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  • il y a 27 minutes
Philippe Pouletty, fondateur de Carvolix, directeur général de Truffle Capital, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce mardi 7 juillet. Il nous fait part de l'ambition de Carvolix de devenir un leader mondial dans les dispositifs médicaux pour la cardiologie interventionnelle et pour traiter les accidents vasculaires cérébraux, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et c'est Philippe Ouletti qui nous a rejoint. Bonjour Philippe, directeur général de Truffle Capital.
00:04Pour ceux qui ne vous connaissent pas, qui n'écoutent pas BFM Business au quotidien,
00:08je rappelle que vous êtes aussi à l'origine de Carmat d'Abivax.
00:10Ce matin on va parler de Carvolix, on a beaucoup parlé des deux autres ces derniers temps.
00:14Carvolix, cinquième métèque mondiale interventionnelle, c'est la seule française dans le top 10.
00:19C'est-à-dire qu'on est au...
00:20Vous me permettez un cocorico sur Abivax, qui a levé 900 millions de dollars la semaine dernière
00:27et qui a une capitalisation de 11 milliards de dollars,
00:30qui est la première société européenne, troisième mondiale,
00:34tout secteur technologique confondu, pour les stades non commerciaux.
00:38On est content.
00:39On en a largement parlé la semaine dernière.
00:41Mais on va parler de Carvolix.
00:42Oui, puisque si je vous pose des questions sur Abivax, vous n'allez pas me répondre.
00:45Si je vous demande si Elay-Lili va racheter, c'est pour ça.
00:49Alors que sur Carvolix, vous allez peut-être me répondre.
00:52Donc c'est sûr, Carvolix, vous travaillez sur le traitement des AVC,
00:55une méthode révolutionnaire.
00:57Vous allez nous expliquer dans un instant ce que c'est.
01:00Je disais stade pré-commercial, c'est important.
01:02C'est-à-dire que là, on est juste avant...
01:05On fait un lancement aux États-Unis du premier produit pour les valves cardiaques en ce moment.
01:09Et effectivement, Carvolix, qu'on a construit comme on a construit Abivax,
01:13en business builders, en combinant trois de nos sociétés
01:17où on était actionnaires majoritaires.
01:18Et Carvolix, donc là, la capitalisation à Poisine, les 300 millions,
01:24est la première européenne, cinquième mondiale, seule française dans les top 10.
01:28Top 10 dominée par les Américains, une Chinoise, une Britannique.
01:32Et donc, on va essayer de faire de Carvolix un leader mondial
01:36dans les dispositifs médicaux pour la cardiologie interventionnelle
01:40et pour traiter les accidents vasculaires cérébraux
01:43et de garder cette société indépendante,
01:45pas de la vendre aux premiers offrants américains ou chinois.
01:48Je sais bien que c'est tout le sujet.
01:49Vous venez de sécuriser 10 millions d'euros.
01:5110 millions d'euros, ça permet d'aller jusqu'en septembre ?
01:53Alors, un peu plus.
01:55On a sécurisé un premier 10 millions d'euros.
01:57Edward's Life Sciences est trop folle le 30 janvier.
02:01Encore 10 millions.
02:02Là, on est en discussion pour d'autres modes de financement.
02:07Donc, tout va bien.
02:09C'est bien, on a parlé finance, on a parlé chiffre.
02:12On aimerait bien savoir ce qu'ils font Carvolix
02:13parce qu'il y a plein de gens qui nous écoutent.
02:14Alors, Anthony et Laure, qu'est-ce qui vous permet de parler là ?
02:18Vos valves cardiaques qui souffrent, se ferment 60 fois par minute,
02:22vos petites artères cérébrales qui nourrissent votre cerveau.
02:26Et vous savez combien de fois vos valves se sont ouvertes depuis votre naissance ?
02:30À peu près un milliard de fois.
02:34Donc, quand vous aurez 60-65 ans,
02:36elles risquent de calcifier ou de fuir.
02:39Et puis, vos petites artères cérébrales, hélas,
02:42Anthony ou moi avant vous,
02:43on risque un jour de faire un accident vasculaire cérébral,
02:46c'est-à-dire une artère bouchée.
02:48Si ça se produit à Paris...
02:49Je suis pas beaucoup plus vieux que Laure.
02:50Non, mais vous êtes un homme, c'est ça, non ?
02:51Oui aussi, mais il est beaucoup plus vieux que vous.
02:55Il est aussi jeune que moi.
02:57Si vous avez la chance que ce soit à Paris ou à Genève ou à New York et le SAMU
03:02soit pas bloqué derrière un camion poubelle,
03:05peut-être que vous arriverez dans un centre de radiologie interventionnelle
03:08où un neuroradiologue avec son grand cathéter essaiera de passer dans les petits artères.
03:14Mais ça, ça marche pas bien.
03:17Et donc, nous, nous révolutionnons avec de la mini-robotique et avec de l'intelligence artificielle et de l'imagerie,
03:23le traitement des accidents vasculaires cérébraux et le remplacement des valves.
03:27Alors, attendez, mini-robot, mais c'est un robot de quelle taille alors ?
03:302,5 millimètres.
03:32Et donc ?
03:33Et donc, c'est un petit robot magnétique qui peut circuler dans vos artères cérébrales,
03:38qui sont très fines et qui a une petite queue très flexible
03:42qui permet d'aller s'attacher au thrombus ou caillot
03:47et ensuite, comme qu'à la pêche, en un peu plus compliqué, de le retirer du cerveau.
03:53Et ça, c'est un cardiologue interventionnel qui pourra le faire, pas un neuroradiologue,
03:57parce qu'il y a dix fois plus de cardiologues dans le monde.
03:59Et il guide le robot, lui, c'est ça son...
04:01Ah bah non, il regarde, il fait comme ça, il regarde l'écran et le robot.
04:06Ah, c'est l'IA qui gère le robot, en fait ?
04:08L'IA, alors c'est sous supervision du cardiologue, bien sûr.
04:12Comme dans un Airbus, le vol est autonome, sous supervision.
04:16Mais il peut reprendre la main sur le robot, du coup ?
04:18Il peut reprendre la main à tout moment sur le robot, effectivement.
04:22Et donc, l'avantage pour le patient, c'est quoi ?
04:24C'est une meilleure prise en charge ?
04:25C'est qu'il y a moins de...
04:26Meilleur accès, meilleur accès aux soins, que ce soit pour les valves,
04:30pour les accidents vasculaires cérébraux, plus grande rapidité,
04:34moins de stress pour le clinicien, c'est très stressant de faire les trucs manuellement,
04:38que ce soit pour une valve ou un caillot, il pourra faire plus de patients.
04:43Les cardiologues auront besoin d'une formation plus courte pour faire des procédures complexes.
04:47Donc, c'est démocratiser le changement des valves cardiaques,
04:51le traitement des accidents vasculaires cérébraux.
04:53Ce sont d'énormes besoins médicaux.
04:56Un marché potentiel 2030, 23 milliards de dollars.
04:59Et donc, 2030, vous pensez que c'est possible que ça soit commercialisé ?
05:04On a déjà la partie intelligence artificielle robotique aux Etats-Unis,
05:11enfin, plus exactement le logiciel qu'on commercialise.
05:14Le robot pour les valves va être approuvé d'ici la fin de l'année ou début 2027.
05:21On va commencer pour les accidents vasculaires cérébraux,
05:24les essais cliniques en début 2027.
05:26Donc, on a une séquence bien définie.
05:29Mais la question se pose, on reste en France ?
05:32Et alors ?
05:32On industrialise en France ou on fait des partenariats ?
05:35Vous savez que l'IA domine, mais la France et l'Europe ne vont pas bien.
05:40Je ne vous l'apprends pas.
05:40Au point de vue financement, on est toujours en retard des Etats-Unis.
05:44C'est pour ça qu'Abivax a levé essentiellement aux Etats-Unis.
05:48Donc, on étudie quel partenariat faire ?
05:52Pas chinois, parce qu'il n'y a vraiment que les naïfs ou les incompétents.
05:56Ça, vous n'avez pas changé là-dessus ?
05:57Je n'ai pas changé.
05:58Écoutez, les Chinois, Anthony le sait,
06:00ils sont devenus très bons à R&D.
06:02Et s'ils peuvent piquer un peu de technologie européenne ou américaine
06:06pour aller plus vite, ils ne s'en priveront pas.
06:08Bon, il y a toujours des entreprises qui se disent
06:10on va faire des deals en Chine, des joint ventures,
06:13surtout les gens qui ne savent pas ce que c'est qu'une pays.
06:15Mais ça, vous, c'est non.
06:16C'est moins vivant, c'est non.
06:19Donc, c'est quoi ?
06:20Etats-Unis, en revanche, oui.
06:21Etats-Unis, on connaît bien, mais c'est loin.
06:24Et puis, franchement, les Américains n'ont pas besoin des petites sociétés.
06:27Mais il y a un enjeu, parce qu'on parle beaucoup de souveraineté technologique en ce moment.
06:30Il y a un enjeu aussi sur la souveraineté technologique
06:32de ces innovations médicales-là, par exemple ?
06:34Bien sûr.
06:35Vous savez que 95% des nouveaux médicaments aujourd'hui
06:40viennent des Etats-Unis ou de Chine.
06:41Et en cancérologie, il y en a plus qui sont en développement clinique en Chine
06:45qu'aux Etats-Unis.
06:46Donc, l'Europe est à la traîne.
06:49Et pour les dispositifs médicaux, c'est la même chose.
06:52Et nous, nous allons essayer, non pas de faire une petite start-up franchouillarde
06:57qu'on va vendre à Medtronic ou à Bot,
07:00mais d'en faire une société qui reste indépendante.
07:03Et je vous donne un scoop.
07:04Le partenariat qu'on étudie, ça va être en Arabie Saoudite.
07:09Pourquoi ? Parce que 33 millions d'habitants,
07:12des capacités financières colossales,
07:156 heures de vol de Paris ou de Nice.
07:18Et donc, on verra peut-être qu'on va implanter une usine haut de gamme
07:22à Riyad ou à Jeddah pour fabriquer les produits de Carvolix.
07:27– Mais vous dites peut-être que vous avez déjà des discussions ?
07:29– Ah bah oui, c'est ça.
07:30– Avec le gouvernement, avec des investisseurs qui avancent très bien.
07:34– Ça serait l'usine qui serait là-bas ?
07:36– Oui, en gardant Carvolix, Aix-en-Provence, en France,
07:40toute la propriété intellectuelle en France,
07:42mais industrialisée à partir d'une usine qu'on va construire from scratch.
07:49– Mais ce n'était pas possible de la mettre en France, cette usine ?
07:51– Non. Non, je vois bien que non.
07:55– Oui, c'est ça, ça vous fait souffrir.
07:56– Non, mais c'est des complicités administratives.
07:57On a le savoir-faire, on pourrait le faire potentiellement.
08:00– On a le savoir-faire, mais les financements, comme vous le savez,
08:02ne sont pas faciles.
08:04Alors, la Direction Générale du Trésor nous a rendus éligibles pour une GPS.
08:09Vous savez ce que c'est, une GPS, Anthony ?
08:10– C'est le GPS.
08:11– C'est une garantie pour les projets stratégiques
08:14qui est hors bilan, hors budget de l'État.
08:16Mais enfin, pour des prêts garantis pas très élevés.
08:19Donc, il faut une volonté stratégique, un très bon management.
08:25On a un super management, un directeur général Sébastien Ladet, très brillant.
08:30Et il faut des moyens financiers et de l'ambition.
08:32– Sous-titrage Société Radio-Canada
08:33– Sous-titrage Société Radio-Canada
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