- il y a 7 heures
Marine Le Pen a annoncé, mardi, qu'elle serait candidate à l'élection présidentielle malgré sa condamnation. À partir de 8h20, les réactions du député RN Jean-Philippe Tanguy, du président de Renaissance Gabriel Attal et du coordinateur de LFI, Manuel Bompard, au micro de Simon Le Baron. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mercredi-08-juillet-2026-2135450
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Trois invités à la suite donc pour réagir à la condamnation pour détournement de fonds publics de Marine Le Pen
00:05et de son parti
00:05et à sa décision de se présenter malgré tout à l'élection présidentielle.
00:09Nous serons dans quelques minutes avec l'ancien Premier ministre, lui aussi candidat, Gabriel Attal,
00:14puis avec le coordinateur national de la France Insoumise, Manuel Bompard.
00:17Posez aussi vos questions, vous qui nous écoutez, au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France.
00:22Et d'abord j'accueille le député Rassemblement National de la Somme, président délégué du groupe RN à l'Assemblée.
00:28Jean-Philippe Tanguy, bonjour.
00:30Bonjour, merci pour votre invitation.
00:31Merci à vous d'être avec nous ce matin. Faites-vous confiance, Jean-Philippe Tanguy, à la justice de votre
00:35pays ?
00:36Absolument, et je lui fais confiance et grès d'ailleurs d'avoir rétabli Marine Le Pen dans ses droits
00:42et rendu le droit aux Françaises et aux Français de choisir leur candidate à la présidentielle
00:47et avoir signifié que l'atteinte à la probité avait été réparée par l'exécution de la peine d'inligibilité
00:56provisoire
00:56que Marine a subi pendant 15 mois, perdant, personne ne le dit,
01:00alors que ça lui a beaucoup coûté à titre personnel son mandat de conseillère départemental du Pas-de-Calais
01:05et alors qu'elle nous estimons, elle s'estime parfaitement innocente.
01:08Mais vous dites, je fais confiance à la justice de mon pays,
01:11malgré tout elle s'est trompée deux fois, malgré des décisions motivées,
01:17très étayées, qui établissent des faits graves en première instance et en appel.
01:23C'est la raison de l'existence de la Cour de cassation.
01:26Moi je m'étonne, c'est parce que vous faites vous ce matin,
01:28un certain nombre de commentaires, notamment vous l'avez cité M. Gabriel Attal,
01:32que l'état de droit ce soit jamais pour leurs adversaires politiques.
01:35Vous savez Marine Le Pen, elle a sans doute beaucoup de défauts, nul ne l'est pas refait,
01:39mais enfin elle a une qualité que tout le monde lui reconnaît depuis 25 ans,
01:41c'est d'avoir toujours défendu les principes pour tout le monde,
01:44y compris pour nos adversaires politiques
01:46et pour ceux qui, certaines décisions de justice auraient pu arranger,
01:50le Rassemblement National, voilà les principes c'est pour tout le monde.
01:52Donc Marine Le Pen se pourvoit en cassation avec nos autres amis,
01:56elle s'estime parfaitement innocente des faits qui lui sont reprochés,
02:00donc elle est présumée innocente à partir du moment où elle se pourvoit en cassation.
02:04Et c'est important parce que s'il n'y avait jamais d'erreur judiciaire
02:08ou d'erreur d'appréciation judiciaire,
02:10ce qui n'est pas un manque de confiance dans la justice,
02:12parce que c'est une chose différente,
02:14il n'y aurait pas trois degrés de juridiction.
02:16Marine Le Pen dit qu'elle est innocente,
02:18vous le dites aussi ce matin, un autre cadre de votre parti,
02:21le maire de Perpignan, Louis Alliot,
02:23se pourvoit lui aussi en cassation,
02:25non pas en disant je suis innocent,
02:26mais en disant la peine est trop sévère.
02:28Il ne dit pas je n'ai pas détourné d'argent.
02:32Moi aussi, j'étais avec Louis Alliot encore hier,
02:34il s'estime parfaitement innocent.
02:36Il dit la peine est trop sévère, la peine est trop l'autre,
02:38c'est pour ça que je suis en cassation.
02:40Par définition, quand vous êtes innocent,
02:41toute peine est trop sévère, monsieur le baron.
02:43Est-ce que la parole politique compte pour vous ?
02:46Bien sûr qu'elle compte,
02:47en particulier pour l'Assemblée Nationale
02:48qui mène des combats sur le fond des dossiers
02:51pour les Françaises et les Français,
02:52une fois de plus qu'on soit d'accord ou pas avec nous,
02:54avec témérité, avec détermination,
02:57depuis 25 ans pour Marine Le Pen.
02:58C'est ce lien, vous verrez,
02:59c'est ce lien de confiance qui changera tout
03:01entre Marine Le Pen et les Français.
03:02Justement, au début des années 2000,
03:03c'est sur la probité,
03:04après la condamnation du maire d'Énim-Beaumont
03:06dans le Pas-de-Calais,
03:07il s'est lancé dans cette ville.
03:11Oui, oui, et que nous avons...
03:13Il n'y a pas une contradiction.
03:14Et Steve Broua et Bruno Bild
03:16gèrent cette ville avec beaucoup de détermination,
03:20d'intégrité, de probité.
03:21Ils ont été réélus.
03:22Je vous rappelle qu'Énim-Beaumont,
03:23ce sont les maires,
03:24le maire le mieux réélu de toute la France.
03:26Aucune contradiction avant Marine Le Pen,
03:28condamné deux fois,
03:29en première instance et en appel.
03:31Non, mais non, parce que dans ce cas-là...
03:33Elle va se présenter à l'élection présidentielle.
03:34Non, mais moi, je comprends votre question
03:36et sans doute,
03:37certains nombres d'auditeurs se la posent.
03:39Elle promettait l'inéligibilité à vie
03:41pour les politiques condamnées,
03:42notamment pour des tournements de politique.
03:44Oui, mais elle n'est pas condamnée définitivement.
03:46Et il faut bien comprendre que l'éthique,
03:48ça va dans les deux sens.
03:49L'éthique, c'est accepter évidemment l'état de droit,
03:52c'est accepter la justice,
03:54mais ce n'est pas accepter l'injustice.
03:56Et je suis désolé de vous le dire,
03:58Marine Le Pen, elle a mieux placé
03:59pour savoir si elle est innocente ou coupable.
04:02Elle est innocente.
04:03C'est la justice qui est la mieux placée
04:05pour savoir si les règles ont été respectées ou non.
04:07En l'occurrence, la justice dit
04:08que les règles du Parlement repéré
04:09étaient parfaitement claires.
04:11Et que le système de détournement a duré 11 ans.
04:14Monsieur Le Baron, par définition,
04:16une personne sait avant tout autre
04:17si elle est innocente ou coupable.
04:19Et la justice établit ou reconnaît ou pas
04:21votre innocence.
04:22Mais vous ne pouvez pas dire
04:23que des tiers qui ne sont pas dans la vie
04:25et la tête de Marine Le Pen
04:26savent mieux qu'elle-même sa vie.
04:27Ce serait un peu facile.
04:28Vous qui réclamez la sévérité pour les délinquants.
04:30Mais on réclame la sévérité.
04:32Ceux qui nous écoutent ce matin
04:33peuvent dire
04:33je m'estime innocent,
04:35je suis le mieux placé pour le dire.
04:36Oui, et vous avez le droit
04:37de vous défendre jusqu'au bout.
04:38Et pas au milieu du guet,
04:40pas au milieu de la procédure.
04:42Et les adversaires politiques
04:44n'ont pas à dire qu'on est coupable
04:45quand on est encore présumé innocent.
04:48Et donc Marine Le Pen s'estime innocent.
04:50Et vous faut remarquer, monsieur,
04:51de manière constante,
04:52parce que l'avantage avec Marine Le Pen,
04:53c'est qu'elle a 25 ans de vie politique.
04:55Qu'on n'a jamais accepté une justice pauvre
04:58qui n'a pas les moyens
04:59d'établir l'innocence ou de la culpabilité.
05:01On n'a jamais demandé, comment dire,
05:03la sévérité contre les moyens de la justice.
05:06On a toujours proposé,
05:07bien avant que ce soit entre guillemets à la mode,
05:09des moyens dignes pour la justice.
05:10A l'époque, c'était vu comme un état policier
05:13alors que c'est un état de droit
05:14puisque garantir les moyens de la justice
05:15pour tout le monde,
05:16pour tout le monde,
05:17qu'on soit Marine Le Pen
05:18ou qu'on ne soit pas Marine Le Pen,
05:20c'est essentiel.
05:20Se défendre jusqu'au bout pour Marine Le Pen,
05:22c'est donc aller en cassation.
05:26Si la Cour de cassation rend sa décision
05:28avant la fin de la campagne présidentielle
05:30et que le pourvoi de Marine Le Pen est rejeté
05:32et donc qu'à ce moment-là,
05:33elle est condamnée définitivement,
05:34est-ce qu'elle devra mettre fin à sa campagne
05:36et passer la main à Jordan Bardella ?
05:38Non, elle l'a dit hier,
05:39les Français seront à leur juge.
05:41Donc elle renie sa parole ?
05:43Non, parce qu'elle considère,
05:45elle respectera la décision de justice,
05:47elle se défendra devant les Françaises et les Français.
05:49Elle renie sa parole,
05:50elle a toujours plaidé pour la probité et l'exemplarité
05:52en disant encore une fois que les élus condamnés
05:54devaient être inéligibles à vie
05:57et deuxièmement,
05:58elle a de multiples reprises ces derniers mois
06:00promis qu'elle ne ferait pas campagne
06:02sous bracelet électronique.
06:02Là, il y a deux reniements.
06:03Ce n'est pas d'erroniement, M. Le Baron.
06:05Déjà, la première affaire dont vous parlez,
06:07c'était les cas d'enrichissement personnel.
06:09Je rappelle que la cour d'appel hier a rappelé
06:12qu'il n'y avait aucun enrichissement personnel.
06:14Marine Le Pen n'a pas détourné d'argent à son profit,
06:17ni directement, ni indirectement.
06:19Ce n'est pas du tout le cas d'espèce.
06:22Et sur le bracelet électronique, moi si vous voulez,
06:24je suis avec Marine Le Pen presque tous les jours.
06:26Donc je sais exactement ce qu'elle dit.
06:27La politique dit petite phrase,
06:28qui consiste à isoler des bouts de parole
06:31de ce qu'a dit Marine Le Pen ou pas,
06:33ne correspond pas à la réalité.
06:35Elle a très clairement promis, plusieurs fois,
06:37de ne pas faire campagne sous bracelet électronique.
06:39C'est-à-dire prison ferme, aménagée.
06:41Elle a dit qu'elle ne pourrait pas faire
06:43l'intégralité de cette campagne sous bracelet.
06:45On estime qu'aujourd'hui, elle ne va pas le faire
06:47et que dans tous les cas de figure judiciaire,
06:49elle n'aura pas de bracelet.
06:50Voilà, on verra bien.
06:53Le temps que la cassation, évidemment, se prononce
06:56et ensuite les délais légaux fait...
06:57Donc on en revient à cette stratégie de faire traîner, en fait.
06:59Ce n'est pas traîner.
07:00Ce n'est pas traîner.
07:01Ce n'est pas traîner.
07:02Les délais sont les mêmes si elle n'avait pas été candidate.
07:04Ça n'a rien à voir.
07:06Les délais ne sont pas aménagés.
07:07Non, mais attendez, M. le baron,
07:09excusez-moi, mais ça, je ne l'ai pas le laissé passer.
07:11Parce que là, vous êtes en train de suggérer
07:12qu'il y aurait des délais différents
07:14si Marine Le Pen avait été candidate
07:15ou si elle n'avait pas été candidate.
07:17Enfin, pas du tout.
07:18Là, on est où, là ?
07:18Non, pas du tout.
07:18La Cour de cassation a dit
07:19qu'on examinera le pouvoir en cassation
07:22en procédure à accélérer.
07:24Maître Bosslu dit non, non, ce n'est pas la peine.
07:25Donc, mais parce que c'est la procédure normale.
07:28La procédure normale.
07:28Donc, c'est dans votre intérêt
07:29que la Cour de cassation ne rende pas sa décision
07:32avant l'élection
07:33et que Marine Le Pen bénéficie
07:34de cas échéant de l'immunité présidentielle.
07:35Vous êtes en train de faire du machiavélisme.
07:39La procédure accélérée était liée au fait
07:41qu'il y avait une exécution provisoire.
07:42L'exécution provisoire faisait que Marine Le Pen
07:45subissait une peine,
07:45qu'elle a d'ailleurs subie,
07:47et ce que le juge d'appel a dit,
07:48puisque la juge a dit
07:50qu'elle avait réparé une atteinte à la probité
07:51qui, par définition,
07:52n'est pas encore définitivement prouvée.
07:54Donc, il y a déjà eu une peine.
07:56Et donc, l'accélération a été liée au fait
07:58qu'on ne pouvait pas laisser Marine Le Pen condamner
08:00alors qu'il lui restait des voies de recours.
08:01À partir du moment
08:02où il n'y a plus de condamnation
08:04exécutée provisoirement aujourd'hui,
08:06la procédure redevient normale.
08:08Donc là, on demande Marine Le Pen
08:10redevienne justiciable normale.
08:11Tout est redevenu normal.
08:13Et si vous voulez, là, j'ai l'impression
08:14que la normalité,
08:16l'exorbitance qu'il y avait,
08:18est considérée comme normale
08:19parce que c'est Marine Le Pen.
08:20Et là, on revient à la normalité
08:21et c'est scandaleux.
08:22Enfin, ce serait scandaleux
08:23pour nos adversaires.
08:24On comprend bien
08:24parce que c'est Marine Le Pen.
08:25Oui, mais c'est un peu compliqué quand même.
08:27Ça ne vous gênera pas, Jean-Philippe Tanguy,
08:28de voir Marine Le Pen
08:30définitivement condamnée
08:30et candidate à la fonction suprême
08:32si, encore une fois,
08:34son pourvoi était rejeté
08:35avant la fin de la campagne.
08:35Ça me gênerait de l'avoir
08:36définitivement condamnée, oui,
08:37mais ça ne me dérangerait pas
08:38de l'avoir candidate à la présidentielle.
08:39D'accord, on a bien compris.
08:40Est-ce que ce n'aurait pas été plus simple
08:42de passer la main à Jordan Bardella
08:43qui était prêt et préparé manifestement
08:51prêt, pas parfaitement apte ?
08:53Mais le projet que Marine Le Pen
08:56et Jordan Bardella ont conçu,
08:57c'était un binôme tous les deux
08:58face aux Français
08:59avec le projet de redressement national
09:01et capable de redresser le pays.
09:03Parce que les défis,
09:05on en parle enfin,
09:06sont tellement immenses pour le pays
09:08et les difficultés sont tellement présentes
09:09qu'ils ne sont pas trop de deux
09:12personnalités aussi fortes et solides
09:14pour relever le pays.
09:15Ça va être compliqué pour vous
09:16de faire campagne.
09:16Le débat commence.
09:17D'aller en plateau,
09:18dire qu'il faut des peines sévères
09:21contre les délinquants ?
09:22Pas du tout, c'est très simple.
09:24Tout va bien.
09:25Je n'ai pas l'impression
09:26d'être très gêné.
09:26Vous n'êtes pas gêné à l'idée
09:28de faire campagne avec une,
09:29encore une fois,
09:30candidate deux fois condamnée
09:31en première instance ?
09:32Non, mais je comprends bien
09:33que ça va être sans doute,
09:34puisqu'ils n'ont rien à proposer,
09:35rien à dire,
09:37le seul argument de nos adversaires politiques.
09:39Mais moi, je pense que les gens
09:40ne seront pas dupes
09:40et que le débat commence.
09:41Vous savez, ça fait 12 ans
09:42qu'on vit avec cette procédure,
09:45qu'on a gagné un certain nombre
09:47d'élections,
09:47que Marine Le Pen a remporté
09:49un certain nombre de débats politiques,
09:51de lignes idéologiques.
09:52On le voit aujourd'hui
09:52sur l'écologie,
09:54la lutte contre le réchauffement climatique
09:55et l'adaptation
09:56au changement climatique,
09:58malheureusement.
09:59Une fois de plus,
10:00même sur ce sujet,
10:00nous gagnons un certain nombre
10:01de batailles idéologiques,
10:02puisque garantir la qualité de vie
10:05et le bonheur des gens
10:07face au réchauffement climatique
10:08n'empêche pas
10:08la lutte contre le réchauffement climatique.
10:10Donc, ces batailles idéologiques,
10:11elles ont été menées,
10:12elles sont gagnées.
10:13Et je mets au défi
10:15nos adversaires,
10:16et je salue l'entrée,
10:16Gabriel Attal,
10:17qui sera un adversaire éminent
10:19parmi d'autres,
10:20de venir nous chercher
10:21sur le fond
10:21et pas sur les bas fonds.
10:23Merci beaucoup,
10:23Jean-Philippe Tanguy,
10:25député à l'Assemblée nationale
10:26de la Somme,
10:26président délégué
10:27du groupe RN
10:28à l'Assemblée.
10:30Bonne journée à vous également
10:31et j'accueille justement
10:33Gabriel Attal,
10:33en effet,
10:34qui nous a rejoint
10:34dans ce studio.
10:35Bonjour,
10:36ancien Premier ministre
10:38et candidat
10:39à l'élection présidentielle,
10:41député Renaissance
10:41des Hauts-de-Seine.
10:42La justice a-t-elle raison,
10:43selon vous,
10:44Gabriel Attal,
10:44de laisser aux électeurs
10:46leur liberté de choix ?
10:47Moi, ce que je vois,
10:48c'est qu'on a
10:48une responsable politique
10:49de premier plan
10:50qui a été condamnée
10:51à deux reprises
10:53pour détournement
10:54de fonds publics
10:55à la prison ferme
10:57et qui se lance
10:58dans une forme
10:58de guérilla judiciaire
11:01pour amener
11:02une candidature
11:03à l'élection présidentielle.
11:04Elle utilise
11:05des voies de recours
11:06auxquelles on doit
11:07tous les justiciables.
11:08On entend aujourd'hui
11:08des déclarations
11:09pour essayer
11:10de faire pression
11:11sur la Cour de cassation
11:12pour que la décision
11:13en cassation
11:14ne soit pas rendue
11:15avant l'élection présidentielle.
11:16Vous savez, moi,
11:16en écoutant
11:17Mme Le Pen hier,
11:19je me suis dit
11:20que c'était
11:20les mêmes réflexes,
11:22la même rhétorique
11:22qu'aurait Donald Trump.
11:24Voilà, c'est ça
11:25ce à quoi on est en train
11:25d'assister en France
11:26aujourd'hui.
11:27Simplement sur la question,
11:28est-ce que c'est aux électeurs
11:29de trancher ?
11:30De facto,
11:31les électeurs
11:32devront trancher
11:32si Mme Le Pen
11:33peut être candidate.
11:34Mais ça vous aurait gêné
11:35qu'elle ne puisse pas
11:36être candidate ?
11:36Moi, je n'ai pas à faire
11:37de déclaration là-dessus,
11:38je n'ai pas à faire
11:38de jugement
11:39sur une décision judiciaire.
11:41Ce que je constate,
11:41encore une fois,
11:42c'est qu'on a
11:42une responsable politique
11:44condamnée deux fois
11:45pour détournement
11:45de fonds publics
11:46qui engage une forme
11:47de guérilla judiciaire
11:49et juridique
11:49pour se présenter,
11:50qui prend par la même
11:51en plus en otage
11:52toute la campagne présidentielle.
11:54Parce qu'on comprend bien
11:55là que d'ici le mois de mars,
11:57tout peut encore changer
11:57dans cette campagne présidentielle.
11:59Sa candidature ne tient
11:59qu'à un fil judiciaire
12:01et on a vu hier
12:02dans son intervention
12:03que c'était davantage
12:04une chronique judiciaire
12:06qu'une campagne présidentielle.
12:07Vous vous rendez compte
12:08quand vous aspirez
12:09à être président de la République,
12:11vous aspirez donc
12:11à être celui ou celle
12:12qui garantit aux Français
12:13que la loi va être respectée,
12:15que les règles vont être respectées.
12:17Quel message vous envoyez ?
12:18Si on parle de la loi
12:19et des règles,
12:19pourquoi n'aurait-elle pas le droit
12:21de les utiliser
12:22et d'aller en cassation
12:23comme on doit encore une fois
12:24de faire tous les justiciables ?
12:25Vous avez tout à fait décidé
12:26d'aller en cassation
12:27mais vous voyez bien
12:27qu'aujourd'hui,
12:28il y a une forme de pression
12:29qui est mise dans les déclarations
12:30pour empêcher la Cour de cassation
12:31de rendre sa décision de cassation
12:34avant l'élection présidentielle.
12:35C'était ça qui transparaissait hier
12:37du discours de Mme Le Pen sur TF1.
12:39C'est ce qu'on entend aujourd'hui
12:40chez ses soutiens,
12:41chez son avocat.
12:41Enfin, on est en train
12:42de s'habituer en France quand même
12:44à des choses auxquelles
12:44on ne devrait pas s'habituer.
12:46Il faut un sursaut
12:46de tous les démocrates,
12:47de tous ceux qui sont attachés
12:48à la probité.
12:50Dans n'importe quel autre
12:51pays européen,
12:52ce type de comportement
12:53déclencherait un tollé général.
12:55Moi, j'appartiens
12:55à une nouvelle génération
12:56pour qui les questions
12:58et les valeurs
12:58de probité, d'exemplarité,
13:00ça veut dire quelque chose.
13:01Face encore une fois
13:02à des réflexes du passé
13:04de ceux qui cherchent
13:05à se maintenir coûte que coûte,
13:06qui connexionnent les condamnations
13:08comme des médailles
13:09et qui expliquent aux Français
13:09que ce serait presque une fierté.
13:11Vous réclamez, vous aussi,
13:13ce sera peut-être
13:13dans votre programme présidentiel,
13:15comme le faisait Marine Le Pen,
13:17l'inéligibilité à vie
13:19pour les politiques,
13:20les responsables politiques
13:21condamnés pour corruption,
13:22favoritisme ou en l'occurrence
13:23détournement de fonds publics.
13:24Je m'étais engagé
13:24comme les autres députés
13:26en 2017
13:26à ce qu'il puisse y avoir
13:27un casier judiciaire vierge
13:28pour se présenter
13:29à une élection,
13:30à toute élection d'ailleurs.
13:32Il y avait eu
13:32un enjeu constitutionnel
13:33donc la mesure
13:34avait dû être adaptée.
13:35Mais vous savez,
13:36après, je crois que c'est aussi
13:37ça renvoie à la décision
13:39et à la conception
13:39que chacun se fait
13:40de l'état de droit
13:41et de la probité.
13:42Et encore une fois,
13:43quand vous aspirez
13:44à être celui ou celle
13:45qui explique aux Français
13:46qu'il faut respecter la loi,
13:47aux délinquants
13:48qu'il faut être sanctionné,
13:48quand vous avez par ailleurs
13:49passé l'essentiel
13:50de votre carrière politique
13:51à expliquer que c'était
13:52le tous pourri
13:53et qu'on ne pouvait pas
13:54être candidat à une élection
13:55quand on avait été condamné
13:56notamment pour détournement
13:57de fonds publics,
13:59objectivement,
13:59vous mettez à mal
14:00un certain nombre de principes.
14:01Vous avez appartenu
14:01à presque tous les gouvernements
14:03jusqu'à un certain temps
14:04d'Emmanuel Macron.
14:05Vous en avez été
14:06jusqu'en 2024,
14:07la dissolution.
14:07Vous en avez été
14:08vous-même le Premier ministre.
14:10Il avait promis
14:10la République exemplaire
14:11en 2017.
14:12Est-ce qu'on a progressé là-dessus ?
14:13Écoutez, moi, en tout cas,
14:15je ne vois pas de candidat
14:16dans notre espace politique,
14:18candidat à une élection
14:19présidentielle
14:20alors même qu'il aurait été
14:21condamné pour détournement
14:21de fonds publics.
14:22Après, vous pouvez prendre
14:23situation après situation.
14:25C'est en tout cas
14:25la conception que j'ai de la politique
14:27et c'est moi ce que je défends
14:28en termes de valeur.
14:29Si vous êtes élu président
14:29de la République,
14:30vous ne soutiendrez pas,
14:31contrairement à ce qu'a fait
14:32Emmanuel Macron,
14:33vos ministres ou vos collaborateurs
14:34mis en examen, par exemple ?
14:35Non, encore une fois,
14:36je pense qu'il y a un enjeu
14:38de faire respecter
14:39un certain nombre de règles
14:40et de principes et de valeurs.
14:41Vous vous ayez engagé,
14:42par exemple, ce matin ?
14:43Si un collaborateur,
14:45un ministre est mis en examen,
14:46je m'en séparerais ?
14:46Je suis en train de vous dire
14:47que je crois
14:48à un certain nombre de valeurs,
14:49notamment l'exemplarité
14:50et la probité.
14:51Et donc, évidemment,
14:52ça doit s'appliquer
14:52en toutes circonstances.
14:53On va être honnête,
14:54Gabriel Attal,
14:55ce matin,
14:56ce scénario
14:57qui est un peu
14:58la troisième voie.
14:59On était jusqu'à présent
15:00sur Marine Le Pen
15:02relaxée
15:02et donc candidate
15:03ou condamnée
15:04et Jordan Bardella
15:05candidat.
15:06Là, c'est un scénario
15:07intermédiaire
15:07qui vous arrange ?
15:08Non, je ne dirais pas ça.
15:10Vous savez,
15:12je crois qu'on ne peut pas dire
15:14que ça nous arrange
15:15ou que ça arrange
15:16qui que ce soit
15:16de voir
15:18un tel affaiblissement
15:19de la fonction présidentielle
15:20et une telle prise en otage
15:22de la campagne présidentielle.
15:23Moi, je préférerais
15:24qu'on parle de fond,
15:24qu'on parle de projet,
15:26de vision
15:27et quelque part,
15:28ça arrange aussi
15:28le Rassemblement national,
15:29cette situation
15:30puisque ça évite
15:30d'avoir à parler
15:31du fond de leur programme.
15:32Ça évite d'avoir à rappeler
15:33que dans leur projet,
15:34ils l'ont encore montré
15:35à l'Assemblée
15:35il y a quelques mois,
15:36ils proposent de taxer
15:37l'épargne des Français
15:38pour financer la retraite
15:39à 60 ans,
15:40qu'ils proposent
15:41une régression climatique
15:42en mettant fin
15:43aux énergies renouvelables
15:44en France,
15:45à un moment où on vit
15:46une des pires canicules
15:47de notre histoire,
15:48qu'ils proposent
15:48de mettre fin
15:49quelque part
15:49à l'Union européenne
15:50à un moment
15:51où on fait face
15:51à la compétition
15:52et à la concurrence
15:53avec les Etats-Unis
15:53et à la Chine
15:54et que par ailleurs,
15:56ils sont soumis
15:56à tous les autocrates,
15:58à tous les Trumps
15:59de la planète.
16:00Vous irez sur le fond
16:01contre le Rassemblement national ?
16:02Bien sûr.
16:02Vous vous contenterez
16:02de rappeler cette condamnation
16:04en appel pour l'instant ?
16:05Moi, je me suis engagé
16:06et c'est aussi
16:07l'un des moteurs
16:08de mon engagement politique
16:09contre l'extrême droite.
16:10Et en 2024,
16:12au moment de la dissolution,
16:13je vous rappelle
16:13que tous les sondages,
16:15tous les observateurs
16:16expliquaient que
16:16le Rassemblement national
16:17allait avoir une majorité
16:18et que Jordan Bardella
16:21gagne un peu seul d'ailleurs
16:22au niveau national
16:22et on a réussi
16:23à les empêcher de gagner
16:24de la même manière
16:25qu'on a empêché de gagner
16:26la France insoumise
16:27de Jean-Luc Mélenchon.
16:28Donc évidemment
16:28que je vais continuer.
16:29Maintenant, je le dis,
16:30je pense qu'il faut
16:31le faire différemment.
16:32On ne peut pas être
16:33uniquement contre les extrêmes.
16:34Il faut aussi porter
16:35un projet positif,
16:36optimiste, constructif
16:37pour le pays.
16:38C'est ce que je fais,
16:39c'est ce que je porte.
16:40Je pense qu'on peut
16:41redevenir la première puissance
16:43d'Europe en dix ans.
16:44Pour ça, on doit réussir
16:45sur quatre chantiers capitaux,
16:46école, salaire, frontière,
16:48IA et résorber deux dettes,
16:50la dette publique
16:51et la dette climatique.
16:52Marine Le Pen en sera
16:53à sa quatrième candidature.
16:55Ce sera évidemment
16:56la première pour vous.
16:57Vous êtes jeune,
16:57Gabrielle Attal.
16:58On parle beaucoup
16:58de la jeunesse
16:59de Jordan Bardella
17:00comme un handicap.
17:02Est-ce qu'elle le sera pour vous ?
17:03Est-ce que Marine Le Pen
17:04est une candidate plus redoutable
17:05pour vous que Jordan Bardella ?
17:06D'abord, comme Jordan Bardella,
17:08elle n'a jamais rien géré.
17:09Elle n'a jamais été
17:10ni à la tête d'un ministère,
17:12ni à la tête d'une administration,
17:13ni à la tête d'un exécutif local.
17:16Ensuite, encore une fois,
17:17c'est quelque part
17:18les mêmes racines
17:20et le même projet.
17:21Un projet de régression
17:21pour le pays.
17:22Je viens de vous le dire,
17:23vous donnez des exemples.
17:24La régression sociale,
17:25la régression climatique,
17:27la régression de la place
17:28de la France en Europe
17:29et dans le monde.
17:30Et c'est un projet
17:30évidemment que je combattrai,
17:31mais encore une fois,
17:32que je combattrai aussi
17:33en mettant en avant
17:34ce que nous,
17:34nous voulons porter pour le pays.
17:36Et quelque part,
17:37le Rassemblement National,
17:38les extrêmes,
17:40prospèrent
17:41sur un système politique,
17:43institutionnel, économique
17:43qui est à bout de souffle.
17:44Ils prospèrent
17:45sur les ruines de ce système.
17:46Et moi,
17:46j'assume de vouloir le changer.
17:48C'est le sens de ma démarche,
17:49c'est le sens de mon projet.
17:50Il reste pour l'instant
17:52favori.
17:52On verra
17:53si cette condamnation
17:54en appel
17:54y change quelque chose.
17:55Mais manifestement,
17:56dans les études d'opinion,
17:58les électeurs
17:59ne semblent pas
18:01définir leur vote
18:02en fonction
18:02de ces affaires judiciaires.
18:04Et dans votre famille politique,
18:06la droite et le centre,
18:07c'est la cacophonie
18:08avec plusieurs ministres
18:09ou anciens ministres
18:09d'Emmanuel Macron,
18:10candidats ou candidats potentiels,
18:11même deux premiers ministres,
18:13Edouard Philippe et vous.
18:14Est-ce que vous ne dites pas
18:15qu'il y a une opportunité
18:16de battre le Rassemblement national ?
18:18C'est l'heure de se rassembler ?
18:19Trois choses.
18:19D'abord,
18:20on entend depuis plusieurs jours,
18:22plusieurs semaines,
18:22plusieurs mois,
18:23du fait de ce qui se passe
18:24au Rassemblement national,
18:25parler que de tambouilles,
18:27de questions d'appareils,
18:28de qui va être candidat
18:29pour le RN,
18:29de chronique judiciaire.
18:31Moi, je pense qu'il y a
18:31urgence à revenir
18:32sur un débat de fonds
18:33et avoir une vraie campagne de fonds.
18:34Il faut une vraie campagne présidentielle,
18:36la campagne que la France
18:37et les Français méritent.
18:38Ensuite,
18:38je vous ai dit tout à l'heure,
18:40le sens de mon engagement,
18:41c'est évidemment
18:42de m'opposer aux extrêmes
18:43et d'empêcher
18:44que la France insoumise
18:45ou le RN
18:45puissent prendre le pouvoir.
18:46Mais vous ne gagnerez pas
18:47avec une multiplication de candidats.
18:48Donc évidemment
18:49qu'il faudra à terme
18:50un rassemblement
18:51de ceux qui partagent
18:52les mêmes valeurs
18:53et qui sont sur le même espace politique.
18:54Mais d'ici là,
18:55il faut une vraie campagne
18:56pour les Français.
18:57Moi, ma vision,
18:58elle est claire.
18:59Je veux qu'on puisse dire aux Français,
19:00leur garantir
19:01que leurs enfants,
19:02leurs petits-enfants
19:02pourront avoir
19:03une meilleure vie que la leur.
19:04Ce qui est pour moi aujourd'hui
19:05le grand doute que je sens
19:07quand je me déplace sur le terrain
19:08et que j'échange avec les Français.
19:09Je crois que pour la première fois
19:10dans notre histoire,
19:11vous avez des Français
19:12qui doutent
19:12de la capacité de la France
19:14à leur assurer
19:14que leurs enfants,
19:16leurs petits-enfants
19:16auront une meilleure vie
19:17que la leur.
19:18Et pour moi,
19:18si on veut y arriver,
19:20si on veut renouer
19:20avec cette promesse,
19:21il faut se fixer un cap,
19:23devenir la première puissance
19:24d'Europe en dix ans.
19:25Quatre chantiers capitaux,
19:26école, salaire, frontière,
19:28IA,
19:29deux dettes à résorber,
19:30la dette publique
19:30et la dette climatique,
19:31c'est possible.
19:32Merci beaucoup Gabriel Attal,
19:34candidat à la présidentielle
19:36et député renaissance
19:38des Hauts-de-Seine.
19:39En attendant,
19:40Manuel Bompard.
19:41Le 6-9
19:45sur France Inter.
19:47Une matinale spéciale,
19:49vous le savez,
19:49un peu bousculée aussi
19:50en raison de cette actualité
19:52politique et judiciaire.
19:53Donc Marine Le Pen,
19:54condamnée et candidate
19:55à l'élection présidentielle.
19:57Bonjour Manuel Bompard.
19:58Bonjour.
19:58Merci de nous avoir rejoint.
20:00Merci à vous.
20:00Vous êtes député LFI
20:01des Bouches-du-Rhône,
20:02coordinateur national
20:02de la France Insoumise.
20:04Même question que je posais
20:05à Gabriel Attal
20:05tout à l'heure.
20:06Est-ce que la justice a raison
20:07de laisser aux électeurs
20:08la liberté de trancher
20:10en permettant à Marine Le Pen
20:11de facto de se présenter ?
20:13Par définition,
20:13la décision de la justice
20:15s'impose à tous.
20:16On peut avoir évidemment
20:17une appréciation personnelle
20:18sur le sujet.
20:19Et la vôtre donc,
20:20est-ce que ça vous aurait gêné
20:21qu'elle soit empêchée
20:22par une peine d'inéligibilité ?
20:23Nous en fait,
20:24vous savez,
20:25on a été très clair
20:25au moment du jugement
20:27en première instance.
20:28Nous avons dit
20:28qu'il nous semblait
20:29qu'une peine aussi grave
20:30que l'inéligibilité
20:31devait nécessiter
20:33qu'il y ait une possibilité
20:34de voie de recours.
20:35En vérité,
20:35cette voie de recours
20:36a existé
20:37puisque c'est la décision
20:39en appel qui a été prise.
20:40Et je me rappelle
20:41qu'à l'époque,
20:42le Rassemblement National
20:43disait ou dénonçait
20:44un système
20:46qui voulait l'empêcher
20:47de se présenter
20:48à l'élection présidentielle.
20:49Bon, la preuve est faite
20:50désormais
20:50que le Rassemblement National
20:52mentait,
20:53remettait en cause
20:53et affrontait la justice
20:55uniquement pour ses propres intérêts.
20:57Ce qu'il faut dire désormais,
20:58c'est qu'à deux reprises maintenant,
21:00le Rassemblement National
21:01a d'abord été condamné,
21:02il faut le rappeler,
21:03condamné pour des faits
21:04qui sont des faits extrêmement graves.
21:05On parle de détournement
21:06de fonds publics
21:07pour un préjudice
21:08qui est estimé
21:08selon le tribunal
21:10en décision en appel
21:11à 3 millions d'euros.
21:12C'est une peine
21:13et une condamnation
21:14qui est une condamnation
21:14extrêmement grave.
21:15Ensuite, la justice
21:16a considéré
21:17que Mme Le Pen
21:18devait avoir légalement
21:19la possibilité
21:20de se présenter
21:21à l'élection présidentielle.
21:22Ceci étant dit,
21:23je veux noter
21:23que non seulement
21:24ils ont été condamnés
21:25mais en plus
21:26Mme Le Pen revient
21:27sur sa parole
21:27puisqu'elle avait indiqué
21:28qu'en gros
21:29elle ne miserait pas
21:30sur la cassation
21:31pour qu'elle en a le droit
21:33d'un point de vue judiciaire.
21:35Mais je crois
21:35que ça en dit long
21:36sur le fait
21:37qu'il ne faut pas croire
21:38ce que dit Marine Le Pen
21:40puisqu'elle dit les choses
21:41et ensuite
21:41elle fait l'inverse.
21:42Et à l'aube
21:43d'une campagne électorale
21:44c'est important
21:45de savoir
21:45qu'on ne peut pas
21:45compter sur quelqu'un
21:46et que quand il dit
21:47quelque chose
21:47on ne peut pas lui faire confiance.
21:48Est-ce que cette condamnation
21:50en première instance
21:51est en appel ?
21:52Il y a bien sûr
21:52le pourvoi en cassation
21:54donc mais est-ce que
21:55ce sera votre principal
21:56angle d'attaque
21:57contre le Rassemblement national
21:58principal angle d'attaque
22:00ou non ?
22:00Il y a beaucoup de choses
22:01à dire vous savez
22:01malheureusement
22:02on ne va pas manquer
22:03d'angle d'attaque
22:04sur le programme
22:05dangereux
22:06injuste
22:07inefficace
22:07que le Rassemblement national
22:09va proposer au pays
22:11mais évidemment
22:12on ne peut pas
22:13ne pas souligner
22:14la contradiction absolue
22:16entre les propos
22:17de Mme Le Pen
22:18et du Rassemblement national
22:18sur la justice
22:19disant que la justice
22:21était trop laxiste
22:22qu'on ne sanctionnait pas
22:22suffisamment les délinquants
22:23et la manière
22:24avec laquelle elle
22:25elle essaye
22:26de se soustraire
22:26à une décision de justice.
22:27Sauf qu'encore une fois
22:28il n'y a jusqu'à présent
22:30en tout cas
22:30aucun effet
22:31de ces affaires
22:32sur les intentions de vote
22:34des électeurs
22:34du Rassemblement national
22:35qui reste de loin
22:37dans les sondages
22:37le premier parti de France
22:39et qu'il n'y a
22:39dans ces enquêtes d'opinion
22:41aucun scénario
22:42qui donne
22:43Jean-Luc Mélenchon
22:44vainqueur face au RN
22:45pourquoi ça changerait
22:46maintenant d'après vous ?
22:47D'abord parce que
22:47vous savez
22:48en 2022
22:49à la dernière élection présidentielle
22:51si vous preniez les sondages
22:53un an
22:54avant la date
22:54de l'élection présidentielle
22:55il y avait 20 points d'écart
22:57entre Jean-Luc Mélenchon
22:58et Marine Le Pen
22:59à l'époque
22:59en gros
23:00Jean-Luc Mélenchon
23:00était sondé autour
23:01de 8, 9, 10%
23:02Madame Le Pen
23:0331, 32%
23:04ça faisait 20 points d'écart
23:05le soir du vote
23:06à l'élection présidentielle
23:08de 2022
23:08il y avait 1 point d'écart
23:09Jean-Luc Mélenchon
23:10a fait 22%
23:11Madame Le Pen
23:11a fait 23%
23:12qu'est-ce que ça dit ?
23:13ça dit que
23:14précisément
23:14une campagne électorale
23:15ça permet de faire bouger
23:16les lignes
23:17et donc moi
23:17je vais dire à tous les gens
23:18qui nous écoutent
23:18qui sont inquiets
23:20parce qu'on peut légitimement
23:21et je le comprends
23:22et je le partage
23:23cette inquiétude
23:24qui sont inquiets
23:25d'une possibilité
23:26de l'arrivée au pouvoir
23:26de l'extrême droite
23:27je leur dis aujourd'hui
23:28il faut rentrer dans la campagne
23:29et il y a une candidature
23:30aujourd'hui qui est en capacité
23:31non seulement de tourner
23:32la page de la Macronie
23:32mais de battre l'extrême droite
23:34et d'ouvrir une nouvelle page
23:35de l'histoire de France
23:35c'est la candidature
23:36Jean-Luc Mélenchon
23:36venez nous rejoindre
23:37signé sur
23:38Mélenchon 2027.fr
23:39venez participer à la campagne
23:40c'est comme ça qu'on peut voir
23:40Il y a beaucoup de gens
23:41qui sont inquiets aussi
23:42de la candidature
23:43de Jean-Luc Mélenchon
23:44qui a l'habitude
23:45de changer de ton
23:46de se faire plus doux
23:49à l'approche
23:49des campagnes présidentielles
23:51ce sera encore le cas
23:52après le brouillet la fureur
23:53si vous connaissez des gens
23:54qui sont inquiets
23:55peut-être que
23:56vous en connaissez
23:57moi je leur dis juste une chose
23:59consultez nos propositions
24:01notre programme
24:03regardez le travail
24:04qui a été fait
24:04autour de ce programme
24:05regardez la dynamique
24:06qu'il y a autour
24:07de la campagne
24:08de Jean-Luc Mélenchon
24:08comme on l'a vu
24:09lors du meeting
24:09que nous avons organisé
24:10à Saint-Nic
24:11qui sera de loin
24:13et à lui seul
24:14le meeting qu'on aura réuni
24:14le plus de gens
24:15que tous les meetings
24:16de tous les autres
24:16candidats confondus
24:18lisez nos propositions
24:19notre programme
24:19il n'y a pas de raison
24:20d'être inquiet
24:20il y a plutôt
24:21des raisons d'espoir
24:22dans ce programme
24:23et que si on se mobilise tous
24:24on peut l'amener au pouvoir
24:25Vous dites que l'écart
24:26peut se resserrer
24:27lors de la campagne
24:28et évidemment
24:28il peut se resserrer
24:29mais nous pouvons l'abattre
24:30c'est l'objectif
24:30peut se passer
24:31dans les campagnes présidentielles
24:32sauf que cet écart
24:34ne se resserre pas
24:35pour l'instant
24:35alors que Marine Le Pen
24:36est empêtré dans ses affaires
24:37depuis un bon moment
24:38est-ce que votre stratégie
24:40est la bonne en conséquence ?
24:42Je ne sais pas pourquoi
24:42vous dites que l'écart
24:44ne se resserre pas
24:45puisque si on en croit
24:46les sondages
24:47qui sont souvent
24:48l'instrument utilisé
24:50pour commenter
24:50les dynamiques
24:51des campagnes électorales
24:52Jean-Luc Mélenchon
24:53était encore
24:53il y a quelques mois
24:54annoncé autour de 10%
24:55les dernières vagues
24:56de sondages
24:57après l'annonce
24:58de sa candidature
24:59l'ont plutôt amené
25:00autour de 15%
25:00donc on est plutôt
25:01dans une dynamique
25:02de progression
25:03après vous avez raison
25:03ce n'est pas suffisant
25:04aujourd'hui
25:05selon les sondages
25:05pour battre
25:06le Rassemblement National
25:07et c'est la raison
25:08pour laquelle
25:08j'appelle tout le monde
25:09à agir
25:10parce que quand on est inquiet
25:11on ne peut pas seulement
25:12en quelque sorte
25:12se dire
25:13oh là là
25:13qu'est-ce qui va se passer
25:14il faut venir prendre sa part
25:15dans cette bataille
25:16et c'est une bataille
25:17de conviction
25:18qu'il faut engager
25:18et moi vous savez
25:19je crois toujours
25:20à l'intelligence
25:20du peuple français
25:21et quand on fait
25:22une campagne
25:23sur un programme
25:23quand on démontre
25:24que les propositions
25:25qu'on propose
25:26elles sont indispensables
25:26d'un point de vue social
25:27d'un point de vue économique
25:28d'un point de vue écologique
25:29vous avez vu
25:29dans quel moment
25:31dans la succession
25:32des événements climatiques
25:33extrêmes on est
25:34à un moment
25:35on ne va pas laisser au pouvoir
25:36les climato-sceptiques
25:37du Rassemblement National
25:38ou les incapables d'agir
25:40de la Macronie
25:40qui depuis 10 ans
25:41n'ont rien fait
25:42pour nous préparer
25:42au changement climatique
25:43il faut par exemple
25:44sur ce sujet
25:44des gens qui vont faire
25:45la bifurcation écologique
25:47aujourd'hui indispensable
25:47La France Insoumise aussi
25:49était visée par une enquête
25:50pour des soupçons
25:51de détournement de fonds publics
25:52au Parlement européen
25:53il se trouve que la justice
25:54vient de décider
25:56tout récemment
25:57de ne pas mettre
25:57Jean-Luc Mélenchon
25:58en examen
25:58Personne n'a été mis en examen
25:59Marine Le Pen
26:01s'est plainte hier
26:01d'un deux poids deux mesures
26:03qu'est-ce que vous lui répondez ?
26:04D'abord ce qu'il faut savoir
26:05c'est que si la France Insoumise
26:06a fait l'obligé d'une enquête
26:08c'est parce qu'une
26:09eurodéputée collègue
26:10de Madame Le Pen
26:11a essayé de nous dénoncer
26:14de manière palacieuse
26:15puisque la justice
26:17disant que tout le monde
26:18faisait pareil
26:19c'est la preuve que non
26:20puisque en l'occurrence
26:22la justice a dit
26:23en ce qui concerne
26:24Jean-Luc Mélenchon
26:25et ses assistants parlementaires
26:26la justice a dit
26:28qu'elle ne clôturait l'enquête
26:29et qu'elle ne mettait
26:30personne en examen
26:31en gros qu'il n'y avait pas
26:32matière à mettre
26:33qui que ce soit en examen
26:34et donc Madame Le Pen
26:35a quelque chose
26:36qu'elle a du mal à comprendre
26:37c'est pas parce qu'on a
26:39tous des assistants parlementaires
26:41au Parlement européen
26:42quand on est député européen
26:43qu'on fait tous
26:43la même chose avec
26:44et la seule
26:45qui a fait travailler
26:46ses assistants parlementaires
26:47européens
26:48pour son parti national
26:49qui l'a fait travailler
26:50comme garde du corps
26:51par exemple
26:51pour prendre cet exemple-là
26:53pardon mais c'est Madame Le Pen
26:54c'est la seule
26:54donc si Madame Le Pen
26:55se plaint
26:56elle devrait plutôt
26:57se poser la question
26:58de savoir pourquoi
26:58elle est condamnée
26:59des erreurs qu'elle a commises
27:00et que d'ailleurs
27:01j'ai entendu l'avocat
27:02du Rassemblement National
27:03ce matin sur votre antenne
27:05manifestement
27:05elle ne nie quasiment plus
27:06aujourd'hui
27:07ils en sont arrivés
27:07à un tel point
27:09que leur seul espoir
27:10c'est que
27:11ce qu'ils priaient
27:11pour que ça ait lieu avant
27:13c'est-à-dire que la cassation
27:14ait lieu avant l'élection présidentielle
27:15maintenant ils veulent
27:16qu'elle ait lieu après
27:17pour être protégé
27:18par l'immunité présidentielle
27:19c'est quand même extraordinaire
27:20c'est-à-dire qu'on a plutôt
27:22l'habitude en France
27:22d'avoir des candidats
27:24présidents de la République
27:25qui sont condamnés
27:25après leur mandat
27:27Madame Le Pen
27:28invente la candidate
27:29qui veut être président
27:29de la République
27:30en ayant été condamnée
27:31avant
27:31quand même assez extraordinaire
27:32elle fait une erreur
27:33selon vous
27:34en se présentant
27:35coûte que coûte
27:35au lieu de laisser la place
27:36à Jordan Bardella
27:38écoutez franchement
27:39l'un ou l'autre
27:39c'est ses affaires
27:40mais ça démontre manifestement
27:42qu'elle n'a absolument
27:43pas confiance
27:44en M. Bardella
27:45et en sa capacité
27:46à être président de la République
27:47manifestement
27:48et de ce point de vue-là
27:49c'est le seul point
27:50sur lequel elle a raison
27:51M. Bardella
27:51et absolument
27:52et a fait la démonstration
27:53ces dernières semaines
27:54qu'il était absolument
27:55dans l'incapacité
27:56de diriger ce pays
27:57mais là où Madame Le Pen
27:58me paraît irresponsable
27:59c'est qu'elle fait peser
28:00sur toute l'élection présidentielle
28:02une épée de Damoclès
28:02puisque normalement
28:04le jugement en cassation
28:05devrait avoir lieu
28:06avant le premier tour
28:07de l'élection présidentielle
28:08et comme Madame Le Pen
28:09a dit qu'il n'était pas question
28:09pour elle
28:10de faire campagne
28:11avec un bracelet électronique
28:12si le jugement en cassation
28:14a lieu avant le premier tour
28:15de l'élection présidentielle
28:15et qui confirme
28:17d'appel
28:18alors Madame Le Pen
28:19devra faire campagne
28:20avec un bracelet électronique
28:21à la cheville
28:22et donc elle aura menti
28:23et donc non seulement
28:24le Rassemblement National
28:25le vole
28:25mais en plus il ment
28:27Dernière chose
28:27Manuel Bompard
28:28en quelques secondes
28:29une mesure que vous proposerez
28:30pour moraliser la vie publique
28:32Par exemple
28:34il y a aujourd'hui
28:35il y en a plein
28:36mais là vous me prenez
28:37un peu de cours
28:38mais par exemple
28:38il y a une proposition de loi
28:40qui a été déposée
28:40il y a de nombreuses années
28:41qui est au Sénat
28:42aujourd'hui bloquée au Sénat
28:43sur l'interdiction
28:45du recours au cabinet de conseil
28:46pour prendre cet exemple-là
28:47l'interdiction du pantouflage
28:49c'est-à-dire que quand on a
28:50travaillé dans des institutions publiques
28:51on va se retrouver immédiatement
28:53le lendemain
28:53dans des grands groupes privés
28:54qui profitent du carnet d'adresses
28:57Inéligibilité à vie ?
28:58C'est ce que présentait Marine Le Pen ?
29:00Je vais vous dire
29:01ça dépend quel type de délit
29:02Madame Le Pen
29:03elle le défendait
29:03manifestement
29:04elle ne l'applique pas
29:04mais je vous dis
29:05ça dépend quel type de délit
29:06je vais juste vous donner un exemple
29:07quand quelqu'un a été condamné
29:09parce qu'il a fauché des OGM
29:10moi je pense qu'il a raison
29:11et je ne veux pas
29:12qu'il soit inéligible
29:13pour cette raison
29:14donc vous voyez
29:14mais sur des délits
29:15qui sont des délits financiers
29:16de corruption
29:17de détournement de fonds
29:18Programme encore à préciser
29:19côté LFI
29:20sur ce point
29:21A l'automne
29:22notre programme sortira
29:23vous verrez
29:23il est déjà très complet
29:25sur ces sujets-là
29:25Manuel Bompard
29:26député
29:26LFI des Bouches du Rhône
29:27coordinateur national
29:28de la France Insoumise
29:29merci beaucoup
29:29Le journal de 9h dans 3 minutes