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Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.
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00:00Et je salue Stéphane Travers qui est en ligne avec nous. Bonsoir Stéphane Travers.
00:04Bonsoir.
00:04Député ensemble pour la République de la Manche, président de la Commission des Affaires Économiques de l'Assemblée,
00:09ancien ministre de l'Agriculture sous le premier quinquennat d'Emmanuel Macron.
00:13Et c'est vous qui avez piloté les travaux de la Commission mixte paritaire sur le projet de loi urgence
00:17agricole.
00:18Un compromis que vous avez obtenu hier sur des questions comme la souveraineté alimentaire, les eaux, les pesticides.
00:23Un compromis qui est une loi du plomb 2.0. Est-ce qu'on peut le dire comme ça Stéphane
00:28Travers ?
00:29Non, on ne peut pas le dire comme ça. D'abord, je voudrais préciser que je vous remercie de me
00:33donner la paternité de l'accord.
00:35Mais c'est un accord qui a été fait de manière politique.
00:37C'est vous qui chapeautiez les travaux de cette Commission.
00:40Avec la présidente Dominique Estrosi-Sasson. Moi, j'étais membre de la commission paritaire, de la commission mixte paritaire au
00:47Sénat.
00:48Et avec les collègues du Sénat, les rapporteurs du Sénat et mes collègues Julien Diff pour LR, Marc Fénaud pour
00:54le Modem et Jean-René Cazeneuve.
00:56Et ma collègue Nathalie Codia à l'extérieur qui était rapporteure sur le voléo.
01:01Nous avons beaucoup travaillé en CMP d'abord, mais aussi la veille et l'avant-veille pour trouver ce compromis
01:09utile.
01:10Parce que nous partions de loin et la CMP, elle a très largement retenu les demandes qui étaient formulées par
01:16les uns et les autres
01:17sur un certain nombre de points que je juge structurants.
01:20Et nous avons eu des discussions, j'ai lu dans certains magazines ou journaux que les discussions avaient été tendues.
01:29Ce n'est pas vrai. Elles n'ont pas été tendues.
01:31Chacun a pu porter ses points d'accord, de désaccord.
01:36Et l'accord s'est noué en fin d'après-midi hier.
01:42Et moi, je m'en réjouis.
01:42A commencer par donc la réintroduction de pesticides néonicotinoïdes retoqués il y a un an par le Conseil constitutionnel.
01:50C'est vrai. La loi avait été votée à l'Assemblée.
01:53Mais le Conseil constitutionnel avait supprimé un certain nombre de dispositions.
01:59Et là aussi, le texte de la CMP ne réintroduit pas les néonicotinoïdes.
02:05Parce que c'est une caricature, tout simplement parce qu'il voudrait dire que ce texte livrerait les décisions phytosanitaires
02:13au pouvoir politique.
02:14Ce qui est tout simplement faux.
02:16Le compromis que nous avons adopté hier dit exactement l'inverse.
02:19Le pouvoir de dérogation concernant un certain nombre de substances qui sont interdites en France
02:25appartiendra à travers cet accord de CMP exclusivement à l'ancès.
02:29C'est la science qui décide et elle seule.
02:32Ce n'est pas aux politiques de décider la réintroduction ou non d'un produit phytosanitaire.
02:37Mais c'est aux institutions scientifiques de le dire.
02:41Avec, je dirais, la documentation sur les risques, les bénéfices risques dans l'utilisation d'un certain nombre de produits.
02:50Qui, je le rappelle, ne s'appliquent que pour quelques filières.
02:53Les cerises, la noisette, les pommes et la betterave.
02:57Avec quels critères, quelles conditions, qu'est-ce que vous pouvez nous dire spécifiquement
03:01sur les filières qui vont pouvoir avoir recours à cette réintroduction à titre dérogatoire de ces pesticides interdites en France
03:07?
03:07À titre dérogatoire, sur une période de 3 ans, donc une forme d'expérimentation.
03:13Mais le mécanisme qui permettra à l'ancès d'autoriser ou non se fera sous des conditions très strictes.
03:21Des dérogations qui concernent à la fois l'acétamipride et le flupi radifuron.
03:27Voilà, exactement, pour ne pas se tromper sur le terme.
03:30Et ce sont des nouvelles garanties procédurales qui sont imposées à l'ancès lors de l'instruction des demandes d
03:36'autorisation de mise sur le marché.
03:39Et bien évidemment, le maintien du dispositif de reconnaissance mutuelle.
03:43Et c'est vrai qu'aujourd'hui, les filières qui sont concernées, elles sont dans une impasse.
03:47On le sait depuis un certain nombre de temps et nous devons répondre.
03:52Et c'était, je dirais, la demande du secteur agricole.
03:55Travailler sur les moyens de production et ces impasses techniques dans lesquelles sont ces filières devaient être traitées prioritairement.
04:07Mais je veux le rappeler, le texte ne prévoit pas la réintroduction de ces produits phytopharmaceutiques.
04:13Mais c'est l'ancès, c'est la science.
04:16D'ailleurs, pour tout vous dire, il y a eu un amendement sur ce sujet pour que ce soit l
04:21'ancès qui donne les autorisations d'utilisation de ces produits
04:26qui avaient été déposés par le groupe socialiste lors de la loi Duplomb.
04:31Et bien nous avons quelque part repris cet amendement et nous avons souhaité le porter
04:35parce que la version qui sortait du Sénat allait beaucoup trop loin.
04:41Et je veux rappeler qu'en commission des affaires économiques à l'Assemblée nationale, pardon d'être trop long,
04:46mais je veux vraiment être très précis, mais que l'acétamiprine, nous n'avons pas eu à le traiter
04:50puisque nous avions considéré que ces amendements étaient cavaliers.
04:53Alors, il y a les pesticides qui sont un symbole, qui sont un marqueur.
04:56Mais très concrètement, en quoi ce texte va répondre à la grogne des agriculteurs exprimés depuis des années et des
05:02années ?
05:04Aujourd'hui, ce texte vient répondre à l'urgence agricole.
05:08Nous avons eu des manifestations agricoles l'hiver dernier et les organisations agricoles nous avaient donné trois objectifs.
05:18Travailler sur la production, c'est-à-dire remettre au cœur des priorités l'acte de produire notre agriculture
05:24pour la souveraineté alimentaire d'une part.
05:27La deuxième, c'était la question de l'eau, l'utilisation de l'eau.
05:31Et vous voyez aujourd'hui les canicules, et on va en parler tout à l'heure,
05:35mais c'est sans eau, pas d'agriculture, pas d'agriculture, pas d'alimentation.
05:40Et donc, nous devons résoudre cette quadrature du cercle, si j'ose dire,
05:44pour permettre à nos agriculteurs de pouvoir stocker l'eau de pluie qui tombe en abondance l'hiver
05:49pour pouvoir la réutiliser dans les périodes de sécheresse que nous connaissons actuellement.
05:55Et puis, il y avait un volet sur la prédation, parce que, vous le savez,
05:59mais de nombreux élevages sont attaqués par les loups.
06:03Alors, bien évidemment, il faut continuer l'encadrement sur les tirs sur les loups,
06:09parce que c'est une espèce qui reste protégée, bien évidemment.
06:12Mais nous devons, à travers les nouveaux dispositifs qui ont été validés en CMP
06:18et validés au Sénat et à l'Assemblée nationale, permettre à ce que les éleveurs soient protégés.
06:24Et puis, il y avait d'autres mesures dans la loi.
06:26– Stéphane Travers, j'entends l'objectif de souveraineté alimentaire de la France,
06:30c'est un objectif qu'on partage tous, difficile de s'opposer à cet objectif-là.
06:34Sauf qu'à ça, à cet objectif-là, vous répondez,
06:37la belle projet d'avenir agricole, en quoi ça, ça change l'avis des agriculteurs ?
06:41– Mais ça change l'avis des agriculteurs, parce que, vous savez, depuis 2017,
06:46avec Emmanuel Macron, nous avions porté les états généraux de l'alimentation,
06:49la montée en gamme, et puis le fait de construire le prix en marche avant
06:54pour donner du revenu et des perspectives aux agriculteurs.
06:58Depuis, nous avons eu des crises successives, c'est le Covid, une crise inflationniste,
07:03la guerre en Ukraine, la guerre dans le détroit d'Hormuz aujourd'hui
07:07qui pénalise nos exportations, et nous avons besoin de redonner, quelque part,
07:12des débouchés commerciaux à nos agriculteurs, et nous avons surtout besoin,
07:15parce que l'expérience du Covid, l'expérience de la guerre dans le détroit d'Hormuz,
07:19l'expérience aujourd'hui de la guerre en Ukraine nous amène à nous dire
07:22que si nous dépendons de puissances étrangères pour notre alimentation,
07:27il en va de même sur l'énergie, il en va de même sur le médicament,
07:30eh bien, nous nous retrouvons dans une situation où nous pourrions manquer de denrées,
07:35et aujourd'hui, nous avons une agriculture qui est reconnue en Europe et dans le monde entier
07:41comme une agriculture la plus sûre, la plus durable et la plus performante,
07:45et donc, à nous d'être, je dirais, les pionniers pour porter cette image
07:50et porter l'image de l'agriculture française.
07:52Je vois une autre illustration de ça, Stéphane Travers,
07:54vous allez imposer aux cantines publiques de se fournir dans l'Union Européenne,
07:58j'ai envie de me dire, pourquoi attendre 2026 pour en arriver là,
08:01après 10 ans, après deux quinquennats,
08:03pour ce qui semble être une forme d'évidence en termes de souveraineté alimentaire ?
08:07Oui, c'est une évidence, et d'ailleurs, nous l'avions mis dans les objectifs
08:11de la loi EGalim en 2018, dans la restauration collective,
08:1550% de produits sous signe de qualité, dont 20% de produits bio.
08:21Et il a fallu que l'ensemble des gestionnaires de cantines aussi puissent s'adapter,
08:27que l'on puisse trouver en quantité suffisante les produits dont les cantines,
08:32la restauration collective a besoin pour fournir en quantité suffisante l'ensemble des commençaux.
08:41Et aujourd'hui, nous avons souhaité remettre dans ce texte d'urgence agricole des éléments complémentaires,
08:46c'est-à-dire que nous avons fait rentrer dans les objectifs des 50% de produits sous signe de
08:52qualité,
08:53les produits de la pêche et de la mer.
08:55La France est une grande nation maritime,
08:56et aujourd'hui, à travers ces produits, c'est permettre à ce que, aussi,
09:01nos pêcheurs puissent servir avec qualité la restauration collective.
09:04C'est les produits de montagne, c'est des démarches de qualité
09:08qui sont inscrites comme les démarches bleu-blanc-cœur, par exemple.
09:11Et ce sont ces éléments-là que nous avons voulu rajouter
09:14parce que ce sont des débouchés commerciaux pour les agriculteurs qui sont importants.
09:18C'est de l'innovation.
09:19Stéphane Travers, j'aimerais faire réagir nos débatteurs en studio,
09:21à commencer par Georges Fenech.
09:23Quand je vous écoute, M. le ministre, j'ai envie de vous applaudir.
09:26Franchement, enfin, on revient un peu de raison,
09:29et je pense que le monde agricole doit se féliciter de cet accord que vous avez trouvé,
09:34qui correspond à une nécessité absolue.
09:36Voilà, en dehors de toute, je dirais, forme idéologique.
09:39Mais, pour autant, est-ce que vous ne craignez pas maintenant,
09:43à nouveau, des obstacles avec le Conseil constitutionnel ?
09:45Est-ce que vous ne craignez pas, à nouveau, des Saint-Solines, par exemple,
09:49comme on l'a connu avec les bassines ?
09:51Est-ce que vous croyez que les choses vont enfin rentrer dans l'ordre, je dirais ?
09:56Écoutez, moi, vous connaissez parfaitement le Parlement,
10:00et bien évidemment, il ne m'appartient pas, aujourd'hui,
10:03de dire ce que pourrait être la décision du Conseil constitutionnel.
10:07Et la décision du Parlement, déjà, qui n'est pas encore acquise.
10:10Le texte sera soumis au Conseil constitutionnel.
10:12Il y a d'abord l'étape, il y a plusieurs étapes.
10:15Il y a l'étape de la CMP, nous sommes parvenus à un accord avec nos collègues sénateurs,
10:20et avec des points de vigilance...
10:21Mais avec des députés macronistes qui s'abstiennent, ça pose quand même question, Stéphane Travers.
10:25Non, c'était une abstention sur la question de la cétamibride.
10:29Pourquoi ? Parce que nous sommes logiques.
10:31Nous n'avons pas souhaité que ce principe, ce dispositif,
10:36soit dans la loi lors de la lecture à l'Assemblée nationale.
10:41Et donc, nous considérons toujours que ce dispositif devait être traité
10:47dans un autre véhicule législatif.
10:50Maintenant, il fait partie de l'accord.
10:52Très bien, il fait partie de l'accord.
10:54Je suis heureux que, sur cet accord, nous ayons pu considérer
10:58que seule la science et pas le politique puissent admettre
11:01que l'utilisation d'un produit phytosanitaire soit mis en œuvre dans les filières
11:07sous les conditions qui seront prévues aujourd'hui,
11:11à la fois par la loi, mais aussi par, je dirais, la gouvernance de l'ANSES
11:16et de l'ensemble des agences qui traitent les sujets sanitaires.
11:20Et puis, il y a le passage dans l'hémicycle,
11:23lundi soir à l'Assemblée nationale, mardi au Sénat.
11:27Et nous avons une discussion, bien évidemment,
11:30pour avoir une position qui nous permettra,
11:33à la fois de répondre aux agriculteurs.
11:35J'ai vu un communiqué d'un certain nombre d'organisations syndicales,
11:38notamment la FNSEA, qui appelle à ce que le texte soit voté.
11:42Et c'est vrai qu'aujourd'hui, quand on regarde le travail qui a été fait,
11:45nous avons considéré, et j'ai fait partie des signataires
11:48avec Stéphane Le Foll, Marc Fénaud, Agnès Pannier-Runacher,
11:51d'un texte qui considérait qu'on allait beaucoup trop loin
11:54dans le texte du Sénat sur l'eau et qu'il était invotable.
11:57Moi, je veux vraiment remercier les sénateurs pour le travail
12:01qui a été mené, parce que nous sommes parvenus
12:04à sécuriser juridiquement un certain nombre de points,
12:08et nous sommes parvenus à trouver un point d'accord
12:11qui n'était pas facile au départ.
12:13On va parler de l'eau dans un instant, mais d'abord, Vincent Roy, une question pour vous.
12:16Oui, bonsoir, monsieur le ministre.
12:18Écoutez, on ne peut effectivement que souscrire à ce que vous venez de dire,
12:21et on se réjouit pour nos agriculteurs,
12:24car vraiment, ce que vous dites est frappé au coin du bon sens.
12:27Simplement une remarque à propos de l'utilisation,
12:30dans certains cas, de manière encadrée, etc.,
12:32des produits phytosanitaires.
12:33Vous dites, la science décidera.
12:36La difficulté, c'est que, même sur cette question,
12:39la science est parfois divisée.
12:42Oui, la science, c'est vrai.
12:45On peut lire, ça et là, bien évidemment,
12:48un certain nombre d'avis sur la question des néonicotinoïdes
12:53qui sont interdits en France depuis la loi de 2016,
12:57je veux le rappeler.
12:59Mais comment est-ce que nous traitons aujourd'hui les impasses ?
13:02Il ne s'agit pas de réintroduire et de remettre en place les néonicotinoïdes,
13:05sauf qu'aujourd'hui, face à ces impasses,
13:08nous sommes contraints, quelque part,
13:10de demander aux scientifiques de prendre une position claire.
13:15Et bien évidemment, il y a débat dans la science,
13:18mais c'est tout à fait normal.
13:20Mais nous avons une agence en qui, moi,
13:22je fais une confiance absolue qui est l'ANSES,
13:25et qui doit permettre de trouver les modalités d'emploi,
13:29d'utilisation, de dérogation,
13:31et les modalités, je dirais, dans le temps et dans l'espace,
13:35et aussi sur le nombre d'hectares.
13:37Parce que ce dont nous parlons aujourd'hui concerne,
13:40c'est 37 000 hectares pour les pommes,
13:43c'est 6 500 hectares pour la cerise,
13:44et c'est 8 000 hectares pour la noisette.
13:46Et si on rajoute la betterave aux alentours de 300-320 000 hectares,
13:51on a une dimension plus importante.
13:52Mais d'abord, sur ces filières que sont la noisette,
13:55la pomme et la cerise, on a un véritable problème.
13:58Mais comme ce n'est pas aux politiques de définir les choses,
14:00nous nous en remettons à la science,
14:02et moi, je pense que c'est ce qui nous garantit,
14:04quelque part, un effet positif là-dessus,
14:07et c'est ce qui garantit l'utilisation,
14:09ou pas, de ces produits.
14:11Stéphane Travers, il y a la gronne de certains agriculteurs,
14:13la gronne de certains politiques également,
14:15face à cette loi que vous soutenez,
14:16notamment sur tous les sujets liés à l'eau.
14:18Vous voulez faciliter la construction d'ouvrages,
14:21de stockage de l'eau,
14:21avec un objectif de doublement de la capacité de stockage
14:24à des fins agricoles d'ici 2035.
14:26Que répondez-vous, monsieur le ministre,
14:28à ceux qui vous disent que c'est l'agro-industrie
14:30qui, avec votre loi, va s'accaparer toute l'eau ?
14:34Alors, on est souvent...
14:36Le problème aujourd'hui dans l'agriculture,
14:38c'est qu'on est rentré dans des débats parfois totémiques,
14:43irrationnels parfois,
14:45moi j'entends parler d'agro-business,
14:47de fermes-usines,
14:49moi j'attends qu'on me donne l'adresse d'une ferme-usine
14:51sur le territoire national.
14:54Nous avons un modèle français en agriculture
14:56de fermes familiales qui se sont agrandies,
14:59il ne faut pas le nier, bien évidemment,
15:01mais ça ne ressemble en rien
15:04à ce que l'on peut voir en Amérique du Sud,
15:06à ce que l'on peut voir même en Europe,
15:08dans des fermes allemandes,
15:09en Pologne ou en Roumanie,
15:11à ce que l'on peut voir aussi,
15:13notamment sur les élevages de volailles en Ukraine,
15:16et donc il faut raison garder.
15:18Sauf que Stéphane Travers,
15:20sans aller jusqu'à l'Ukraine,
15:21ce débat, il existe au sein même du gouvernement,
15:24et vous avez une ministre de la Transition écologique,
15:26Monique Barbu, pour ne pas la citer,
15:27qui dénonce l'ajout de mesures susceptibles,
15:30selon elle, de mettre gravement en péril
15:31la question de ce partage de l'eau
15:33dans un contexte marqué par les sécheresses
15:35et les canicules à répétition notamment.
15:37Oui, mais moi je regrette toujours
15:39qu'on oppose toujours l'environnement
15:41et l'agriculture.
15:43Je crois qu'on peut travailler de concert
15:45et de manière tout à fait intelligente là-dessus,
15:48mais c'est un débat sans fin.
15:50Moi-même, quand j'étais en responsabilité,
15:53j'ai connu ces débats
15:54avec le ministre de l'époque
15:56de la Transition écologique et solidaire,
15:59et c'est vrai que, quelque part,
16:01aujourd'hui, on doit trouver des solutions,
16:04mais on doit pouvoir les trouver ensemble.
16:07Mais pour autant, il ne faut pas caricaturer le débat
16:09et c'est bien souvent ce que l'on voit.
16:11Moi, j'ai vu les déclarations de mes collègues
16:13que je respecte bien évidemment,
16:16avec qui j'ai des accords,
16:16mais de la France insoumise,
16:18qui disaient hier, à la sortie de la CMP,
16:22qu'on livrait l'agriculture française
16:26à un modèle absolument épouvantable.
16:29Aujourd'hui, moi, je vis dans un territoire rural,
16:32je sais de quoi nos agriculteurs ont besoin.
16:35Ils ont besoin de perspectives,
16:37ils ont besoin qu'on remette l'acte de production
16:40de pouvoir produire, qu'on planifie la production,
16:42et puis, ils ont besoin de revenus
16:44pour innover et investir, justement,
16:45pour lutter contre le changement climatique
16:47et répondre à ces défis.
16:48Un débat, peut-être sans fin,
16:49mais auquel veut contribuer en quelques secondes,
16:50encore une fois, Georges Fenech.
16:52Non, simplement, j'aurais voulu que vous répondiez
16:53à la question que vous a été posée tout à l'heure.
16:56Pourquoi avoir attendu 2026
16:58pour arriver à, finalement, une loi de bon sens ?
17:01C'est quoi ?
17:02Merci.
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