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  • il y a 4 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Si vous comptez 291 voix, ça fait seulement 50,4% des suffrages pour cette voix du côté des députés.
00:09Donc ça s'est joué à rien.
00:11Un vote certes conforme au précédent scrutin à l'Assemblée nationale,
00:15puisque c'est la quatrième fois au total que cette réforme est validée par les parlementaires de la Chambre basse,
00:20majoritairement favorable donc à ce que certains appellent une évolution sociétale,
00:27quand d'autres parlent de régression.
00:30Pour en parler, on a notre ticket gagnant de la semaine, Jules Torres et Elisabeth Assayac.
00:36Bonjour à tous les deux.
00:37Bonjour Eliott.
00:37Bonjour Elisabeth.
00:39Nous sommes bien sûr avec les auditeurs et parce qu'on a besoin d'échanger,
00:44parce qu'aussi on a besoin de débattre, parce que la parole elle est libre sur l'antenne d'Europe
00:501,
00:50nous avons le plaisir de recevoir Laurent Frémont, enseignant en droit constitutionnel à Sciences Po.
00:57Merci d'être avec nous Laurent Frémont.
00:59Merci.
00:59Vous avez publié une tribune accompagnée d'Emmanuel Hirsch.
01:03Alors que l'interdit de tuer se délite, nous ne pouvons pas déserter l'espace public.
01:09Et nous allons en parler longuement avec vous.
01:11Et nous avons le plaisir également, j'aurais préféré qu'il soit en studio avec nous.
01:16Mais malheureusement, j'imagine pour des contraintes professionnelles,
01:20le député de place publique de la Vienne, Sacha Oulier, n'est pas avec nous.
01:24Il est en direct par téléphone.
01:25Mais je vous remercie Sacha Oulier d'être présent et de réagir en direct sur Europe 1.
01:30Pour être totalement transparent, depuis plus de 24 heures,
01:34on essaye de contacter, solliciter les députés qui sont comme vous favorables à cette loi
01:41pour pouvoir, évidemment, avoir un débat sur ce sujet.
01:45Force est de constater qu'il est difficile d'avoir un député qui ait voté pour.
01:51Et vous, vous avez fait le choix de nous répondre favorablement.
01:54Donc c'est un honneur de vous avoir.
01:56Et c'est un plaisir de pouvoir échanger avec vous.
02:00Sacha Oulier, d'ailleurs, je vais me tourner tout de suite vers vous.
02:03Est-ce que ça a été un choix évident ?
02:05Et pourquoi avoir décidé de voter favorablement à cette loi dite sur la fin de vie ?
02:13Alors, évident, d'abord, c'est une construction.
02:15C'est quelque chose que l'on réfléchit, que l'on travaille.
02:18Puisque moi, j'ai y compris visité les services de soins palliatifs du CHU de Poitiers
02:23avec de nombreux soignants qui ont éclairé cette décision.
02:26Évident, pas forcément non plus, parce que c'est aussi une construction
02:29par rapport à la Convention citoyenne sur la fin de vie qui a eu lieu il y a de cela
02:34maintenant 4 ans.
02:35Et puis, évident, il y avait aussi plusieurs lectures à l'Assemblée nationale,
02:40de très nombreuses en réalité, puisqu'il n'y avait pas de procédure accélérée sur ce texte.
02:43C'est le cas de tous les textes de bioéthique.
02:47Donc c'est une construction tout au long de la vie.
02:49Et en revanche, je n'ai pas hésité sur mon vote,
02:51puisque c'est un vote que j'ai réitéré lors de toutes les lectures qui ont eu lieu à l
02:55'Assemblée.
02:56La première, la deuxième, la nouvelle et enfin la dernière qui a eu lieu hier.
03:01Sacha Oulier, moi je suis toujours en toute transparence et avec les auditeurs
03:05et avec nos chroniqueurs, les responsables politiques aussi avec lesquels on peut échanger.
03:12Ce matin, dans l'édito que je proposais sur CNews et Europe 1,
03:16je me posais cette question.
03:18Dans quelle société malade, soigner et donner la mort,
03:21deviennent les deux faces d'une même pièce ?
03:24Comment vous expliquez à ceux qui ne comprennent pas ce choix, ce vote,
03:30qui ne comprennent pas comment l'administration de la mort est devenue légale en France ?
03:36C'est moins donné qu'accompagné, parce que vous ne pouvez pas voir cette proposition de loi.
03:39On a décorrélé de celle qui a été déjà adoptée au mois de mai
03:43et qui vise à renforcer la stratégie des soins palliatifs français
03:46avec des crédits qui vont doubler dans les prochaines années, de 2026 à 2034,
03:52puisque c'est 1,8 milliard d'euros qui vont être consacrés à ces politiques publiques
03:57et avec la création d'une unité de soins palliatifs, y compris en matière pédiatrique.
04:01Alors je rappelle tout de même que pour la fin de vie, ça n'est pas ouvert aux mineurs,
04:05mais qu'il y aura une unité de soins palliatifs dans tous les départements de France d'ici 2030.
04:14De ce point de vue-là, on a effectivement cette proposition de loi qui avait déjà été adoptée en mai
04:18et donc la proposition de loi sur l'aide active à mourir,
04:22qui elle n'a pas fait l'objet d'accord entre le Sénat et l'Assemblée,
04:26était plus tardive dans son vote.
04:30Mais de toute évidence, il y avait une consultation populaire assez large,
04:34il y a des conditions qui sont extrêmement strictes et qui sont par ailleurs précises.
04:38Il y a la question du consentement éritérée, il y a l'aide médicale collégiale,
04:42bref, il y a toute une série de dispositifs et de procédures
04:47qui ont été mises en place pour accompagner la fin de vie d'un patient
04:50qui, de toute évidence, dans le cadre de la procédure que nous avons mis en place,
04:54est un terme assez bref qu'on a mis.
04:57Vous avez parlé des visites que vous avez pu faire au CHU de Poitiers en soins palliatifs.
05:03Il s'avère que j'ai pu recevoir ces dernières semaines bon nombre de médecins en soins palliatifs
05:09et peut-être que là on trouvera un terrain d'entente,
05:12à savoir que dans les services de soins palliatifs,
05:16une grande majorité des soignants sont défavorables à cette loi.
05:20Et justement, s'ils sont aujourd'hui, s'ils dédient leur vie aux patients
05:28dans leur dernier moment et dans ces soins palliatifs,
05:30c'est qu'ils ont une idée de la médecine,
05:33une haute idée de la médecine qui est de ne pas administrer la mort.
05:37Je disais, monsieur le député, et encore une fois, je vous remercie d'être en direct avec nous.
05:41Vous êtes député Place Publique de la Vienne,
05:43vous avez voté pour la loi sur la fin de vie.
05:45On est également avec Laurent Frémont.
05:47Laurent Frémont, vous êtes enseignant en droit constitutionnel à Sciences Po.
05:52Quel regard vous portez sur le vote qui a été fait hier
05:56et ensuite va s'engager à un échange ?
05:58Alors, ce n'est pas facile puisqu'il est par téléphone,
06:00mais je vais me taire, on va se taire et on va vous écouter.
06:03Vous avez besoin d'échanger aussi avec les députés de notre nation.
06:07Laurent Frémont.
06:08Bonjour, monsieur le député.
06:09J'ai beaucoup de respect pour votre fonction
06:11et j'avoue que c'est un sujet difficile sur lequel il est compliqué d'avoir une position claire.
06:18Mais à vous entendre, là, je n'ai pas l'impression qu'on ait lu le même texte
06:21parce que vous parlez d'un geste létal qui serait ouvert à des personnes en fin de vie.
06:25Or, ce n'est pas le cas.
06:26Vous le savez, on parle de phase avancée,
06:28ce qui ne veut rien dire pour les maladies graves,
06:32ce qui concerne environ un million et demi de personnes en France.
06:36On parle d'une procédure collégiale,
06:37mais en réalité, le médecin qui reçoit la demande, qui l'examine et qui l'exécute est la même personne.
06:42Il n'y a pas de deuxième avis contraignant.
06:44Le deuxième médecin n'est même pas obligé d'examiner la personne.
06:48Vous parlez de délai sécurisé, mais il y a 48 heures de délai de réflexion.
06:53On ne peut pas dire que ce soit un texte sécurisé, indépendamment du fond.
06:58Moi, je pense que ce n'est pas le rôle de l'État de décider qu'il doit vivre ou
07:01qu'il doit mourir.
07:02Mais je pense qu'on est bien éloigné d'une éventuelle intention de trouver une solution d'exception.
07:08Mais on est véritablement sur une loi de masse, aux critères très flous,
07:13une loi très mal écrite.
07:14Et comme vous l'avez dit, je me réjouis que les deux textes soient séparés,
07:18parce que c'était l'intention initiale, en même temps,
07:21de mettre au sein d'un même texte les soins palliatifs et la mort provoquée,
07:25en parlant d'une voix française.
07:26C'est très macronien de vouloir assembler les contraires.
07:30Je me réjouis vraiment que la loi de soins palliatifs ait été adoptée quasiment à l'unanimité il y a
07:36un mois.
07:37Mais là, on voit bien, sur ce texte controversé,
07:40qu'on est une très faible majorité, que le Sénat l'a refusé à trois reprises.
07:45Donc c'est un peu dommage que sur un texte de cette nature,
07:47sur lequel on a toujours su trouver un consensus,
07:50il faut rappeler que la loi Leonetti a été adoptée à l'unanimité des deux chambres, c'est très rare.
07:54Je trouve ça un peu regrettable de voir ce passage en force,
07:57au prix d'une alliance d'ailleurs assez bizarre avec l'extrême gauche,
08:02une forme de passage en force qui, à mon avis, va laisser des traces,
08:05parce qu'on ne peut pas adopter un texte d'une telle gravité avec une majorité aussi faible.
08:11Sacha Oubier, si vous souhaitez réagir.
08:14J'ai un point de convergence avec vous lorsque vous avez dit
08:17que ce n'est pas le rôle de l'État de choisir ce genre de choses,
08:20mais en fait le rôle de l'État, en tout cas le rôle du législateur,
08:24c'est celui d'organiser les libertés.
08:26Et le texte que nous avons voté, il ouvre une opportunité,
08:30il crée une liberté pour celles et ceux qui souhaitent s'en saisir,
08:33qui souhaitent organiser la fin de leur vie dans les conditions
08:35qui sont énumérées et sur lesquelles je vais revenir.
08:38En revanche, il n'impose rien à personne,
08:40et certainement pas d'en finir de ce point de vue-là.
08:42Donc ça n'est évidemment pas le rôle de l'État.
08:44Là où je vais, en revanche, pas forcément être d'accord avec vous,
08:47en tout cas où je vais avoir un avis divergent du vôtre,
08:49c'est sur d'abord la question de la majorité,
08:52ensuite celui de la légitimité,
08:53et enfin sur les conditions qui ont été celles du texte.
08:58Sur la majorité, il y a d'abord un écart de 50 voix,
09:02alors ça peut être lu comme mince,
09:04mais à la lumière des textes que nous examinons aujourd'hui
09:06dans un Parlement en majorité relative,
09:08c'est une majorité absolue,
09:10et donc elle se dégage assez manifestement
09:12dans l'avis de l'Assemblée nationale.
09:14Si vous me permettez, Sacha Ollier...
09:16D'ailleurs, c'est dans un processus
09:18où les députés sont l'émanation du suffrage universel direct,
09:23là où les sénateurs sont l'émanation du suffrage universel indirect.
09:26Si vous me permettez juste une chose, Sacha Ollier,
09:28pour être parfaitement clair pour les auditeurs d'Europe 1,
09:34tous les députés n'étaient pas présents dans l'enceinte,
09:37puisque vous avez 291 députés qui ont voté pour,
09:42241 contre,
09:43c'est donc 532 députés qui se sont prononcés sur ce texte.
09:47Alors, ajoutez tout de même les 28 abstentions,
09:48ce qui nous porte à 550 sur les 567.
09:50J'entends, mais si vous prenez 291 pour sur 577 députés,
09:56c'est donc une majorité, si on l'imagine ainsi,
10:01291 sur 577, c'est 50,4%.
10:05Et je n'avais pas cette notion-là,
10:08que pour la loi Leonetti,
10:10il y avait eu un vote à l'unanimité des deux chambres.
10:14Donc vous conviendrez que cette loi-là
10:16n'a pas eu le même consensus,
10:18n'a pas forcément la même légitimité symbolique,
10:22je veux dire, puisqu'elle est légitime,
10:23puisqu'elle a été votée.
10:25Mais ce n'est pas la même teneur.
10:27Je vous le concède bien volontiers,
10:29et je vous déclare également que
10:33les chambres qui ont voté la loi Leonetti
10:35n'avaient pas la même diversité d'opinion
10:37ou la même représentativité que celle que nous connaissons aujourd'hui.
10:39Vous avez entièrement raison.
10:40Alors, en la pression ou pas,
10:41mais sur ce sujet.
10:43Et par ailleurs, dans le cas d'une procédure
10:44qui, pour le coup, est une procédure
10:46de dernière lecture,
10:48c'est-à-dire du dernier mot à l'Assemblée,
10:50qui, à ma connaissance,
10:51n'était pas le cas pour la loi Leonetti
10:52puisqu'on était sur une procédure de CMP.
10:56Je reviens juste très très rapidement sur les conditions,
10:59sur la définition de la phase avancée.
11:02Moi, j'ai un désaccord avec ce que vous avez dit,
11:04monsieur le professeur,
11:04puisque la phase avancée de la maladie,
11:08elle reprend la définition qui a été donnée
11:09par la Haute Autorité de Santé
11:11dans son avis du 6 mai 2025.
11:12Donc, elle est fondée sur un caractère irréversible
11:17de la maladie,
11:17avec une aggravation d'un état de santé de la personne
11:19et avec une affectation durable du niveau de vie.
11:23Quant à la question de la motivation
11:27de la personne qui a recours à cette procédure,
11:30c'est une procédure où le médecin,
11:33effectivement, en a bien motivé.
11:34Et il y a une réitération du consentement
11:36dans les 48 heures qui suivent.
11:40Mais il y a déjà un premier consentement
11:42qui a été donné.
11:42Et donc, il y a une phase qui est
11:44une phase durable d'expression
11:46de la volonté d'en terminer.
11:49Ce qui, de toute évidence,
11:52cette phase durable est essentielle
11:53puisqu'on sait aussi la volatilité
11:55qu'il peut y avoir dans la décision
11:57de certains de ces patients.
11:58Et réserver une phase
12:00qui, dans la procédure,
12:02dure au moins un mois
12:03pour le patient de pouvoir décider de son sort,
12:05c'était important.
12:05C'est également un des points
12:07qui nous avait été remontés
12:08par les services de santé palliatifs.
12:09sur cette expression du consentement.
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