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  • il y a 7 heures
Charles Luylier, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00Europe 1 Info, suite et fin, avec vous Charles Huillier, entouré de vos débatteurs du jour,
00:05Adrien Matou et Raphaël Stainville.
00:06Adrien Matou et Raphaël Stainville qui m'accompagneront jusqu'à 14h, donc encore pendant 12 minutes.
00:13Alors, je le disais tout à l'heure, la moitié du Sénat renouvelle ses sièges en septembre,
00:17le Rassemblement National veut constituer un groupe politique, ce qui serait une première.
00:23Alors, en a-t-il les moyens ? Je vais quand même rappeler qu'actuellement il y a 3 élus
00:28et 3 sénateurs RN. Pour constituer un groupe, il en faudrait 10 minimum.
00:35Alors, en a-t-il les moyens ? Je vous pose la question à tous les deux, Raphaël Stainville et
00:39Adrien Matou,
00:40parce que le RN dispose de 57 mairies, de 222 conseillers régionaux, c'est un suffrage indirect.
00:47Les grands électeurs qui vont participer au scrutin peuvent-ils faire pencher la balance ?
00:52J'entends les grands électeurs Rassemblement National.
00:55Raphaël Stainville.
00:56À l'aune de la percée que le RN a enregistrée lors des dernières municipales,
01:03compte tenu aussi de leur alliance avec l'UDR,
01:08et du fait aussi qu'un certain nombre, notamment dans le Sud-Est,
01:13un certain nombre d'élus LR sont en passe de nouer des accords avec le RN ou l'UDR
01:19pour pouvoir, finalement, candidater sur leur liste.
01:23Il est possible, effectivement, notamment dans le Sud-Est,
01:26qu'ils parviennent à obtenir suffisamment de grands électeurs
01:31pour être en capacité de constituer un groupe au Sénat.
01:35Donc oui, moi je pense que cette perspective, elle est possible.
01:37Abrilien Matou.
01:38Oui, alors au sein du parti, ils sont plutôt optimistes.
01:41Ils tablent entre 9 et 13, donc ça laisse beaucoup de possibilités.
01:44En réalité, c'est vraiment le troisième tour des municipales,
01:47et notamment peut-être la partie invisible des conquêtes du RN au municipal.
01:51C'est-à-dire qu'on a bien vu qu'ils ont engrangé un certain nombre de mairies,
01:55mais il y a aussi beaucoup d'endroits où il y a des maires sans étiquette
01:59qui ont été élus en échange d'un vote favorable au Sénatorial.
02:02Et c'est là qu'on va pouvoir le voir.
02:04Il faut toujours rappeler qu'au Sénatorial, 95% des électeurs sont des conseillers municipaux.
02:08Donc des personnalités souvent sans étiquette, la plupart du temps en fait,
02:12élus dans de petites communes qui pourraient du coup permettre au RN d'avoir accès à ce groupe
02:17et donc de s'institutionnaliser.
02:19Ce serait vraiment un succès considérable pour eux.
02:22Sur ce que disait fort justement Raphaël Steinville, Adrien Matou,
02:26j'aimerais vous entendre sur l'UDR d'Éric Ciotti, donc le maire de Nice.
02:31Dans le JDD, Éric Ciotti rappelait finalement sa stratégie d'être aux côtés du Rassemblement National.
02:37Peut-il, comme le disait Raphaël Steinville, lui donner un coup de main ?
02:41Finalement, faire l'appoint, comme on pourrait le dire de manière un peu familière.
02:46Il lui donne déjà un coup de main.
02:47De fait, le RN qui a toujours été un parti plutôt isolé, désormais a un allié.
02:53Donc déjà ça change tout.
02:54Ensuite, il y a un coup de main un peu sociologique.
02:57C'est-à-dire que les cadres de l'UDR viennent souvent de LR,
03:03sont souvent d'une sociologie plus bourgeoise,
03:06des gens plus CSP+,
03:08qui parfois apportent leurs compétences techniques.
03:10Donc ça, c'est aussi une aide pour le RN.
03:12Et enfin, il y a ce contexte très particulier du Sud-Est,
03:16notamment des Alpes-Maritimes,
03:17où en gros toute la stratégie d'Éric Ciotti,
03:19qui pourrait du coup y arriver grâce à sa conquête de la mairie de Nice au printemps,
03:24qui est d'attirer les membres de LR du Sud-Est en leur disant
03:27« Regarde, moi en fait j'ai eu de l'avance,
03:29parce que j'ai déjà fait le pas vers le RN.
03:32Maintenant quitte LR, ce parti agonisant, en train de se casser les figures,
03:37et rejoint l'UDR dans la Grande Alliance de l'Union des Droites.
03:40Alors même si le RN ne parle pas du nom des droites,
03:41c'est ça la subtilité.
03:43Mais du coup, oui, Éric Ciotti est évidemment d'une grande aide pour le RN.
03:47Maintenant on verra lors des sénatoriales,
03:49en quelle mesure la force d'appoint est grande.
03:51Et dans les Alpes-Maritimes, donc chez Éric Ciotti,
03:54il y a cinq sénateurs qui sont renouvelables, effectivement,
03:59et ce sont des LR, effectivement.
04:01Est-ce que là aussi...
04:02Il y a beaucoup d'élus qui ont déjà annoncé,
04:03qui tournaient Kazakh et qui rejoignaient l'UDR,
04:06et donc qui quittent LR pour s'allier avec le RN quelque part.
04:09Et des grands électeurs, ça a été dit par Adrien,
04:13des grands électeurs qui, notamment,
04:16ont pu voir leur élection assurée lors des dernières municipales,
04:22parce qu'ils avaient, sans l'assumer publiquement,
04:24mais passé des sortes de pactes,
04:26de sorte qu'il n'y avait pas de liste UDR ou RN face à eux,
04:30leur permettant de franchir le second tour,
04:34qui aurait été probablement plus compliqué
04:35si d'aventure ils avaient eu un candidat de l'UDR ou du RN.
04:39A-t-il les moyens de faire élire un sénateur UDR, Éric Ciotti, chez lui ?
04:43Oui, bien sûr.
04:44Bien sûr.
04:46Aujourd'hui, c'est une quasi-certitude.
04:48Alors, j'aimerais aussi qu'on évoque les possibilités
04:54qui pourraient s'offrir au Rassemblement National.
04:56Si le RN constitue un groupe,
04:58on n'y est pas encore,
04:59mais effectivement, comme le disait Adrien Matou,
05:01c'est en bonne voie.
05:02Si le RN constitue un groupe,
05:03comment pourraient évoluer les rapports avec Gérard Larcher ?
05:06On rappelle que Gérard Larcher,
05:08cela fait rire M. Matou,
05:10on rappelle que Gérard Larcher avait déclaré,
05:12lors de la campagne des municipales,
05:14que tout élu LR qui ferait alliance avec le RN serait exclu.
05:19On comprend donc des Républicains.
05:22Est-ce que ça peut donner le ton,
05:24Raphaël Steinville, Adrien Matou,
05:26de ce que serait une éventuelle cohabitation ?
05:30Adrien Matou.
05:31Alors, il faut quand même garder la mesure des choses.
05:33C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a huit groupes au Sénat.
05:35Si le RN avait un groupe,
05:37ce serait le neuvième,
05:38avec un effectif quand même assez réduit.
05:40Donc, on n'est pas non plus dans une confrontation équilibrée,
05:43entre guillemets.
05:43Ne surcotons pas les choses, c'est ce que vous dites, d'accord ?
05:46Après, je ne suis pas sûr que ça change les rapports avec Gérard Larcher,
05:48parce que Gérard Larcher fait partie de cette droite
05:51qui, en gros, est encore sur la doctrine du coordonnement sanitaire,
05:54donc il va refuser, je pense, jusqu'au bout de s'allier avec le RN.
05:57En revanche, pour le RN,
05:59c'est vraiment, au niveau matériel, une évolution considérable.
06:01C'est-à-dire qu'ils auront des locaux,
06:03ils auront plus de moyens pour embaucher des collaborateurs,
06:05et surtout, quand vous avez un groupe,
06:06vous avez, entre guillemets, droit à des choses réglementées.
06:09C'est-à-dire que vous pouvez poser une question d'actualité
06:11quand le gouvernement vient au Sénat.
06:13Il y a une visibilité aussi.
06:13Voilà, vous avez une exposition,
06:15et j'ai envie de dire, c'est quelque part,
06:17peut-être, le dernier palier pour s'institutionnaliser pour le RN,
06:20parce que, franchement,
06:22la vieille maison qui est le Sénat,
06:24il n'y a pas plus traditionnel,
06:26il n'y a pas plus républicain, etc.
06:28Donc, le fait d'avoir un groupe,
06:29sur le plan symbolique et pas seulement matériel,
06:31ce serait vraiment un symbole très fort.
06:33En septembre, on sera à sept mois de la présidentielle.
06:37Est-ce que ça peut donner,
06:38Raphaël Steinville, le ton également ?
06:40J'entends, en cas de scénario,
06:42d'un groupe RN au Sénat.
06:44En réalité, pas tout à fait,
06:45parce qu'on comprend bien
06:49que si, d'aventure, le RN parvenait à constituer un groupe,
06:53il serait modeste,
06:54et ça ne serait que la conséquence
06:55de quelque chose que tout le monde attend
06:58et a pu voir monter
07:01ces dernières semaines et derniers mois.
07:04Donc, ça ne viendrait que...
07:06Est-ce que ça peut contribuer
07:07à une normalisation et une dédiabolisation ?
07:10Non, mais ça, je pense que la dédiabolisation,
07:12pour partie, elle est achevée.
07:15Manquait peut-être, justement,
07:16la notabilisation de ce parti.
07:18Et c'est vrai que,
07:18de compter des sénateurs,
07:22d'avoir un groupe de sénateurs,
07:24d'être reçus,
07:25comme on l'a vu il y a quelques semaines,
07:27ou en tout cas que des dîners
07:29entre Marine Le Pen,
07:31Jordan Bardella,
07:31et des grands patrons du CAC 40
07:34deviennent une information officielle
07:36assumée par tel ou tel patron,
07:39oui, ça, ça contribue encore davantage,
07:41je pense,
07:42à notabiliser, crédibiliser,
07:43et faire que cette histoire de diabolisation
07:47soit presque une histoire ancienne
07:48pour le parti.
07:49Alors, lors des votes clés,
07:51c'est vrai qu'on fait un peu des,
07:52comme on dit familièrement,
07:54des châteaux en Espagne.
07:55Si le RN a un groupe,
07:57est-ce que la frange,
07:58j'entends la frange la plus à droite
08:00des LR au Sénat,
08:03ne serait-elle pas tentée finalement
08:04de regarder un peu à droite
08:05lors des votes de texte,
08:07et des votes de texte importants ?
08:09Est-ce que c'est possible
08:11ou pas, Adrien Matou ?
08:12C'est déjà arrivé à l'Assemblée,
08:14les LR et l'URN ont déjà voté des textes,
08:17notamment sur les questions
08:17d'immigration et de sécurité,
08:19qui sont, on le sait en fait,
08:21la jonction idéologique
08:22entre les LR et l'URN,
08:24c'est déjà arrivé.
08:25La question...
08:26Est-ce que ça peut créer une scission ?
08:28Voilà, j'allais y venir,
08:29il y a un espoir plus important
08:31au sein du RN,
08:32qui est de détacher carrément
08:33des sénateurs de LR.
08:35Alors je sais même
08:36qu'ils ont des espoirs
08:36sur certains sénateurs centristes.
08:38Donc là, on serait à un cran au-dessus
08:41par rapport à des votes.
08:42Mais d'ailleurs, c'est précisément
08:43ce qui s'est passé
08:44à l'Assemblée nationale.
08:45Le fait que le Rassemblement national
08:49ait compté un certain nombre
08:50de députés,
08:51a permis des échanges
08:53d'autant plus importants
08:54avec notamment LR.
08:57Et c'est comme ça d'ailleurs
08:58qu'Éric Ciotti,
08:59dans son livre
09:00« Je ne regrette rien »,
09:01raconte ses premiers échanges
09:03avec Marine Le Pen
09:04jusqu'à cette conclusion
09:05et cette alliance
09:06formée au lendemain des Européennes.
09:08Raphaël Steinville,
09:09Adrien Matou,
09:10merci beaucoup d'avoir été
09:11parmi nous en cette mi-journée.
09:13Marlène Duré,
09:14je crois qu'on reste ensemble.
09:15Oui, on va se retrouver ce soir
09:17à 19h,
09:17pour Europe 1 soir.
09:1819h, 21h,
09:19Europe 1 soir, effectivement.
09:20J'en serai ravi.
09:21Merci Marlène,
09:22à tout à l'heure.
09:22Sous-titrage Société Radio-Canada
09:22Sous-titrage Société Radio-Canada
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