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  • il y a 13 minutes
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Charles Luylier pour débattre des actualités du jour.

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00:0119h21, Europe 1 Soir, Charles Luillier.
00:04Antoine André, rédacteur en chef du service politique du JDD, est à mes côtés, tout comme Michel Fayad, analyste géopolitique,
00:11lui aussi parmi nous.
00:13Les deux vont nous accompagner jusqu'à 20h30, effectivement, vous êtes de bons élèves et vous êtes passionnants dans vos
00:20échanges.
00:20Alors, je vais citer, alors qu'on approche 20h dans un quart d'heure, je vais citer Gérald Darmanin.
00:27J'ai décidé, au vu de la situation, de ne pas me présenter à la présidentielle et donc de soutenir
00:34Edouard Philippe.
00:35Voici donc le verbatim, si j'ose dire, d'une interview qui sera donc à lire chez nos confrères de
00:41la Voix du Nord, la presse régionale à partir de demain.
00:45Et donc, eh bien, Gérald Darmanin annonce renoncer à la présidentielle, mais surtout soutenir Edouard Philippe.
00:51Alors, cela ne vous a pas échappé, les deux principaux candidats du bloc central, comme on l'appelle, c'est
00:58donc Gabriel Attal et Edouard Philippe.
01:00Très bien, Darmanin va avec Philippe, mais que reste-t-il donc à Gabriel Attal ?
01:05Déjà un peu à la peine dans des sondages qu'il donne pour les plus mauvais à 6%.
01:09Edouard Philippe, c'est largement plus du double.
01:11Antoine André, comment vous interprétez cette annonce de Gérald Darmanin et par ricochet les conséquences qu'elle aura, cette annonce,
01:21sur la suite des événements pour Gabriel Attal, justement ?
01:24Est-ce que c'est une mauvaise opération pour Gabriel Attal ?
01:26Oui, c'est une mauvaise opération, même si ce n'est pas surprenant, c'est-à-dire que Gérald Darmanin,
01:30c'est un ami intime, un proche d'Edouard Philippe, qui se connaît depuis très longtemps.
01:34Et d'ailleurs, Gérald Darmanin avait été un peu vexé ou n'avait pas tellement apprécié lorsqu'Edouard Philippe s
01:41'était lancé de ne pas avoir été mis en avant par Edouard Philippe, voire même présenté comme son futur premier
01:47ministre.
01:48Donc Gérald Darmanin a pris un peu de distance et a lui-même réfléchi à une opportunité pour lui de
01:53se présenter, mais il n'a pas de parti derrière lui.
01:54Un parti, c'est nécessaire parce qu'il faut beaucoup d'argent.
01:57Et donc, son ralliement n'est pas une surprise.
01:58On se demandait s'il allait attendre sa rentrée politique de Tourcoing à la fin du mois ou s'il
02:04allait le faire avant.
02:05Mais ce qui est certain, c'est que ça pèse lourd, Gérald Darmanin, si vous voulez.
02:09Dans les ralliements qu'il y a eu, Nathalie Kosusko-Morizet a rejoint Edouard Philippe, Maude Brejon, qui est aussi
02:13porte-parole du gouvernement, donc ça a compté un petit peu au début de l'été.
02:18Il y a d'autres ministres qui, pour le moment, ne le disent pas, mais qui vont rallier Edouard Philippe.
02:23La force va à la force.
02:24Et alors, vous êtes très bien informé, Antonin André, parce que rédacteur en chef du service politique du JDD.
02:30Y a-t-il également, dans les tuyaux, des soutiens qui vont aller vers Gabriel Attal ?
02:35Ou bien, pas que vous sachiez ?
02:37Alors, pas que je sache.
02:38Il y a beaucoup moins de monde au portillon, alors.
02:40Il y a des ministres qui s'affichent davantage auprès de lui.
02:43Je pense à Roland Lescure, notamment, qui est ministre de l'économie et qui est membre du bureau exécutif
02:48de Renaissance et qui, lui, s'affiche ostensiblement avec Gabriel Attal.
02:51Il y en a d'autres.
02:52Simplement, ce que disent aussi ces ministres, comme Roland Lescure, qui est plutôt proche, c'est le loyal à Gabriel
02:56Attal,
02:56il dit qu'il faudra quand même qu'il s'entende à un moment ou à un autre.
02:59Et si Gabriel Attal rechigne à se ranger derrière Edouard Philippe, nous, les cadres et les ministres qui sont derrière
03:05nous...
03:05Attendez, rechigner, on est d'accord que depuis le début, c'était le deal entre les deux.
03:09C'est le deal, mais vous savez, dans une compétition comme la présidentielle, une pré-présidentielle, chacun joue sa peau,
03:16en fait.
03:16Et c'est quand même... Donc, Gabriel Attal, on le voit d'ailleurs, il fait campagne.
03:19Il fait campagne de façon efficace. Il a été présent pendant tout l'été.
03:22Il a fait une grande interview dans le JDD qui a fait beaucoup parler.
03:25Donc, il fait une campagne et il joue à fond.
03:28Et quand vous jouez à fond, vous pouvez égratigner parfois vos concurrents.
03:31La difficulté, ce sera le moment venu, d'arriver à oublier un peu les critiques des uns et des autres,
03:35et de se ranger sous la même bannière. C'est jamais un moment agréable, mais c'est un peu ça
03:38l'enjeu pour les deux hommes.
03:39Est-ce que là, c'est l'estocade finale, quand même, pour Gabriel Attal, ou l'homme n'est pas
03:44encore à terre ?
03:45Non, je ne dirais pas ça. Je ne dirais pas ça, d'autant que Gabriel Attal, quand même, il y
03:48a certains sondages
03:49où l'écart entre Attal et Philippe n'est pas si élevé que ça.
03:52Et une présidentielle, une campagne, ça ne se passe jamais comme il était prévu.
03:57On ne sait pas ce qui va se passer dans les deux semaines, trois semaines, trois mois qui viennent.
04:01D'ici à décembre, il va se passer beaucoup de choses.
04:04Une maladresse d'Édouard Philippe ? Une affaire ? On ne sait pas.
04:09Donc, si vous voulez, il ne faut surtout pas enterrer aucun candidat avant l'échéance,
04:13parce que la politique est ainsi faite que parfois, il y a des bouleversements.
04:17Alors, Michel Fayad, Antonin André, on peut également s'interroger sur le timing, en fait.
04:22Alors là, on est effectivement le 17 août, on est encore en plein été.
04:28C'est toujours la trêve des confiseurs, pardonnez-moi l'expression.
04:32Pourquoi, Michel Fayad, une annonce comme ça, en plein mois d'août, au détour de la presse régionale ?
04:40Bon, c'est quand même pas rien comme annonce.
04:42Ça rebat quand même une partie des cartes, même si ce n'est pas non plus l'alpha et l
04:46'oméga.
04:47Mais pourquoi une annonce comme ça, en plein cœur de l'été,
04:51alors que Gérald Darmanin aurait pu très bien attendre la rentrée politique ?
04:55Très étrange quand même.
04:56En fait, votre question, c'est celle que je posais à Antonin avant d'arriver.
04:59Oui.
05:01Et son idée, c'était...
05:04Antonin, André, effectivement.
05:06C'était la question que je vous posais avant d'entrer.
05:07Oui, absolument, c'est la question que je vous posais.
05:09Donc, c'est plus honnête que ce soit vous qui répondez.
05:11Vous avez répondu quoi, Michel Fayad, Antonin André ?
05:14Sur pourquoi est-ce que Gérald Darmanin l'a dit maintenant et pas à la rentrée ?
05:18Pour être honnête, c'est mieux que celui qui répond.
05:19Il l'a fait d'abord parce qu'il le fait dans une interview de presse écrite,
05:22ce qui est statutairement plus...
05:24Bon, c'est son fief en plus, c'est la loi du Nord.
05:26Et je pense qu'il le fait en amont de son université d'été
05:29pour mettre en scène l'université d'été de façon encore plus...
05:33J'allais dire, rampe de lancement plus importante encore pour Édouard Philippe
05:36et pour mettre en scène le retrouver,
05:37parce qu'ils vont se retrouver à ce moment-là.
05:39Le dire avant, ça teinte un peu déjà ce rendez-vous
05:41comme la grosse rentrée politique d'Édouard Philippe et de Gérald Darmanin
05:44qui vont vouloir, par cette rentrée, d'une certaine façon,
05:47mettre sous l'été noir Gabriel Attal.
05:49Alors, Gabriel Attal...
05:51Oui, Michel Fayad, pardonnez-moi.
05:52Je voulais juste ajouter quelque chose par rapport à Gérald Darmanin,
05:55c'est que si vous vous souvenez,
05:56au moment de la nomination de Gabriel Attal comme Premier ministre,
05:59lui aspirait à l'être.
06:01Et donc, il y a quand même cette histoire qui reste au coin de la tête,
06:05je pense, de Gérald Darmanin.
06:06Et par rapport aux autres personnes qui se sont ralliées à Édouard Philippe,
06:11je pense que Gérald Darmanin est le plus grand poids lourd, je pense,
06:16parce que c'est un ministre qui a quand même,
06:19même s'il a fait des erreurs,
06:21a quand même, disons, une image de ministre
06:26qui essaye de maintenir un État régalien,
06:29alors que l'État régalien...
06:30Bien sûr, ministre de l'Intérieur et garde des Sceaux, effectivement.
06:32Oui, malgré les... Il a fait quelques erreurs,
06:34mais ce que je veux dire par là, c'est que
06:37en fait, les gens, les Français en majorité,
06:39sont en train de voir un État régalien
06:40qui est en train de tomber, de se diluer.
06:43Et donc, lui, il lui pardonne un petit peu plus qu'aux autres.
06:47Et donc, c'est un ralliement de ploi pour Édouard Philippe, je pense.
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