% par rapport au
02:02pic de 2016.
02:04Dans le même temps, les flux financiers entre l'Afrique et la Chine se transforment.
02:08Les remboursements de dettes, les importations africaines et les revenus rapatriés vers la Chine
02:12dépassent désormais les nouveaux financements entrants.
02:15Cette évolution s'explique par un changement de stratégie des prêteurs chinois,
02:19devenu plus prudent, et par des contraintes de financement côté africain,
02:23liées aux restructurations de dettes et aux chocs économiques post-pandémie.
02:27Elles marquent aussi une phase de consolidation.
02:29Plusieurs pays africains réduisent leur recours à l'endettement extérieur,
02:33renégocient leurs accords et privilégient des projets plus ciblés,
02:36notamment dans l'industrie, l'énergie et la transformation locale.
02:40Ces données traduisent une relation sino-africaine moins centrée sur les volumes de prêts
02:44et davantage sur les échanges économiques,
02:47dans un contexte où l'Afrique cherche à renforcer sa soutenabilité financière
02:50et sa capacité de négociation.
02:53Nous recevons le professeur Yoro Diallo, chercheur principal
02:56et directeur du centre d'études francophones à l'université Zhejiang en Chine.
03:02Merci d'avoir accepté notre invitation.
03:05Selon les derniers rapports, l'Afrique envoie plus d'argent vers la Chine qu'elle n'en reçoit.
03:09Ces flux liés en partie au remboursement de la dette
03:12freinent-ils le continent dans son développement ?
03:15Lorsqu'une dette me permet de sortir la tête de l'eau, je n'hésite pas à la prendre.
03:20En fait, lorsqu'on parle de ce basculment-là, il ne s'agit pas seulement de la Chine,
03:25mais c'est surtout que ces flux-là sont plus importants du côté des pays occidentaux.
03:30De nombreux médias, surtout en Occident, se focalisent sur la dette de la Chine,
03:37comme si cette dette-là était un gouffre qui empêchait le développement économique,
03:44social et culturel du continent africain.
03:46La Chine, dans ses actions économiques, n'impose pas son point de vue,
03:51elle n'impose pas son système, elle n'impose pas ses caractéristiques.
03:54Et le choix est fait par les pays africains, choix politique, choix social.
04:00Mais avec ces flux inversés, les dirigeants africains font-ils toujours le bon choix
04:05en continuant à coopérer avec la Chine pour l'économie ?
04:08En 300 ans de colonisation et de domination, l'état de l'Afrique était tel que nous cherchions entre les
04:15autres.
04:16En 25 ans de la création du Forum sur la coopération sino-africaine,
04:20le visage de l'Afrique a changé, le visage des capitales africaines a changé.
04:25Depuis l'arrivée de Xi Jinping, si cette coopération-là a pris un autre sens,
04:30et le résultat est là, ces 25 dernières années,
04:32nous notons que la Chine a construit, a aidé l'Afrique à réaliser des centaines de milliers de kilomètres de
04:43routes,
04:43d'autoroutes et des ports, des aéroports.
04:47La Chine, aujourd'hui, est le premier pays qui offre le maximum de bourses d'opportunités,
04:56de formation, d'études au continent africain.
05:00Et aujourd'hui, la contribution de la Chine dans le plan de l'industrialisation
05:04constitue des avancées, des propositions concrètes aux pays africains d'amorcer le développement.
05:12Sans la coopération sino-africaine, beaucoup de capitales africaines seraient encore de gros villages.
05:17Pour finir pour vous, comment les relations économiques sino-africaines
05:21pourraient-elles devenir plus équilibrées et plus bénéfiques pour l'économie africaine ?
05:25Je pense que ne pas se focaliser sur ce déséquilibre-là,
05:30mais faire de ce déséquilibre une action allant vers l'engagement du développement de l'Afrique.
05:37Tant que ce déséquilibre sert les pays africains aujourd'hui parce que l'Afrique a besoin de capitaux,
05:41c'est en cela que nous devons accompagner aujourd'hui la coopération sino-africaine
05:47afin qu'à la fois sur le plan culturel et sur le plan économique et social,
05:53cette coopération qui a fait ses preuves et qui a des résultats concrets indéniables
05:59continue pour permettre aux pays africains d'amorcer davantage le chemin de la modernisation.
06:06Et la Chine a accordé des droits de douane gratuits à une quarantaine de pays africains
06:11qui favorisent cette action-là.
06:15Et le marché chinois est ouvert à beaucoup de produits africains.
06:18Voyons des produits agricoles maliens qui sont vendus en Chine,
06:22des produits du Kenya, du Tanzanie, le café du Cameroun.
06:29Voilà des actions concrètes qui constituent, comme on dit,
06:34des petites rivières qui vont constituer les grands fleuves.
06:37Et c'est ces grands fleuves-là que la coopération entre la Chine et l'Afrique converge.
06:45Pour le développement commun.
06:46Monsieur Diallo, merci pour votre participation.
06:49Le plaisir est pour moi.
06:51En Libye, la crise des liquidités plonge le pays dans une paralysie financière.
06:56Les retraits d'argent sont limités.
06:58Les billets manquent et les paiements électroniques sont censés pallier.
07:01La pénurie connaissent eux aussi de nombreux dysfonctionnements.
07:07Dans cette banque commerciale de Tripoli, Ahmed Arkoub n'est pas venu pour retirer de l'argent liquide,
07:13car il n'y en a pas.
07:15Mais il est là pour porter plainte, après un paiement électronique débité sans avoir été finalisé.
07:22Je constate que le nombre de commerces, lorsqu'on essaie de payer par carte,
07:26prétendant que le terminal est hors service,
07:30je ne sais pas s'il fonctionne réellement ou non,
07:33mais tout le monde se plaint de cette situation.
07:37Depuis le retrait de 47 milliards de dinars par la banque centrale de Libye,
07:42le pays fait face à une grave pénurie de liquidités,
07:45poussant les citoyens vers les paiements électroniques.
07:47Dans certaines banques, seules les coupures d'un dinar circulent,
07:52les billets de forte valeur manquent
07:53et les autorités alertent sur l'hausse des faux billets.
07:57Avec les paiements électroniques, il n'y a pas de fausse monnaie.
08:00Tout est numérique, sécurisé par un co-billet,
08:03au nom exact, des données vérifiées et l'application appropriée.
08:09Sur le terrain, les dysfonctionnements des paiements électroniques perturbent l'activité commerciale.
08:17Les citoyens font face à des taux de change différents selon le mode de paiement.
08:21Les retraits en espèces se font souvent à des taux défavorables,
08:26tandis que les paiements par carte entraînent des frais supplémentaires.
08:30Cette situation, liée à la crise des liquidités et au manque d'accès au cash,
08:35notamment pour le carburant et les produits essentiels,
08:38aggravent les difficultés quotidiennes des citoyens
08:42et compliquent l'accès aux biens de première nécessité.
08:49Coincés entre pénurie de liquidités et systèmes défaillants,
08:52de nombreux les biens peinent encore à accéder à leur propre argent.
09:01A Abidjan, en Côte d'Ivoire, les industries culturelles et créatives deviennent un moteur essentiel de l'économie.
09:08Musique, cinéma, mode ou art visuel,
09:11elles créent des emplois, attirent des investissements
09:13et renforcent l'influence culturelle de la ville et du pays.
09:20De la musique au cinéma, de la mode aux arts virtuels,
09:23les industries culturelles et créatives sont aujourd'hui un moteur économique à Abidjan.
09:28Dans la méga polygorienne, la culture dépasse de simples cadres artistiques.
09:33Elle devient un levier d'emploi, d'influence et de souveraineté.
09:37Pour nous, la souveraineté, c'est justement cette capacité à se projeter soi-même,
09:42redéfinir l'imaginaire collectif sur l'Afrique avec nos propres mots, nos propres images.
09:51Portés par une jeunesse créative et des entrepreneurs engagés,
09:54les industries culturelles participent à la construction d'un soft power africain affirmé.
09:59On a tous voulu visiter des villes américaines ou européennes
10:04parce qu'elles ont été fantasmées dans des séries ou dans des longs métrages.
10:08Je pense qu'il est temps pour nous, jeunes Africains, jeunes créateurs,
10:11de pouvoir utiliser le même chemin pour nous vendre nous-mêmes.
10:17Au cœur de cette dynamique, l'industrie musicale se distingue comme un levier économique à part entière.
10:23Aujourd'hui, la musique, c'est 50 millions d'emplois pour les jeunes de 15 à 29 ans.
10:29C'est-à-dire à quel point également la musique arrive à attirer ou sinon à attirer les jeunes partout
10:36dans le monde.
10:37Selon l'UNESCO, les industries créatives pourraient représenter 10% du PIB ivoirien d'ici à 2030.
10:44À Abidjan, elles deviennent un moteur économique incontournable pour la ville comme pour tout le pays.
10:54C'est la fin de cette édition de Business Africa.
10:56Merci de nous avoir suivis.
10:58Pour plus d'informations, restez sur Africa News et rendez-vous sur notre site africanews.com.
11:11Business Africa was presented by Turkish Airlines.
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