00:00Et bien justement, ça tombe bien que vous en parliez.
00:01Donc il y a eu un deuxième rapport d'inspection qui avait été commandé après cette affaire,
00:05concernant bien sûr ce qui s'est passé au sujet de Jérôme Barrella.
00:08Et alors là, je vais citer Pelle-Melle, mais les inspecteurs en relèvent en outre
00:12que l'examen psychologique de la victime a été confié à un psychologue non inscrit sur la liste des experts.
00:18Là, manque de moyens, voilà.
00:19Sauf que le psychologue a pointé des incohérences dans le récit de l'enfant,
00:23ce qui a fragilisé le dossier, qui n'est alors plus devenu prioritaire.
00:27Avec en plus une méthodologie qu'on n'utilise plus.
00:30Donc, manque de moyens, délai excessif, des renvois, des mails qui sont arrivés dans les boîtes spam,
00:35des raptés techniques, et j'en passe, ça paraît forcément aberrant ce qui s'est passé.
00:40Oui, ça paraît aberrant. Dans le premier rapport, ça l'était déjà,
00:43quand on voyait qu'on utilisait la poste et non pas le numérique.
00:46Et donc du coup, évidemment, que les parquets se renvoyaient la balle,
00:49que ça prenait un mois à chaque fois, etc.
00:51Puis, je veux dire, la faillite, pour le coup, elle n'est pas que du côté judiciaire.
00:55Il y avait eu dans le premier rapport aussi des dysfonctionnements du côté de la gendarmerie.
00:59On se rappelle de ces gendarmes, quand même,
01:00qui avaient menacé la mère de la petite Rosa de porter plainte contre elle,
01:04parce qu'elle appelait tous les lundis à 8h, pour justement dire,
01:07« Allô, j'existe, bonjour ! »
01:08Et en fait, il l'avait quand même menacé.
01:09Donc, pareil, gros problème là-dessus.
01:11Et dans le second, l'après-rapport, il y a aussi une autre faillite,
01:14alors moindre faillite, mais quand même,
01:16sur les services sociaux, qui ne se sont pas assurés,
01:19justement, je pense à l'aide sociale à l'enfance du Tarn-et-Garonne,
01:21où le mail est arrivé dans les indésirables,
01:24ils ne se sont pas assurés, effectivement, du suivi de la plainte.
01:27Alors, ce n'est pas de leur faute première, si vous voulez,
01:29mais c'est vrai que vous êtes un service social à l'enfance.
01:32A priori, vous faites en sorte que l'histoire aille au bout.
01:34Et comme, si vous voulez, ils n'ont pas relancé, etc.,
01:36il y a eu des faillites aussi de ce côté-là.
01:38J. William Gronadel.
01:41Ce dont vous parlez, c'est mon quotidien.
01:45Je passe ma vie à pester contre le fait que je n'ai pas entendu parler de cette affaire
01:52depuis un an, que je relance le procureur parce que je n'ai pas de nouvelles.
01:59Au bout de 30 ans, au bout de 40 ans, la preuve, elle est infiniment plus difficile à faire.
02:05La mémoire a changé également.
02:08Et moi, pardon de vous le dire, vous savez que je ne suis pas laxiste,
02:11mais il y a encore quelque chose qui me fait plus peur que tout,
02:14c'est l'erreur judiciaire.
02:16C'est pour ça que je suis toujours très réticent en manière d'abolition de la prescription.
02:21Pareil pour les viols.
02:22Pardon, mais quand je vois, pardon de le dire,
02:25une femme qui dit qu'elle a été violée il y a 40 ans,
02:29portée plainte maintenant, ça me pose problème.
02:32Et la nourriture ?
02:33Oui, alors moi, pour le coup, je n'ai pas de point de vue d'avocat,
02:35d'un point de vue citoyen.
02:37Moi, je trouve ça plutôt bien,
02:39même si, évidemment, la matérialité de la preuve,
02:43évidemment, à chaque fois, c'est beaucoup plus difficile
02:44quand vous laissez les années passées.
02:46Mais là, on voyait un autre exemple sur une autre affaire
02:48dans l'affaire Grégory très récemment cette semaine.
02:50On se rend compte que la responsabilité de la grande-tente,
02:52finalement, tout est prescrit.
02:54Alors, c'est quand même...
02:56Bon, moi, je suis circonspect.
02:58Effectivement, quand on parle d'enfants...
02:59Je suis...
03:00Je suis...
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