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  • il y a 3 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00De soyez les bienvenus. On va en venir, on va commencer par l'affaire Jubilard,
00:04puisqu'après avoir fait ses aveux, Cédric Jubilard a conduit hier les gendarmes
00:07à l'endroit où il affirme avoir enterré le corps de son épouse Delphine.
00:11Des ossements ont été retrouvés, donc on est 5 ans et demi après la disparition de sa femme.
00:16Un retournement stratégique, comme l'explique le docteur Jean-Pierre Bouchard.
00:20Il est psychologue et criminologue, et il était l'invité d'Europe 1 ce matin.
00:25Il a une deuxième chance en faisant appel, et peut-être après une option,
00:30de ne pas risquer d'encourir la même peine avec la même défense.
00:33Donc on voit l'apparition de ce retournement à 180 degrés,
00:38où il n'avoue pas avoir tué sa femme.
00:41Il y a une causalité en quelque sorte avec la mort de sa femme,
00:44ce qui est très différent, ce qui peut faire penser,
00:47qui peut contester l'intentionnalité d'avoir commis cet homicide.
00:53Pour qu'une infraction soit constituée, il faut l'élément matériel,
00:56mais il faut en même temps qu'il y ait un élément moral.
00:59Et cet élément moral, c'est l'intention de tuer.
01:02S'il n'y a pas intention de tuer, évidemment, l'appel encouru est bien moindre.
01:07Hélène Roué, alors, Cédric Jubilard reconnaît désormais avoir commis,
01:11je cite, un acte abominable et exprimé des regrets.
01:15Selon l'un de ses avocats, en tout cas, Pierre De Buisson,
01:18ces regrets, vous y croyez ?
01:20Pas une seconde.
01:22Pas une seconde.
01:23En automne 2025, même les magistrats parlaient, évidemment,
01:26de la personnalité de Cédric Jubilard,
01:28de la manière dont il s'était défendu, etc.
01:30Et il disait, il n'y a aucun remords, aucune empathie.
01:34C'est une personnalité qui est quand même très, très spéciale, Cédric Jubilard.
01:37Et bien sûr que non, il m'apparaît, c'est une évidence absolue,
01:40que son but, maintenant qu'il a été condamné en première instance
01:44à 30 ans de réclusion criminelle,
01:45il va essayer d'obtenir une peine de 24-25 ans
01:48en se disant, je vais collaborer avec la justice,
01:50je vais dire la vérité,
01:52je vais montrer où est son corps, etc.
01:54Et je vais essayer de faire passer une espèce de repentir,
01:57comme si je regrettais ce qui s'est passé,
01:59pour tout simplement gagner quelques années.
02:00Parce que quand on regarde, si sa peine est réduite en appels à 24-25 ans,
02:04il en a déjà fait 5-6.
02:05Donc en fait, il va se retrouver à pas si vieux que ça,
02:09avec seulement, je mets des gros guillemets,
02:1120 ans de réclusion criminelle encore à faire.
02:13Donc en fait, il aura une vie après la prison.
02:14Je pense que c'est assez clair,
02:16que sa stratégie, elle est uniquement là,
02:18et on n'est pas du tout sur un véritable repentir.
02:20Quand il dit, je veux que mes enfants aient une vraie sépulture pour leur maman,
02:25j'ai vraiment du mal à y croire,
02:26au vu de tous les rapports psychologiques,
02:28au vu de comment il s'est comporté ces 5 dernières années.
02:32Pour moi, c'est évident.
02:33Alors on verra bien sûr si les ossements retrouvés peuvent parler.
02:36Encore une fois, 5 ans et demi après les faits,
02:39on verra ce qu'il se dit ou pas.
02:40Si on arrivera à déterminer ce qui s'est passé cette nuit-là,
02:44et si bien sûr aussi il y a eu préméditation,
02:46puisqu'il avait parlé, il avait menacé en tout cas.
02:49Il en avait même échangé ça avec sa maman.
02:51Trois semaines avant, il avait échangé des messages avec sa mère,
02:55et puis en substance, il lui disait,
02:56elle m'énerve, j'en peux plus, je vais la tuer.
02:59Et en fait, sa mère avait répondu sur le moment,
03:01elle avait dit quelque chose du style,
03:03ah mais t'es con.
03:04Et en fait, sa mère avait même dit au procès,
03:06j'avais pas du tout pris la mesure de ce qu'il était en train de me dire,
03:08et jamais j'aurais pensé que...
03:10Je pense que c'était...
03:11Je pensais que c'était une phrase comme ça.
03:13J. William Golnadel, en tant qu'avocat,
03:15qu'est-ce que vous pensez de sa stratégie de défense ?
03:17Sa nouvelle stratégie de défense ?
03:19Je n'ai pas l'heure de connaître M. Jubilard,
03:21mais je dois avouer que son repentir manque un peu de spontanéité.
03:32Ça ne me touche pas particulièrement.
03:35Alors ensuite, quant à sa stratégie,
03:39elle ne m'épate pas non plus beaucoup.
03:42Alors certes, il pouvait retenter,
03:45là je vous parle cyniquement, bien entendu,
03:49il pouvait retenter de jouer la carte de l'innocence.
03:52Je n'ai pas tué, où est son corps, etc.
03:56Manifestement, compte tenu du premier résultat,
03:59il n'y croyait pas beaucoup.
04:01Donc il a essayé de prendre une sorte d'assurance, comme ça.
04:05Pour une assurance, il dit,
04:06ben voilà, je voulais une sépulture pour la mère de mes enfants, etc.
04:12Très sincèrement,
04:14et j'ai beaucoup de respect pour ses avocats.
04:17Je ne le dis pas, je ne suis pas un inconditionnel de mes confrères.
04:23J'ai beaucoup de respect pour les deux buissons.
04:26Mais ceci posé,
04:29je ne la sens pas bien,
04:31je ne la sens pas bien, sa stratégie,
04:33parce qu'on est sûr qu'il a tué,
04:35on est sûr qu'il a tué,
04:37après l'histoire de...
04:39Même si,
04:40ce n'est pas parce qu'on dit que je vais la tuer,
04:43bon...
04:44Ah non, mais tout à fait.
04:45Ce n'est pas ça qui me convainc.
04:47Mais même sans corps, en premier instant,
04:48ses magistrats étaient déjà persuadés que c'était lui.
04:50Non, mais il se trouve à supposer même,
04:51parce que j'avais cru comprendre
04:54qu'il plaiderait davantage le crime passionnel,
04:57enfin, la dispute, etc.
05:00Il fut un temps, vous savez,
05:01à la fin du 19e siècle,
05:05dans les crimes passionnels,
05:06on était acquitté.
05:07Les choses ont changé.
05:09Donc, de ce point de vue-là,
05:13sa stratégie, je ne la sens pas bien.
05:15Voilà.
05:15Non, ça ne veut pas dire, voilà,
05:17ce n'est pas parce qu'on a le corps et qu'il a eu...
05:18Je pense que les jurés
05:20ne le remercieront pas
05:23d'avoir, avec autant de temps,
05:27fini par livrer l'endroit
05:29où il avait enterré sa femme.
05:32Je n'y crois pas.
05:33Hélène Roy, pourquoi est-ce que cette affaire
05:34parle autant aux Français ?
05:36Alors, je pense que cette affaire,
05:38comme beaucoup d'autres faits divers
05:40que la France a connus,
05:42fascine parce qu'en fait,
05:44vous avez tous les ingrédients.
05:45C'est-à-dire que vous avez
05:46l'histoire d'une famille,
05:47l'histoire d'une femme
05:49qui était aimée de tous,
05:51quelqu'un d'assez spécial.
05:53Vous avez des enfants,
05:55évidemment, en deuil,
05:57et en plus,
05:58qui étaient présents dans la maison,
05:59précisément, le soir où ça s'est passé.
06:01Donc, en plus,
06:02vous avez vraiment tout le côté
06:03lugubre, très glauque
06:04et par ailleurs absolument tragique.
06:06Et puis, surtout,
06:07vous avez le mystère.
06:08En fait, comme on n'a pas su
06:09pendant des années et des années
06:11où était le corps,
06:12vous avez la personnalité
06:13absolument fascinante
06:14de Cédric Jubilard,
06:15terrifiante,
06:16mais fascinante.
06:17Et en fait,
06:17vous avez justement
06:18passé les aveux.
06:19C'est-à-dire qu'on a toujours,
06:20quand la personne n'avoue pas,
06:22évidemment,
06:22on se dit toujours
06:23« Et si ? »
06:24Et si c'était autre chose ?
06:25Et si c'était Paris ?
06:26Et si ?
06:26Une toute petite part de doute, quand même.
06:28Non, mais la fascination,
06:29en fait,
06:29elle se loge là.
06:30Même si tout le monde
06:31était persuadé
06:31depuis quasiment le début
06:32parce que les enquêteurs
06:33ont écarté très vite
06:34les autres pistes.
06:35On a écarté la pièce de l'amant,
06:36ce n'était pas possible
06:37parce que lui,
06:38son téléphone a prouvé
06:38qu'il était resté chez lui
06:39toute la nuit.
06:40On a écarté la piste
06:41de la personne
06:42ou pourquoi
06:44une personne,
06:45peu importe,
06:45quelqu'un de mal attentionné
06:47mais qui n'avait aucun rapport
06:47avec les jubilards.
06:48Il faut rappeler aussi
06:49que c'était la première nuit
06:50du couvre-feu,
06:51rappelez-vous, en hiver.
06:52La toute première nuit
06:53où justement,
06:54bon bah,
06:54vous n'avez quand même
06:55pas grand monde dans les rues.
06:57Il faut voir aussi
06:57l'endroit dans lequel
06:58ça s'est passé, etc.
06:59Donc les enquêteurs
07:00écartent les pistes.
07:01Tout le monde commence
07:01à se persuader
07:02que c'est Cédric Jubilard
07:03et puis il y a quand même
07:04ce sentiment qui persiste
07:05de « et si ce n'était pas lui ? »
07:07Et la fascination,
07:07visiblement,
07:08c'est sûr qu'elle réside là-dedans.
07:11Maintenant,
07:11on peut quand même
07:12se réjouir d'une chose,
07:13c'est qu'a priori,
07:15le point final
07:16de cette histoire
07:16va quand même être donné
07:17dans le sens où
07:18si on retrouve
07:19le corps de Delphine Jubilard,
07:21ne serait-ce que pour sa famille,
07:22ne serait-ce que pour ses enfants,
07:23quand on entend
07:24tous les experts,
07:24effectivement,
07:25psychologues, etc.,
07:26le deuil pour les proches
07:28va véritablement
07:29pouvoir commencer maintenant
07:30et ça,
07:31c'est quand même
07:31une bonne nouvelle.
07:32Si on peut mettre,
07:32ce ne sera pas
07:33un « cold case »
07:34comme on a pu en connaître.
07:35Oui,
07:36on a au moins
07:36une part de vérité
07:37pour l'instant
07:38et au moins
07:39un corps sur lequel
07:40se recueillir
07:41en tout cas pour les proches
07:42et les familles.
07:43Effectivement,
07:44j'ai William Gonnadel,
07:44puisqu'on parlait
07:45de fascination
07:46avec vous,
07:46Hélène Rouet,
07:47est-ce qu'à votre avis,
07:48vous avez suivi
07:49toutes ces affaires,
07:51pour certaines en tout cas,
07:52est-ce qu'on est plus
07:53fascinés par les monstres
07:55ou par un monsieur tout le monde
07:56qui pourrait commettre
07:57un crime ?
07:58Non mais c'est embêtant
07:59avec Hélène Rouet.
08:00Pourquoi c'est embêtant ?
08:01Évitez-vous l'inviter
08:01en même temps.
08:02Pourquoi ?
08:02Parce qu'elle dit
08:03les choses qu'il faut dire.
08:06Non, c'est jubilard.
08:07Oui, mais vous pouvez
08:08bien compléter.
08:09Non, c'est jubilard
08:10par son déni
08:12qui a donné
08:13une valeur mystérieuse
08:15à cette affaire.
08:16Si, dès le départ,
08:17il avait avoué,
08:19il n'y aurait pas eu
08:19la même affaire jubilard.
08:20Ça va tout à fait.
08:21C'est certain.
08:22Là, il y avait moins de fascination.
08:22C'est lui qui a fait monter
08:23la cote.
08:24C'est sa personnalité.
08:26Peut-être aussi
08:26à sa personnalité,
08:27je ne sais pas.
08:28Mais bon,
08:29donc à partir de là,
08:31je pense que
08:33il est possible
08:34que maintenant
08:35que les choses
08:36sont sues,
08:38qu'on va peut-être
08:40moins s'intéresser
08:41à cette affaire
08:41lorsqu'elle sera plaidée.
08:42Je ne sais pas.
08:43Je ne sais pas.
08:44Ça ne veut pas.
08:45D'accord.
08:45Mais est-ce que vous savez
08:46si le procès en appel
08:47qui a été prévu
08:47le 21 septembre,
08:49je crois,
08:49à Toulouse,
08:51comment ça va se passer là ?
08:52Forcément,
08:53il y a eu ces fouilles
08:53qui sont encore en cours.
08:54On est au deuxième jour.
08:55Il va y avoir des expertises.
08:57Est-ce que quand même
08:59on s'achemine
08:59vers un report
09:00de ce procès ?
09:01Ça a la tête
09:02d'être reporté.
09:03Très sincèrement.
09:04Oui,
09:05il faut attendre
09:06le résultat
09:07des expertises.
09:08je ne vois pas très bien
09:10comment une affaire
09:11peut être prise
09:12le 21 septembre.
09:13Surtout s'il y a
09:14des reconstitutions.
09:15Moi, à mon avis,
09:16elle va prendre un an
09:16dans la tête cette affaire.
09:17Un an ?
09:18Ah oui,
09:18vous savez,
09:20il y a d'autres audiences
09:21aux assises et tout.
09:22Donc,
09:22il y a un calendrier,
09:24etc.
09:24Moi,
09:25ça peut prendre un an.
09:27Oui.
09:27Surtout s'il y a des aveux.
09:28Il ne faut pas échapper
09:29que la justice
09:29n'était pas rapide.
09:30On va en parler d'ailleurs
09:31de cette justice
09:32et des lenteurs
09:33ou des dysfonctionnements.
09:35Surtout que maintenant
09:35qu'il y a des aveux,
09:36ça veut dire qu'on peut,
09:37si vous voulez,
09:38s'il a vraiment décidé
09:39de collaborer avec la justice,
09:40il va y avoir des reconstitutions
09:42en fait de qu'est-ce qu'il a fait,
09:43à quel moment, etc.
09:44Tout ça,
09:44ça prend un temps fou.
09:45Donc, oui,
09:46a priori,
09:46le 21 septembre,
09:47ça me semble
09:48très rapide de passer
09:49dans deux, trois mois.
09:50C'est parti.
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