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  • il y a 5 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:09Et la scène dans Zorba le grec, Anthony Quinn ça vous dit quelque chose d'Olivier Guenek ?
00:16C'était une immense star du cinéma américain qui est morte il y a 25 ans ou 30 ans.
00:23Qui a fait Laurence Darabie, il est dans Laurence Darabie avec Peter O'Toole.
00:28Avec Peter O'Toole, il est dans Laurence Darabie et Pascal lui est à Hérac-Lyon en Crète.
00:35Vous vivez dans une maison Pascal ? Vous vivez dans une maison, vous vivez dans un appartement ?
00:41Je suis dans un grand appartement, dans un condominium avec plusieurs appartements.
00:46Et tout est climatisé, c'est ça que vous nous disiez évidemment, les écoles sont climatisées.
00:52Alors j'imagine qu'on s'adapte aussi aux heures de travail, peut-être qu'on travaille plus tôt le
00:57matin
00:57et on reprend, et puis on travaille à l'Espagnol bien évidemment.
01:02Voilà, exactement, tout à fait.
01:04Vous savez M. Pro, je vais vous dire une chose, j'ai eu votre collègue il y a un mois
01:07à peu près, M. Deval,
01:09et je lui avais sorti une phrase d'un grand philosophe, vous savez,
01:13qui a dit que c'est quand on est dans le mur qu'on voit mieux le mur.
01:15Et je pense qu'en ce moment, la France est en train de bouffer du plâtre,
01:18parce que sur chaque truc on se plante, on est toujours à réaction et jamais en prévention,
01:22et c'est une catastrophe, voilà.
01:24Non mais c'est vrai que nous partageons tous un rapport avec la France en ce moment de tristesse,
01:33et de voir que cette France qu'on a aimée dans les années 70-80, nous la retrouvons moins.
01:39Simplement, il faut garder l'espérance, on ne va pas tous partir en Crète.
01:42Qu'est-ce que vous voulez que je dise ?
01:44Oui, j'ai de la place.
01:45Oui, on peut aller en Corse déjà avant d'aller en Crète, on reste beaucoup en France quand même quand
01:51on est en Corse.
01:52Parce que j'entends les expatriés, je ne connais pas d'expatriés au fond qui soient heureux d'avoir quitté
01:58la France.
01:59On a un tel attachement à la France, je ne sais pas si c'est votre cas ou pas,
02:03mais ça me manque tellement, ça me manque tellement.
02:06Moi je ne me vois pas vivre en dehors de France, parce qu'avec tous ces défauts,
02:09je suis tellement attaché à Paris, à cette ville, à tout ce qu'elle te permet de vivre.
02:15Vous ne pourriez pas vivre ailleurs qu'à Paris, même pas à la France, c'est Paris.
02:19Moi j'aurais du mal à vivre en permanence ailleurs, mais c'est vrai que j'aime bien voyager.
02:24Mais Paris est une ville formidable, la ville est à ta disposition.
02:28C'est-à-dire qu'il est minuit, tu veux dîner, tu y vas, tu veux retrouver une pharmacie, tu
02:32y vas,
02:32tu veux aller au cinéma, tu y vas.
02:34Je trouve que c'est une ville extraordinaire, évidemment que c'est une ville extraordinaire,
02:38et bien au-delà.
02:39Donc quand je dis la ville est à ta disposition, elle est à ton oui.
02:43Tu peux aller dans une librairie, il y a une librairie qui s'appelle l'écume des pages,
02:48c'est ouvert jusqu'à minuit.
02:50Donc je trouve ça formidable, une ville comme ça.
02:53C'est vrai que parfois tu vas dans des villes, je ne vais pas les nommer,
02:56mais le dimanche t'as l'impression que c'est le day after.
02:59Tu arrives après la bombe nucléaire, la ville est vide.
03:03Mais bien sûr, dans des villes, bien sûr.
03:06Et va dîner parfois après 22h, toi dans des villes en dehors de Paris, c'est très difficile.
03:13Avec les 35h, avec les 35h, les entreprises, etc.
03:20Les gens, ils te le disent d'ailleurs.
03:21Mais il n'y a que à Paris qu'on dîne parfois après 22h,
03:23et qu'on va aller au resto et trouver une table après 22h.
03:26Ça n'existe pas.
03:26Mais ce n'était pas vrai il y a 30 ans, c'est ce que je te dis.
03:30Ce n'était pas vrai il y a 30 ans.
03:32Il y avait un restaurant à Nantes qui s'appelait La Cigale, tu te disais, jusqu'à minuit.
03:36Il y a 35 ans.
03:37Il y en avait un.
03:38Il y en avait un ou deux dans la ville.
03:40Il y avait même des restos à Nantes où tu pouvais parler en plein milieu.
03:43Ça devait être extrêmement rare.
03:47Mais vous n'avez pas connu cette période.
03:50Arrêtez de...
03:51Vous ne savez pas comment était la France.
03:52Vous avez un exemple et je vous connais maintenant.
03:55Mais vous dîniez beaucoup plus tard avant.
03:58Maintenant, effectivement, avec le personnel.
04:00D'ailleurs, il te le dit, dans la restauration, c'est très difficile de trouver des gens, etc.
04:03Donc, faire travailler des gens jusqu'à 23h, ce n'est pas facile.
04:06Vous avez raison, parce que j'ai beaucoup de copains qui sont dans le théâtre.
04:09Ils font des tournées.
04:10Ils ont du mal à trouver un restaurant après le spectacle.
04:13Ce qui n'était pas le cas du tout avant.
04:14Parce que les brasseurs, ils trouvaient toujours des tavernes ouvertes.
04:17C'est évident.
04:17Et voilà.
04:18Par contre, j'ai toujours eu un doute sur les gens qui vivent, par exemple, au Portugal
04:22ou qui sont des expatriés.
04:24Si ça climate vraiment au pays ou si ce n'est pas par dépit un peu, parfois.
04:29On peut poser la question à Pascal.
04:33Pascal, est-ce que vous ne regrettez pas, parfois, de ne pas être en France ?
04:38Non, alors, simplement.
04:39Moi, j'habite six mois de l'année en Crète.
04:42Et j'ai les six mois d'autre de l'année en France, parce que j'ai mes enfants qui
04:45habitent
04:46à mon frère.
04:46Ah, c'est pas du tout.
04:48Ah oui, mais vous ne lâchez pas le morceau à la fin de l'interview.
04:51Ah oui, mais ça n'a rien à faire.
04:54Oui, parce qu'en fait, vous savez que vous revenez.
04:57Je viens de déconner là.
04:59Vous savez que vous revenez, donc ça change tout.
05:02Non, tu sais que tu reviens.
05:04Bah si.
05:05Non, non, c'est exactement la merde.
05:09Hé, je sais que je fais rien.
05:11Hé, vous y en a pas.
05:14Jean-Rier, vous êtes un fou de potrier.
05:17Jean-Rier, je sais que je repars.
05:2045 minutes de polio.
05:21Ah, mais c'est pas du tout.
05:23Mais c'est exactement le contraire, monsieur Proulx.
05:26C'est exactement le contraire.
05:27Je sais que je repars.
05:29C'est différent.
05:31C'est pour des raisons fiscales que vous êtes parti.
05:37Pas du tout, parce que je paye encore mes impôts en France.
05:39Ah, et qu'est-ce que vous faisiez avant d'être en retraite ?
05:43J'étais dans une société qui travaillait pour le militaire.
05:47Vous travaillez pour le militaire ?
05:49Oui.
05:50Vous étiez quoi, industriel ?
05:51Je vous ai bien connu, monsieur Proulx.
05:53Je vous ai bien connu.
05:54Vous avez bien connu.
05:54Oh là là, vous avez des décisions sur moi.
05:56Ça commence comme ça.
05:57Je vous ai fait des soirées.
06:00Vous étiez industriel, Pascal ?
06:04Dans les vestiaires du Parc des Princes.
06:06Vous m'avez connu dans les vestiaires du Parc des Princes ?
06:09Souvent, oui.
06:09Très souvent.
06:10C'est normal, puisque là, franchement, c'est pas un scoop.
06:13J'étais journaliste de foot, donc c'est plutôt logique.
06:15Vous m'auriez dit...
06:15Moi, j'étais avec le speaker du parc.
06:17C'est pour ça.
06:18D'accord, mais j'aimais bien.
06:19D'abord, à l'époque, on pouvait aller dans les vestiaires du parc.
06:22Exactement.
06:23Aujourd'hui, c'est plus difficile.
06:24Mais j'ai eu peur.
06:24Si vous aviez visité un autre endroit, je n'aurais pu être ennuyé.
06:28Mais bon.
06:28Et il était comment, Pascal, à l'époque, alors ?
06:30Je vous rassure.
06:32Comment ?
06:32Il était comment, Pascal, à l'époque ?
06:34Beaucoup plus jeune.
06:35Bah oui.
06:37Mais vous aussi, hein ?
06:39Mais vous aussi, Pascal.
06:40Rassurez-vous.
06:43On est tous là.
06:44Ça vous fait rien, Pascal, tout ça.
06:46Non, mais...
06:47Bon, en tout cas, ce qui est bien, c'est pas la même chose de savoir qu'on ne reviendra
06:52jamais en France.
06:54On est expatriés définitivement.
06:56Je pense que ça, tu peux le faire.
06:57À 18, 19 ans, 20 ans, tu peux partir...
07:00Pascal.
07:01Oui.
07:01Moi, j'ai quitté la France, j'avais deux ans.
07:05Deux ans, mes parents sont partis en Belgique.
07:06Ils ne sont jamais revenus, ils sont toujours en Belgique.
07:08J'ai toujours dit à mes parents, même petit, je rentrerai en France.
07:10À 18 ans, j'ai eu le bac.
07:11Le 1er septembre, j'étais dans un train pour Paris.
07:14C'est-à-dire que c'était...
07:14Je ne me suis jamais senti belge, alors que ma soeur a pris maintenant les franco-belges,
07:19elle a pris la nationalité belge.
07:21J'étais appelé le camembert en permanence au lycée.
07:24Et quand je revenais en France, on m'appelait...
07:26Non, c'était pour l'odeur.
07:28Non, mais je comprends ce que veut dire l'outil.
07:34Et quand je revenais en France, c'était la double pleine.
07:36J'étais le belge de service, donc c'était insupportable.
07:38Et ça s'est arrêté avec les années.
07:40Mais vos parents, ils n'ont pas envie de rentrer en France.
07:42Ils sont bien à Bruxelles.
07:43Oui.
07:44Ils ont une maison, ils ont un jardin.
07:46Ils ne peuvent pas voir ça à Paris.
07:47Mon père, il aurait pu rentrer plusieurs fois, mais il n'est jamais rentré.

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