00:00Et c'est Philippe Ouletti qui nous a rejoint. Bonjour Philippe, directeur général de Truffle Capital.
00:04Pour ceux qui ne vous connaissent pas, qui n'écoutent pas BFM Business au quotidien,
00:08je rappelle que vous êtes aussi à l'origine de Carmat d'Abivax.
00:10Ce matin on va parler de Carvolix, on a beaucoup parlé des deux autres ces derniers temps.
00:14Carvolix, cinquième métèque mondiale interventionnelle, c'est la seule française dans le top 10.
00:19C'est-à-dire qu'on est au...
00:20Vous me permettez un cocorico sur Abivax, qui a levé 900 millions de dollars la semaine dernière
00:27et qui a une capitalisation de 11 milliards de dollars,
00:30qui est la première société européenne, troisième mondiale,
00:34tout secteur technologique confondu, pour les stades non commerciaux.
00:38On est content.
00:39On en a largement parlé la semaine dernière.
00:41Mais on va parler de Carvolix.
00:42Oui, puisque si je vous pose des questions sur Abivax, vous n'allez pas me répondre.
00:45Si je vous demande si Elay-Lili va racheter, c'est pour ça.
00:49Alors que sur Carvolix, vous allez peut-être me répondre.
00:52Donc c'est sûr, Carvolix, vous travaillez sur le traitement des AVC,
00:55une méthode révolutionnaire.
00:57Vous allez nous expliquer dans un instant ce que c'est.
01:00Je disais stade pré-commercial, c'est important.
01:02C'est-à-dire que là, on est juste avant...
01:05On fait un lancement aux États-Unis du premier produit pour les valves cardiaques en ce moment.
01:09Et effectivement, Carvolix, qu'on a construit comme on a construit Abivax,
01:13en business builders, en combinant trois de nos sociétés
01:17où on était actionnaires majoritaires.
01:18Et Carvolix, donc là, la capitalisation à Poisine, les 300 millions,
01:24est la première européenne, cinquième mondiale, seule française dans les top 10.
01:28Top 10 dominée par les Américains, une Chinoise, une Britannique.
01:32Et donc, on va essayer de faire de Carvolix un leader mondial
01:36dans les dispositifs médicaux pour la cardiologie interventionnelle
01:40et pour traiter les accidents vasculaires cérébraux
01:43et de garder cette société indépendante,
01:45pas de la vendre aux premiers offrants américains ou chinois.
01:48Je sais bien que c'est tout le sujet.
01:49Vous venez de sécuriser 10 millions d'euros.
01:5110 millions d'euros, ça permet d'aller jusqu'en septembre ?
01:53Alors, un peu plus.
01:55On a sécurisé un premier 10 millions d'euros.
01:57Edward's Life Sciences est trop folle le 30 janvier.
02:01Encore 10 millions.
02:02Là, on est en discussion pour d'autres modes de financement.
02:07Donc, tout va bien.
02:09C'est bien, on a parlé finance, on a parlé chiffre.
02:12On aimerait bien savoir ce qu'ils font Carvolix
02:13parce qu'il y a plein de gens qui nous écoutent.
02:14Alors, Anthony et Laure, qu'est-ce qui vous permet de parler là ?
02:18Vos valves cardiaques qui souffrent, se ferment 60 fois par minute,
02:22vos petites artères cérébrales qui nourrissent votre cerveau.
02:26Et vous savez combien de fois vos valves se sont ouvertes depuis votre naissance ?
02:30À peu près un milliard de fois.
02:34Donc, quand vous aurez 60-65 ans,
02:36elles risquent de calcifier ou de fuir.
02:39Et puis, vos petites artères cérébrales, hélas,
02:42Anthony ou moi avant vous,
02:43on risque un jour de faire un accident vasculaire cérébral,
02:46c'est-à-dire une artère bouchée.
02:48Si ça se produit à Paris...
02:49Je suis pas beaucoup plus vieux que Laure.
02:50Non, mais vous êtes un homme, c'est ça, non ?
02:51Oui aussi, mais il est beaucoup plus vieux que vous.
02:55Il est aussi jeune que moi.
02:57Si vous avez la chance que ce soit à Paris ou à Genève ou à New York et le SAMU
03:02soit pas bloqué derrière un camion poubelle,
03:05peut-être que vous arriverez dans un centre de radiologie interventionnelle
03:08où un neuroradiologue avec son grand cathéter essaiera de passer dans les petits artères.
03:14Mais ça, ça marche pas bien.
03:17Et donc, nous, nous révolutionnons avec de la mini-robotique et avec de l'intelligence artificielle et de l'imagerie,
03:23le traitement des accidents vasculaires cérébraux et le remplacement des valves.
03:27Alors, attendez, mini-robot, mais c'est un robot de quelle taille alors ?
03:302,5 millimètres.
03:32Et donc ?
03:33Et donc, c'est un petit robot magnétique qui peut circuler dans vos artères cérébrales,
03:38qui sont très fines et qui a une petite queue très flexible
03:42qui permet d'aller s'attacher au thrombus ou caillot
03:47et ensuite, comme qu'à la pêche, en un peu plus compliqué, de le retirer du cerveau.
03:53Et ça, c'est un cardiologue interventionnel qui pourra le faire, pas un neuroradiologue,
03:57parce qu'il y a dix fois plus de cardiologues dans le monde.
03:59Et il guide le robot, lui, c'est ça son...
04:01Ah bah non, il regarde, il fait comme ça, il regarde l'écran et le robot.
04:06Ah, c'est l'IA qui gère le robot, en fait ?
04:08L'IA, alors c'est sous supervision du cardiologue, bien sûr.
04:12Comme dans un Airbus, le vol est autonome, sous supervision.
04:16Mais il peut reprendre la main sur le robot, du coup ?
04:18Il peut reprendre la main à tout moment sur le robot, effectivement.
04:22Et donc, l'avantage pour le patient, c'est quoi ?
04:24C'est une meilleure prise en charge ?
04:25C'est qu'il y a moins de...
04:26Meilleur accès, meilleur accès aux soins, que ce soit pour les valves,
04:30pour les accidents vasculaires cérébraux, plus grande rapidité,
04:34moins de stress pour le clinicien, c'est très stressant de faire les trucs manuellement,
04:38que ce soit pour une valve ou un caillot, il pourra faire plus de patients.
04:43Les cardiologues auront besoin d'une formation plus courte pour faire des procédures complexes.
04:47Donc, c'est démocratiser le changement des valves cardiaques,
04:51le traitement des accidents vasculaires cérébraux.
04:53Ce sont d'énormes besoins médicaux.
04:56Un marché potentiel 2030, 23 milliards de dollars.
04:59Et donc, 2030, vous pensez que c'est possible que ça soit commercialisé ?
05:04On a déjà la partie intelligence artificielle robotique aux Etats-Unis,
05:11enfin, plus exactement le logiciel qu'on commercialise.
05:14Le robot pour les valves va être approuvé d'ici la fin de l'année ou début 2027.
05:21On va commencer pour les accidents vasculaires cérébraux,
05:24les essais cliniques en début 2027.
05:26Donc, on a une séquence bien définie.
05:29Mais la question se pose, on reste en France ?
05:32Et alors ?
05:32On industrialise en France ou on fait des partenariats ?
05:35Vous savez que l'IA domine, mais la France et l'Europe ne vont pas bien.
05:40Je ne vous l'apprends pas.
05:40Au point de vue financement, on est toujours en retard des Etats-Unis.
05:44C'est pour ça qu'Abivax a levé essentiellement aux Etats-Unis.
05:48Donc, on étudie quel partenariat faire ?
05:52Pas chinois, parce qu'il n'y a vraiment que les naïfs ou les incompétents.
05:56Ça, vous n'avez pas changé là-dessus ?
05:57Je n'ai pas changé.
05:58Écoutez, les Chinois, Anthony le sait,
06:00ils sont devenus très bons à R&D.
06:02Et s'ils peuvent piquer un peu de technologie européenne ou américaine
06:06pour aller plus vite, ils ne s'en priveront pas.
06:08Bon, il y a toujours des entreprises qui se disent
06:10on va faire des deals en Chine, des joint ventures,
06:13surtout les gens qui ne savent pas ce que c'est qu'une pays.
06:15Mais ça, vous, c'est non.
06:16C'est moins vivant, c'est non.
06:19Donc, c'est quoi ?
06:20Etats-Unis, en revanche, oui.
06:21Etats-Unis, on connaît bien, mais c'est loin.
06:24Et puis, franchement, les Américains n'ont pas besoin des petites sociétés.
06:27Mais il y a un enjeu, parce qu'on parle beaucoup de souveraineté technologique en ce moment.
06:30Il y a un enjeu aussi sur la souveraineté technologique
06:32de ces innovations médicales-là, par exemple ?
06:34Bien sûr.
06:35Vous savez que 95% des nouveaux médicaments aujourd'hui
06:40viennent des Etats-Unis ou de Chine.
06:41Et en cancérologie, il y en a plus qui sont en développement clinique en Chine
06:45qu'aux Etats-Unis.
06:46Donc, l'Europe est à la traîne.
06:49Et pour les dispositifs médicaux, c'est la même chose.
06:52Et nous, nous allons essayer, non pas de faire une petite start-up franchouillarde
06:57qu'on va vendre à Medtronic ou à Bot,
07:00mais d'en faire une société qui reste indépendante.
07:03Et je vous donne un scoop.
07:04Le partenariat qu'on étudie, ça va être en Arabie Saoudite.
07:09Pourquoi ? Parce que 33 millions d'habitants,
07:12des capacités financières colossales,
07:156 heures de vol de Paris ou de Nice.
07:18Et donc, on verra peut-être qu'on va implanter une usine haut de gamme
07:22à Riyad ou à Jeddah pour fabriquer les produits de Carvolix.
07:27– Mais vous dites peut-être que vous avez déjà des discussions ?
07:29– Ah bah oui, c'est ça.
07:30– Avec le gouvernement, avec des investisseurs qui avancent très bien.
07:34– Ça serait l'usine qui serait là-bas ?
07:36– Oui, en gardant Carvolix, Aix-en-Provence, en France,
07:40toute la propriété intellectuelle en France,
07:42mais industrialisée à partir d'une usine qu'on va construire from scratch.
07:49– Mais ce n'était pas possible de la mettre en France, cette usine ?
07:51– Non. Non, je vois bien que non.
07:55– Oui, c'est ça, ça vous fait souffrir.
07:56– Non, mais c'est des complicités administratives.
07:57On a le savoir-faire, on pourrait le faire potentiellement.
08:00– On a le savoir-faire, mais les financements, comme vous le savez,
08:02ne sont pas faciles.
08:04Alors, la Direction Générale du Trésor nous a rendus éligibles pour une GPS.
08:09Vous savez ce que c'est, une GPS, Anthony ?
08:10– C'est le GPS.
08:11– C'est une garantie pour les projets stratégiques
08:14qui est hors bilan, hors budget de l'État.
08:16Mais enfin, pour des prêts garantis pas très élevés.
08:19Donc, il faut une volonté stratégique, un très bon management.
08:25On a un super management, un directeur général Sébastien Ladet, très brillant.
08:30Et il faut des moyens financiers et de l'ambition.
08:32– Sous-titrage Société Radio-Canada
08:33– Sous-titrage Société Radio-Canada
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