00:11Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Business Africa, je suis Ronald Kato.
00:16Au menu cette semaine, alors que l'Europe est en proie des températures records,
00:21une question se pose, les réseaux électriques africains sont-ils à l'abri des vagues de chaleurs intenses ?
00:29Une révolution dans le domaine de la mobilité, une ville ghanéenne transformait l'handicap en matière de sécurité en une
00:36opportunité pour électrifier ses transports.
00:42Plus d'intermédiaires, Pékin autorise la Standard Bank sud-africaine à effectuer des règlements dans sa propre devise,
00:48alors que s'intensifient les efforts visant à écarter le dollar du commerce sino-africain.
00:57Merci de nous rejoindre. Le changement climatique amplifie l'intensité et la fréquence des vagues de chaleur dans les villes
01:03africaines,
01:04faisant exploser la demande en climatisation qui soumet les réseaux électriques à une pression considérable.
01:10Ces équipements sur le continent sont vétustes et manquent d'entretien adéquat,
01:15d'où la nécessité des interventions urgentes pour les rendre résilients.
01:20Partout en Afrique, les villes font face à des vagues de chaleur extrême qui menacent la santé publique,
01:26les infrastructures et les moyens de subsistance.
01:29Sous l'effet du changement climatique, les centres urbains enregistrent des températures records,
01:34souvent de 5 à 10 degrés Celsius, au-dessus des normales saisonnières,
01:39mettant les réseaux électriques déjà sous forte pression.
01:42L'Afrique abrite certaines des villes les plus chaudes au monde,
01:45où les températures dépassent les 40 degrés Celsius pendant plusieurs semaines chaque année.
01:50Faute de réseaux électriques résilients, la croissance ralentit,
01:53tandis que les populations sont davantage exposées aux risques sanitaires liés aux fortes chaleurs.
02:00En 2025, la Zambie a subi des mois de coupure d'électricité,
02:04après qu'une longue sécheresse a fortement réduit le niveau du fleuve Kafu.
02:08Selon l'Agence internationale de l'énergie, les chaleurs extrêmes peuvent provoquer la surchauffe
02:13des lignes électriques et des transformateurs, entraînant pannes ou incendies.
02:18Alors que l'urbanisation s'accélère, les besoins en climatisation et en eau augmentent.
02:23Avec 600 millions de personnes toujours privées d'électricité,
02:26les experts estiment que les pays africains doivent moderniser leur réseau
02:30et développer des solutions hors réseau pour renforcer leur sécurité énergétique.
02:38Brian Ayo est ingénieur et responsable technique chez Troxone Électrique.
02:43Merci beaucoup pour votre temps, monsieur.
02:45Quel type de menace des phénomènes météorologiques extrêmes,
02:49en particulier les vagues de chaleur, font-ils peser sur les réseaux électriques africains ?
02:55La majeure partie de la production d'électricité en Afrique,
02:58en particulier en Afrique subsaharienne, provient des barrages.
03:00Nous ne disposons pas de beaucoup de sources d'énergie alternatives alimentant le réseau.
03:06Ainsi, les vagues de chaleur entraîneraient une baisse de niveau d'eau dans les barrages,
03:09ce qui aurait une incidence sur la qualité d'électricité injectée dans le réseau.
03:16Par ailleurs, les vagues de chaleur entraînent également une augmentation de la consommation d'électricité.
03:21Par exemple, la climatisation fonctionne beaucoup.
03:28Ainsi, face à ces hausses de la consommation d'électricité, le réseau est fortement sollicité.
03:34Cette vague de chaleur affecte également les équipements de transport d'électricité,
03:38qu'on constate notamment que les câbles chauffent.
03:42Cela signifie que les entreprises de production et de transport d'électricité
03:45doivent réduire les quantités d'énergie qu'elles acheminent vers les lignes de transport
03:49afin d'éviter que celles-ci ne cèdent.
03:52Et puis, si l'on prend l'exemple des énergies renouvelables,
03:55les panneaux solaires sont conçus pour fonctionner dans une certaine plage de température.
04:00Imaginons que la température dépasse les 45 degrés Celsius.
04:04Le rendement de ces panneaux solaires s'en trouvera alors réduit.
04:09Comment les énergies alternatives telles que l'énergie solaire et éolienne
04:13contribuent-elles à soulager la pression sur les réseaux électriques ?
04:19Aujourd'hui, les solutions solaires hors réseau comme celles que nous proposons
04:22permettent aux clients de disposer de leurs propres micro-réseaux.
04:27Cela signifie qu'ils sont en mesure de produire leur propre électricité
04:31en quantité suffisante pour répondre à leurs besoins.
04:35Et sur certains marchés africains,
04:37des projets pilotes de production décentralisée sont en cours.
04:41Grâce à la production décentralisée,
04:43les clients qui produisent un excédent d'électricité photovoltaïque
04:46pendant la journée peuvent revendre au réseau,
04:49via le comptage net,
04:50l'énergie excédentaire qu'ils produisent.
04:55Ainsi, ce système sous la forme d'une production décentralisée
04:58permet de stabiliser le réseau,
05:00car il bénéficie d'un apport important
05:02provenant d'un grand nombre de petits producteurs d'énergie solaire.
05:06On les appelle généralement les prosommateurs,
05:09car ils produisent de l'énergie solaire
05:10qu'ils injettent dans le réseau,
05:12tout en prélevant de l'énergie sur ce même réseau
05:14lorsqu'ils en ont besoin.
05:16Comment rendre les réseaux africains plus résilients
05:19face au changement climatique ?
05:23Les réseaux électriques peuvent gagner en résilience
05:26grâce à l'intégration de ces sources d'énergie alternatives.
05:29En effet, la majeure partie de l'Afrique
05:31dépend actuellement de l'hydroélectricité,
05:33en particulier de l'Afrique subsaharienne.
05:35Ainsi, lorsque l'on intègre l'énergie solaire
05:38via des grands parcs solaires
05:39ou l'énergie éolienne,
05:41comme c'est déjà le cas dans certains pays,
05:43par exemple au Kenya, dans la région des Turkana,
05:47tout cela contribue à renforcer la résilience du réseau.
05:54Nous pouvons également envisager la mise en commun de l'électricité.
05:58Par exemple, lorsque l'Ouganda et la Tanzanie
06:00disposent d'un excédent de production,
06:02celui-ci pourraient être acheminé vers des pays
06:05tels que le Rwanda, l'Ethiopie et le Kenya,
06:08où ils contribueraient à stabiliser leurs réseaux électriques.
06:18Nous pouvons envisager de mettre en place
06:21des réseaux plus intelligents.
06:23Un réseau plus intelligent est un réseau
06:25dans lequel le comptage s'effectue
06:27en temps réel et où les pannes sont isolées en temps réel.
06:30Cela permet donc de réduire les temps d'arrêt
06:33dus aux défaillances des anciens équipements.
06:36Si l'Afrique parvient à trouver des moyens
06:39de prévoir les besoins en équipements
06:41de distribution et de transport,
06:43le réseau électrique pourra alors se stabiliser.
06:46Brian Ayo, merci pour votre temps.
06:49Merci.
06:53Alors que le gouvernement du monde entier dépense des milliards
06:56pour lutter contre le changement climatique,
06:58une ville du nord du Ghana touchée par les conflits
07:01s'est discrètement tournée vers la mobilité propre
07:03sans subvention ni financement international.
07:06L'histoire de Bakou illustre parfaitement
07:08comment des citoyens ordinaires peuvent mener
07:11l'action climatique sur le terrain.
07:13Peter Haddator est notre correspondante au Ghana.
07:17A Bakou, dans le nord-est du Ghana,
07:19le paysage sonore a changé.
07:21Le vacarme des moteurs à essence
07:23a laissé place au bourdonnement discret
07:25de centaines de motos électriques
07:27qui sillonnent les rues de cette ville,
07:30longtemps marquées par l'insécurité.
07:32Au départ, le recours aux motos électriques
07:34répondait aux restrictions de sécurité
07:36qui pesaient sur la région.
07:38Mais cette solution s'est peu à peu imposée
07:40comme une réponse inattendue aux défis climatiques.
07:46Il est silencieux et ne pollue pas l'air.
07:48En plus, le risque d'accident est très faible.
07:52Moins coûteuse à entretenir,
07:53ces motos électriques offrent à de nombreuses familles
07:56un moyen abordable de gagner leur vie.
07:58J'ai pu économiser environ 500 cédis par mois
08:00et cela m'aide énormément.
08:03Baoukou fait figure d'exemple en Afrique
08:04avec une mobilité propre portée par les habitants eux-mêmes,
08:08sans intervention de l'État
08:10ni de financement climatique international.
08:12Pour moi, c'est la meilleure moto qui soit,
08:15surtout avec le prix du carburant.
08:18L'exemple de Baoukou montre comment une innovation
08:22née sur le terrain peut accélérer la transition
08:25vers une mobilité plus propre
08:27tout en améliorant les conditions de vie des habitants.
08:32Aujourd'hui, les motos électriques
08:34contribuent largement à notre survie.
08:37Beaucoup de personnes refuseraient de revenir
08:39à une moto à essence si on leur en proposait une.
08:43En associant mobilité électrique et actions environnementales
08:47comme la plantation d'arbres,
08:48Baoukou écrit discrètement une autre histoire
08:51de l'action climatique
08:52où ce sont les citoyens plutôt que les décideurs
08:55qui montrent la voie.
09:01La Chine vient d'autoriser
09:02la Standard Bank d'Afrique du Sud
09:04et l'ICBC a compensé les transactions
09:07en renminbi dans 19 pays africains.
09:09Cette mesure permet de régler directement
09:11en yuan une grande partie
09:13des échanges commerciaux chino-africains
09:14qui ont dépassé les 340 milliards de dollars
09:17en 2025,
09:19réduisant ainsi la dépendance
09:20vis-à-vis des dévices intermédiaires
09:22tels que le dollar.
09:25Pour l'Afrique, cette évolution facilite les règlements
09:28en yuan dans les échanges avec la Chine
09:30en réduisant les coûts de conversion
09:32et les tensions sur les liquidités en dollars.
09:35Pour Pékin, elle s'inscrit dans une stratégie
09:37visant à réduire la dépendance au dollar américain
09:40dans le commerce mondial
09:41en développant les infrastructures de paiement
09:44en yuan renminbi grâce à de grands partenaires bancaires.
09:47En 2025, les échanges de marchandises
09:49entre la Chine et l'Afrique
09:51ont atteint un niveau record
09:52de 348 milliards de dollars
09:54selon les douanes chinoises.
09:55Une grande partie de ce commerce
09:57reste toutefois libellée en dollars.
10:02Les échanges sont facilités
10:04à la fois en termes de temps et de coûts.
10:06Mais cette évolution a aussi
10:08une portée géopolitique.
10:10D'un côté, commercer en yuan
10:12est attractif.
10:13De l'autre, ces dernières années,
10:15les États-Unis ont montré leur réaction
10:17face aux pays qui abandonnent le dollar
10:20ou envisagent de le faire,
10:22notamment au sein des membres des BRICS.
10:24Les pays africains doivent donc
10:26faire preuve de prudence.
10:30Cette évolution s'inscrit dans le cadre
10:32du système panafricain de paiement
10:33et de règlement, PAPS,
10:35une initiative soutenue par Afrixim Bank
10:37visant à révolutionner les paiements
10:39transfrontaliers et à stimuler
10:41le commerce intra-africain.
10:42Selon les analystes,
10:44malgré le rôle croissant du yuan,
10:46le dollar conservera une place
10:48prépondérante dans le commerce mondial.
10:52C'est ainsi que s'achève
10:54cette édition de Business Africa.
10:56Je suis Ronald Gatto.
10:57L'actualité se poursuit à l'antenne
10:59et en ligne.
11:01Rendez-vous dans le prochain épisode
11:03de Business Africa.
11:04Business Africa.
11:12Business Africa was presented
11:14by Turkish Airlines.
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