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  • il y a 21 heures
Afrique de l’Ouest : la ruée vers l’or redessine le marché minier [Business Africa]

La flambée de l’or redistribue les cartes en Afrique de l’Ouest. Au premier trimestre 2026, la demande mondiale a atteint 1 231 tonnes, représentant un marché record de 193 milliards de dollars, en hausse de 74 % sur un an.

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00:11Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle édition de Business Africa.
00:15Je suis Yasmina Elabassiret et voici les titres.
00:19La ruée vers l'or en Afrique de l'Ouest redessine les stratégies minières.
00:23Certains pays cherchent à attirer davantage d'investisseurs,
00:26tandis que d'autres durcissent les règles pour mieux préserver leurs revenus.
00:32En Côte d'Ivoire, la hausse des prix du carburant pèse sur les habitants d'Abidjan.
00:38Consommateurs et professionnels subissent déjà les répercussions de cette flambée.
00:44Au Kenya où les PME peinent à accéder au financement,
00:48un fabricant de pièces métalliques a trouvé les solutions
00:51pour mobiliser les ressources nécessaires et accélérer son développement.
00:57Porté par les tensions géopolitiques, le marché mondial de l'or atteint des niveaux records.
01:03En Afrique de l'Ouest, cette flambée intensifie la concurrence
01:06entre les pays qui misent sur leur attractivité
01:09et ceux qui renforcent leur contrôle du secteur.
01:12Reportage.
01:15L'or n'a jamais été aussi stratégique.
01:17Porté par les tensions géopolitiques et la recherche de valeurs refuge,
01:21la demande mondiale a atteint plus de 1200 tonnes au premier trimestre 2026,
01:26un marché record de 193 milliards de dollars en hausse de 74% sur un an.
01:31Cette flambée ruba les cartes en Afrique de l'Ouest.
01:34Les compagnies minières ne cherchent plus seulement les meilleurs gisements,
01:37elles privilégient aussi les pays offrant une fiscalité prévisible,
01:41des règles stables et des infrastructures adaptées.
01:44La Côte d'Ivoire profite de cette dynamique.
01:47Son projet orifère de Kone prévoit une production de plus de 300 000 ans par an
01:51et la création de 3000 emplois.
01:53La Mauritanie et la Guinée cherchent également à attirer de nouveaux capitaux.
01:57A l'inverse, le Mali, le Burkina Faso et le Ghana renforcent leur contrôle sur le secteur,
02:03hausse des taxes, participation accrue de l'État et révision des contrats.
02:07L'objectif est de conserver une plus grande part des revenus
02:10au risque de détourner certains investisseurs.
02:13Deux stratégies s'opposent donc, miser sur l'attractivité ou renforcer la souveraineté.
02:19Mais le défi reste le même, transformer l'or en emploi, en infrastructure et en développement durable
02:24pour que cette richesse profite davantage aux populations.
02:33Nous recevons M. Félix Zonin, spécialiste de la gouvernance financière dans le secteur minier.
02:40M. Zonin, bonjour.
02:41Les pays qui veulent reprendre le contrôle sur leur or risquent-ils de faire fuir les investisseurs ?
02:47Entre souveraineté, attractivité, où placer le curseur ?
02:50Les investisseurs en général ne vont pas fuir juste parce qu'un État exige une fiscalité plus élevée,
02:55parce qu'un État demande une participation nationale plus importante
02:58ou alors parce que l'État veut qu'il y ait plus de contenu local.
03:01Ce qui fait fuir les investisseurs, très souvent, ça va être l'imprévisibilité,
03:04ça va être la rétroactivité de certaines nouvelles règles,
03:07ça va être s'il y a des conflits armés qui les empêchent d'exploiter correctement la mine.
03:11Il faut comprendre qu'un investisseur minier, c'est quelqu'un qui engage un milliard de dollars sur 20 ans
03:16à peu près,
03:16et c'est quelqu'un qui peut payer beaucoup plus, mais ce qu'il ne peut pas accepter,
03:20c'est que des règles changent en cours de route.
03:22Mais par contre, vouloir contrôler davantage son or, avoir plus de souveraineté,
03:26en soi, ce n'est pas mauvais si c'est fait de façon adéquate.
03:29Si vous prenez la Côte d'Ivoire, par exemple, la Côte d'Ivoire a récéré beaucoup de conditions,
03:34beaucoup d'exigences, la Côte d'Ivoire l'a beaucoup fait,
03:36mais ça n'a pas fait fuir les investisseurs.
03:37Au contraire, la Côte d'Ivoire est le pays sur le continent qui a tiré l'année dernière
03:41le plus de capital d'exploration, 186 millions de dollars.
03:46Voilà, c'est 13% de tout ce qu'on a investi sur le continent en 2025 en cours d
03:49'exploration,
03:50et pourtant les règles ont été resserrées.
03:51Avec la hausse du prix de l'or, le rapport de force est-il en train de changer
03:55entre les États et les compagnies minières ?
03:58Alors définitivement, oui, il y a une inversion du rapport de force.
04:02Évidemment, elle n'est pas complète,
04:03parce que le rapport de force était beaucoup du point de vue des compagnies,
04:06mais de plus en plus, on voit que le rapport de force est favorable aux États.
04:09Et on peut le comprendre pour une raison simple.
04:12C'est le coût de l'or aujourd'hui qui donne ce rapport de force-là.
04:15Avec un or qui se négocie à plus de 4 000 dollars l'once
04:20et des coûts de production qui sont autour de 1 500 ou 1 900,
04:24il faut dire que la marge bénéficiaire est devenue tellement importante
04:27qu'aucun pays, aucun État ne peut politiquement se permettre de ne pas renégocier.
04:32Et aujourd'hui, les États ont les moyens de tenir, ont les moyens de renégocier.
04:35Le Mali, par exemple, en 2025, a perdu 25% de sa production d'or par rapport à 2024.
04:40Mais en revanche, le Mali a encaissé beaucoup plus d'argent en 2025 qu'en 2024.
04:44Et de façon plus complète, il faut quand même noter que les compagnies conservent le capital,
04:48elles conservent la technologie, elles conservent l'expertise,
04:51dont en gros, c'est un rapport de force qui devient aujourd'hui beaucoup plus équilibré,
04:54mais il ne devient pas unilatéral.
04:56Au final, cette ruée vers l'or peut-elle vraiment simuler les économies africaines
05:01et améliorer la vie des populations locales ?
05:03Elle pourrait contribuer seulement si on transforme la rente minière en capacité économique.
05:09Est-ce qu'en exploitant le sol et le sous-sol, on va être capable de générer une forme de
05:13prospérité partagée ?
05:14On va être capable d'avoir une forme de développement beaucoup plus généralisé ?
05:17En Guinée, par exemple, en 2025, on a produit 7 milliards de dollars d'or.
05:23En 2020, c'est 7 milliards de dollars.
05:24Et selon le ministre des Mines de la Guinée, seulement 1% de cette valeur reste dans l'économie du
05:30pays.
05:31Si on prend l'exemple du Mali, les industries extractives, l'or en particulier, sont jusqu'à 79% des
05:39exportations.
05:40Mais ça produit seulement 1,8% des emplois dans le pays.
05:43Donc, vous voyez que ce sont des écarts qui nous montrent que produire beaucoup, ça ne suffit plus nécessairement.
05:49Donc, l'or, quelque part, ça peut améliorer les exportations, ça peut améliorer les réserves d'échange,
05:53ça peut même améliorer les recettes publiques,
05:55mais ça ne va pas nécessairement créer beaucoup plus d'emplois ou bien réduire la pauvreté.
06:00Donc, la question essentielle, en fait, c'est de se dire,
06:02comment, en fait, on s'assure d'avoir des mécanismes de transmission de la production minière à l'économie réelle
06:09?
06:09Comment on y arrive ?
06:10La recette, en fait, est dans une fiscalité efficace.
06:14Il faut une meilleure fiscalité, il faut de meurtre, une fiscalité beaucoup plus intéressante.
06:19Mais au-delà de ça, il faut des dépenses publiques transparentes
06:22parce qu'encaisser, c'est une chose, mais maintenant, redistribuer, réinvestir,
06:26c'est ça, en fait, le nœud gordien.
06:27Il faut des dépenses publiques transparentes.
06:29Il faut surtout des producteurs locaux, il faut des fournisseurs locaux.
06:32Il faut s'assurer d'avoir dans la chaîne des fournisseurs locaux,
06:35d'avoir des travailleurs qui soient formés, d'avoir une forme de formalisation de leur paillage
06:39et une vraie redistribution vers des régions qui sont minières.
06:42Et c'est de cette manière-là qu'on va être sûr que la production minière, quelque part,
06:46se transmet dans l'économie réelle.
06:48Merci d'avoir accepté notre invitation.
06:51Ça m'a fait plaisir.
06:54Depuis le 1er août, l'essence et le gasoil coûtent plus cher en Côte d'Ivoire.
06:59Cette hausse des prix du carburant frappe les consommateurs
07:02et fragilise de nombreux professionnels.
07:05À Abidjan, l'inquiétude gagne plusieurs secteurs de l'économie.
07:09Depuis le 1er août 2026, le carburant coûte plus cher en Côte d'Ivoire.
07:15À Abidjan, le litre de Super passe de 875 à 905 francs CFA,
07:20tandis que le gazoil augmente de 700 à 725 francs CFA.
07:25Une hausse qui frappe en premier lieu les chauffeurs de VTC,
07:29mais aussi les restaurateurs comme Lynn,
07:31confrontés à un coût des livraisons désormais équivalent à celui du repas.
07:35Elle craint que certains clients ne renoncent à commander.
08:03Jusqu'ici, le gouvernement avait maintenu les prix à la pompe,
08:06mais selon l'économiste Désiré Kouamé,
08:08la prolongation du conflit dans le détroit d'Ormouz fragilise cet équilibre.
08:11Le prix du baril a connu des variations à la hausse.
08:14Il était passé ici, mes souvenirs sont bons,
08:16de 71 à 144 dollars le prix du baril,
08:21en l'air de février à avril 2026,
08:23et après il y a eu une légère détente.
08:24Il y a eu un effort qui a été fait pour maintenir les prix constants.
08:28Mais à bout de souffle, la facture se lève à près de 200 milliards de francs CFA.
08:31Je pense que l'État a décidé de répercuter la hausse de ce prix du baril au niveau mondial
08:39sur le prix domestique à l'intérieur de la Côte d'Ivoire.
08:43La hausse du carburant pourrait également affecter les secteurs de l'énergie,
08:47de l'agro-industrie et de la logistique,
08:49avec un impact direct sur les consommateurs.
08:55Au Kenya, 7 PME sur 10 peint à se financer.
08:59720 Holdings, qui fabrique localement des pièces métalliques,
09:03fait figure de modèle de réussite.
09:05L'entreprise a mobilisé les fonds nécessaires à sa croissance
09:09et compte aujourd'hui plus de 60 employés.
09:11Reportage.
09:12Au Kenya, environ 7 PME sur 10 rencontrent des difficultés
09:18pour financer leurs activités.
09:21720 Holdings, une entreprise qui fabrique localement divers accessoires métalliques,
09:27a néanmoins réussi à mobiliser les fonds nécessaires à son développement.
09:32Nous avons démarré avec nos propres économies, soit environ 30 000 shillings.
09:37Nous avons également emprunté de l'argent à notre famille et à nos amis.
09:41Par la suite, nous avons obtenu une subvention de la Fondation Tony Elumelu.
09:47Grâce à ces différentes sources de financement,
09:50l'entreprise a pu se développer et accélérer sa croissance.
09:53Les institutions financières considèrent souvent les PME comme des emprunteurs à haut risque,
09:58mais avec des politiques adaptées, des solutions de financement peuvent leur être proposées.
10:05Des initiatives existent déjà, à l'image du Fonds africain de garantie,
10:10qui apporte des garanties aux banques afin qu'elles puissent, à leur tour,
10:13accorder des prêts aux PME.
10:16À travers ce pôle spécialement consacré aux PME manufacturières,
10:20l'Association des industriels du Kenya mobilise les différentes parties prenantes
10:23afin de faciliter l'accès de ces entreprises au financement.
10:28Nous dialoguons avec le gouvernement pour faire évoluer le cadre réglementaire.
10:33Mais notre action ne se limite pas au pouvoir public.
10:36Nous échangeons également avec les autres acteurs du financement
10:39afin d'obtenir des taux d'intérêt plus favorables aux entreprises.
10:43Notre objectif est de parvenir à des taux inférieurs à 10%.
10:49Avec leur immense potentiel économique,
10:51agir sur les principaux leviers de la croissance des PME
10:54pourrait largement contribuer à renforcer la solidité et la stabilité de l'économie.
11:00C'est la fin de cette édition de Business Africa.
11:03Merci de l'avoir suivie.
11:05Retrouvez-nous sur nos plateformes et sur africanews.com.
11:15Business Africa was presented by Turkish Airlines.
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