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  • il y a 16 heures
Avec Éric Frétillère, Agriculteur, Président d’Irrigants de France et Vice-président d’Irrigants d’Europe



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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE_WK-2026-07-04##

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Transcription
00:00Sud Radio, le grand matin week-end, 6h-10h, Maxime Liedau.
00:05Il est 7h42 sur Sud Radio et on vous explique ce matin le problème de la France,
00:09notamment avec ces stocks d'eau quand on voit les canicules à répétition,
00:14les périodes de sécheresse et même des incendies,
00:16comme on a pu le constater dans une partie du sud de la France.
00:18On a besoin de comprendre ce problème. Bonjour Eric Fethillère.
00:22Bonjour.
00:22Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes agriculteur et président d'Irrigant de France.
00:27Commençons peut-être par ce paradoxe qui est déjà sidère.
00:31On se souvient, ici même sur cette antenne, on avait échangé avec des agriculteurs
00:35qui se retrouvaient avec de l'eau jusqu'au genou, c'était en février-mars.
00:38Ils nous expliquaient déjà préparer une perte du chiffre d'affaires l'été,
00:42qui s'inquiétait de leur stock d'eau.
00:43Donc en réalité, on a battu des records de pluie cet hiver et on est déjà en restriction.
00:48Comment est-ce possible ça en France ?
00:51Écoutez, c'est le grand paradoxe français parce que le GIEC nous l'explique
00:56depuis des années. En France, on a une chance extraordinaire, c'est qu'on a beaucoup d'eau.
01:01Je suis également président des irrigants européens et lorsqu'on se compare aux autres pays européens,
01:06on s'aperçoit que la France est le deuxième pays au niveau de l'abondance en eau.
01:10On a une pluviométrie entre 600 et 1200 millimètres par an qui tombe sur la France
01:17et le changement climatique. Le GIEC nous l'explique très clairement.
01:21Une augmentation des températures et par contre, le volume d'eau, lui qui reste constant
01:26à l'échelle de la France, va tomber avec des excès dans les périodes hivernales
01:32et des sécheresses que nous vivons depuis maintenant 3-4 ans
01:36et qui vraiment cette année est tout à fait caractéristique parce qu'on a eu,
01:40comme vous venez de le dire, des inondations en période hivernale
01:43et maintenant, on est dans le dur parce qu'on a des sécheresses et même des canicules.
01:50Alors, on a 511 milliards de mètres cubes d'eau qui tombent sur la France.
01:56Si on élimine les vapeaux de transpiration, le retour à la mer,
02:00il reste 211 milliards d'eau disponible et on en retient à peine
02:06et le monde agricole a besoin de 3 milliards, c'est 1,5%.
02:10C'est ridicule, on a besoin de peu d'eau mais il a faux absolument cette eau.
02:14Mais donc, quand on vous écoute quand même, Éric Frétier,
02:16notamment depuis 3-4 ans, c'est le chiffre que vous avez évoqué,
02:18on a quand même l'impression que c'est un scénario qui se répète presque alassablement.
02:23Qu'est-ce qui bloque en France concrètement depuis des années
02:25pour qu'on en soit aujourd'hui après 3-4 ans de ces schémas à répétition en réalité
02:32à ne toujours pas avoir les capacités, notamment pour les agriculteurs, de stocker leur eau ?
02:36Non mais c'est dramatique parce qu'il y a une espèce d'idéologie, de dogmatisme
02:41quand on voit historiquement des ministres de l'environnement
02:46qui ont demandé des moratoires sur le stockage de l'eau
02:49qui bloquent et qui reculent et qui empêchent de faire avancer le monde agricole.
02:54La conséquence, il faut rappeler la base, une plante a besoin d'eau.
02:58On ne produit pas sans eau, ça n'existe pas.
03:01Et quand on est dans des périodes comme on est actuellement
03:03avec des très fortes évapotranspiration,
03:06les plantes ont besoin de plus d'eau.
03:08Conséquence, on ne mobilise pas notre source,
03:10et bien qu'est-ce qu'on fait ?
03:11On importe de plus en plus de produits,
03:13et ce qui est très paradoxal,
03:15c'est qu'on importe aujourd'hui quasiment 70% de produits de fruits et légumes,
03:2460% de tomates, les melons, j'en parle même pas.
03:27Et ce qui est paradoxal, c'est qu'on importe des produits
03:30de pays qui ont beaucoup moins d'eau que nous.
03:34Je pense à l'Espagne, je pense à l'Italie et au Portugal.
03:37Mais justement, mais pardon Eric Prétillère,
03:38quand on regarde les chiffres espagnols ou même les chiffres portugais,
03:41la France stocke moins de 5% de son eau,
03:44c'est le chiffre que j'ai sous les yeux depuis ce matin,
03:46l'Espagne près de 50%.
03:48Pourquoi il y a un tel écart avec,
03:51globalement en fait, des voisins, des pays frontaliers ?
03:54Pourquoi avec des pays qui sont à côté de chez nous,
03:56on n'arrive pas à avoir le même résultat concernant le stockage d'eau ?
03:59Et bien parce que c'est une volonté politique,
04:02et que ces pays-là ont pris conscience de la nécessité
04:05de mobiliser la ressource en eau
04:08pour produire leur alimentation,
04:10pour aller vers leur souveraineté,
04:12et nous on n'a pas fait le pas.
04:14C'est absolument dramatique,
04:16et d'ailleurs c'est lié directement à une gestion de la politique de l'eau,
04:19puisque la directive cadre sur l'eau,
04:21qui est une directive européenne,
04:23comme son nom l'indique,
04:24ça n'est qu'une directive,
04:25et chaque État membre l'interprète dans son pays comme il le veut.
04:29Et vous savez,
04:30lorsqu'on regarde les priorités des déclinaisons de l'utilisation de l'eau,
04:34alors dans tous les pays,
04:35la priorité, c'est écrit dans la loi,
04:37c'est la salubrité,
04:39c'est la sécurité sanitaire,
04:41et c'est l'eau potable.
04:42C'est une priorité absolue pour l'eau.
04:44Lorsqu'on regarde des pays comme l'Espagne et le Portugal,
04:46en numéro 2,
04:47eux, ils ont accès à l'eau qui sert à nourrir,
04:50c'est-à-dire à l'eau d'irrigation.
04:51Donc, en France, dans la politique,
04:53l'irrigation et l'agriculture est en cinquième position.
04:57Elle est considérée, en France,
04:59comme une activité économique comme les autres.
05:01Mais lorsqu'on se réveille,
05:02et qu'on s'aperçoit qu'on importe toute notre alimentation,
05:05lorsqu'on arrêtait dans la période du Covid,
05:08où toute l'économie était bloquée,
05:10et qu'on a pris conscience qu'en fait,
05:11on importait beaucoup de pays,
05:13et quand les frontières sont fermées,
05:15et bien ça devient dramatique.
05:16Et lorsqu'on regarde aujourd'hui
05:18le contexte géopolitique mondial,
05:21les guerres aux frontières de l'Europe,
05:23les tensions géopolitiques qui existent...
05:25Oui, on doit absolument se préoccuper
05:27d'un sujet majeur comme de l'eau.
05:28Il nous reste encore quelques secondes,
05:29Eric Frettière,
05:30il y a une question très importante.
05:32L'idée aurait peut-être aussi été d'expliquer,
05:34mais la différence entre les retenues de substitution
05:37et les mégapassines,
05:38parce qu'on sait aussi à quel point
05:38les deux termes font polémique,
05:40mais il y a surtout une question,
05:42un sujet sur lequel j'aimerais vous interroger,
05:44qui est que le Sénat
05:45est actuellement en train de débattre
05:47de la fameuse loi d'urgence agricole
05:48que porte la ministre Annie Gennevar,
05:50et le Sénat a voté,
05:51il y a quelques heures,
05:52le doublement des volumes d'eau de stockage
05:54d'ici 2035.
05:56La ministre parle d'objectifs pharaoniques.
05:59Alors, est-ce que c'est réaliste,
06:01ou est-ce que c'est totalement délirant
06:02de parler de doublement des volumes
06:04de stockage d'eau d'ici 2035 ?
06:06Ce n'est pas délirant,
06:08c'est nécessaire à la France
06:10pour préserver sa production alimentaire.
06:12Je vous ai donné quelques chiffres
06:14en deux secondes,
06:15500 milliards,
06:16on en récupère 211,
06:17l'agriculture c'est 3 milliards,
06:19c'est 1,5%
06:22du volume d'eau
06:23qui tombe sur la France.
06:25Si on rajoute 1 milliard,
06:26c'est-à-dire si on double
06:27la mobilisation de la ressource,
06:28on sera à 2,5%.
06:30Est-ce que c'est ça
06:31l'accaparement de l'eau ?
06:32Non, mais il faut arrêter
06:33le délire aujourd'hui.
06:34On a besoin d'eau,
06:35on a besoin de libérer
06:36notre production pour la France.
06:38Et pour les solutions
06:39qui existent,
06:40vous savez,
06:40par rapport à ces grands enjeux,
06:42il n'y a pas une seule solution.
06:43Il n'y a pas qu'une forme de stockage.
06:45C'est une mobilisation
06:46de l'ensemble.
06:47Il va falloir de la réutilisation
06:49des eaux usées traitées,
06:51des retenues de substitution,
06:53des projets de stockage.
06:56Il va falloir
06:58des retenues collinaires,
06:59il va falloir transférer de l'eau,
07:01il va falloir recharger des aquifères.
07:02C'est un ensemble de solutions
07:04qui vont permettre de répondre
07:06à cet enjeu absolument.
07:07Et on a bien saisi
07:08à quel point c'était un enjeu
07:09plus que fondamental,
07:10surtout dans le contexte
07:11que nous traversons
07:11à tous les niveaux.
07:13Merci beaucoup,
07:13Éric Frétière,
07:14d'avoir été avec nous,
07:15agriculteur et président
07:16d'Irrigant de France
07:17pour poser quand même
07:17au bout d'un moment
07:18sur la table
07:18ce sujet qui est le stockage
07:20de l'eau en France
07:20et que ce soit en hiver
07:21ou en été qui plus est
07:22par les périodes
07:22que nous traversons,
07:24sujet plus que très important.
07:25Merci.
07:25Merci.
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