00:00On va parler carburant parce que c'est la grande angoisse en pleine période estivale.
00:06On pensait souffler un peu avec les prix du carburant qui ne repartaient pas à la hausse.
00:12Et on regarde toujours très attentivement ce qui se passe du côté du détroit d'Hormuz,
00:18des tensions, de la guerre qui vit un nouvel épisode entre l'armée américaine et la république islamique iranienne.
00:27Je me tourne vers François Pira qui est avec nous, cher François, ravi de vous retrouver, fondateur de l'Observatoire
00:34Hexagone.
00:35Alors déjà qu'est-ce qu'on peut dire aux auditeurs d'Europe 1 sur les prix du carburant aujourd
00:39'hui et ce qui peut se passer dans les prochaines semaines ?
00:42Alors dans l'ensemble on connaît bien sûr une hausse depuis le début des hostilités au Proche et Moyen-Orient
00:48le 28 février.
00:49On a un prix du baril qui est monté à plus de 100 dollars, qui est redescendu à 72 et
00:54qui ce matin dépasse de nouveau les 80 centimes de dollars.
00:59Ce qui veut dire qu'on peut s'attendre dans les prochaines semaines à une augmentation à nouveau des prix
01:09à la pompe qui concernera de nouveau à la fois le diesel et l'essence.
01:14L'inquiétude également c'est qu'ils explosent. Est-ce qu'on peut retrouver les niveaux là aussi vertigineux qu
01:22'on avait un ou deux mois après le début du conflit ?
01:25C'est-à-dire que le conflit a commencé le 28 février dernier et c'est vrai que les Français
01:30ont souffert à partir du... dès le mois de mars d'ailleurs.
01:34Mars-avril, ça a été une période où les prix ont explosé.
01:39Absolument et d'ailleurs ils n'ont pas complètement redescendu. Ils risquent de remonter. Vont-ils retrouver les niveaux records
01:47? C'est possible.
01:48En tout cas à ce stade c'est difficile de se prononcer parce qu'avec ce conflit et surtout ses
01:52protagonistes, c'est toujours très difficile d'y voir clair sur l'avenir.
01:57Après un mois et demi de baisse ininterrompue, les carburants repartent à la hausse. Essence, gazole, tout est à plus
02:03de 2 euros le litre dans la plupart des stations.
02:06En une semaine les prix ont flambé, nous rappelle France Info. Tous les automobilistes l'ont remarqué.
02:13On va demander aux automobilistes justement. Robert, bonjour.
02:17Oui, bonsoir Elliot.
02:19Cher Robert, ravi de vous avoir en direct pour Elliot de Vallée-Vous sur Europe 1. Merci d'avoir répondu
02:25au 01 80 20 39 21.
02:30Cette affirmation, vous l'épousez cette affirmation de France Info ? En une semaine les prix ont flambé à la
02:38pompe, Robert ?
02:39Oui, ils ont dépassé les 2 euros.
02:41Vous vous roulez avec quoi, Robert ?
02:44C'est-à-dire que moi, quand je suis en agglomération, d'abord j'ai une voiture qui a un
02:49critère 1, donc je ne suis pas embêté.
02:51Mais j'utilise beaucoup les transports en commun à Marseille.
02:54Juste, ils ont utilisé la voiture, c'est un enfer.
02:57Un enfer, vous dites ?
02:58Ah oui, oui. Vous ne pouvez plus rouler à Marseille.
03:02Alors vous, la difficulté, c'est plus la circulation dans la ville que les prix du carburant ?
03:09Je suis sensible aux prix du carburant, évidemment.
03:12Mais je constate une chose, c'est que ceux qui ont demandé l'indemnité, il n'y en a que
03:1860% des personnes éligibles qui ont demandé l'indemnité.
03:23C'est ça, 1,1 million de personnes, soit environ un peu moins de 40% de ceux qui étaient
03:28éligibles, ont touché l'aide aux gros rouleurs.
03:32Cette aide de 100 euros a fait savoir Maude Brejon sur BFM et RMC.
03:37Donc il faudrait savoir pourquoi il y a effectivement seulement 4 personnes éligibles sur 10 qui ont pu toucher cette
03:46aide de 200 euros.
03:49C'est la question qu'on peut se poser, Jules, je ne veux pas vous mettre en difficulté.
03:52Pourquoi il y a si peu de monde qui a pu toucher cette aide ?
03:56D'abord, parce qu'avec ce gouvernement, il n'y avait que 2 millions de personnes qui étaient éligibles initialement.
04:00Il fallait exercer une activité professionnelle, respecter un plafond de revenus qui était basé sur l'année 2024.
04:05Donc déjà, c'est un petit peu quand même dire la croix et la bannière.
04:09Et utiliser un véhicule thermique ou hybride non rechargeable pour les véhicules domiciles trajet.
04:13Donc tout ça pour vous dire qu'il y avait beaucoup de personnes qui étaient éligibles.
04:16Je crois que c'était entre 5 et 6 millions.
04:18Et comme c'était du déclaratif, comme il fallait faire encore une fois la croix et la bannière pour obtenir
04:24ces aides-là,
04:25je pense qu'il y a beaucoup de Français qui ont été rebutés par le fait de perdre 3 à
04:284 heures
04:29et qui ont préféré ne pas solliciter cette aide.
04:31Mais c'était couru d'avance parce que quand vous annoncez des aides en mars-avril
04:35et vous savez très bien que ces aides interviendront entre le 15 juin et le 15 juillet,
04:39ça refroidit beaucoup d'automobilistes.
04:42Cette période où les prix du carburant ont explosé,
04:46ça a été l'une des périodes les plus marquantes de la saison sur Europe 1.
04:49Pourquoi je vous dis ça ?
04:50Parce que, et je remercie vraiment les auditeurs et je les invite à faire de même aujourd'hui,
04:55c'est-à-dire nous appeler et raconter leur quotidien.
04:58parce qu'on a pu échanger avec des centaines de Français dont certains vraiment sont à l'euro près.
05:06Mais c'était vraiment la France des honnêtes gens, la France qui travaille.
05:10Je pense à des infirmiers, des infirmières.
05:12Je pense aussi à une femme qui nous avait appelé,
05:16dont le mari est actuellement en établissement de santé, en EHPAD.
05:20Elle devait tous les jours prendre la voiture pour aller voir son mari.
05:26C'est ce qu'elle faisait habituellement.
05:28Mais parce que les prix ont explosé,
05:31elle avait dû restreindre le nombre de visites pour son mari.
05:36Alors que c'était une femme qui avait travaillé toute sa vie.
05:39François Pierrat, la hausse des prix du carburant va avoir un impact forcément
05:44sur le pouvoir d'achat des Français.
05:47Et bien sûr, et c'est quelque chose qu'on a déjà vu.
05:49On a vu qu'au mois de mars et d'avril, et de mai aussi,
05:54on avait une baisse de la consommation de carburant
05:57qui allait bien au-delà de ce qu'on pouvait anticiper.
05:59On a même enregistré des baisses qui étaient aux alentours de 10%
06:03de la consommation de carburant par rapport à des périodes équivalentes de l'année passée,
06:06qui dépassaient les prévisions et même nos prévisions à nous.
06:10Ce qui veut dire qu'on a des particuliers qui se sont restreints dans leur déplacement.
06:15C'est ce qu'on voyait aussi dans des sondages.
06:17Alors, le pas tout mène dans un même panier, il y a aussi des professionnels
06:21qui ont notamment repoussé le remplissage de cuves de gazole,
06:26et ça s'est ressenti sur la consommation de carburant.
06:29On le voit aussi sur les réservations de vacances,
06:32pour les trajets en voiture,
06:35où lorsqu'on choisissait auparavant une destination
06:39à 700-800 kilomètres de la maison pour vraiment se dépayser.
06:43Moi, j'ai pu le constater auprès d'entrepreneurs,
06:45de patrons de camping, d'hôtels, etc.
06:48Où maintenant, on choisit des distances beaucoup plus courtes
06:51parce que chaque euro compte, on en est là.
06:54C'est-à-dire que quand le 28 février,
06:56l'essence s'explose à partir du 28 février
06:59et que les personnes, en plus, c'est très très ciblé,
07:02c'est vraiment une niche,
07:04ils sont aidés d'à peine une centaine d'euros par mois,
07:07forcément, ça a un impact sur l'été et sur les vacances.
07:10Il faut rappeler que sur un litre de carburant,
07:14sur un euro, pardon, de carburant,
07:17c'est 60 centimes de taxe qui revient à l'État.
07:22Vous parliez de socialisme tout à l'heure,
07:23on est quasiment dans un système soviétique.
07:25Ah oui, mais là, on va même un peu plus loin.
07:27Valéry Gilles d'Estaing avait dit une phrase,
07:29je crois, à Jacques Chirac,
07:31il lui avait dit,
07:32quand on sera passé,
07:33là, actuellement, on est à 30% de dépenses publiques,
07:35quand on sera passé au-delà de 35%,
07:37nous serons dans un pays socialiste ou soviétique.
07:39Aujourd'hui, on est à quasiment 58% de prélèvement obligatoire,
07:4448% d'imposition,
07:46donc on est le pays le plus fiscalisé de l'OCDE,
07:50même sous l'URSS brèche-névienne,
07:54qu'on n'était pas à ces niveaux-là d'imposition.
07:57Non, mais c'est-à-dire que, malheureusement,
07:58on aurait aimé être champion du monde de football,
08:01on ne le sera pas cette année.
08:02On a trois étoiles en ce qui concerne les impôts.
08:04Mais pour les impôts,
08:06cher François Pierard,
08:07là, pour le coup,
08:08on bat tous les records.
08:10On est sur le toit du monde de l'imposition.
08:12Absolument, on est le pays le plus taxé de la zone euro.
08:15Selon les années,
08:16on a quand même le Danemark qui est devant nous,
08:17mais qui n'est pas dans la zone euro.
08:19Et qu'il y a un État-providence qui fonctionne.
08:20Voilà, au Danemark,
08:22la dépense publique fonctionne un petit peu mieux.
08:24Là, pendant dix années,
08:25donc on peut mettre dix étoiles sur notre maillot,
08:27on a eu le record de dépenses publiques
08:30rapportées au PIB dans l'OCDE.
08:32On a été doublé par la Finlande,
08:34il y a deux ans,
08:35et je crois qu'on est encore derrière la Finlande,
08:37qui a quand même 1400 kilomètres de frontières
08:39avec un pays contre lequel elle a déjà été en guerre.
08:41Donc ce qui pénalise aussi sa dépense publique.
08:44Merci François-Pierrard d'être venu nous voir,
08:46il est 16h26.
08:47Mickaël nous appelle au 01 80 20 39 21.
08:51Bonjour Mickaël.
08:52Bonjour à vous,
08:53vous nous appelez d'où, cher Mickaël ?
08:56Je ne suis pas très loin,
08:58je suis à côté de vous,
08:59à Boulogne,
08:59puis en cours exactement.
09:01Effectivement,
09:01ce n'est pas très loin.
09:03Si vous prenez la voiture pour venir nous voir,
09:06ça ne sera pas trop cher.
09:08Vous roulez avec quoi, cher Mickaël ?
09:11Alors, je roule avec un véhicule professionnel
09:13et mes collaborateurs avec des véhicules de fonction
09:16et également des utilitaires.
09:18Bon, et j'imagine que ça a un coût tout cela.
09:21Est-ce que ce coût a explosé
09:22depuis le 28 février dernier,
09:24le début de la guerre ?
09:25Alors, on optimise au niveau des déplacements
09:28en termes de rendez-vous,
09:30mais ça rallonge les dates
09:32au niveau des particuliers ou des professionnels.
09:35Nous sommes dans le BTP,
09:37donc ça rallonge le temps des rendez-vous.
09:39Mais moi, je constate par rapport
09:41à ce qui a été dit sur votre plateau,
09:42effectivement que les aides,
09:45elles ont été annoncées il y a plus de deux mois.
09:49Les personnes qui sont les gros rouleurs
09:52attendent une centaine d'euros
09:54qui ne sont pas encore sur les comptes.
09:57On se demande pourquoi.
10:00D'ailleurs, où sont les réserves stratégiques
10:02dont on a tant parlé ?
10:05Je constate qu'au niveau du budget,
10:08on parle beaucoup d'argent,
10:09comme quoi la France n'a pas d'argent,
10:11mais il y a l'Union européenne,
10:12il n'y a pas plus tard que deux jours,
10:14a voté une aide de 883 millions d'euros
10:17en faveur de Gaza.
10:18Depuis 2022, 211 milliards pour l'Ukraine,
10:22donc 8 milliards pour la France.
10:24Depuis 2024, la France a donné 434 millions à l'Ukraine.
10:29Donc, on dit qu'il n'y a plus d'argent.
10:31Il y a d'argent qu'on veut bien en trouver.
10:33Je pense que le président Macron sait le désamour.
10:38C'est le moins qu'on puisse dire
10:39que les Français ont pour lui.
10:42Et je pense que maintenant,
10:44jusqu'au présidentiel,
10:45il ne fera rien.
10:46Il ne fera rien pour les Français
10:49qui souffrent.
10:51Il y a Total Energy
10:53qui, eux, ont bloqué leur prix
10:54à 1,99 €,
10:56alors que c'est une entreprise privée.
10:59Alors, je pense qu'on se rend compte
11:01qu'on ne peut plus compter sur le gouvernement.
11:02Ça veut dire qu'on ne doit pas
11:03tout attendre de l'État ?
11:04Non, mais voilà, sur les carburants,
11:06par exemple,
11:07c'est 60 centimes le litre de subvention
11:10du monde de taxes.
11:11Mais le constat, c'est celui-ci.
11:12Mais c'est passionnant,
11:12ce que disait Michael.
11:13C'est-à-dire que quand vous avez besoin d'argent,
11:16l'argent, on en trouve.
11:17Maintenant, c'est où est-ce que vous mettez
11:19les milliards ?
11:20Est-ce que vous les mettez pour soutenir ?
11:21Vous avez 4 milliards
11:22que vous trouvez très vite, je crois.
11:24J'emploie souvent cette formule.
11:26Vous avez raison, cher Jules Torres.
11:27Il y a 4 milliards chaque année
11:28qu'on peut récupérer très rapidement.
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